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Analyse critique de l'expertise et des normes : théorie et pratique

De
256 pages
Dans un contexte d'inflation normative, il est tentant d'assimiler l'expert à un "gardien du temple" garant de la parfaite application des normes ; encore faut-il cerner précisément sa place dans le processus d'élaboration et de mise en oeuvre de ces normes, et mieux comprendre les dysfonctionnements dont l'actualité se fait régulièrement l'écho. Cet ouvrage analyse alternativement le rôle social et la dimension politique des normes et de l'expertise, par un double questionnement sur leur légitimité et leur utilité.
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Sous la direction de
ANALYSE CRITIQUE
Olivier Cretté et Anne Marchais-Roubelat
DE L’EXPERTISE ET DES NORMES :
THÉORIE ET PRATIQUE
Les normes suscitent l’intervention de l’expert et inversement, mais cette relation
en apparence logique est source de tensions au sein de la société. Dans un contexte
d’inflation normative perceptible dans de nombreux domaines d’activité, il est tentant
d’assimiler l’expert à un « gardien du temple » garant de la parfaite application des
normes ; encore faut-il, pour lui confier une telle responsabilité et lui permettre de
l’assumer, cerner précisément sa place dans le processus d’élaboration et de mise ANALYSE CRITIQUE en œuvre de ces normes, et mieux comprendre les inévitables dysfonctionnements,
dont l’actualité se fait régulièrement l’écho. DE L’EXPERTISE ET DES NORMES : Cet ouvrage, né d’une première rencontre sur le thème de l’analyse critique de
l’expertise et des normes organisée au Conservatoire National des Arts et Métiers THÉORIE ET PRATIQUE(CNAM) sous l’égide du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches en Sciences
de l’Action (LIRSA – EA4603) analyse alternativement le rôle social et la dimension
politique des normes et de l’expertise, par un double questionnement sur leur
légitimité et leur utilité.
Les textes variés rassemblés dans ce recueil rendent compte de la complexité
de cette problématique, font appel à la sensibilité citoyenne des lecteurs auxquels
ils s’adressent (normalisateurs, responsables institutionnels, experts et consultants,
enseignants et étudiants), et militent en faveur de la transdisciplinarité et de
l’imbrication de la recherche et des pratiques.
Anne MARCHAIS-ROUBELAT est maître de conférences habilitée
à diriger des recherches (HDR) (Conservatoire National des Arts et
Métiers (CNAM), Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches en
Sciences de l’Action (LIRSA)).
Olivier CRETTE est docteur en sciences de gestion (Conservatoire
National des Arts et Métiers (CNAM), Laboratoire Interdisciplinaire de
Recherches en Sciences de l’Action (LIRSA)), diplômé de l’EMLYON,
expert-comptable et commissaire aux comptes.
Ont contribué, par leurs articles et/ou leur intervention dans le cadre du séminaire
d’analyse critique de l’expertise et des normes à la genèse de cet ouvrage (dans
l’ordre alphabétique) : Jean-Guy Ahanda, Philippe Bayard, Laurent Cappelletti, Olivier
Cretté, Emile Geahchan, Denis Lebey, Michel Lichou, Anne Marchais-Roubelat, Thi
Thu Tra Nguyen, Sonny Perseil, Yvon Pesqueux, Benoît Pigé, Eric Rousseau, Patrick
Rousseau, Souchinda Sangkhavongs Pravong, Henri Savall, Gilles Teneau, Véronique
Zardet.
PERSPECTIVES
ISBN : 978-2-343-06635-6
ORGANISATIONNELLES26
ANALYSE CRITIQUE
Sous la direction de
DE L’EXPERTISE ET DES NORMES :
Olivier Cretté et Anne Marchais-Roubelat
THÉORIE ET PRATIQUEAnalyse critique de l’expertise
et des normes :
théorie et pratique © L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06635-6
EAN : 9782343066356Sous la direction de
Olivier Cretté, Anne Marchais-Roubelat
Analyse critique de l’expertise
et des normes :
théorie et pratique




Collection Perspectives organisationnelles

L’HARMATTANPerspectives organisationnelles
Collection dirigée par Yvon Pesqueux et Gilles Teneau
C’est depuis l’apparition de la grande organisation comme
phénomène social suffisamment important que se pose la
question de la construction d’un champ de savoir qui lui soit
spécifique, celui des sciences des organisations, la grande
entreprise en étant la manifestation concrète majeure. C’est
l’action organisée dans cet endroit spécifique qui constitue le
matériau empirique et conceptuel et l’enjeu de la création de
savoir, ceci venant justifier l’existence de la collection
« Perspectives organisationnelles ».
