Néo-paysannes
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Description

0 femmes, 10 parcours, 10 vocations d'agricultrices.

Elles sont modernes, libres, innovantes, fertiles d’idées, et embrassent leur profession comme on embrasse la vie. Arrivant de tous les horizons, elles sont passées du commerce aux champs, du métro aux récoltes sauvages, de la ville à la roulote sans regarder en arrière. Elles mettent à profit leur expérience vécue au cœur du système pour en inventer un nouveau, plus résilient, cohérent et luxuriant de vie.

Linda Bedouet, paycultrice et maraîchère, part à la rencontre de Nathanaëlle, Lauriane, Stéphanie, Hélène, Amandine, Christel, Juliet, Gaëlle et Delphine pour mettre en lumière les voix des nouvelles paysannes et nous livrer leurs témoignages croisés sur l’agriculture au féminin aujourd’hui en France.

Préfaces de Anne-Sophie Pic et Esterelle Payani.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 janvier 2019
Nombre de lectures 5
EAN13 9782815314381
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Linda Bedouet
Sommaire
Préface d’Anne-Sophie Pic
Préface d’Esterelle Payany
Introduction
Amandine Lebert Récolteuse de plantes sauvages et transformatrice
Christel Chipon Éleveuse d’alpagas et productrice de laine
Hélène Reglain Maraîchère
Lauriane Durant Éleveuse et transformatrice
Nathanaëlle Chavot Semencière
Delphine Vinet Vigneronne
Gaëlle Péchot Productrice de plantes médicinales et créatrice de cosmétiques
Juliet Lamy Fromagère et affineur à Tahiti
Stéphanie Maubé Éleveuse de brebis de prés-salés
Linda Bedouet Maraîchère et paycultrice
Conclusion
Pour contacter nos néo-paysannes
Remerciements
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Page de copyright
Préface
Printemps 1992. J’avais 22 ans et décidai, au terme de mes études de commerce, de rejoindre mon père en cuisine. Rien ne me prédestinait à prendre cette décision, bien que descendante de trois générations de cuisiniers. Tout a effectivement commencé en Ardèche, avec mon arrière-grand-mère Sophie, qui s’était bâtie une solide réputation, notamment grâce aux délicieux gibiers chassés par son époux qu’elle préparait avec un talent sans pareil. Fort de la transmission de sa mère, mon grand-père, André, fût en 1934 l’un des premiers chefs trois étoiles. Mon père pérennisa la maison, faisant lui aussi le choix de suivre la voie paternelle, bien que tenté un moment de prendre la suite de son oncle qui possédait un garage de véhicules d’exception, passionné qu’il était de belles voitures.
Bien qu’ayant vécu tout au long de mon enfance dans le restaurant de mes parents, j’avais fait le choix des études de commerce, portée par ma mère qui ne m’a jamais contrainte dans mon orientation professionnelle, mais plutôt poussée à une certaine indépendance familiale. J’ai eu l’occasion de vivre des expériences uniques et très enrichissantes, notamment au sein des maisons Moët & Chandon et Cartier, qui ont chacune à leur façon marqué ma formation et contribué à mon évolution personnelle.
Le printemps 1992 fut cependant pour moi celui de la révélation. Ma place était auprès de mon père, pour apprendre la cuisine et tous ses secrets. Je me réjouissais de vivre cela à ses côtés, ayant noué une relation tellement complice avec lui depuis toujours.
Malheureusement, il décédera quelques mois après ma décision. Cet été 1992 restera gravé à jamais dans ma mémoire, et fut pour moi un tournant dans ma vie et dans les choix que j’allais alors prendre pour l’orienter.
Tout quitter pour vivre sa passion - Telle est la force qui se dégage de ces dix portraits de « néo-paysannes » que j’ai eu une réelle joie à découvrir, et qui rejoignent par de nombreux points mon histoire personnelle : mes arrière-grands-parents étaient eux-mêmes paysans sur la côte du Pin en Ardèche.
Chacun de ces parcours est véritablement inspirant, car animé par le même feu – celui du désir de vivre sa vie, de faire fi des diktats et des catégories préétablies par la société. Suivre une intuition, son intuition en somme.
