Soignez votre bouche par les plantes

Soignez votre bouche par les plantes

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Après un rappel des modes d'usage de 150 plantes médicinales dotées de propriétés bucco-dentaires, cet ouvrage tout public donne quelques indications sur leur emploi actuel et les précautions nécessaires, la phytothérapie et l'aromathérapie relevant de la responsabilité des praticiens et des pharmaciens.

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Ajouté le 01 mars 2007
Nombre de lectures 262
EAN13 9782336257693
Langue Français
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Préambule

Le mal de dents est aussi vieux que le monde, du moins aussi vieux que
l’homme.

Dans l’environnement méditerranéen, on trouve inscrit sur des tablettes
mésopotamiennes et des papyrus médicaux des dizaines de formules
concernantles affections de la bouche etdes dents, de même que des
prothèses dentaires sur des crânes égyptiens etphéniciens.

Depuis des millénaires etjusqu’à nos jours lesvertus curatives de
nombreuses plantes sontreconnues et utilisées, soiten application directe,
soitentrantdans la composition de médicaments ouproduits d’hygiène
bucco-dentaire.

S’appuyantsur des données historiques, les propos d’Henri Lamendin,
doiventpermettre de réveiller l’attention oud’ouvrir les esprits sur la place
que peuvent tenir les plantes pour la santé bucco-dentaire, aujourd’hui.

François Emptoz
Docteur en chirurgie dentaire
Conservateur aumusée dentaire de Lyon
Faculté d’odontologie

Préface

Henri Lamendin, à la fois docteur en chirurgie dentaire etdocteur d'État
ès-sciences en biologie, s'intéresse depuis longtemps à l'utilisation des
plantes en médecine, en particulier dans leurs applications pour les soins
bucco-dentaires.
Entre 1998 et 2004, il a rédigé avec beaucoup de passionune série
d'articles sur la phytothérapie bucco-dentaire dansune revue professionnelle
très lue par ses confrères,Le chirurgien-dentiste de France, preuve de
l'intérêtque porteun certain nombre de spécialistes sur l'utilisation des
plantes dans ce domaine en phytothérapie etaromathérapie.
Depuis peu, desthèses d'exercice en particulier dans lesuniversités de
Marseille etde Lille sontconsacrées à cestraitements phytothérapeutiques
bucco-dentaires, de la recherche auxapplications.
La phytothérapie,traitementdes maladies par les plantes sous de
nombreuses formes galéniques, etl’aromathérapie,traitementpar les huiles
essentielles etles essences, intéressentde plus en plus !
Cesthérapeutiques complémentaires,utilisées de génération en
génération de façon empirique, correspondentaujourd'hui à des recherches
sérieuses effectuées par desuniversitaires confirmés etsontproposées par
des laboratoires pharmaceutiques.
De nombreuses plantes ontdes A.M.M. (autorisation sur le marché) qui
les placentaurang de médicamentà partentière, c'est-à-dire avec délivrance
obligatoire dans les pharmacies, accompagnée de conseils ouprescriptions
de praticiens formés etinformés !
En outre, actuellement, le déremboursementde nombreuses spécialités
incite certains confrères médecins, pharmaciens etchirurgiens-dentistes à s'y
intéresser, avec des demandes croissantes de leurs patients.
C'estpourquoiun enseignement universitaire spécifique s'estcréé en
France dans plusieursvilles leur permettantde se former de façon optimale.
Pour des raisons de santé publique la promotion etl'usage des plantes
médicinales, ainsi que leur intérêtdans le système global de santé, fontpartie
aujourd'hui des priorités de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

L'ouvrage quevous allezdécouvrir s'intègre donctoutà faitdans cette
démarche puisqu'ilvous propose d'aborder les plantes dans leur contexte
historique mais aussi dans leurs applications modernes, letoutaccompagné
*
d'anecdotes (ouanecdodontes) passionnantes,vous rendantla lecture plus
aisée…

*
« Anecdodontes » : motcréé par Henri Lamendin, par la contraction destermes « anecdotes
odontologiques ».

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Le docteur Lamendin, quivitlui-même dansun merveilleux
environnement végétal, a participé récemmentà l'écriture d'un dossier pour
un numéro hors série de la revue professionnelle que je dirige,La
Phytothérapie européenne, quitraite plus précisémentdes soins
buccodentaires par phyto-aromathérapie.
Longuevie à cetouvrage completetau travail de pionnier que le docteur
Lamendin effectue depuis de nombreuses années.