L’organisation est à la fois organisée et organisante
c’est-àdire qu’elle cherche à maintenir la socialisation qui lui est
inhérente ce qui lui permet en même temps de se maintenir ;
elle cherche à relier les agents organisationnels et à se relier,
c’est-à-dire à relier les agents organisationnels avec les autres ; à produire des biens et des liens ce qui lui vaut
d’assurer sa pérennité. L’organisation matérialise l’existence
d’un « équilibre » entre des logiques structurelles et celles des
agents qui les animent. L’organisation est donc une construction
sociale contingente qui prend en compte des objectifs, des
conditions d’environnement et la mentalité des agents qui s’y
trouvent.
Dernières parutions
Sous la direction de Walter AMEDZRO ST-HILAIRE,
Perspective stratégique et gestion opérationnelle de l’économie
bancaire, 2015
Sous la direction de Sonny PERSEIL et Yvon PESQUEUX,
Faire l’économie de la dénonciation, 2015.
Gilles TENEAU, L’erreur humaine. Modèles et
représentations, 2014.
Société de Philosophie des Sciences de Gestion (SPSG), Penser
le management et les sciences de gestion avec Hannah Arendt,
2014. SOMMAIRE
INTRODUCTION ............................................................................................ 9
L’expertise et les normes, recherches et pratiques
Olivier CRETTÉ, Anne MARCHAIS-ROUBELAT
PREMIERE PARTIE
LA FIGURE DE L’EXPERT DANS SA RELATION À LA NORME ..... 15
Chapitre 1
L’expert et la norme au regard de la décision :
réflexion sur la déviance .......................................................................... 17
Anne MARCHAIS-ROUBELAT
Chapitre 2
Les acteurs de l’expertise scientifique.
Application à l’analyse des risques de filières d’énergie
renouvelables ............................................................................................. 35
Michel LICHOU et Patrick ROUSSEAU
Chapitre 3
Normalisation : les paradoxes de l’expert .............................................. 59
Philippe BAYARD, Emile GEAHCHAN, Denis LEBEY
Chapitre 4
L’expertise des métiers du care en questions.
Le cas de la définition des compétences des assistantes
maternelles ................................................................................................. 75
Sonny PERSEIL
Chapitre 5
Regards croisés sur l’expertise et le réseau :
le cas de la diaspora laotienne en France .............................................. 87
Souchinda SANGKHAVONGS PRAVONG
5 SOMMAIRE (Suite)
DEUXIÈME PARTIE
L’EXERCICE DE L’EXPERTISE DANS UNE ACTION RÉGULÉE PAR
DES NORMES .............................................................................................. 113
Chapitre 6
Analyse critique de la norme IAS 40 dans une approche comparative
des sociétés foncières cotées françaises et allemandes ..................... 115
Olivier CRETTÉ
Chapitre 7
De la norme à l’expert, la Tétranormalisation comme dynamique
d’apprentissage ........................................................................................ 143
Benoît PIGÉ
Chapitre 8
Tétranormalisation : Redonner une place centrale à l’homme et à
son jugement ............................................................................................ 157
Henri SAVALL, Véronique ZARDET, Laurent CAPPELLETTI, Benoît PIGÉ
Chapitre 9
Essai de comparaison entre les normes, référentiels, méthodes et
modèles ..................................................................................................... 163
Gilles TENEAU et Jean-Guy AHANDA
Chapitre 10
Modèle et normes projets : réflexion sur les conséquences en termes
d’efficacité et d’efficience de leur institutionnalisation .................. 183
Eric ROUSSEAU
Chapitre 11
La triple couronne de l’accréditation (AACSB, EQUIS, AMBA)
estelle une norme pour les MBAs d’ELITES ? ......................................... 215
Thi Thu Tra NGUYEN
6 SOMMAIRE (Suite)
CONCLUSION ............................................................................................. 235
L’expertise et les normes, un programme de recherche
Olivier CRETTÉ, Anne MARCHAIS-ROUBELAT, Yvon PESQUEUX
PROFIL DES AUTEURS ............................................................................. 245

7
INTRODUCTION
L’EXPERTISE ET LES NORMES,
RECHERCHES ET PRATIQUES
Olivier CRETTÉ, Anne MARCHAIS-ROUBELAT
La multiplication des normes et leur diffusion à de nouveaux
domaines d’applications provoquent des interrogations sur les fonctions
qu’elles remplissent, sur les modes de contrôle auxquels elles renvoient,
sur les acteurs qui les utilisent et sur ceux auxquels elles semblent
échapper. Leur rôle de facilitateur ou de frein pour l’action qu’elles
organisent constitue un enjeu commun pour le chercheur et le praticien,
quoique leurs points de vue ne seront pas nécessairement coordonnés.
Le chercheur pourra avoir tendance à aborder la norme comme objet de
recherche dans une approche plutôt organisationnelle. Le praticien
pourra plutôt s’intéresser à la norme d’un point de vue professionnel
comme moyen associé à l’action, en référence à des objectifs qu’il
considérera comme donnés.
