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De la règlementation du titre de psychothérapeute

De
250 pages
La création d'un titre de psychothérapeute questionne le devenir de la psychanalyse. En libéral, devra-t-on se résoudre à souscrire au titre de psychothérapeute si la demande s'oriente tout naturellement vers ce qui donne l'apparence d'une garantie professionnelle ? Et en institution, faudra-t-il faire usage du titre pour exercer des activités cliniques ? Cet ouvrage ouvre un débat, dans un contexte où la santé mentale est devenue une véritable culture d'Etat.
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Delaréglementation
dutitredepsychothérapeute
La santé mentale, une affaire d’Éta tPsychanalyseetCivilisations
CollectiondirigéeparJeanNadal
L'histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que démarche
clinique et théorie issues de champs voisins ont concouru, par étayage
réciproque à élaborer le concept d'inconscient, à éclairer les rapports entre
pathologie et société et à reconsidérer les liens entre le malaise du sujet
singulieretceluidelacivilisation.
Dans cette perspective, la collection Psychanalyse et Civilisations tend à
promouvoir cette ouverture nécessaire pour maintenir en éveil la créativité que
Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la théorie. Ouverture
indispensable aussi pour éviter l'enfermement dans une attitude solipsiste, qui
en voulant protéger un territoire et préserver une identité, coupe en réalité la
recherchepsychanalytiquedesesracineslesplusprofondes.
Dernièresparutions
M.-L.DIMON,Psychanalyseetempathie,,2011.
RolandBRUNNER,FreudetRome,2011.
RenaudDEPORTZAMPARC,LaFolied Artaud,2011.
HarrySTROEKEN,Rêvesetrêveries,2010
MadeleineGUIFFES,Lier,délier,laparoleetl’écrit ,2010.
PradodeOLIVEIRA,Les meilleursamisdelapsychanalyse,2010.
J.-L.SUDRES(dir.),Exclusionsetart-thérapie,2010.
AlbertLEDORZE,Humanismeetpsy:la rupture?,2010.
Édouard de PERROT, Cent milliards de neurones en quête d auteur. Aux origines de la
pensée,2010.
Jean-Paul DESCOMBEY, Robert Schumann. Quand la musique œuvre contre la
douleur.Uneapprochepsychanalytique,2010.
Serafino MALAGUERNA, L’Anor exie face au miroir. Le déclin de la fonction
paternelle,2010.
Larissa SOARES ORNELLAS FARIAS, La mélancolie au féminin. Les rapports mère-
fille en lumière,2009.
AlainLEFEVRE,Leslesbiennes,unebandedefemmes.Réalitéoumythe?,2009.
RichardABIBON,LesToilesdesrêves.Art,mythesetinconscient,2009.
Jacy ARDITI-ALAZRAKI, Un certain savoir sur la psychose. Virginie Woolf, Herman
Melville,VincentvanGogh,2009.
Esmat TORKGHASHGHAEI, L’uni vers apocalyptique des sectes. Une approche
pluridisciplinaire,2009.
PascalHACHET,Lemensongeindispensable.Dutraumasocialaumythe,2009.
Marie-Laure DIMON (dir.), Psychanalyse et politique. Sujet et citoyen:
incompatibilités ?,2009.
LouisMOREAUDEBELLAING,LePouvoir.LégitimationIV,2009.
Marie-NoëlGODET,Despsychothérapeutesd’Et at àl’ Etatthérapeute,2009.
AlbertLEDORZE,Lapolitisationdel’ ordresexuel,2008.

’Marie-NoëlGODET
Delaréglementation
dutitredepsychothérapeute
La santé mentale, une affaire d’Éta tDumêmeauteur
Des psychothérapeutes d’État à l’État thérapeute. Une intervention étatique
invasive,L’Harmattan, PsychanalyseetCivilisations,juin2009.
©L’ Harmattan,2011
5-7,ruedel’E cole-Polytechnique,75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978-2-296-54932-6
EAN:9782296549326à Florent, Karineet NathanAvant-propos
L’importance et la qualité du travail de l’auteurm’ont conduit à
1
accepter la parution de cet ouvrage prolongeant le précédent dans la
collectionPsychanalyseet civilisations.
JeanNADAL
À la date de parution du dernier ouvrage, ni l’article91 de laloi du21
juillet 2009 modifiant l’article 52 de la loi du 9 août2004, ni le décret
d’application n’avaienté té promulgués, ni le rapport Kosciusko-
Morizet n’avait vu le jour, ni... Beaucoup de «ni» qui ont conduit
l’auteuràrevisiter un chantier à la lueur des derniers édifices qui
interrogent la place de la psychanalyse aux prisesa vec les
réglementationseuropéennesàl’heuredelasantémentale.
1
M.-N. Godet, Des psychothérapeutes d’État à l’État thérapeute, Une intervention
étatique invasive,L’Harmattan,Psychanalyseetcivilisations,juin2009.