Danielle Roux, pharmacienne
chargée de formation
auprès des professionnels de santé
en phytothérapie

Introduction

Ce recueil a pour objet d’être informatif à propos de 150 plantes
médicinales ayant (et/ou ayant eu) des « applications bucco-dentaires », très
spécifiquement. Cela n’avait pas été fait jusqu’à présent, «au niveau
mondial », alors que «la bouche et les dents concernent pourtant tout un
chacun ». Ce livre constitue donc, en quelque sorte, une première! Bien que
dansunethèse (qui n’a pas été publiée) soutenue par Kober à Munich en
1949, intitulée «Traitementdes affections gingivales à l’époque des
médecins-botanistes duMoyen-Âge », celui-ci avaitdéjà dresséun essai de
classification regroupant 76espèces de plantes médicinalesutilisées dans les
maladies de la bouche etdes dents (Vetter, 1966). On peutaussi signaler les
deuxnuméros hors-série publiés parPlantes et Nature, à l’initiative du
laboratoire Pierre Fabre (Lamendin,2005 et 2006).
Le présentrecueil seveutaussi distrayant, en évoquantdivers aspects
caractéristiques, des données historiques,voire quelquefois anecdotiques, à
propos des 150plantes citées. Afin de ne pas alourdir letexte, leurs emplois
en médecine générale ontété écartés etn’ontété retenus que ceuxayant trait
aubucco-dentaire.
Cependant, hormis la consultation d’ouvrages spécialisés, les personnes
qui désireraienten savoirun peuplus à ce sujet, peuventse reporter,
notamment, à la série d’articles que j’ai publié dansLe Chirurgien-dentiste
de France, dans la rubrique «Connaissances d’hier etd’aujourd’hui »,de
1998 à2004 etàl’Encyclopédie médico-chirurgicale(Lamendin etcoll.,
2004). Pour permettreune lecture «plante par plante »,les renvois ontété
évités, etil existe donc des répétitions.
Lestraitements etsoins présentés ontété «éprouvpoés »ur des
pathologies avérées etrapportés par des auteurs de diverstemps etlieux,
dontles références figurent,in fine, en bibliographie. À noter que des
remèdestrès anciens, nés de l’empirisme, sontparfoistoujours d’actualité ou
peuventle redevenir, les plantes n’ayantpasvarié quantà leurs propriétés
utiles pour lathérapeutique etl’hygiène bucco-dentaires, entre autres. On
trouvetrès souventde ces plantes, sous différentes formes, dans des
spécialités pharmaceutiques ouproduits d’hygiène actuels, parfois comme
principes actifs,tantôtparmi les excipients ou, enfin comme arômes.
Attention, la phytothérapie etl’aromathérapie ne sontpas anodines, car
elles «agissent». Les prescriptions ouconseils de médecins,
chirurgiensdentistes oupharmaciens s’imposentdonc pour la plus grande partdes
plantesutilisées (utilisables). N’hésitezpas à réclamer destraitements par les
plantes, pourtous les cas oùceux-ci peuventêtre indiqués.

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D’ailleurs, les remèdesvégétaux traditionnels ainsi que les médications
modernes peuvent très avantageusementse compléter,ycompris dans le
domaine bucco-dentaire. Cependant, se méfier d’interactions, possibles,
entre certaines plantes etdestraitements médicamenteux. Par exemple,un
simple jus de pamplemousse peutparfois augmenter l’action des
bêtabloquants, des anticalciques, des inhibiteurs des protéases oudiminuer celle
de la ciclosporine, de la digoxine, ainsi que de certains hypotenseurs et
antihistaminiques (Ducros,2001). C’estpourquoi, en principe, il ne fautpas
employer de plantes enusage médicinal sans avoir recueilli, aupréalable,
une information oul’aval d’un praticien qualifié, lequel peutaussi les
prescrire, bien entendu.

Un avis duConseil national de l’Ordre des médecins a précisé:« La
phytothérapie devrait faire partie de l’arsenal de tout médecin; tout
généraliste devrait la pratiquer»(Moatti, 1990). À l’évidence, cela peut
aussi s’appliquer auxchirurgiens-dentistes ets’impose, «tout
naturellement», auxpharmaciens. «La promotion de l’usage des plantes
médicinales et leur intégration dans le système de santé, fait partie des
priorités de l’Organisation Mondiale de la Santé» (Longuefosse,2000).

Acacia

Dans le «langage ordinaire » (Littré, 1887), l’appellation acacia désigne
l’acacia blanc, ourobinier (robinia pseudacacia, papilionacées). Sa
dénomination de «fauxacacia »vientde ce qu’on le confondaitavec le
mimosa (mimosa scandens), ouacacia des botanistes, lequel est une plante
toxique (Saury, 1977). En 1601, le jardinier duroi de France, spécialement
chargé des plantes médicinales (on disaitSimplisalors, le «te »),reçut
d’Amérique duNord (des monts Appalaches),une graine qu’il planta place
Dauphine, à Paris. Trente-cinq ans plustard, l’arbre issude cette graine fut
transplanté auJardin des Plantes oùl’on peutencore admirer ce robinier
historique qui a bravé les siècles.