Pour l’un comme pour l’autre toutefois, l’établissement, l’application
et l’évolution de la norme nécessitent l’intervention professionnelle de
l’expert, l’articulation entre norme et expertise apparaissant comme une
problématique partagée. Car si la pratique évoque l’expertise, l’une et
l’autre se déroulent dans un contexte de plus en plus organisé par des
normes. Inversement, l’expert peut intervenir sur les normes et
contribuer à modifier les objectifs industriels.
Cet ouvrage est issu d’une première rencontre organisée au
Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) par le Laboratoire
Interdisciplinaire de Recherches en Sciences de l’Action (LIRSA). S’appuyant
sur les contributions de praticiens et de chercheurs, il a pour objectif
d’associer leurs réflexions sur les enjeux et les pratiques liées à la
normalisation à travers l’expertise. Aussi la première partie insiste-t-elle sur la
figure de l’expert dans sa relation à la création et à l’application de la
9 norme, tandis que la seconde examine plus particulièrement l’exercice
de l’expertise dans une action régulée par des normes.
Dans le jeu qui s’établit entre l’expertise et la norme, la figure de
l’expert apparaît à la fois essentielle et ambiguë. Anne
MarchaisRoubelat montre que l’expertise et la norme ont en commun une
conception de l’action qui passe par le prisme de la décision rationnelle : c’est la
représentation analytique classique « RDA »
(Réflexion-DécisionAction). Elles semblent aujourd’hui converger sur des principes
d’organisation égalitaires qui tendent à gommer l’engagement personnel
de l’expert comme figure singulière au profit d’une pratique collective,
fondée sur un consensus. Le contrôle des activités y passe par une
représentation rationalisante de la décision, doublée d’une exclusion des
actions hors norme. A l’issue de cette convergence, les deux processus – de
normalisation comme d’expertise - apparaissent essentiellement
politiques, les négociations s’y nourrissant des arguments tirés de la
dimension technique.
Analysant un cas concret, Michel Lichou et Patrick Rousseaux
reviennent sur l’aspect politique de l’expert, au-delà de la dimension
technique. Ils font dialoguer les trois figures du théoricien, de l’expert et de
l’homme d’étude dans le contexte d’un projet de recherche appliquée
introduisant une méthode innovante d’analyse des risques - l’Analyse
des Risques du Cycle de Vie (ARCV) - appliquée aux énergies
renouvelables. Cette méthode complète l’analyse classique selon la norme
internationale en lui intégrant le risque. Toutefois les aspects techniques du
risque renvoient plus largement à des évolutions de la société et aux
choix politiques qui les accompagnent. Dans cet exemple, l’expert n’est
pas isolé mais en interaction avec l’homme d’étude et le chercheur, dans
le contexte d’une normalisation à laquelle ils pourraient finalement être
appelés à contribuer.
Poursuivant sur le même thème, Philippe Bayard, Denis Lebey et
Emile Geahchan se placent sur le terrain de la qualité appliquée à la
gestion de projet informatique industriel pour comparer la figure mythique
de l’expert en qualité, créateur d’outils et plus particulièrement de
normes facilitatrices d’activités industrielles, avec le vécu du
professionnel qui en réalité se débat continûment dans des contradictions. Leur
10 contribution, plus proche de l’essai, cherche justement à traduire le vécu
singulier et pourtant partagé d’hommes d’expérience. Ils montrent que
l’expert est au cœur d’une tension insoluble entre d’une part la
modélisation par les normes dans une logique de généralisation des
procédures, et d’autre part le caractère singulier de chaque action qui conduit
les experts à multiplier les définitions et les normes. Le paradoxe
provient de ce que la reconnaissance et le développement de l’expertise
progressent par une normalisation qui la généralise, mais que
réciproquement la diffusion et le raffinement des normes provoquent un
émiettement du sens de plus en plus difficilement maîtrisable par les experts.
Les deux exemples industriels prennent en compte des experts
associés à d’autres acteurs engagés avec eux dans l’action et la création de
normes. La réflexion de Sonny Perseil sur l’évaluation de l’expertise des
compétences des assistantes maternelles revient en écho sur le caractère
politique de l’expertise. Toutefois elle s’inscrit en contrepoint des deux
analyses qui la précèdent dans la mesure où la reconnaissance de
l’expertise des assistantes maternelles - condition indispensable à
l’exercice de leur activité - dépend d’une expertise indépendante de leur
pratique. Cette expertise, de nature plus théorique et moins appliquée,
s’exerce dans le contexte d’instances de contrôle régulées par des
normes à la constitution desquelles les assistantes maternelles n’ont pas
accès. Lorsque l’expert est coupé du processus de normalisation qui lui
impose les critères de son évaluation, la reconnaissance de l’expertise
devient un instrument de domination de l’expert par ses évaluateurs,
fussent-ils d’autres experts.