-7-Synopsis
Il est des évènements dont le lecteur pressent le rôle à venir
dans l’Histoire. Depuis le 9 août 2004, voilà la psychanalyse nommée
dans une loi de santé publique pour la première fois en France et cette
loi fera sans doute partie de ces évènements qu’on nomme dans
l’après-coup un tournant. Un tournant pour la psychanalyse bien sûr,
maispasseulement.
La culture de l'évaluation qui a peu à peu envahi tous les
secteurs de la vie sociale s’est progressivement imposée comme un
paradigme essentiel de notre civilisation, et le champ de la santé
mentale puisque telest le terme consacré aujourd'hui pour désigner
l’ensemble du dispositif ayant trait à la souffrance psychique a
offertàl’État l’occasion inespérée d’assouvir sa folie des contrôles au
nomd’undroiteuropéenàlasantémentaleetaubien-être.
Dans l’exposé des motifs qui soutient la reconnaissance d’un
titre de psychothérapeute, la dénonciation par la MILS (Mission
Interministérielle de Lutte contre les Sectes) de l’infiltration de
certaines techniques psychothérapiques par les sectes a occupé une
place prépondérante. Elleaconforté la volonté de l’État de protéger
2
les usagers et de la HAS (Haute Autorité en Santé) d’étendre au
3
maximumles bonnes pratiques .
La médicalisation des pratiques desoin aboutissantàdissoudre
la psychiatried ans la neurobiologie amorcée depuis plusieurs
décennies, l’évolution de la psychologie cliniquevers une psychologie
médicale ou comportementale, ce qui revient au même, présentent le
danger de rapatrier la psychanalyse aussi dans le pli du médical,
depuis que la psychiatrieet la psychologie se sont émancipées de leur
dette envers elle pour évoluer vers le nouveau dispositif de santé
2
Haute Autorité en Santé, anciennement ANAES. L’Agence Nationale
d’Accréditation et d’Évaluation en Santé a été créée par les ordonnances de 1996 et
intégréeàla HASparlaloidu13 août2004.
3
Les recommandations de bonne pratique sont définies comme «des propositions
développées selon une méthode explicite pour aider le praticien et le patient à
rechercherlessoinslesplusappropriésdansdescirconstancescliniquesdonnées».
-9-

—mentale. La pénurie de psychiatres et l’évolution du secteur en
réseaux de santé mentale ajoutéesau mouvement de psychologisation
rampantede la société appelaient en renfort la création d’une nouvelle
professionannoncéepardenombreuxrapportsdesantémentale.
Les psychanalystes se sont sentis interpellés par la mise en
placedecette législation qui risque de revisiter leur pratique et ce
pour la première fois dans leur histoire à partir d’une interventionde
l’État. Leurs réponses ou leurs initiatives embarrassées reflètent les
difficultés dans lesquelles ils ne pouvaient manquer de se trouverà
partir du moment où ils se constituaient comme interlocuteurs des
pouvoirs publics. Telaété le choix d’uncertain nombre d’entre eux
de crainte de voir le titrede psychanalyste réglementé à son tour et la
psychanalyse immergée dans le conglomérat des psychothérapies au
nom de la psychothérapie analytique. Ainsi,l a catégorie des
«psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs
associations» a fait son entrée dans la loi. D’autres prises de position
ont vu le jour au sein de la corporation freudienne. Ces divergences
malencontreusement creusées par tout ce procès législatif n’auraient
peut-êtrejamais vu le jour si la réglementation ne l’avait amenée à
différer quant à la façon de considérerla loi comme un abri ou au
contrairecomme un danger venant reposer La question centrale de
l analyse profane.
Il existe aussi toute unefrange de la population analytique qui n’apas
prislamesure de ce contexte culturel ou pis encore qui a considéré
l’assomption d’unepolitique sanitaire de sécurité et de contrôle des
pratiques comme uneopportunité propice à sa rédemption en terre
d’exil. Puisque la psychanalyse a toujours été combattue, elle ne
saurait s’éteindre. C’est sur le terreau d’unoptimisme queni Freud ni
Lacan n’ont jamais partagé, que bon nombre de psychanalystes ont
cultivé unef orme de dédain bienveillant à l’égard de cette
réglementationélevéeaurangdenonévénement.
Tel est le synopsis d’un court-métrage qui a duré 11 ans sans qu’il
soit toujours possible de situer clairement le scénario et le metteur en
scène. Les psychanalystes n’y sont pas pour rien, l’État n’y est pas
pour tout, le contexte européen d’évaluation, pour beaucoup et le
résultat de cet emmêlement a donné naissance aux psychothérapeutes
d’Étatportéssurlesfontsbaptismauxd’unÉtatthérapeute.