Depuis son immigration, cetarbre s’estpropagéun peupartouten
Europe, sauf dans le Nord, car il redoute les grands froids. Les fleurs du
robinier, riches en nectar, sont volontiers butinées par les abeilles et, on le
sait, serventà préparer de délicieuxbeignets (Delaveauetcoll., 1977).
Attention cependant, car les fleurs de robinier absorbées entrop grande
quantité provoquentdes migrainestenaces (Saury, 1977). La saveur de la
racine d’acacia étantdouce, il fautdonc mettre en garde les enfants, car elle
est toxique. L’homéopathie emploie lateinture-mère de robinier (Delaveau
etcoll., 1977).

La gomme arabique estl’exsudatdurci, mais obtenupar incision du tronc
de l’acacia duSénégal (acacia senegal, mimosacées). On latrouve dans de
nombreuxmédicaments actuels, comme excipient(Girre,2001).

ème
Surunetablette mésopotamienne duaIII millénairevantJ.C., on peut
lire cetexte (Calès,2002) :
Racine d’acacia
Quand tu l’arracheras ne doit pas voir
Le soleil. Remède pour le ver
Mettre sur la dent malade.

Dans l’Antiquité, selon Cocher (1998), l’acacia faisaitpartie de l’arsenal
thérapeutique médical dentaire de Caelius Aurelianus ; celui-ci l’utilisaiten
lavages de bouche. Dioscoride (40-90) indiquaitaussi l’acacia, en décoction
tenue en bouche, contre les «chancres et ulcères corrosifs à la bouche et à
la langue» (Chapenoire etLamendin,2002). Comme substance astringente,
dusuc d’acacia (exprimé des gousses pilées dumimosa nilotica, Littré,
1887) entraitdans la célèbrethériaque, composition qui fut, entre autres,
ème
utilisée par de nombreuxdentistes (surtoutaucours duXVIII siècle),pour

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ses effets analgésiques(Lamendin,2001). Ausuc d’acacia duLevantou
d’Égypte, on a souventsubstitué le suc d’acacia aucachou(acacia catachu,
mimosacées) (Dorvault, 1995). De nos jours, de l’arôme d’acacia entre dans
plusieurs pâtes gingivales (Lamendin, 1999).

Agaric

Bien qu’enusage populaire depuis longtemps, c’estSilvain Brossard,
chirurgien de La Châtre, en Berry, qui eutle mérite d'expérimenter etde
constater, lors d'hémorragies, l'effetprobantde l'agaric (fomes fomentarius,
corialacées), recueilli «sur les vieux chênes ébranchés», lequel futensuite
dit: « des chirurgiens ». En 1750, il s'en futpré-senter sa découverte à Paris
en l'Académie Royale de Chirurgie (fondée en 1731), devantlaquelle il
apporta la preuve de son efficacité (Lamendin, 1973). En 1755, sous réserve
«de rendre public son secret », Brossard reçut une pension duRoi (Meunier,
1964).

Si l'artAgaric »icle «a disparuduCodex Médicamentarius Gallicus
(pharmacopée française rédigée par ordre dugouvernement) depuis 1949, on
peutsignaler qu'il figuraitdans les sixprécédentes éditions, dont,
rappelonsle, la première instituée par la loi du 21 germinal an XI (11 avril 1803) et
paruen 1818, futla seule rédigée en latin.

L’agaric, donc dit« deschirurgiens »,estaussi connusous l’appellation
d’amadouvier (ouamadouvier allume-feu). Àtitre anecdotique, on peut
signaler que l’homme des glaces découvertà la frontières austro-italienne en
1991, portaitdansune petite bourseun fragmentd’amadouvier qui devaitlui
servir à faire dufeu. Cethomme de l’âge ducuivre a été daté entre3300et
3200ans avantnotre ère (Roussel etcoll.,2002). C’estdire que
l’amadouvier a étéutilisé depuis la préhistoire.

Dans le Dorvault(1995), on a pulire à propos de l'agaric: «Parasite
commun sur lesvieux troncs de chênes etde hêtres des grandes forêts
d'Europe. La partie employée estla partie moyenne duchampignon que l'on
trempe dans l'eauetque l'on batavec des maillets pour la rendre souple et
spongieuse. C'estsurtoutà Niaux(Pyrénées) qu'on prépare l'amadou. »À
noter que « amadou» signifie « amoureux» en provençal.

Faisantappel à son pouvoir absorbant, l’amadoua étéutilisé par des
chirurgiens-dentistes pour assécher les cavités dentaires lors de soins. Etde

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façon plus générale, en milieubuccal, il a été employé comme hémostatique
etpeutl’être encore.

Alors que les qualités hémostatiques de l’amadou, que nul n’a jamais
contestées, sont toujours conjuguées «au présent» dans leNouveau
Larousse médicalde notre temps on peut se demander pourquoi se priver de
celles-ci, en cas de besoin. Pourvu de se donner le mal de préparer l’amadou,
il serait loisible d’en user d’autant plus facilement que les vieux troncs de
chênes (entre autres) de nos forêts, continuent à «produire gracieusement »
(pour nous), des agarics amadouviers.