Souchinda Sangkhavongs Pravong rajoute une composante
territoriale au thème de l’association - ou de la dissociation - de l’expertise et
de la norme. Traitant la diaspora laotienne comme un terrain d’étude,
elle a pu démontrer la nécessité de décomposer les normes à l’œuvre
dans l’expertise. Son étude conduit aussi à s’interroger plus avant sur la
dimension socio-politique d’activités et de pratiques souvent
considérées comme purement techniques, notamment en mettant en tension
expertise, normes et réseaux.
La série des textes qui composent la seconde partie de cet ouvrage
met plus particulièrement l’accent sur l’exercice de l’expertise dans un
11 contexte de plus en plus organisé par les normes. Étudiant la
contribution de l’expert à l’établissement de la juste valeur des sociétés
immobilières, Olivier Cretté montre que l’introduction des normes comptables
internationales, notamment sur des critères techniques mis en avant par
des experts de la profession comptable au sein de l’organisme de
normalisation (IASB) permet d’harmoniser les pratiques nationales. Une
comparaison entre les pratiques des experts en France et en Allemagne
conduit cependant à nuancer l’uniformisation prônée par la norme, la
prudence dans les choix comptables étant plus marquée en Allemagne
qu’en France. Si le principe de transparence peut justifier
rationnellement le développement de normes internationales, une comparaison des
pratiques effectives conduit à le relativiser en s’interrogeant sur les
tendances réellement à l’œuvre : dans un univers global de plus en plus
régulé par les normes, quelles marges de manœuvres l’exercice concret
de l’expertise conduit-il localement à réduire ou à développer ?
Dans cet univers mondialisé, Benoît Pigé montre qu’avec l’effacement
de l’Etat, l’acteur capable de créer un chemin dans le dédale des normes
disparaît. Remplaçant le bureaucrate, l’expert apparaît alors comme le
héros capable d’interpréter le rébus des normes et de permettre ainsi à
l’organisation ou à l’individu de desserrer le nœud des contraintes qui
l’étouffent. Toutefois l’histoire ne s’arrête pas là et l’étude des conflits
normatifs incite à penser que cette bouffée d’oxygène n’est que
momentanée si, à son tour, l’expert, fort des arguments techniques qu’il est
censé maîtriser, tend à exclure les parties prenantes de la gouvernance. Ce
serait oublier que le foisonnement des normes n’est pas un état mais le
résultat évolutif d’une multiplicité de mouvements qui s’entremêlent.
Étant elle-même en mouvement, l’organisation peut apprendre à tracer
son propre chemin dans le labyrinthe normatif.
Les spécificités des caractéristiques et des enjeux des normes
considérées comme des construits humains et non pas comme des données
externes à l’organisation méritent donc d’être étudiées en tant que telles.
C’est l’objectif de la Tétranormalisation présentée par Henri Savall,
Véronique Zardet, Laurent Cappelletti et Benoît Pigé. Elle étudie les
conflits de normes et en recherche les modalités de gestion.
12 Poursuivant la mise en regard des principes rationalisants de la
norme par l’exercice concret de l’expertise, Gilles Teneau et Jean-Guy
Ahanda pointent le fait que la généralisation de l’utilisation du terme
risque d’amener les praticiens à y inclure des domaines de la pratique
qui n’en font pas partie. Car dans le maquis des normes tout n’est pas
norme et l’expert y manie aussi des référentiels, des méthodes et des
modèles. Lever la confusion entre les termes contribue à l’amélioration
de l’interopérabilité des processus en cours. Non seulement une telle
démarche incite à mieux harmoniser les normes, les référentiels, les
méthodes et les modèles entre eux, mais encore elle clarifie la
communication entre les experts eux-mêmes.
En management, un terrain privilégié de l’exercice de l’expertise dans
le cadre de la norme est désormais le projet. Eric Rousseau montre que si
la norme définit initialement le projet, le mode de gestion par projet s’est
progressivement institutionnalisé. Le basculement de la gestion de
projet unitaire au mode projet ou au mode d’organisation par projet
relativise la notion d’efficacité à l’origine du succès de la démarche. D’un côté
l’efficacité n’est plus mesurable car elle ne peut plus être constatée
comme un progrès par rapport au mode d’organisation antérieur. D’un
autre elle n’a plus à être démontrée et n’est donc plus discutée, devenant
une donnée de principe. Comme la norme dont il est issu et qui le
structure, le projet est désormais un principe d’organisation globalisant et
rationalisant. Si son efficacité n’est plus à prouver, celle de l’expertise
qui s’y exerce l’est-elle encore ?