-10-

’De 1999 à 2010, on ne compte plus le nombre de rapportsde santé
mentale, le nombre d’amendements, de lois, de décrets d’application,
de navettes entre le Sénat et l’Assemblée nationale, de rapports
d’enquête, de rencontres ministérielles, de recours en Conseil d’État,
de pétitions qui ont jalonné ou talonné de près ou de loin cette période
deréglementationdutitredepsychothérapeute.
Après 11 ans de turbulence, la psychanalyse va-t-elle entreren latence
ou devoir affronter sans tarder les effets d’une politique qu’une partie
de la corporation freudienne n’apas radicalement combattue? Quelle
attitude les associations de psychanalystes vont-elles adopter vis-à-vis
de la remise des annuaires à l’État? Beaucoup d’entre eux vont-ils
souscrire au titre de psychothérapeute?etàpartir de combien peut-on
direbeaucoup?
Quant aux psychanalystes qui refuseront de sombrer dans la tentation
lobbying
de leur permettant de se hisser indirectement au rang de
psychanalystes reconnus par l’État via l’inscription sur la liste des
psychothérapeutes, ne se verront-ils pas de facto relégués à celui
d’amateurs?C es irréductibles réfractaires, fidèles à l’éthique de
l’analyse profane ne risquent-ils pas de se voir un jour opposer un
procèspourexerciceillégaldelapsychothérapie?
Incluse dans la loi, la psychanalyse ne peut que se dégrader enlogique
professionnelle, et non y trouver un abri que Freud, Lacan, et bon
nombre de leurs suivants ont toujours récusé. La loi n’abritera que des
psychothérapeutes. Libre à ceux des psychanalystes qui s’y
reconnaîtront de le faire savoir par «un avisàla population» sous
seing préfectoral.Gageons qu’àcette occasion, la psychanalyse risque
d’en ressortir dans un sale État. Certes, il s’agit là d’un
positionnement qui n’engage que l’auteur et quelques autres qui
l’ontprécédé ou inspiré et ne retire rien à l’argument strictement
juridique qui défend en droit l’inscription de la psychanalyse dans la
loi, considérant qu’au jour venu d’une réglementationdes pratiques
psychothérapeutiques elle échapperait à cette tourmente ainsi qu’aux
vents mauvais qui soufflent dans l’air du temps l’idée d’une possible
réglementation du titrede psychanalyste. Rien n’est moins sûr que
cetteéchappéebelle.
-11-
…4
«Du droit à la psychanalyse », il sera question.Il arrive parfois qu'un
mot désigne à la fois une chose et son contraire. D’être permise, la
psychanalysepeutenresterinterdite.
À ne considérer quela pratique libérale, faudra-t-il se résoudreà
souscrire au titre de psychothérapeute pour continuer à «faire le
psychanalyste», quand la demande s’orientera tout naturellement vers
ce qui donne l’apparence d’une garantiep rofessionnelle? Et en
institution, faudra-t-il faire usage du titre pour exercer des activités
psychothérapeutiques ? Car telle est l’arête sur laquelleva se jouer
l’avenirdelapsychanalyse,commepratique.
À la question de savoir s’ileut été préférable quela psychanalyse fût
nommée dans la loi ou pas, on entend souvent brandir le cas de la loi
italienne qui en l’absence de toute référence à la psychanalyse la voit
confondue avec la catégorie des psychothérapies. On oubliesouvent
de dire quel es psychanalystes italiens en dialoguea vec leurs
collègues français et malgré des années de recul ne militent pas pour
autantenfaveurdesoninscriptiondanslaloi.
La difficultéd e savoir si l’éviction de la psychanalyse eut été
préférableàsa mention dans la loi reste d’un intérêt conceptuel
majeur en ce qu’elle touche aux fondements de la question posée par
Freud en 1926 mais ne peut faire oublier le poids du contexte de la
santé mentale et des pratiques d’évaluation généralisée qui l’ont fait
surgir et dans laquelle les psychanalystes se sont prisles pieds sans
pouvoir toujours mesurer les implicationsd’une psychanalyse en
liberté surveillée. Surveillée par la loi,n ommée dans le décret
d’applicationetarrêtéssubséquents.
On tentera ici d’ouvrir un débatqui n’a pas vraiment eu lieu et de
retraverser la plupart des controverses qui ont davantage sillonné la
toile et les médias, qu’elles n’ont alimenté de séminaires sur ce thème
en dehors de quelques exceptions. C’estle cas du Manifeste pour la
5
psychanalyse qui a permislatenued’unséminairefructueuxpeut-être
parce qu’il drainait des psychanalystes, un par un en dehors de leurs
4
Titred’unarticledeR.Majordans Libération,25 octobre2010.
5
Il est né du refus de toute implication dansla réglementation de la psychanalyse
souscouvertdecelledespsychothérapiesetalancéunepétitionenfévrier2004.
-12-associations. Quand elles se situaient au sein des écoles, les réflexions
théorico-cliniques autour de la psychanalyse profane n’ont que très
peuirrigué les propos énoncés lors des rencontres ministérielles et
dont les verbatim rendent compte parfois de façon détonante, tant les
déclarations tenues iciou là dans les médias et dans les rencontres
ministérielles frappentparleurdissonance.
