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Annales de la faculté des arts, lettres et sciences humaines Vol XVII - 2016

De
248 pages
Cet ouvrage réunit les annales de l'année 2016 de l'Université publique de Ngaoundéré (Cameroun)
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Université de Ngaoundéré
The University of Ngaoundere
ANNALES DE LA FACULTÉ DES ARTS, LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
ANNALS OF THE FACULTY OF ARTS, LETTERS AND SOCIAL SCIENCES
Vol. XVII  2016
UNIVERSITÉ DE NGAOUNDÉRÉ
THE UNIVERSITY OF NGAOUNDERE
ANNALES DE LA FACULTÉ DES ARTS, LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
ANNALS OF THE FACULTY OF ARTS, LETTERS AND SOCIAL SCIENCES Vol. XVII-2016
Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Ngaoundéré
Annals of the Faculty of Arts, Letters and Social Sciences of the University of Ngaoundere
B.P. 454 Ngaoundéré
Courriel : annalesfalsh@yahoo.fr
PATRONAGE Pr Paul Henri Amwam Zollo Recteur de l’Université de NgaoundéréDIRECTEUR DE PUBLICATION
Pr Iya Moussa Doyen de la FALSH COMITÉ SCIENTIFIQUE
Sammy Beban Chumbow, Professeur Emérite (Cameroun) ; Jean-Louis Dongmo, Professeur Emérite (Cameroun) ; René Joly Assako Assako, Professeur, Université de Yaoundé 1-ENS- (Cameroun) ; Joseph Ndinda, Professeur, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Jean Claude Muller, Professeur, Université de Montréal (Canada) ; Christian Seignobos, Directeur de Recherches, IRD (France) ; Amos Fergombé, Professeur, Université d’Artois (France) ; Paul Mbangwana, Professeur, Université de Buéa (Cameroun) ; Hamadou Adama, Professeur, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Michel Tchotsoua, Professeur, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Saibou Issa, Professeur, Université de Maroua-ENS- (Cameroun) ; Félix-Nicodème Bikoï, Professeur, Université de Maroua (Cameroun) ; Godefroy Ngima Mawoung, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Antoine Socpa, Maître de Conférences, Université de Yaoundé 1 (Cameroun) ; Barnabé Mbala Zé, Maître de Conférences, Université de Yaoundé I-ENS- (Cameroun) ; Boureima Amadou, Maître de Conférences, Université de Niamey (Niger) ; Motaze Akam, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Metangmo-Tatou Léonie, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Joseph Pierre Ndamè, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Wakponou Anselme, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; David Mokam, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré
(Cameroun) ; Gilbert Lamblin Taguem Fah, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun) ; Médard Lieugomg, Maître de Conférences, Université de Yaoundé 1–ENS (Cameroun) ; Calaina Théophile, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun), Zouyane Gilbert, Maître de Conférences, Université de Ngaoundéré (Cameroun),Christine Raimond, Chargée de Recherches, CNRS, Paris (France) ; Waziri Mato Maman, Maître Assistant, Université de Zinder (Niger).