En étudiant les politiques d’accréditation des écoles de commerces,
Thi Thu Tra Nguyen s’intéresse justement au processus d’acquisition de
l’expertise en vue d’un exercice futur, ou plus exactement aux pratiques
des organismes habilités à attester qu’une expertise est acquise par leurs
étudiants. D’un côté les écoles de commerce doivent se différencier de
leurs concurrentes en offrant des avantages stratégiques aux futurs
experts que seront leurs étudiants. D’un autre côté ces mêmes écoles, pour
recruter leurs étudiants et leur délivrer des diplômes reconnus, doivent
se faire désigner comme légitimes en montrant qu’elles respectent les
normes édictées par les différents organismes régulateurs, ce qui les
incite à collectionner les accréditations. Il semblerait pourtant que, selon
13 les pays, les étudiants n’accordent pas la même importance aux
accréditations en tant que certification de la qualité de l’enseignement et de la
réputation de l’école. Pour certains, l’importance des salaires et des
perspectives de carrière, en relation avec le réseau d’anciens élèves,
semble primer. Si l’expertise semble difficile à exercer sans les diplômes
qui l’attestent, la norme qui justifie la reconnaissance de ces mêmes
diplômes ne suffirait pas à décréter l’expertise. Il lui manque la validation
de la pratique au sein du milieu - entreprise comme école - où l’expertise
s’exerce et se transmet au cours du temps.
En pratique comme en théorie, la relation norme-expertise n’est pas
dissociable du contexte dans lequel elle s’établit et qui l’influence au
cours du temps. Alors que d’un point de vue global la norme semble
progressivement orchestrer toutes les activités non seulement
techniques, mais encore économiques et sociales, son exercice au regard de
l’expertise qui l’applique est finalement très différencié, chaque action
concrète apparaissant singulière.
Au lieu d’un décalage entre le monde de la pratique et celui de la
recherche, cette expérience du LIRSA fait apparaître une complémentarité
des enjeux tandis que des axes forts de convergence entre chercheurs et
praticiens d’entreprise se dessinent, contrastant avec la diversité des
thèmes et des auteurs. Sous les aspects techniques de la norme comme
de l’expertise, se dessinent en effet des enjeux politiques qu’il faudrait
prendre en compte. Leur traitement semble toutefois difficile, peut-être
parce qu’il apparaît en limite d’expertise pratique ou académique.
Peutêtre aussi ce traitement n’est-il pas possible si on établit une coupure
entre le monde de la pensée et celui de la pratique. Comme cette
coupure sous-tend toutes les approches rationnelles de la décision, c’est
aussi elle qui justifie non seulement la pratique de l’expertise comme
aide à la décision mais encore l’établissement des normes comme
rationalisation de la pratique. Pour le praticien d’entreprise comme pour le
chercheur, deux questions prospectives se posent alors : comment
apprendre à maîtriser les enjeux politiques de la normalisation comme de
l’expertise ? Cette maîtrise nécessite-t-elle un changement de
paradigme ?

14 PREMIÈRE PARTIE
LA FIGURE DE L’EXPERT
DANS SA RELATION À LA NORME
CHAPITRE 1

L’EXPERT ET LA NORME AU REGARD
DE LA DÉCISION : RÉFLEXION SUR LA DÉVIANCE
Anne MARCHAIS-ROUBELAT
Résumé :
Dans la mesure où l’erreur, dans la représentation classique de la décision,
est considérée comme écart à une référence, le constat de l’erreur est objectif en
théorie, dans la pratique quasiment impossible à établir objectivement. En tant
que source de normativité décisionnelle, les experts sont-ils susceptibles
d’erreurs ? Le respect – ou non – d’une norme est-il assimilable à une erreur ?
La dichotomie activité rationnelle par rapport à une fin/ activité
communicationnelle (Habermas, 1973) qui permet de distinguer l’erreur de la déviance,
met en exergue l’ambigüité de l’expertise - et de la norme – dans le jugement de
l’erreur ou la sanction de la déviance. On peut montrer que l’expertise et la
normalisation semblent converger sur des principes d’organisation égalitaires
où le contrôle des activités désormais totalement pensé selon la représentation
analytique de la décision rationnelle se dissocie du jugement de l’erreur comme
échec devant la réalité pour sanctionner sans discernement tous les agissements
« hors normes ». Il apparaît alors que cette convergence participe à une
fusion discutable entre science et politique (Habermas, 1973, Arendt, 1988).
