Diagnostic et évaluation
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Description

Quels sont les « outils » mis en place par les sociologues pour diagnostiquer et évaluer les pratiques sociales et politiques ? Des plus classiques, tels que le questionnaire et l'entretien semi-directif, aux plus originaux que sont l'analyse lexicométrique, l'analyse de réseau ou l'intervention sociologique, sans oublier la comparaison, la boîte à outils du sociologue présente une variété de ressources pour construire une vision et une compréhension du social propice à l'action.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de lectures 27
EAN13 9782336284880
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Logiques sociales
Collection dirigée par Bruno Péquignot
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale.
En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques.
Dernières parutions
Isabel GEORGES, Les nouvelles configurations du travail et l’économie sociale et solidaire au Brésil , 2012.
Pascal BRUNETEAUX et Norah BENARROSH-ORSONI, Intégrer les Rroms ? Travail militant et mobilisation sociale auprès des familles de Saint-Maur , 2012.
Mélody JAN-RÉ (dir.), Représentations. Le genre à l’œuvre, volume 3 , 2012.
Mélody JAN-RÉ (dir.), Créations. Le genre à l’œuvre, volume 2 , 2012.
Mélody JAN-RÉ (dir.), Réceptions. Le genre à l’œuvre, volume 1 , 2012.
Bruno LEFEBVRE, Ethnographie des travailleurs en déplacement, Voyages en Europe sociale , 2012.
Christophe DARGERE, L’observation incognito en sociologie. Notions théoriques, démarche réflexive, approche pratique et exemples concrets , 2012.
Dominique JACQUES-JOUVENOT, Gilles VIEILLE-MARCHISET (dir.), Socio-anthropologie de la transmission , 2012.
Barbara LEBRUN (éd.), Chanson et performance. Mise en scène du corps dans la chanson française et francophone , 2012.
Monique DOLBEAU, La mémoire de métier. Enquête sur le maréchal-ferrant , 2012.
Claude GIRAUD, Que faisons-nous lorsque nous organisons ? , 2012.
Christophe PERREY, Un ethnologue chez les chasseurs de virus. Enquête en Guyane française , 2012.
Titre
Ouvrage coordonné par Fanny Lung et Pierre Vendassi
Diagnostic et évaluation :
La boîte à outils du sociologue
Copyright
Ouvrages du même auteur :
Les Sociologues dans la cité : face au travail , L’Harmattan, collection Logiques Sociales, 2009.
Aux frontières du genre , L’Harmattan, collection Logiques Sociales, 2012.















© L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 9782336284880
Sommaire Couverture 4e de couverture Logiques sociales Titre Copyright Sommaire Présentation des auteurs Préface Introduction I. Des outils sociologiques variés La méthode de l’intervention sociologique : une coproduction de savoir Parcours au sein de l’analyse quantitative de données qualitatives : le choix logiciel n’est pas neutre L’analyse des relations sociales : entretien biographique et générateur de noms II. La comparaison internationale comme méthode sociologique Partir de l’analyse des programmes officiels et de la vision des enseignants pour saisir la conception de l’enfance dans les systèmes d’éducation préscolaire : une comparaison France-Chili Les politiques d'égalité des chances des établissements d'enseignement supérieur en France, en Suède et en Angleterre : des enseignements à tirer pour la France ? Comparer, analyser et évaluer les politiques en matière de violences conjugales en France et en Espagne III. Utiliser les outils sociologiques : deux études sur le thème « stratégies migratoires et identités minoritaires » La décomposition des solidarités ethniques dans les quartiers marginalisés de France et d’Allemagne La migration des Mahorais dans les départements français, quelles stratégies d’intégration dans la société d’accueil ? Conclusion Adresse
Présentation des auteurs
Jacques Faget est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre Émile Durkheim à Bordeaux. Il est également enseignant à l’Université de Bordeaux IV, Paris V et à l’école nationale de la magistrature.
Fanny Lung est doctorante en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse sur le racisme et l’ethnicité dans deux villes moyennes en France et en Espagne. Elle travaille également comme chargée de mission à la SOFOR.
Pierre Vendassi est doctorant en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où il effectue sa thèse sur les nouvelles formes du christianisme en Chine.
Laurent Courtois est docteur en sociologie, chargé d'enseignement vacataire au département de sociologie de l'Université de Poitiers et chargé de mission du PREFAS à l’IRTS Poitou-Charentes.