«La psychanalyse s’est faiteaumilieude guerres, les psychanalystes
6
se disputent avec des mots de guerre ». Si à l’avenir la psychanalyse
devait rencontrer d’autresprises à partie avec les pouvoirs publics, il
est probable quel’absence de débat qui a caractérisé la décennie de la
réglementation du titrede psychothérapeute fasse retour sous la forme
d’un impensé qu’il s’agira alors d’analyser a posteriori pour
comprendrecommentonenestarrivélà.
6
P. de Oliveira, Les meilleurs amis de la psychanalyse. Ce que l'on en fait,
L’Harmattan,Psychanalyseetcivilisations,juin2010.
-13-Introduction
La passion évaluatrice s’est progressivement imposéecomme
une véritable déferlante envahissant tousles secteurs de la vie sociale.
Nul ne songe à contester la validité du principe d’évaluationsauf
lorsqu’elle se déploie selon des principes qui confinent à l’absurde et
risquent d’induire chez les évalués des comportements d’aliénation
aux critères exigés qui endommagent l’activité elle-même. Insérée
dans une exigence toujours plus étroitement liée au fanatisme du
chiffre, l’activité se trouve alors rabattue sur une logique d’acte,
produisant une tension duelleentre la primauté affichée de l’individu,
usagerouprofessionnel,etuneentamedel’espaceintime dusujet.
Le nouveau dispositif de santémentalefait partie intégrante de ce
contexte et invite à se pencher sur les enjeux complexes mobilisés
dans l’espace singulier que constitue le colloque patient et soignant,
qu’il soitp sychiatre, psychothérapeute, psychologue ou travailleur
socialetl’étaudanslequelsetrouvepriselapsychanalyse.
L’évaluation vient questionner, voire interdire toute expérience intime
partagée et la subjectivité de ceux qui y sont impliqués au point que
l’onpeut se demander non sans dérision si l’on ne verrapas apparaître
un jour dans la salle d’attente des consultants, l’inscription suivante:
«Dans le cadre de notre démarche qualité, votre entretien est
susceptibled’êtreenregistré,mercidevotrecompréhension»!
Les psychanalystes, les psychiatres, les psychologues, les
psychothérapeutes se retrouveront dans le présent ouvrage qui a pour
viséederecentrer ces réflexions dans le domaine qui leur est imparti.
Ils recueillent la crise existentielle imprégnée par le malaisesocial
dont le vocabulaire emprunte d’ailleurs au champ lexical du tissu
psychique. Dépression monétaire, folie des marchés, attaque de
panique boursière convoquent la crise et les traders sur le divan,
tandis que par un retournement pervers des effets de langage et
d’intention, les évaluateurs rêvent de décliner la souffrancepsychique
dansdeséchellesmétriques.
-15-Les psychiatres, seuls professionnelsàpouvoir prétendre
d’emblée au titre de psychothérapeute retrouveront une psychiatrie en
marche forcée vers le dispositif de santém entale, torturée par la
nouvelle gouvernance hospitalière où procédures et protocoles visent
à instaurer les bonnes pratiques dont le respect des normes
conditionne les procédures d’accréditation de leurs établissements. Ils
reconnaîtront la camisoled e force dont ils se retrouventa ussi
prisonniers que leurs patients quand leur mission s’oriente vers un
maintiendel’ordreaudétrimentdelafonctionsoignante.
Les psychologues, «ces dindons de la farce» au c ur de la
tourmente se retrouveront en première ligne d’une disparition
programmée de leur profession par l’apparition d’uneautre, à moins
d’opter obligatoirement pour le nouveau titre non sans repasser par
une formation qu’ils possèdent déjà, s’ils ne veulent pas relever de ces
vieux métiers qui appartiennenta u temps jadis. Le titre de
psychologue ne coïncide plus avec l’orientation médicale de la
psychologier ecommandée par les rapportsd e santé mentale et
encadrée par le probable futur ordre des psychothérapeutes, c’est
pourquoi le nouveau titre devient progressivement le sésame sans
lequel il sera très difficile pour les psychologues de travailler en
institution ou de recevoir en libéral. Titrés psychothérapeutes, ils
pourront reprendre du service, mais au service de techniques
psychothérapeutiques dont rien n’est moins sûr qu’elles correspondent
àl’éthiquec linique qu’ils défendaient auparavant, du temps où
l’université dispensait sans restriction un enseignement orienté par la
psychanalyse.
Les psychanalystes quand ils travaillent en institution sont
médecins ou psychologues, dans ce dernier cas, ils se reconnaîtront
aussi dans la façon dont leur pratique risque de se trouver menacée ou
malmenée,àtravers celle des psychologues. Tout laisse penser qu’il
leur faudra faireu sage de ce titre pour travailler en institution.