A la différence du technicien qui applique les règles ou du spécialiste
qui peut les faire évoluer en vue de résoudre un problème donné,
l’expert est seul capable de remettre en cause les éléments de diagnostic
antérieurs (Koch, 2012). Aussi l’expertise est-elle « pensée selon le
modèle idéal de la décision rationnelle » (Lascoumes, 2002) issu du mode
de représentation analytique « Réflexion-Décision-Action » (RDA)
(Marchais-Roubelat, 2011, 2012). Cette manière de voir les choses s’inscrit
dans la rupture qui se produit après la deuxième guerre mondiale,
lorsque la manière de penser la décision se concentre sur la
problématisation de situations décisionnelles en vue de rationnaliser la praxis. Le
schisme entre le domaine du vécu (l’action) et celui du modèle (la
décision) censé contrôler l’action par nature imparfaite est donc daté et doit
17 être relativisé même si aujourd’hui il peut paraître universel. Or, c’est ce
schisme qui justifie que l’expertise puisse dorénavant être «
classiquement définie comme la production d’une connaissance spécifique pour
l’action » (Lascoumes, 2002) : dans cette définition la connaissance et
l’action sont en effet conçues comme appartenant à deux univers
différents, le premier univers, celui de la connaissance, devant cependant
procurer des outils pour gérer le second, c’est-à-dire l’action. C’est bien
là ce qui légitime le recours à l’expertise dans sa dimension de réflexion
en amont de l’action.
Pour s’exercer, cette expertise doit être reconnue par des pairs ou par
des mandataires. Elle a donc aussi une composante sociale qu’il faut
combiner à la conception de l’idéal rationnel de la décision justifiant
l’expertise. La dichotomie effectuée par J. Habermas (Habermas, 1973)
entre « travail » ou « activité rationnelle par rapport à une fin » qui «
réalise des objectifs définis dans des conditions données » et « activité
communicationnelle » comme « interaction médiatisée par des
symboles » apparaît alors particulièrement adaptée à l’étude de l’expertise.
Selon cette dichotomie l’activité du spécialiste - comme celle du
technicien - obéit à des règles techniques éprouvées issues de la pratique ou à
des stratégies fondées sur une « déduction établie avec référence à
certaines valeurs et maximes ». « La validité des règles techniques et des
stratégies dépend de la validité de propositions empiriquement ou
analytiquement vraies » et ne pas s’y référer engendre une sanction qui est
l’erreur, au sens dans ce contexte d’un « échec devant la réalité ».
L’expert, parce qu’il est susceptible de remettre en cause les éléments
du diagnostic antérieur, est aussi susceptible de remettre en cause le
problème décisionnel lui-même. Mais il ne peut le faire que par l’activité
communicationnelle, selon « les normes en vigueur » qui définissent des
attentes de comportements réciproques et dont la validité est « fondée
sur la seule intersubjectivité de la compréhension des intentions ». Ne
pas les respecter signifie la déviance, celle-ci étant établie de manière
conventionnelle. Cette caractéristique distinctive de l’expert le rend-elle
alors susceptible de remettre en cause la norme, alors que le technicien
et le spécialiste ne le pourraient pas ? Plus largement, jusqu’à quel point
l’ontologie de la séparation de la pensée et de l’action qui justifie
18 l’expertise peut-elle soumettre l’erreur – dans son aspect concret d’échec
devant la réalité - à la déviance ?
A partir de la dichotomie établie par J. Habermas il conviendra de
montrer dans un premier temps que l’idéologie « technicienne » d’un
savoir scientifique capable de créer des solutions pour la totalité des
problèmes qui se posent à nous renvoie dans l’ombre le cadre
institutionnel alors que c’est lui qui fonde les normes sociales et qui contrôle la
fonction normative des experts. En d’autres termes : l’idéologie qui
justifie, dans l’ontologie de la séparation de la pensée et de l’action,
l’expertise comme approche rationnelle de la décision soumet aussi
l’erreur – dans son aspect concret d’échec devant la réalité – à la
déviance.
Appliquée dans un second temps à la norme, cette même dichotomie
met en exergue le double sens rationalisant et institutionnalisant, et par
conséquent l’équivocité de la justification de la norme qui sous-tend le
discours de la normalisation. En d’autres termes, la normalisation est
justifiée par une logique technique mais elle établit des normes sociales
au sens de J. Habermas. Comme elle aussi est pensée dans l’ontologie de
la séparation de la pensée et de l’action, elle conduit à ce que les normes
soient des normes sociales dont il convient de ne pas dévier, quitte à
subir l’échec devant la réalité. Mais que signifie pour tout autre que celui
qui le vit l’échec devant la réalité, lorsque l’évaluation qui permet la
reconnaissance sociale de cet échec est elle-même établie par convention ?
1. L’EXPERT COMME SOURCE DE NORMATIVITÉ :
FRACTURE DE SENS ET CONTRÔLE INSTITUTIONNEL
Dans la représentation RDA, l’erreur est l’écart à une référence
abstraite produite par un construit social (modèle, référentiel, norme
technique…). Elle n’a pas la même valeur pour le technicien qui intervient
au niveau de l’acte et pour lequel le référentiel est une donnée, le
spécialiste qui en rajoutant le niveau de la décision peut prendre de la distance
par rapport au référentiel, et l’expert, seul à pouvoir juger ou créer la
référence. C’est à lui seul en effet qu’est reconnue la capacité de modifier
la réflexion en amont de la formulation du problème décisionnel (figure
1).