Agave

L’agave (agave amaricana, amaryllidacées), autrefois appelé, à tort,
aloès (aloe vera), est originaire de l’Amérique centrale. Il reste à l’état
végétatif (rosette de longues feuilles vertes bordées de jaune), pour fleurir
une seule fois, au bout de 10 à 12 ans, en donnant une inflorescence de 10 m
environ.

Autrefois, on pensait qu’il était immortel et qu’il fleurissait tous les 200
ans ! Linné (1707-1778), se référant à cette croyance, a tiré le mot « agave »
du grec «agauos »,signifiant «merveilleux ».En Espagne, l’agave était
d’ailleuarbol de marars désigné comme «villas »(arbre des merveilles).
Cependantlatradition, en ce pays, disaitaussi que c’étaitle diable qui étaità
l’origine de la création de l’agave, car, jaloux, envoyantDieucréer la
menthe (mentha sylvestris),toute petite plante auxfeuilles minces et tendres,
il avaitdécidé de créerune plantetrès grande auxfeuilles épaisses et
charnues, hérissées de piquants… etparesseuse comme lupi !Le «ulque »,
tiré de l’agave, auraitétéune boisson consommée en grande quantité par les
prêtres aztèques, avantles cérémonies sacrificielles (Boisvert,2003).

L’agave a été surnommé « abécédaire », car son action salivante (due à la
saponine) aidaità « délier la langue des enfants ». Cette action sialogène est,
de plus, favorable à la prévention bucco-dentaire. En Amérique duSud, les
feuilles etles racines de l’agave sont traditionnellement utilisées pour leurs
propriétés antiscorbutiques, entre autres.

Attentla sèion :ve des feuilles, en contactcutané, peut
provoquer des irritations ouréactions allergiques (Engel etcoll.,
non daté).

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Aigremoine

L’aigremoine eupatoire oueupatoire des Anciens (agrimonia eupatoria,
rosacées) « croîtdans les champs, dans les près secs, & le long des haies, des
chemins, & au» (Valmonbord des boist-Bomare, 1791),toujours en plein
soleil (Fabiani, 1999). Elle pousse danstoute l’Europe (exception faite de
l’extrême nord), en Asie mineure, Iran, dans le Caucase eten Afrique du
Nord. Mais de nos jours, l’aigremoine disparaîtrapidementde la nature,
surtouten raison de l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture et
de l’exploitation forestière ; il n’estdonc pas surprenantqu’on commence à
en cultiver à des fins pharmaceutiques (Stary, 1999).

Plusieurs étymologies grecques ontété proposées pouragrimonia: ce
mot viendraitsoitdeagros(champ) etmonias(sauvage, par allusion à son
habitat), soitdeargêmonê(taie de l’œil, en rappel des propriétés
ophtalmologiques de la plante).Eupatoriadériveraitde Mithridate VI
Eupator, ditle Grand (v.132-63av. J.-C.), roi duPont, qui auraitpréconisé la
plante pour sesvertus médicinales (Delaveauetcoll., 1977). Connue depuis
la préhistoire etprônée dans l’Antiquité, l’aigremoine a longtemps été
confondue, dans lestextes, avec laverveine officinale (verbena officinalis).
ème
Elle en futdistinguéetotalementauXV siècle,pour atteindre son apogée
de popularité 100ans plustard.

En gargarismes, l’infusion d’aigremoine guéritlesulcères de la bouche,
avaitécritPeyronnet(1903). Pour ces gargarismes (bains de bouche),
Duquesne (1973) conseille d’yadjoindre dumiel et unetrès légère
proportion devinaigre ;Botticelli etCagnola (1999), des pétales de rose
(rosa gallica) etde la racine de guimauve (althaea officinalis) ;tandis que
Delaveauetcollaborateurs (1977) ainsi que Fabiani (1999) prescrivent une
simple décoction d’aigremoine, seule, faite de 50g de feuilles séchées pour
un litre d’eau. Pour réaliser des gargarismes décongestionnants, Botticelli et
Cagnola (1999) proposent un mélange composé de 80g d’extraitfluide
d’aigremoine etde20g de glycérine, donton dilue20gouttes dansun
demiverre d’eaufroide.

L’aigremoine, légèrementamère etastringente, estemployée en
gargarismes détersifs (de la Conté, 1986), etrésolutifs. Press (1999), comme
ForeyetLindsay(1989), indique aussi l’aigremoine en gargarismes, à cause
de sa richesse entanin. C’estpour cette richesse entanin que l’aigremoine
est utilisée en bains de bouche pour letraitementde l’inflammation etdes
maladies périodontales, confirme Stary(1999). L’infusion, oudécoction,
préparée avecune à deuxcuillerées à soupe d’aigremoine pourunetasse

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d’eau, est recommandée comme bain de bouche après une intervention
chirurgicale bucco-dentaire et en gargarisme dans les stomatites et aphtes,
ajoute-t-elle.Moatti (1990) cite aussi l’aigremoine parmi les plantes
d’utilisation courante contre les aphtes ainsi que pour les gingivites et
stomatites. L’aigremoine estinscrite dans la liste destisanes de la
ème
Pharmacopée française (Xédition).