Curieusement cette question a très peu été soulevée au motif qu’il n’y
ap as à proprement parler de psychanalystes en institution ni de
psychanalyse. Il leur aura souvent fallu attendre les décrets
d’application pour se rendre compte combien la création d’une
nouvelleprofession risquaitderapatrierl’exil qui atoujours étéleleur
-16-
œdans uneloi de santépublique et d’en redessiner les contours. La
psychanalyse pourra-t-elle trouver le moyen de réaffirmer que sa
conception du symptôme est diamétralement opposée à celle de la
psychothérapie?
Au-delà de la diversité des prises de position qui les ont traversés, ils
se reconnaîtront forcément dans le questionnement inquiet posé par le
devenir de la laïen analyse récusée par une loi de santé publique qui
fait de la psychanalyse un métier possible. Sans doute s’accorderont-
ils pour entendrequ’il s’agit là d’un tournantdans l’histoire de la
psychanalyse à moins de consentir àunr emaniement conceptuel
majeur?
Les psychothérapeutes, autoproclamés de naguère et
psychothérapeutes d’État aujourd'hui se reconnaîtront non sans
déplaisir dans la querelle incessante des anciens et des modernes.
Pivots du nouveaudispositif de santé mentale, ils seront sans doute
surprispar l’ampleurdelamissionquiles attend:propager le virusde
la santé mentale positive à l’ensemble des citoyens, éradiquer tout ce
qui de prés ou de loin ressemble à de la souffrance psychique
transformée en trouble du comportement ou en troubleàl’ordre
public,letoutsouslaféruledurisquezéro.
Seuls les charlatans ne s’y reconnaîtront pas, car par définition
le charlatan ne s’auto désigne jamais, laissant généreusement aux
autres le soin d’occuper cette place. Peut-être auront-ilst out
simplement disparu de la carte, blanchis par l’onction d’un diplôme.
«C’esttrès malheureux, parce que cela veut dire qu’onne sait plus ce
7
qu’estunpsychanalyste ».
Pour tous les autrescitoyens, au-delà des patients et de leur famille, la
place quela folie n’a plus dans la citéinterroge le statut de la parole
dans la culture et appelle l’invention de pratiques dont ils pourront se
saisir pour permettre à la vérité de se frayer un chemin en marge des
bonnes pratiques.
7
H. Macedo, «Il n’y a plus de charlatan», colloque L actuel de la psychanalyse,
édité parle Collectif ÉvènementsPsychanalyse,Paris1985.
-17-
’Dans la quête de ce frayage, au lendemain du discours du chefde
l’État sur unestratégie nationale de recherche et d'innovation, le 22
janvier 2009, déclarant que «toute activité sans évaluation pose un
problème », un «appel des appels» agrège les îlots de protestations
de dizaines d’autres appels ou pétitions circulant depuis plusieurs
années. Il fait entendre d’une même voix mais toujours plurielle
l’écho transversal d’un malaise qui dépasse le corporatisme
pétitionnaire, pour se rejoindre dans le refus d’une «société-
entreprise» et en appeler à une coordination nationale. Fait inédit,
mais peu surprenant dans un contexte où la santé mentale estdevenue
une politique de santépublique étendue à l’ensemble du champsocial,
cetappel est lancé à l’initiative de psychanalystes. Bien placés, ils le
sont pour savoir quedans le travail psychique de la cure, le recueil de
la souffrance et des traces mnésiques qui l’accompagnent ne peut se
découper en séquences d’actes à des fins de traçabilité évaluative et
pour savoir que les humains ont en partage la solitude d’unéprouvé
quinepeutseprouver.
Dans le domaine de la santé, de la recherche, de l’enseignement, des
8
collectifs se sont constitués, ils semblent s’être donné le mot pour
défendre cettep art irrévocable de subjectivité qui fait toute la
différenceentrel’activitéet l’acte.
Plusieursaxesderéflexiontraversentcequestionnement.
La passion évaluatrice qui envahit tous les champs dela vie sociale du
landau au tombeau et se traduit par un jeu de cases et de flèches où la
pensée est absente construit une psychiatrie aux ordres exécutés par
des officiers de santé mentale au travers de protocoles et procédures
standardisés.
Qu’enest-il du devenir de la psychiatrie dans ce contexte d’évaluation
généralisée où procédures et protocoles visent à mettre aux normes les
pratiques, les bonnes pratiques sous l’égide de la HAS? Quand le
8
Sauvons la recherche (SLR, 2004),Sauvons la clinique (SLC, 2007), Sauvons
l’université (SLU, 2008) et en janvier 2009, une mobilisation transversale dans le
domaine de la santé, de la recherche, de l’enseignement, de l’éducation, de la
justice, du travail lapp el des appels lancée à l’initiative de deux psychanalystes,
S.ChedrietR.Gori.