19
Figure 1 : L’expert défini en référence au modèle idéal de la décision
rationnelle dans la représentation RDA (Réflexion-Décision-Action)
L’expertise s’exerce cependant de multiples manières et
P. Lascoumes distingue trois formes d’expertise selon leur source de
normativité. Celle-ci peut être interne (concernant des spécialistes de la
même spécialité), externe (concernant des spécialistes d’autres
spécialités), ou décisionnelle (concernant l’aide à la décision publique) (figure
2).
L’expertise Interne Externe Décisionnelle
comme source de
normativité
Caractéristiques Il détient un Il est consulté par un Il est mandaté pour
de l’expert savoir particu- spécialiste dans un structurer un problème
lier espace professionnel décisionnel avant une
différent du sien décision
Ses connaissances
Son expérience aident à produire un Son avis conditionne le
est reconnue jugement choix du décideur
légipar les autres ex : expert judiciaire time ex : «
conforméspécialistes ment à l’avis des
experts »
Indifférenciation Il se distingue Il appartient à la Il appartient à la
catégo/ différenciation des autres catégorie des experts rie des experts
experts


20
L’expertise Interne Externe Décisionnelle
comme source de
normativité
Origine et nature Expérience vécue, Connaissances Co-construction de
de sa connais- Résolution de pro- techniques, problème,
sance spécifique blèmes pratiques Production d’une Investigations à la
pour l’action information cré- demande d’un
décidible deur
Temporalité de Passé Présent Avenir
l’action validant
le savoir
spécifique
Problématique Mono-expertise Expertise et Expertise «
démocratide la validité du Risques liés à contre-expertise sée » : plurielle et
intésavoir spécifique l’unicité du juge- Affrontement grant des profanes
ment, à la compé- cadré par les Etre crédible sans
tence et à démarches tech- affoler
l’indépendance deniques classiques Instrumentalisation
l’expert
Figure 2 : Trois formes d’expertise comme source de normativité,
d’après P. Lascoumes (Lascoumes, 2002)
Traversant l’ordre chronologique d’apparition des formes d’expertise
à l’origine de cette classification, deux axes d’analyse du contenu et de la
justification de l’expertise apparaissent.
Le premier axe s’appuie sur la dimension
indifférenciation/différenciation (figure 2). Il conduit à dissocier l’expertise comme
source de normativité interne des deux autres formes (externe et
décisionnelle) (figure 3).

21 Expertise Différenciation Banalisation Expérience Domaine
interne de l’expert de la situation personnelle décisionnel =
(vécu) domaine
d’exercice
Expertise Appartenance Différenciation Banalisation Domaine
externe et de l’expert de la situation de l’activité décisionnel hors
décisionnelle (crise) d’expertise domaine
d’expertise
Figure 3 : Une expertise interne fondée sur la singularité de l’expert et
le vécu qui en découle, contrastant avec les expertises externe et
décisionnelle
Dans cette première forme (interne), la différenciation de l’expert par
rapport à ses pairs fait pendant à la banalisation de la situation. Elle
s’effectue au moyen d’une action (son travail crée son expérience
personnelle) dans un registre décisionnel cantonné au domaine d’exercice
de son expertise. La deuxième et la troisième forme d’expertise (externe
et décisionnelle) sont quant à elles fondées sur l’appartenance de
l’expert à une catégorie, la pratique d’expertise est banalisée et c’est la
différenciation de la situation (crise passée et/ou à anticiper) dans un
registre décisionnel extérieur à celui de l’expert qui justifie le recours à
l’expertise.
Alors que la différenciation met en exergue le vécu au travers de
l’expérience personnelle de l’expert comme personne vivante,
l’indifférenciation attribue à la catégorie des experts une fonction
d’expertise, l’expert devenant une unité de décision désincarnée et
exerçant une fonction caractéristique d’expertise. Il y a donc deux logiques
de justification de l’expertise. La plus ancienne est fondée sur le travail
comme activité rationnelle par rapport à une fin et source d’expérience
personnelle au cours du temps (mais devant finalement être reconnue
par les pairs). Elle fonde la forme interne. Elle contraste avec la logique
la plus récente, partiellement déconnectée du vécu de l’expert dans la
mesure où l’exercice de la fonction d’expertise est uniquement
dépendant de l’appartenance à une catégorie (mais cette appartenance peut
être issue de l’expérience). C’est à cette seconde logique que se réfèrent
les formes externe et décisionnelle.