Ail

Vraisemblablementoriginaire des steppes de l’Asie centrale (Delaveauet
coll., 1977), l’ail (allium sativum, liliacées) estconnudepuis la plus haute
Antiquité. C’étaitla «thériaque des payo« deGalien »sans »,u« des
pauvres »,selon Ouvrieu, 1974. Les ouvriers qui édifièrentles pyramides
recevaientchaque jourune gousse d’ail (Valnet, 1985). En faisantfigurer
l’ail en bonne place aumenudes bâtisseurs de la pyramide de Guizèh, les
ème
Égyptiens duaV millénairev. J.-C. attestaientdéjà de sesvertus
stimulantes. Les Hébreuxde l’Exode le mettaientaunombre des biens les
plus précieuxqu’il leur fallutlaisser en Égypte.
Symbole de force physique chezAristophane, l’ail estcité partous les
médecins etnaturalistes de l’AntiquitDioscoride (4é ;0-90) en faisait une
« panacée »,mais les Dieuxn’appréciaientpas ses effets sur l’haleine; les
fidèles qui en avaientmangé ne devaientpas entrer dans lestemples !
(Delaveauetcoll., 1977.) L’ail figuraitdans le capitulaire de Villis,
er
ordonnance de Louis 1le Pieux(778-840), promulguéevers l’an795,
énumérantlesvégétauxqui devaientêtre cultivés dans les domaines royaux,
en Aquitaine etdans le Sud de la France. Colporteur d’ail était unvieux
métier méridional, maintenantdisparu.

L’ail est un des plus ancienstraitements de l’odontologie (Vidal, 1983),
Son rôle antibactérien etantifongique s’exprime auniveaubuccal (Boullard,
2001). Pujol (1989) rappelle qu’Alexandre préparaitde la manière suivante
les ails (ouaulx, les deuxorthographes sontadmises) qui apaisentla douleur
des dent: cinq godes ails« Prendres :ude l’encenssses ;:une drachme et
demi ;de la myrrhe :une drachme. Faire bouillir avec du vin jusqu’à
consistance dumiel liquide que l’on gardetiède dans la bouche ».Pline
l’Ancien préconisaitceci :go« Troisusses (d’ail) pilées dans du vinaigre
soulagentles mauxde dents, etil enva de même si onutiliseune décoction
d’ail comme bain de bouche, ousi on metde l’ail crudans les dents
creuses. »
Boussel (1970) raconte qu’Ambroise Paré, pour qula doi «uleur des
dents estla plus grande etcruelle qui soitentretoutes les douleurs, sans la

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mort »,avait expérimenté, pour lui-même, un remède qui avait fait
merveille, consistant à «placer une gousse d’ail bien chaude contre la dent
malade ». Cela se fait toujours. « Une décoction d’ail avec résine de mélèze
ou de sapin guérit le mal de dents», disait-on autrefois en pays alpin. Un
rapide sondage dans mon entourage immédiat (maintenant dans les
HautesAlpes) montre que cette recetteyestencore d’actualité.

En Haut-Berry,une enquête, menée en 1972-73, sur les plantes
médicinales bucco-dentaires, avaitplacé l’ail en première place (avecune
fréquence de26% des citations) (Lamendin, 1973). Des enquêtes de même
type, réalisées en2002, ontmontré qu’en Pays basque espagnol (Ochoa et
Lamendin,2002) etdans le Constantinois (Algérie) (Lamendin etcoll.,
2002), l’ail s’y trouvait toujours entête, avec, respectivement45 % et 36%
des citations, alors qu’en France métropolitaine (dans diverses régions),
ayantrégressé à latroisième place, après le girofle etle citron, il était,
cependant,toujours connu(et utilisé, la plupartdu temps, en attendant un
rendez-vous chezson chirurgien-dentiste) par 17,6% de la population
interrogée. (Lamendin,2002).

En matière d’halitose, Valnet(1985) indique que pour neutraliser l’odeur
de l’ail, il fautmâcher2à3grains de café, quelques grains d’anis oude
cumin, ducardamone. Etil ajoute qu’on peut, également, faire appel àune
pomme ou une branche de persil.