-18-
’ …patient devient un usageraucentre d’undispositif desoinsdanslequel
la demande fait place aux besoins? Quand l’offre de soins, déjà
9
adossée au DSM IV,les eraàu n catalogue des psychothérapies
définies comme des techniques scientifiquement validées et
dispenséespar des psychothérapeutes d’État habilités par l’article 52
10
delaloi du9août2004 ?
L’évolution progressive de la psychiatrieversla santé mentale qui
ne ressortit à aucune conceptualisation sauf à rétablir les catégories de
normal et de pathologique interroge le devenir de la psychanalyse
siellen’estplusportée parlapsychiatrie.
La psychanalyse survivra-t-elle à la disparition de la psychiatrie?
11
C’est la crainte exprimée parR. Lebret et notre premier axe de
réflexion.
La création d’un titre de psychothérapeute d’État sousl’égidedu
ministère de la Santé qui vient remettreàplattoutes les formes de
soins psychiques au point d’entamer la psychanalyse et la psychologie
clinique dans ce qui fait leur essence même, questionne aussi le
devenirdelapsychanalyse.
La psychanalyse survivra-t-elle à l’apparition des psychothérapeutes
d’État?Telseranotredeuxièmeaxederéflexion.
Cette double réflexion qui en appelle unetroisième mêlant étroitement
ce queM. Foucaultnommait le biopouvoir articulé aujourd'hui au
psycho-pouvoir, est traversée par la question de l’intime et de la
relation que l’Étatentretient avec lui quand «il fait du psychisme sa
12
» et de la santé mentale le nerf de la guerre au
cible privilégiée
servicede la paix sociale.Telle est l’intime conviction de l’État en
blouse blanche aux petits soins pour ses citoyens. L’État thérapeute se
portera-t-il au secours des plus démunis ou au chevet de la société
pour la protéger de la supposée dangerosité des plusvulnérables?
L’orientation prophylactique des soins et des pratiques thérapeutiques
telle qu’envisagéeàla lumière de toute une série de rapports sur la
9
QuatrièmeéditionduDiagnostic and statistical manual of mental disorders.
10
L’usage du titre de psychothérapeute a été institué par l’article 52 de la loi du 9
août2004,modifiéparl’article91de laloidu 21juillet 2009.
11
Leportail de lapsychanalysefrancophone,surlesiteoedipe.org.,16février2005.
12
M.Iacub,«Dupsychismeàtouteslessauces », Libération,16décembre2003.
-19-

—santémentale ou de textes de loi servira de fil conducteur au troisième
axe de réflexion et d’éléments de réponse au cur d’un
questionnementsurlalaïcitépolitique.
On confrontera cette toute récente législation française àc elle de
quelques pays européens qui ont opté depuis plus longtemps que nous
pour une réglementation similaire souventjustifiée pour asseoir une
volonté d’harmonisation communautaire. Les débats auxquels elle a
donné lieu de l’autre côté de la frontière ne manquentpas d’intérêtet
leurs conséquences pour la psychanalyse non plus, dans un contexte
oùlasantémentaleestdevenueunevéritablecultured’État.
-20-
œDelapsychiatrieàlasantémentale.
Lapsychanalysesurvivra-t-elleàladisparitiondela
psychiatrie?
Unevignette échappée du courrier des coeurs blessés d’un
magasine féminin mérite une attention fût-elle flottante , car elle
ne saurait mieux illustrer le parcours santé tel qu’il se profile à
l’horizon du nouveaudispositif de santé mentale. C’estdire combien
les institutions médicales, sanitaires et sociales, voire éducatives s’en
trouvent saisiesjusquedanslesmoindres replisdelapressepeoplequi
s’enfaitl’échoentreleslignes.
«Cela fait un an que j ai de crisesd’angoisse, des
palpitations;j’aideplusen plus de mal à prendre
les transportse n commun pour me rendre au
travail. Pourtant, tout va biendansmavie à part
cettema ladie quim e tombe dessus. Depuis 3
semaines, je prends des anxiolytiques prescrits
par mon généraliste, mais je narr ive pas à
retrouver ma joie de vivre. Suis-je folle ?
13
(Papillon fragile, Hauts-de-Seine) »
Laréponsenesefaitpasattendre.
« Montrez-vous plus patiente; il fautlaisser au
traitement le temps dag ir avant de croire quil ne
fait aucun effet. Vous avez consulté votre
généraliste, c estu n premier pas, mais étant
donné l ampleur de vos crises, il serait préférable
de voir un spécialiste de ce type de troubles ;
votre généraliste pourrait vous indiquer les
coordonnées d un psychiatre qui vous prescrira
les molécules les plus adaptéesàvotre pathologie.
Celui-ci pourra aussiv ous orienter vers un
psychothérapeute spécialisé dans les thérapies
cognitivo-comportementales qui ontf aitl eurs
13
Parrespectpourl’anonymat,toutsignedereconnaissanceaétémodifié.