COMITÉ DE LECTURE
Abdourahman Halirou, historien ; Fadibo Pierre, historien ; Hamoua Dalailou, historien ; Willy Mushing, linguiste ; Candice Guemdjom Kegne, linguiste ; Aoudou Doua Sylvain, géographe ; Fofiri Nzossie Eric Joël, géographe ; Saidou Ali, linguiste ; Mbring Joël, sociologue ; Tchouata Foudjio Charles, psychologue. RÉALISATION Dr Ouba AbdoulBâgui Vol. XVII- 2016 Éditions précédentes : Annales de la FALSH, ISSN 10263225
NB : Les opinions et analyses présentées dans ce volume n’engagent que leurs auteurs
et nullement la rédaction des Annales de la FALSH
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11483-5 EAN : 9782343114835
Sommaire
VIH/SIDA ou maladie de la honte au Cameroun Ngima Mawoung Godefroy .................................................................................. 7
Appropriation spatiale et représentation Joseph Domo ...................................................................................................... 23
L’eau et le pathologique dans les communautés de l’Extrême-Nord du Cameroun Pierre Fadibo....................................................................................................... 37
L’entrepreneuriat privé de production des biens dans la région de l’Adamaoua : des origines à 2010 Amadou Bello ..................................................................................................... 59
L’article 264 du Code pénal français et le « fétichisme » au Cameroun oriental (1947-1960) Jie Jie Patrick Romuald ....................................................................................... 93
Relents du discours colonialiste et réappropriation des stéréotypes. Approche de quelques romans de Calixthe Beyala Gilbert Zouyane................................................................................................ 121
Mangeretétudier: Une parité signifiante en milieu universitaire camerounais. Le cas de l’Université de Ngaoundéré Candice Guemdjom Kengne ............................................................................. 135
De la désignation des éléments du champ référentiel du sida à la construction du discours sur le sida dans le magazine100% Jeune Hayatou Djouldé .............................................................................................. 159
De la représentation du pouvoir politique dansMalatestad’Henry de Montherlant etUne Tempêted’Aimé CésairePlacide Bertrand Ébanga ................................................................................... 177
Théâtre de l’interzone : de la signifiance de l’espace à l’expression de l’exil et de l’errance. Une lecture d’En attendant Godotde Samuel Beckett et deLa Malaventurede Kossi Efoui Bouba Timotée Aboussang ................................................................................ 191
Réseaux commerciaux transnationaux, pélerinage musulman et essor économique aux abords du Lac Tchad : cas du Nord-Cameroun Boubakari Mawoune ......................................................................................... 209
À propos de l'ouvrage de Simeu Kamdem M. et Schamp Eike W., 2014,L’Université africaine et sa contribution au développement local : l’exemple du Cameroun, Karthala, 377p. Michel Tchotsoua ............................................................................................. 229
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VIH/SIDA ou maladie de la honte au Cameroun Ngima Mawoung Godefroy
Département de Sociologie-Anthropologie / Université de Ngaoundéré
ngimagody@yahoo.fr Résumé: Depuis près de trente (30) ans, le VIH/SIDA ne cesse de faire des ravages dans nos maisons, nos familles, nos villages, nos arrondissements, nos départements, nos régions et notre pays. Sans exagérer et avec très peu de chance de se tromper, chaque Camerounais a déjà perdu au moins un membre, proche ou lointain de sa famille, décédé des suites de cette terrible « pandémie du siècle ». Le VIH/SIDA emporte chaque année des milliers de Camerounais outre-tombe. D’après les statistiques du Ministère de la Santé publique au Cameroun, c’est la deuxième cause de mortalité après le paludisme. Personne ne s’y habitue. Personne n’ose avouer ouvertement qu’il est porteur du germe. Personne ne dit que son parent souffre ou est mort de VIH/SIDA. Le verdict positif des résultats des examens sanguins n’est dévoilé d’abord confidentiellement qu’au concerné, même si après, tout le monde finit, par des indiscrétions des proches parents, par savoir le mal qui terrasse et qui ne pardonne pas. Tôt ou tard, la personne meurt, les scientifiques n’ayant pas encore découvert ni vaccin, ni traitement curatif.
La communication que nous proposons vise non seulement à décrire les comportements des séropositifs, de leurs parents, mais aussi à analyser le regard de l’autre qui n’est pas innocent et qui pousse à la honte. Les personnes sont plus malades des yeux des autres que de la maladie elle-même. Elle veut comprendre leprocessus de construction de la honte sociétale manifestée par les porteurs du virus et leurs proches par la non-acceptation du mal, par tous les sobriquets de la peur, de la haine, de la honte, du rejet attribué au fléau, par les multiples itinéraires thérapeutiques suivis, sauf le chemin de l’hôpital. Le VIH/SIDA est construit comme une
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maladie d’un mauvais sort jeté à quelqu’un, d’une punition à un méchant, à l’instar du malade de la lèpre dans la Bible.