Alexandre Delanoë est docteur en sociologie et post-doctorant en sociologie à Télécom ParisTech, LTCI/CNRS, DEIXIS-Sophia.
Cécile Plessard est doctorante en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse sur l’analyse qualitative des réseaux de sociabilité. Elle travaille également comme chargée d’étude au centre associé CEREQ-Aquitaine.
Catalina Ruiz est doctorante en sciences de l’éducation à l’université Bordeaux 2 (LACES) où elle effectue sa thèse sur la conception et la prise en charge de la petite enfance au Chili et en France.
Nicolas Charles est doctorant en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Émile Durkheim) où il effectue sa thèse sur l’expérience étudiante et l’équité des systèmes d'enseignement supérieur en France, Suède et Angleterre. Il travaille également comme chargé de mission au Centre d’Analyse Stratégique.
Laetitia Franquet est doctorante en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse sur la prise en charge de la violence conjugale en France et en Espagne.
Maïtena Armagnague-Roucher est docteure en sociologie et attachée de recherche et de formation à l’Institut de Développement social (Rouen/Canteleu) et au Laboratoire d’Études et de Recherches Sociales (LERS).
Combo Abdallah Combo est doctorant en sociologie à l’université Bordeaux 2 (Centre Émile Durkheim) où il effectue sa thèse sur les processus migratoires des Mahorais.
Préface
Jacques Faget
Bien que n’ayant jamais été bricoleur (le vieux mécano de mon enfance fut largement sous-utilisé) et peut-être pour cela, j’ai toujours été fasciné par les boîtes à outils, le savoir pratique qu’elles requièrent pour en exprimer tous les possibles. Elles représentent pour moi une manière de pouvoir faire face à toutes les intempéries de l’existence, une garantie contre l’insécurité matérielle qui guette les infirmes de la vie mécanique. Aussi n’ai-je pas hésité un seul instant à parrainer la journée de l’association Vocation Sociologue quand j’ai pris connaissance de son thème.
Le sociologue a pour devoir premier de définir les choses dont il parle. Qu’est-ce qu’une boîte et qu’est-ce qu’un outil ? La définition paraît aller de soi et c’est justement ce qui pose problème. Les objets les plus familiers sont ceux qui nous glissent le plus entre les pensées. Ils cachent derrière leur apparente évidence des chausse-trappes dangereuses pour la clairvoyance.
La boîte c’est, de prime abord, un contenant dans lequel on met des produits divers. Elle peut être ouverte ou fermée, ce qui détermine sa couleur. Pour le public, la boîte du sociologue est probablement noire. Il en ignore le fonctionnement interne, il n’en connaît - à peine - que ce qui en sort. La structure de cette boîte est variable. Elle se modifie en fonction de l’évolution, de la nature, de la taille et du poids des outils qu’on y range. Elle fluctue au gré des matrices culturelles, des écoles de pensée, des modes de socialisation sociologiques. Car la boîte est en réalité contenant et contenu, enveloppe et matière, cadre de pensée et somme des connaissances. Boîtes à lettres, boîtes à malice, boîtes à idées n’ont de sens que par leur destination.
Quand nous parlons d’outils, faisons-nous référence à des méthodes, quantitatives ou qualitatives, ou bien à des instruments, par ordre d’apparition le stylo, le carnet, le magnétophone, la caméra, l’ordinateur (je pense aussi à la pince avec laquelle, au crépuscule des années 70, suite au dépouillement systématisé de centaines de dossiers, je perforais des cartes afin qu’elles soient triées par de grosses machines dégueulant d’immenses feuilles de croisement de variables) ? Quand nous parlons d’outils, faisons-nous référence aux canons de la méthodologie sociologique ou bien aux « ficelles du métier » qu’évoque Howard Becker 1 , tous ces petits trucs qui permettent d’ouvrir des terrains et de mettre en œuvre le plus efficacement possible les méthodes choisies ? La distinction n’est pas si claire et les propos rassemblés dans cet ouvrage illustrent bien les différences de statut des outils évoqués. Quand certains parlent d’entretiens biographiques, d’observation, d’intervention sociologique, d’autres évoquent le comparatisme ou des noms de logiciels.