-21-



’ ’

” “

— —preuves dans les types de troubles que vous
évoquez et qui saura mettre des mots sur vos
maux; il vous permettra sûrement de reprendre
vote envol, cher Papillonfragile.»
L’air du temps as oufflé cette réponse directement inspirée des
recommandations de bonnes pratiques en vigueur, médecin traitant,
nouveau psychiatre certifié DSM quatré, thérapeute cognitivo-
14
comportementalistef ormaté aux normes AFNOR et chargé de
dissoudreleMalaisedansleschaumièreset la civilisation.
Depuis quel e concept de santé mentale a remplacé celui de
psychiatrie et quel es troubles tiennent lieu de nosologie dans
l’évolution du DSM IV qui sous la pression de l’OMS s’est
détaché de l’approche psychopathologiquedepuis les années 70 — ,la
probabilité de se retrouver affublé de l’unou plusieurs d’entre eux a
littéralement explosé et avec elle toute une panoplie démultipliée de
thérapies et de médicamentsq ui souvent précèdent la naissance
desdits troubles bien plus qu’ils ne visent à les soigner. «Pour vendre
15
des médicaments, inventons des maladies ». Pour cela il suffit, nous
disent les auteurs de l’article, de déclarer malades les bien portantset
de décréter les hauts et les bas de la viequotidienne comme des
problèmes majeurs de santé mentale. Ainsi en est-il de la baisse de
régime fréquemment constatée autour du cycle prémenstruel, promue
en trouble dysphoriqueprémenstruel et qui devient de ce fait une
pathologieprometteuse pour l’industrie pharmaceutique. Le Safarem,
un dérivé du Prozac lui a donné naissance. Une étude publiée par des
16
chercheurs de l’université du Massachusetts fait état d’uneenquête
très méticuleuse sur les liens entre les experts membres de groupes de
travaildu DSM IV et l’industrie pharmaceutique. Il s’avèreque 56%
14
L’AFNOR (Association Française de Normalisation) a réalisé une étude à
caractère normatif sur la psychothérapie présentée à laDirection généralede lasanté
en1999.
15
R. Moynihan et A. Cassels, respectivement journaliste et chercheur en politique
desmédicaments. Le Monde diplomatique,mai2006.
16
L Cosgrovea, S. Krimsky, M. Vijayaraghavana, L. Schneidera Psychotherapy and
Psychosomatics, n°75,vol. 3, avril 2006,p.154-160;(traductionfrançaisedeJ-M.
Cinq mars,T.Garcia-Fons et F. Rousseau) etcommentée dans Le Figarodu24avril
2006parJ.-M.Bader:«Psychiatrie:desexpertstropliésàl’industrie ».
-22-
—d’entre eux ont une ou plusieurs attaches financières avec des firmes.
Dans le panel des troubles de l’humeur, 100% des experts ont des
liens financiers les rattachant aux firmeset 83 % pour le trouble
dysphorique prémenstruel. Quant au symptôme d attaque de panique,
il a vu le jour dans le calendrier DSM IV pour fêter la mise sur le
marché du Xanax. GSK, un géant pharmaceutique anglo-américain a
obtenu un contrat faramineux lors de la mise en circulation du Paxil et
du Deroxat pour soignerla timidité convertieen phobie sociale. Ça
donne la chair de poule qui ne devrait pas tarder à trouver sa
moléculeelleaussi.
La définition théorique et académique de la dépression a
profondément muté. Selon les manuels de psychiatrie,la dépression
est ce qui est soigné, ou amélioré, par les antidépresseurs. On est
17
troublé, nous dit P. Pignarre , par la coïncidence entre l’explosion de
diagnostics de dépression et l’arrivée sur le marché de nouveaux
antidépresseurs,notammentduProzac.
Certains experts parmi les plusr ebelles sont persuadés que le
vocabulaire psychiatrique lui-même est défini par les laboratoires.
«Peu à peu, on a éliminé de ce classement toutes les entités difficiles,
comme les formes déficitaires de la schizophrénie, qui justement ne
répondent pas aux médicaments», commente le professeur É.
18
Zarifian .
Le Mondedes livres du 6 mars 2009, sous la plume d’É. Roudinesco,
19
rend compte d’unouvrage tout récemment traduit de C. Lane qui a
été un best seller aux États-Unis en2007. L’auteurqui a eu accès pour
la première fois aux archives de l’American PsychiatricAssociation a
découvert des informations saisissantes sur l’histoire des
remaniements successifs des différentes versionsdu DSM dont la
future mise à jour s’apprête à introduire de nouveaux syndromes
propres à satisfaire l’appétit insatiable des psychologues du
17
P. Pignarre, «Les médicaments soignent-ils la dépressionou la fabriquent-ils ?»
in Le livre noir de la psychanalyse, Les Arènes, septembre 2005, Paris, éd. de poche
10/18, 2007, p.834.
18
Citédansl’articleduFigarodu24 avril2006.