Le deuxième axe s’appuie sur la décomposition en passé, présent et
futur, de la temporalité de l’action validant le savoir spécifique de
22 l’expertise (figure 2). Il oppose l’expertise interne - comme « expertise au
passé » issue de l’expérience vécue - à l’expertise décisionnelle
uniquement tournée vers la construction de l’avenir, fondée sur la délibération
et la communication. Entre les deux l’expertise au présent, animée par
des débats techniques cadrés par les institutions, pérennise la fonction.
La forme la plus ancienne de l’expertise comme source interne de
normativité se distingue alors à nouveau des deux autres formes qui se sont
juxtaposées à elle en ce que non seulement l’expérience pratique de
l’expert est fondée sur son passé différencié, mais encore elle justifie la
croyance qu’il est mieux apte que d’autres à structurer les solutions de
problèmes techniques innovants. Il y a là un paradoxe à la Gaston
Berger : la décision est justifiée par le passé alors qu’elle est conçue pour
modifier l’avenir (Berger, 1964). Toutefois l’expertise comme source de
normativité décisionnelle qui cherche à « articuler entre elles des
connaissances hétérogènes et [de] faire coopérer des acteurs d’origine
diversifiée » (Lascoumes, 2002) crée de manière inverse le même paradoxe :
quelle aptitude de l’expert justifie-t-elle que l’on fasse appel à lui dans
un processus de décision uniquement tourné vers la co-construction de
l’avenir et où les connaissances passées sont notoirement inadéquates ?
Ce paradoxe met en exergue l’ambigüité de « la connaissance
spécifique pour l’action » qui englobe dans un cas la résolution de difficultés
techniques par l’appel à la mémoire du vécu, alors que dans les deux
autres cas il s’agit de produire une information crédible liée à une
connaissance technique qui la justifie mais qui la limite (affrontements
cadrés dans le cas de l’expertise comme source de normativité interne), ou
qui s’efface carrément devant des considérations d’ordre social ou
politique (d’où des avis « mous » et vagues dans le cas de l’expertise comme
source de normativité décisionnelle).
Il y a finalement une fracture de sens dans la justification de
l’expertise comme source de normativité, la source de normativité liée à
la forme initiale se maintenant dans l’ombre des deux formes
postérieures. La justification de l’expertise comme « connaissance spécifique
pour l’action » et par conséquent source de normativité peut finalement
être décomposée selon la nature de la connaissance produite
(connaissance technique ou analytique) et la nature de l’action envisagée (travail
ou interaction). Selon cette grille d’analyse la connaissance spécifique de
23 l’expert comme source de normativité interne est essentiellement
technique et fondée sur un savoir empirique, elle est orientée vers l’activité
rationnelle par rapport à une fin (travail). Par contraste celle de l’expert
comme source de normativité décisionnelle s’effectue exclusivement
dans le cadre institutionnel (interaction) et est essentiellement
analytique (figure 4).
Systèmes d’activité Cadre institutionnel
par rapport à une fin
Activité Stratégique Instrumentale Communicationnelle
Règles orien- Règles techniques Normes sociales
tant l’action Savoir analytique / empirique
Fonction du Solution des problèmes (réalisa- Maintien des institutions
(contype d’action tion d’un objectif défini en termes formité aux normes sur la base
considéré de relations moyens-fins) d’un renforcement réciproque)
Mécanismes Par l’apprentissage des différents Par l’intériorisation de certains
d’acquisition savoir-faire et qualifications rôles
L’expert comme source de norma- L’expert comme source de
nortivité interne mativité décisionnelle
Figure 4 : Règles techniques et normes sociales d’après J. Habermas
(Habermas, 1973), et contraste entre les formes d’expertise interne et
décisionnelle comme sources de normativité
La connaissance de l’expert comme source de normativité externe
articule les activités stratégique et communicationnelle selon deux plans
logiques différents dans la mesure où cette connaissance est technique et
où dans le même temps elle justifie le recours à un savoir analytique qui
maintient l’expertise en tant qu’institution. Cette double fonction illustre
la relation imaginée par Habermas entre travail et interaction, le contrôle
de la conformité aux règles techniques s’effectuant in fine par le respect
des normes sociales :
« Dans la mesure où les actions sont déterminées par le cadre institutionnel,
elles sont à la fois dirigées et imposées par des attentes de comportements
sanctionnés et réciproquement imbriqués. Dans la mesure où elles sont déterminées
par les sous-systèmes d’activité rationnelle par rapport à une fin, elles se
conforment aux modèles des activités instrumentales ou stratégiques. Bien sûr, on
ne peut obtenir la garantie qu’effectivement elles se conforment avec une
probabilité suffisante à certaines règles techniques déterminées et aux stratégies
attendues que dans le cadre de la seule institutionnalisation ». (Habermas, 1973)
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