Alliaire

L’alliaire officinale, oupied d’âne (alliaria officinalis, crucifères) ne
semble pas avoir été connue dans l’Antiquité. L’alliaire estprésente partout
en Europe, en Afrique duNord eten Asie occidentale etcentrale (Press,
1999). L’alliaire exhaleune odeur d’ail assezmarquée lorsqu’on la froisse
entre ses doigts, d’ouson appellation d’herbe à l’ail ouauxaulx(Bonnier,
1932; Delaveauetcoll., 1977). Elle atoutes les propriétés médicinales de
l’ail (Duquesne, 1973) ou très proches (Boisvert,2003), dontcelle d’être
antiseptique (Press, 1999).
Pour prévenir les caries dentaires etcontre les érosions, fermentations et
infections de la bouche, Delaveauetcollaborateurs (1977) conseillentde
mâcher puis de recracher des feuilles fraîches d’alliaire. Pour raffermir les
gencives, ils indiquentdes bains de bouche d’une infusion d’alliaire (20g de
plante pourun litre d’eau). Les feuilles d’alliaire, en décoction, sont
antiscorbutiques (Duquesne, 1973),vue leur richesse envitamine C
(Boisvert,2003).

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Aloès

L’aloès (aloe) faitpartie de la famille des liliacées.C’est une plante
originaire de l’Afriquetropicale. On en exprimeun « suc gommo-résineux».
« Ces sucs étant desséchés par l’évaporation, différents en pureté, couleur et
odeur, leur a fait donner divers noms: aloès fuccotrin [aloe fuccotorina],
c’eft le meilleur de tous […], aloès hépatique [aloe hepatica], parce qu’il a la
couleur du foie […] et aloès caballin [aloe caballus], parce qu’il n’est
employé que pour les chevaux (médecine hippiatrique) […]», a écrit
Valmont-Bomare (1791). En outre, Dorvault(1995) faitmention de l’aloès
duCap (aloe ferox), le plus connu, etde l’aloès des Barbades oudes Antilles
(aloe vera).

Au temps oul’on croyaitencore aux«vers des dents »(cela dura
longtemps !),on conseillaitdetuer ceuxa-ci «v». Àec des choses amères
ceteffet, ce remède étaitproposé :« aloès :u; camphre:ne dragmeun
scrupule etdemi ; eau-de-vie : demi-dragme ; mêler letout, imbiberun coton
qu’on applique dans la dent» (de Rebecque, 1683). De l’aloès « épathique »
(orthographe du temps) entraitdans la composition du« Baume
ème
sympathique »,nous dit un manuscritduXVII siècle.Ce baume étant,
entre autres, employé « contre les douleurs de dents, pour affermir celles qui
branslent, resserrer les gencives, ôter leur puanteu» (de la Conr […]té,
1986).

« Pour arrêter les fluxions des gencives etpour les gencives rongées et
pourries », Matthiole (1572) citait un linimentd’aloès faitavecvin oumiel.
Autrefois, en cas de scorbut, en application gingivale, avec d’autres
composants ouassocié au vin etaumiel, l’aloès étaitindiqué (Ouvrieu,
1974). De nos jours, les gargarismes (bains de bouche) faits avec de la
poudre d’aloès sont toujours donnés pour guérir lesulcères de la bouche
(Duquesne, 1973). L’aloès estindiqué pour les soins de la bouche, confirme
Boëdec (1999). Le gel d’aloès donneun baume pour les lèvres (Bruneton,
1993). Les aloès duCap etdes Barbades sontinscrits à la Pharmacopée
ème
française (Xédition).

Attentcheion :zles sujets sensibles, le contactcutané avec du
latexcontenudans les feuilles charnues peutêtre à l’origine de
dermites allergiques (Engel etcoll., non daté).

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Aneth

L’aneth (odorant), dit« fenouil bâtard oufenouil puant» (anethum
graveolens, ombellifères) est une plante dontl’odeur rappelle celle du
fenouil sauvage, avec lequel on le confond souvent(Delaveauetcoll., 1977).
C’estainsi que, par exemple, dans le Larousse-Sélection (1968), le mot
aneth estdonné,toutsimplement, comme «synonyme »de fenouil. Alors
que pour Dorvault(1995), c’est une plante «trèsvoisine » dufenouil. Tandis
que dans le PetitRobert(1986), il estditque le fenouil est«une des
variétés »de l’aneth. C’estce qui ressortaussi de cestermes de Pujol
(1989) :« ilexiste deuxsortes d’aneth, l’aneth odorant(anethum
graveolens) etl’aneth fenouil (anethum fœniculum) ».Quantà
ValmontBomare (1791), il indiquait, à propos de l’anet(orthographe de sontemps),
quses fee «uilles sontsemblables à celles dufenoumais précisaiil »,tque
c’estl’anetdoh «ux» qui estle fenouil (de Florence, ajoutait-il, car,
autrefois, ce fenouil n’était, paraît-il, cultivé qu’en ce lieu).

L’aneth étaitdéjà populaire chezles Égyptiens etles peuples de
l’Antiquité (Stary, 1999). Il figure dans la plupartdestextes anciens etmême
er
dans l’Évangile selon saintMathieu, qui signale que pendantle 1siècle de
notre ère, il faisaitl’objetd’un impôt, comme le cumin etles menthes
(Delaveauetcoll., 1977). «Les Anciens se couronnoientd’anetdans les
festins. Les gladiateurs en mêloientàtous leurs alimens, parce qu’on lui
attribuoitla propriété d’être fortnourissant» (Valmont-Bomare, 1791).