19
C. Lane, Comment la psychiatrie et l industrie pharmaceutique ont médicalisé nos
émotions, trad.par F.Boivison, Paris, Flammarion, mars 2009, 384p. (Le Mondedes
livres,6mars2009).
-23-


’comportement et des industries pharmaceutiques en quête de marché
pour leurs molécules. Au programme de ces newd isorders, É.
Roudinescom entionne entre autres, l’amour de la gastronomie,
l’activité sexuelle libertine, l’apathie… mais cette fois, nous dit-elle,
la critique émane non pas «des psychiatres trop soumis aux diktat des
laboratoires,maisdeshistorienset desécrivains».
L’éparpillement des troubles déconnectés des grandes entités
psychiatriques, orientés par le DSM qui impose son credo aux
diagnostics a remplacéla clinique et défini le statut du bien portantou
du malade. «On parle souvent de l’inconsistance nosographique du
DSM, mais il y a une extrême consistance des conséquences dans le
social et c’est un énorme prescripteur d’identité», nous dit O.
20
Douville ». Le DSM tend à faire que les gens se considèrent comme
malades,ilsertuneidéologie.
Les conclusions du rapport INSERM sur l’évaluation des
21
psychothérapies qui consacrent la défaite de l’approche
psychodynamique comme ils disent — au profitd es TCC
(thérapies cognitivo-comportementales) se situent dans le droit-fil de
cetteévolution diagnostique. Les troubles traités dans la littérature
sélectionnée et les grilles utilisées pour la mise en série des patients
répondent aux catégories diagnostiques du DSM IV, ainsi les résultats
conclusifs en faveur des TCC étaient inclus ex-ante dans les choix
méthodologiquesformatéspourmesurercequipeutl’être.
Dans la taille de l’échantillon, les TCC sont plus représentées que les
psychothérapiesf amilialesetb eaucoup plus que les thérapies
psychodynamiques Or, on sait, dit la critique, qu’il suffit
d’augmenter la taille de l’échantillon pour qu’une faible différence
rapportée à la variance devienne significative statistiquement. «Les
auteurs du rapport le savent eux aussi et le disent, mais ensuite, ils
20
«Pratique psychanalytique et politique», Colloque de lass ociation « Ferenczi
après Lacan », à l’occasion du centenaire de la création de l’IPA, Berlin:13-16 mai
2010.
21
«Psychothérapie, trois approches évaluées: expertise collective»:INSERM, 29
février2004.
-24-


—22
n’en tiennent pas compte ». D’embléesont exclus les traitements qui
ne privilégient pas la disparition des symptômes, ainsi la comparaison
avec la psychanalyse dont le terme même disparaît, devient
impossible.
Prescription médicamenteuse et posologie TCCiste constituent le
nouveau cocktail «validé scientifiquement» par toute une série de
plans relatifs àl a santé mentale, pas moins de dix depuis 2001.
Rapports dont les titres éloquents suffisent à décliner en cascade la
politiqueenjeu.
23
Le rapport Piel-Roelandt en juillet 2001 estsans équivoque
dans ses intentions et affiche clairement le glissement: De la
psychiatrie vers la santé mentale. La question de la psychothérapiey
estpeuabordée.Cerapportainspiréceuxquisuivent:
Plan santé mentale
Le - Plan Kouchner - de novembre 2001
24
installe l’ usager au centre dun dispositif à rénover et annonce la
commande à l’INSERM d’uneexpertise collective sur les pratiques de
psychothérapieq ui verra le jour en 2004. Au moment où les
discussions consécutives à la sortie de l’amendement Accoyer vont
bon train, ce rapport vient trancher la question autour des
psychothérapies et de leur évaluation rapportée aux troubles mentaux,
c'est-à-diredanslesmêmestermesquel’amendement.
Le Rapport Pichot-Allilaire: adopté par l’Académie de
er
médecine le 1 juillet 2003 Sur la pratique de la psychothérapie va
plusloin que la création d’un simpletitre de psychothérapeute et
milite en faveur de la création d’une nouvelle profession. Ce rapport,
par sa teneur, ainsi quele rapport Cléry-Melin précèdent et annoncent
l’amendementAccoyer.
22
Site de la SPP (Société psychanalytique de Paris): R. Perron, B. Brusset, C.
Baruch, D. Cupa, M. Emmanuelli: «Quelques remarques méthodologiques à
proposdurapportINSERM».Textemisenligneenjuin2004.
23
Ce rapport estle fruit d’une mission confiée en juillet 2000 par le ministre de
l’Emploiet de la Solidarité (Mme M. Aubry puis Mme E. Guigou) et le Secrétaire
d’Etat à la Santé et aux Handicapés (Mme D. Gillot); mission confirmée par le
ministredéléguéàlaSanté(M.leDocteurB.Kouchner).
24
B. Kouchner: «Plan santé mentale: l’usagerau centre d’un dispositif à rénover»,
novembre2001.
-25-