Et pourtant, aujourd’hui, il est temps déjà dedéconstruire cette honte sociétale en procédant autrement par la redistribution de nouveaux rôles à tous les acteurs de la chaîne : patients, parents, société, Ministère de la Santé publique, OMS, médias, etc. Mots-clés : VIH/SIDA, honte sociétale, construction de la honte, déconstruction de la honte, itinéraire thérapeutique, stigmatisation, étiquetage, déviance. Abstract:It is now thirty (30) years since the HIV/AIDS virus has continued to ravage families, villages, districts, division, regions and countries. With no exaggeration and to be realistic, every Cameroonian family has lost at least a family member, close or distant, who died following this terrible «Pandemic of the century”. Every year, HIV/AIDS continues to claim the lives of millions of Cameroonians. According to the Ministry of Public Health statistics in Cameroon, HIV/AIDS is the number two cause of mortality following closely after malaria. No one can be used to it. No one dares confess openly that he is a carrier of the virus. Nobody ever says that his parents suffered or died of HIV/AIDS. The results of the blood test as being HIV positive is often confidentially revealed just to the concerned, even if later, everyone, at the discretion of close relatives, understands the pain involved and unpardonable mind may be aware. Sooner or later, the individual dies because scientists have not yet discovered the right vaccine or cure for it.
The investigation undertaken, aims not only at describing the behaviour of HIV positive cases, that of their parents, but also to analyze what the other HIV negative persons, not ignorant of this, think or consider as shameful. In the eyes of the HIV negative, the patient tends to look more affected than by the sickness. They would like to understand how people come about to construct low social self-esteem manifested by HIV positive carriers and the close relatives by the non-acceptability of suffering from HIV/AIDS ; going to fear of being ostracized, hatred, shame, rejection, stigmatization ; by the multiple unfruitful attempts made to be healed, except going to the hospital. HIV/AIDS has been made to
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look like a curse upon someone, a punishment for wickedness, drawing from the sick leper in the Bible. Meanwhile, today, it is high time to deconstruct this social stigmatization using a different orientation, and by the redistribution of new roles to all stakeholders ; patient, parents, society, Ministry of Public Health, OMS, Media, Etc. Keywords: HIV/AIDS, Social Stigmatization, Construction of low self-esteem, Deconstruction of low-Self –esteem, curative attempts, Etiquetage/honorifics, deviance. Introduction Le VIH/SIDA ou « maladie de la honte » est le titre de cet article qui explique comment la société camerounaise, avec l’aide de la communauté scientifique internationale, a construit le « Monstre VIH/SIDA » non pas comme une maladie comme les autres, mais comme la « honte sociale ». Être séropositif reste encore synonyme de « condamné à mort », de « grand coureur de jupons », d’ « un imprudent », d’« un honni de la société » qui mérite une récompense bien cherchée. Le séropositif est déjà indexé, étiqueté et même stigmatisé dans sa famille restreinte qui le regarde avec d’autres yeux, des yeux accusateurs, ceux de la honte familiale, ceux de celui qui doit bientôt mourir en laissant la famille dans des problèmes financiers. Le porteur du germe VIH/SIDA ne doit plus paraître en public. Aucun membre de la famille ne peut être fier de le présenter à ses amis, même pour demander de l’aide pour l’achat des médicaments. Il est vrai que depuis la gratuité de la prise en charge, les comportements des uns et des autres changent progressivement.
Dans les médias, les spécialistes de la santé présentent le VIH/SIDA comme la « pandémie du siècle », la « maladie au-dessus des autres maladies », la « maladie sans vaccin, sans traitement ». « Le SIDA tue ; changez de comportement et d’hygiène de vie ; protégez-vous ; abstenez-vous », entend-on dire tous les jours à la radio, à la télévision. Les hommes d’Église s’en mêlent et affirment que Dieu ne cautionne pas la fornication et encourage l’abstinence. Tout est donc mis socialement, économiquement,
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