Ceci pour dire que la nature de la boîte et des outils qu’elle contient dépend :
– de l’évolution de l’avancement du savoir scientifique : on peut par exemple penser que le développement extrêmement rapide des nouvelles techniques d’information et de communication engendrera la construction de nouveaux outils d’enquête.
– des rapports de force au sein de l’ establishment universitaire car l’histoire du champ sociologique est animé depuis ses origines par de grandes batailles méthodologiques, notamment entre partisans des méthodes quantitatives et qualitatives. Des conflits incessants opposent entre elles des chapelles attachées généralement au nom d’un maître ou d’un type d’approche. Derrière les enjeux méthodologiques se tapissent souvent des ambitions et la volonté d’exercer un leadership sur le champ considéré. Il est alors indispensable pour un jeune sociologue, désirant être reconnu par ses pairs, de se rallier aux plus influents d’entre eux. Car la société des sociologues est maintenant organisée et structurée et exerce un contrôle interne de plus en plus assidu sur ses membres.
– du sens collectif donné à la fonction sociale de la sociologie, science orthopédique ou libératrice, produisant des certitudes ou des doutes, proposant des remèdes ou formulant de nouvelles questions. Mais elle varie aussi en fonction du sens que le chercheur lui-même donne à son activité, de la stratégie de distinction qu’il s’attache à cultiver (il ne suffit pas d’ être scientifique mais il faut faire scientifique), de son engagement social, de ses impératifs de carrière – car le choix d’un outil peut influer sur une trajectoire professionnelle, etc.
– de la nature et de l’évolution de la demande sociale et de la nécessité de s’y adapter pour survivre financièrement.
Ces remarques ont pour but de souligner que les outils sociologiques ne sont jamais neutres. Ils expriment des façons de voir et de penser une réalité mais aussi des manières de faire partie du monde. Il ne suffit pas de les utiliser. Il faut aussi les questionner. Mais ce travail est difficile et demande une réflexivité obsessionnelle. Pour le mener à bien le chercheur doit analyser le contexte politique, économique et historique qui conditionne la production de son travail scientifique. Mais il doit également questionner sa relation à l’objet. Ce n’est jamais le fruit du hasard si l’on s’intéresse à un sujet alors que le champ des possibles est immense. Des problématiques psychiques, des intérêts intellectuels, le goût ou la peur des voyages, l’appétence ou l’allergie pour les mathématiques, des difficultés ou des aisances relationnelles, la préférence pour les salons ou les marécages sociaux, les opportunités de financement, de carrière, peuvent éclairer aussi bien le choix d’un sujet que les outils mobilisés pour le traiter. La volonté d’engagement du chercheur ou son souci d’une neutralité axiologique, aussi parfaite que possible, transforment sa façon de travailler.
Ceci pour dire que tout chercheur doit considérer qu’il fait lui-même partie de la recherche. « Car l’explication que l’on donne du monde constitue toujours dans une certaine mesure l’explication que l’on se donne de soi-même. La tâche n’est pas facile car l’ampleur du « social intériorisé » entrave justement la prise de conscience des parasitages du regard. Mais seul cet effort est susceptible d’éviter au chercheur de ressembler à cet étranger évoqué par un proverbe africain qui ne voit que ce qu’il sait déjà » 2 . Rien n’est moins scientifique que ces propos désincarnés qui abolissent l’être pensant qui a accouché d’eux. Le regard que l’on pose sur le monde est la résultante d’une alchimie complexe entre les déterminants culturels et affectifs qui nous ont façonnés et l’intensité des stratégies mises en œuvre pour y échapper. La part de l’inconscient entrave toute prétention à la lucidité. Mais il est des ingrédients accessibles à un travail minimal sur soi et sa relation au monde.
Mais si l’objectivité en sciences humaines ne peut passer que par cette mise en abîme de sa propre subjectivité, attention ! Trop de « déconstructionnisme » peut nuire gravement à la santé scientifique. A trop se concentrer sur les biais de la méthode on court le risque de l’aquoibonisme, celui de renoncer à toute tentative de connaissance de la réalité sociale, de supprimer la réalité extérieure au profit d’un recentrage narcissique sur l’acte intellectuel de connaissance, de cantonner toute recherche au registre de la preuve en oubliant celui de la découverte.