Charlemagne (742-814) fitmettre l’aneth dans la liste des plantes
médicinales qu’il fallaitcultiver (Stary, 1999). L’aneth figuraitdans le
er
capitulaire de Villis, ordonnance de Louis 1le Pieux(778-840),
promulguéevers l’an795, énumérantlesvégétauxdevantêtre cultivés dans
les domaines royaux, en Aquitaine etdans le Sud de la France.

Dansunetraduction des passages etchapitres consacrés à
l’odontostomatologie, deLa grande chirurgie, ouvrage composé par Guyde
Chauliac en 1363(Pujol, 1989), il estsignalé l’emploi de l’aneth contre la
douleur de dent, si de cause chaude. Etplus loin, Guyde Chauliactoujours
(citantAvicenne), indique que, pour la douleur de dents, l’on peutfaireun
emplâtre avec des substancestelles que l’aneth, notamment.

L’aneth, notablementriche en anéthol, comme l’anis, entretoujours dans
des spécialités pharmaceutiques contemporaines pour bains de bouche
(Lamendin, 1999). L’huile essentielle d’aneth est utilisée en aromathérapie,
elle estréputée «tonique psychiqudonc poe »,uvantêtreutile avant une

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intervention (dentaire, entre autres).L’aneth estinscritdans la liste des
ème
tisanes de la Pharmacopée française (Xédition).

Angélique

L’angélique archangélique (angelica archangelica, ombellifères) estrare
à l’étatsauvage, sauf dans quelquesvallons des Alpes etdes Pyrénées abrités
desvents, chauffés par le soleil etrafraîchis parun ruisseau. Ontrouve plus
souvent une autre angélique (angelica sylvestris) plus modeste etmoins
odorante (Delaveauetcoll., 1977). L’angélique estriche entanin.

Autrefois, des colliers de dentition étaientfaits de racines d’angélique,
parce que leur forme évoqueune dent. Elles étaientportées, attachées de
cette façon, pour que l’enfantpuisse les suçotter sans les avaler, qu’ils ne les
perdentpas sans arrêtetne les salissentpas (Loux, 1981).

Matthiole (1572) recommandaitde mettre aucreuxdes dents malades de
la racine d’angélique mâchée. Présentement, de l’essence d’angélique entre
dansun élixir odontalgique indiqué par Valnet(1990). Pour des gencives
légèrementenflammées ouenflées, on peutrecourir à l’extraitsec d’ananas
associé à de l’extraitde racine d’angélique (Botticelli etCagnola, 1999). La
racine d’angélique estsouveraine en cas d’affections buccales, souligne
Boëdec (1999); elle estréputée antiscorbutique. L’angélique estinscrite
ème
dans la liste destédiisanes de la Pharmacopée française (Xtion).

Pour faire « bonne haleine etcontre la puanteur de la bouche », Matthiole
(1500-1577) indiquaitde mâcher de la racine d’angélique.

Anis

Attentles sion :ucs de l’angélique sontextraordinairement
actifs etsi, enusage externe, on en abusetrop sur la peau, ils
peuventêtre à l’origine detrès désagréables inflammations ;
celles-ci étantdes réactions detype allergique (Stary, 1992).
L’angélique aune forteteneur en sucre, c’estpourquoi on
recommande auxdiabétiques de s’en abstenir (Press, 1999).

L’anis (vert) estdit« petitanis ouanis d’Europe » (pimpinella anisum,
ombellifères). Il existe 150 variét; celle de Toés d’anisuraine estla plus
douce (Dorvault, 1995). À propos des fruits de l’anisvert, Mességué (1975)

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décrit de petits œufs à deux grains velus et indique que c’est ce caractère qui,
avec le parfum typique de l’anis, permet de ne pas le confondre avec la
redoutable ciguë qui fit mourir Socrate (v.470-399 av. J.-C.).

Pour Delaveauetcollaborateurs (1981), l’origine de l’anis (vert) reste
mystérieuse ; «très anciennementapporté d’Asie, on ne le connaîtnulle part
à l’étatspontané ».Selon Duquesne (1973) ilviendraitde Syrie etn’aurait
ème
été introduiten Europe quevers le milieuduMais, poXVI siècle.ur Stary
(1999), il seraitoriginaire d’Eurasie etd’Afrique. L’anis cultivé, depuis
l’Antiquité, étantnatif de la Méditerranée orientale, on pense quepimpinella
cretica, de la région de la mer Egée, estson ancêtre sauvage.