Qu’il s‘agisse d’Hélène Réglain, qui en parfaite autodidacte, et suite à la rencontre fortuite mais déterminante de Frédéric et Stéphanie, décide de monter sa propre ferme, portée par la volonté de nourrir les autres et de se nourrir elle-même des échanges qu’elle pouvait avoir avec la terre, ou bien de Christel Chipon, qui quitte son poste de professeur d’histoire-géographie pour concrétiser son rêve de jeunesse – élever des lamas – ou encore Delphine Vinet, qui par amour pour son mari se convertit elle aussi au métier de vigneron… toutes ces femmes proposent des profils atypiques, et partagent avec nous leurs passions, leurs valeurs, mais aussi leurs craintes et leurs difficultés dans leur quotidien de « néo-paysannes ».
Ce terme, choisi comme titre de l’ouvrage par Linda Bedouet, revêt un sens complexe et problématise d’emblée l’approche développée par l’auteur. Si le préfixe « néo » renvoie à la nouveauté, il fait également écho à la reconversion qui anime le parcours de ces femmes, et leur engagement quant à leur choix de vie.
Le terme de « paysanne » est lui aussi très intéressant à penser, et pose par son usage peu commun la question du genre. Plus que la simple désignation d’un métier, il renvoie aussi à l’identification d’une catégorie sociale, qui reste celle la plus représentée en France jusque dans les années 1950. Il s’agit donc également et surtout d’un marqueur identitaire par lequel une frange importante de la population construit sa représentation intrinsèque et existe aux yeux du reste de la société. Qui plus est, la paysanne d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Encore plus que d’autres professions, la paysannerie a connu une évolution sans précédent. Si, auparavant, le rôle de la paysanne se définissait en corrélation et en complément de son époux, aujourd’hui, elle est devenue actrice principale de son métier, et s’interroge aussi sur la préservation d’un héritage français qu’elle souhaite mettre en valeur et pérenniser.
Comment font-elles, me direz-vous ?
Question lancinante, voire récurrente, dans le cadre de notre société encore très patriarcale, dont le paradigme ambiant et presque systématisant est celui de la relation homme/femme – schème de pensée qui s’applique aussi régulièrement en cuisine. Force est pourtant de reconnaître qu’à la question « Arrivez-vous à vous imposer en tant que femme paysanne ? », la réponse reste quasi unanime : il est encore aujourd’hui difficile de s’affirmer comme telle, car il est compliqué physiquement de tenir ce rôle seule, sans un soutien familial fort.
Voilà donc la question que nous devons aujourd’hui soulever pour faire avancer la situation féminine. Non pas militer pour une vaine supériorité, qui serait illusoire et surtout, glisserait rapidement vers une discrimination positive, mais comprendre et reconnaître le travail de ces femmes, tout comme ce qu’elles apporteront et apportent déjà à cette profession.
Ainsi, le trait commun se dégageant de la diversité de ces portraits, et qui m’a personnellement frappée, c’est la force de conviction et la persévérance qui portent ces femmes, faisant écho à ma propre expérience et ténacité.
Anne-Sophie Pic
www.anne-sophie-pic.com
Préface
1961 : c’est la date d’entrée dans le dictionnaire du terme « agricultrice ». Mais avant ? L’agricultrice, c’était la femme de l’agriculteur… et non l’exploitant ou l’éleveur. Pourtant, les femmes ont toujours beaucoup travaillé la terre. Mais sans que cela soit perçu comme un vrai travail… sauf en temps de guerre, quand les hommes faisaient défaut. Ainsi, en août 1914 , le Président du Conseil, René Viviani, encourageait les femmes des campagnes françaises pour « maintenir l’activité des campagnes, terminer les récoltes de l’année et préparer celles de l’année prochaine. » Preuve qu’on savait bien y faire, quand même… Avant 1945 , on ne choisissait pas de devenir paysanne : de facto , en naissant dans une ferme, les femmes étaient vouées à y faire le nécessaire, considérées comme une simple aide pour leur mari.

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