Si « la sociologie est d’abord une boîte à outils dans laquelle on peut se servir….c’est à condition de savoir ce que l’on fait » 3 . Et j’ajouterai ce que l’on veut faire. Expliquer des modes opératoires ? Dévoiler des apparences ? Démasquer des pouvoirs ? Ouvrir des chantiers de connaissance inexplorés ? Permettre la survivance d’un monde commun ? Pratiquer un « sport de combat » contre les préjugés et toutes les formes d’obscurantisme ? Tout cela à la fois ? Comment naissent les vocations de sociologue ?
1 Becker, H.S. (2002), Les ficelles du métier. Comment construire sa recherche en sciences sociales . Paris, La Découverte.
2 Faget, J. (2010), Médiations. Les ateliers silencieux de la démocratie , Erès.
3 Dubet, F. (1995), Sociologie de l’expérience , Paris, Seuil.
Introduction
Fanny Lung et Pierre Vendassi
Si nous revendiquons une vocation de sociologue, nous n’avons pas tous emprunté le même chemin pour répondre à cet appel. Pour nombre de jeunes sociologues évoluant dans le monde universitaire, si la vocation reste, les vacations se succèdent. C’est pourquoi Vocation Sociologue, l’association des doctorants et docteurs en sociologie de l’Université Bordeaux Segalen, a pour objectif d’accompagner et de favoriser la professionnalisation des jeunes sociologues. Elle vise à tisser des liens pérennes entre le monde universitaire et les mondes économique, administratif et associatif locaux. Elle souhaite dialoguer avec les acteurs du territoire pour mieux répondre à leurs besoins et promouvoir l’utilité d’une sociologie appliquée aux problématiques locales. C’est dans cette perspective que nous organisons régulièrement les journées d’études intitulées « les sociologues dans la cité ».
Les textes réunis ici sont issus de la journée « Diagnostic et évaluation : la boîte à outils du sociologue » et visent à mettre en lumière l’usage des méthodes sociologiques dans le champ de l’expertise sociale. Cette rencontre était destinée à penser les particularités, les avantages et les limites de nos techniques d’enquête, envisagées comme des « outils » mis en place par les sociologues pour diagnostiquer et évaluer les pratiques sociales et politiques. Sur la base de travaux de terrain réalisés à l’aide de méthodes sociologiques, diverses, le présent ouvrage prétend contribuer à mettre en lumière l’intérêt et les apports spécifiques des techniques de recherches sociologiques et de discuter de leur pertinence.
Afin de souligner la diversité et la richesse des outils du sociologue, nous avons choisi de présenter dans la première partie de l’ouvrage, intitulée « des outils sociologiques variés », les techniques de recherches sociologiques moins classiques, notamment celles qui se sont développées parallèlement aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. En effet, les nouveaux supports informatiques ont participé, depuis une trentaine d’années, à renouveler la recherche sociologique et ont contribué au dépassement de l’opposition stérile entre méthodologie qualitative et quantitative.
Pour ouvrir ce volume, Laurent Courtois, docteur en sociologie et formateur à l’IRTS de Poitiers, présente la méthode de l’intervention sociologique. Il s’agit d’une méthode pratique dérivée d’une théorie sociologique qui place les actions des individus au cœur du social 4 . Après un bref rappel de l’histoire de cette méthode, l’auteur en présente les règles de base. En rendant hommage à son créateur Alain Touraine et à l’aide de son expérience pratique, il expose ici les dispositifs spécifiques que requiert cette technique et souligne les difficultés qu’elle pose aux chercheurs. Il met en lumière la richesse et le caractère unique de cette méthode dont la démarche fait des sociologues et des acteurs de véritables coproducteurs de savoirs sur le social – et ceci amène logiquement une réflexion plus large sur la posture et la place du chercheur dans son terrain d’enquête.
Dans la seconde contribution, Alexandre Delanoë, post-doctorant en sociologie à Télécom ParisTech (ENST), discute l’usage des outils de la lexicométrie et montre comment les analyses de données qualitatives peuvent être enrichies par les techniques de traitement quantitatif de ces mêmes données. A l’aide d’entretiens menés auprès de chercheurs utilisant la méthode de la lexicométrie, Alexandre Delanoë détaille les différentes étapes que nécessite le maniement de cette technique qui « opère une analyse quantitative de données qualitatives » et en souligne pour chacune les apports et les dangers. Il revient aussi sur l’hétérogénéité des raisons avancées par les scientifiques dans le choix de cette méthode et plus précisément de certains logiciels. Quoique toujours dictées par la démarche scientifique inductive, les raisons mises en avant relèvent tout autant de contraintes personnelles, telles les capacités informatiques de chacun, que de contraintes externes, comme la réputation des logiciels sur le marché des outils de recherche universitaire. Cet article introduit un postulat du métier de sociologue qui sera réaffirmé tout au long de cet ouvrage : si le sociologue s’appuie sur une méthode pour opérer sa démonstration et éviter que sa subjectivité et ses représentations ne construisent des leurres dans son analyse, les méthodes sociologiques doivent être manipulées avec rigueur pour jouer pleinement ce rôle de garde-fou.