L’anis était une plante familière de l’ancienne médecine chinoise et
indienne. Il figuraitaussi dans l’arsenalthérapeutique arabe, des Najm,
Cohen el Attar, Abulcasis, Gerber, Mesüé, Avicenne (Percheron etLe Roux,
ème
1955). En Europe, il futmentsiècle, eionné dès le VIIItAlbertle Grand le
ème
recommandaitauXIII (Mességué, 1975). Si les avis des auteurs divergent
quelque peusur l’origine de l’anis, on peutcependantconclure avec Stary
(1999) «qu’elle estl’une des plusvieilles herbes médicinales dumonde ».
Pline proclamait, de plus, que : « l’anis faitpartie dupetitnombre de plantes
vantées par Pythagore » (Lamendin,2000).

L’anisvertétaitl’un des composants les plus nocifs (Delaveauetcoll.,
1977) de l’ancienne boisson dite «absinthe »,très envogue à la fin du
ème
XIX siècle,comme le montre, notamment, letableau(peinten 1876) bien
connude Manet(1832-1883), intitulé « L’absinthe ». La liqueur d’absinthe a
été interdite dès 1915 etla législation a été complétée en 1959, pour la
fabrication de l’huile essentielle d’absinthe (Bruneton, 1993). L’anis
estluimême « épileptisant» à haute dose, mais cela n’empêche pas qu’on letrouve
toujours dans des apéritifs rafraîchissants bien connus… donc à consommer
avec modération ! Actuellement, la Russie estle plus gros producteur d’anis
vert, pour son essence, obtenue par distillation (DomartetBourneuf, 1981).

La badiane de Chine estcitée ici, car synonyanis éme de «toilé »ou
« anis de Sibérie » (illicum verum Hook). C’est une magniolacée. Ses fruits,
qui furentconnus en 1558, renferment4 à 5 % d’huile essentielle identique à
celle qu’on retire de « l’anisvert». Leur odeur etleur saveur se rapprochent
beaucoup de celle de l’anisvulgaire (vert), dont, aureste, ils ontles
propriétés (Poujol, 1857). La badiane estinscrite à la Pharmacopée française
ème
X édition etdans la liste destisanes de cette pharmacopée. Àtitre
anecdotique, pendantmon exercice professionnel, c’estde la badiane que
j’aiutilisée (en substitutde l’anis), pour aromatiser les bains de bouche,
alors donnés aufauteuil. Ceci car lavente de l’essence d’anis était(est

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toujours) contrôlée, ce qui n’est pas le cas, bien entendu, pour les sachets
d’anis vert, pour tisanes.

Leca (1972), dansun article concernantla médecine égyptienne au temps
des Pharaons, signale qu’ontrouve de l’anis dansune potion qui « passera la
nuità la rosée puis on (s’en) rincera (la bouche) pendantquatre jours ».Ce,
probablement, pour soigner la «pyorrhée alvéolo-dentaire ».Dans devieux
ème èmeème
traiteés de la fin des XVIItXVIII sièclesetdudébutduil éXIX ,tait
recommandé, aprèsune extraction dentaire, d’appliquer sur la partie
douloureuse, deuxfois par jour,un sachetchaud de fleurs etfeuilles
composé de huitplantes, dontl’absinthe etl’anis (Ouvrieu, 1974).

ème
Dansun formulaire manuscritdudébutdupoXX siècle,urun élixir
dentifrice, l’anisvert, étaitdonné comme l’un des ses deuxcomposants
principaux(avec le pyrèthre). L’anis est un ingrédientaromatique et
antiseptique des dentifrices etdes bains de bouche (Stary, 1999). Press
(1999) précise: «l’anis contient une huile essentielle renfermantde
l’anétholutilisé dans les dentifrices ». De nos jours, ontrouve aussi de l’anis
dans des gels dentaires, des sprays buccaux, ouassocié à des antibactériens
etantalgiques. L’huile essentielle d’anis estparfois employée en
aromathérapie bucco-dentaire, comme correcteur de goût. La saveur
agréable de l’anis convientd’ailleurstrès bien auxenfants. L’anis est
autorisé auxpersonnes en cours detraitements homéopathiques
(contrairementà la menthe).

Ansérine

L’ansérine, ouplutôtla potentherbe aille ansérine, «uxoies »,« bec
d’oie »,« patte d’oie» (herbe à cochons», «potentilla anserina), est une
mauvaise herbe qui supportetrès bien d’être foulée aupied. Son nom
spécifique estconstruitsur le latinanser, oie. Mais les oies ne sontpas
seules à l’apprécier ;tous les animauxde la basse-cour, le bétail etles porcs
l’aiment(Delaveauetcoll., 1977). Estaussi désigné sous le nom d’ansérine,
le chénopode blanc (chenopodium album) n’ayantaucune parenté avec la
potentille ansérine.

En gargarisme (bain de bouche) l’infusion de potentille ansérine soigne
lesulcéres de la bouche (Press, 1999). Ouvrieu(1974) signale son emploi en
décoction dans du vinaigre etprécise que, sa racine étant un bon remède
pour raffermir les gencives etéviter les mauxde dents, il suffitd’en mâcher
un morceaudetemps entemps. Delaveauetcollaborateurs (1977) indiquent

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