Le texte de Cécile Plessard, doctorante en sociologie, va dans ce sens. Il est issu de son travail de thèse qui cherche à saisir l’activité relationnelle des individus. Dans cet écrit, elle montre comment la spécificité de son objet d’étude l’a amenée à développer et à s’approprier de nouvelles techniques de recherche, au croisement de l’approche quantitative et qualitative. Elle détaille ici avec modestie et rigueur comment elle a associé deux techniques, l’une issue de la sociologie qualitative (l’entretien biographique) et l’autre issue de la sociologie quantitative (le générateur de nom). En même temps qu’une description de sa « cuisine sociologique », elle souligne ici l’importance du travail de définition et de délimitation de l’objet de recherche ainsi que les implications qui en découlent sur les choix méthodologiques et techniques du sociologue.
Nous présentons en deuxième partie de l’ouvrage les spécificités de « la comparaison internationale comme méthode sociologique » . La comparaison internationale est une démarche scientifique riche qui permet une analyse fine et contrastée en termes de conception politique, de définition de population ou de catégories d’action. Elle a pour principal intérêt de produire des connaissances propres sur plusieurs systèmes en rendant saillants leurs points communs et différences 5 . Dans sa contribution, Catalina Ruiz, doctorante en sciences de l’Education, présente la réflexion méthodologique qu’elle a réalisée pour mener à bien son projet de thèse. Elle restitue de manière honnête comment son objet de recherche (la conception de l’enfance) peut être analysé sous un nouvel angle grâce à l’usage de la comparaison internationale. Plus précisément, elle démontre pourquoi la méthode de l’éducation comparée est pertinente pour aborder son travail d’enquête et elle avance les différentes techniques et phases de recherche qu’elle va utiliser dans ce cadre comparatif. Nicolas Charles, doctorant en sociologie, expose dans la contribution suivante son objet d’étude, les politiques d’égalité des chances dans les établissements universitaires, en interrogeant le cadre national comme contexte législatif encadrant les actions de ces établissements. Par une étude de différentes lois et de leurs orientations dans trois pays européens, il met en lumière les apports et limites de la comparaison internationale et souligne la manière dont cette méthode permet d’interroger chaque système propre, plutôt que de risquer des hiérarchisations. Enfin, Laetitia Franquet, doctorante en sociologie, propose une comparaison méthodique du traitement de la violence conjugale en France et en Espagne. Son texte est une présentation large des nombreux dispositifs de prise en charge de cette violence. Elle y précise, pour chaque dimension de ces dispositifs, les possibilités et les limites qu’offre la méthode comparative. En effet, l’hétérogénéité des conceptions et des producteurs de données (évaluations statistiques, traitement médiatique) et la variation des outils de mesure limitent ou délimitent les possibilités de comparaison pour le sociologue.
Enfin, il nous a semblé nécessaire de terminer cet ouvrage par deux « études de cas » réalisées à l’aide d’outils sociologiques plus fréquemment mobilisés par les sociologues. Les textes de cette troisième partie intitulée : « utiliser les outils sociologiques : deux études sur le thème stratégies migratoires et identités minoritaires », issus d’une journée d’étude organisée en 2008 et parrainée par Dominique Schnapper, sont donc des illustrations, concrètes et empiriques, de ce que peuvent produire comme connaissance les outils plus classiques de la sociologie.
Dans la première étude présentée, Maïtena Armagnague, docteure en sociologie, détaille, à travers une comparaison France-Allemagne, les processus d’adaptation sociale des jeunes descendants de migrants turcs. Plus précisément, elle présente ici ceux qui mettent à distance leur groupe « communautaire » d’origine. Elle montre ainsi que, dans les deux pays, il existe plusieurs formes d’expression de la condition minoritaire - qui s’ancre différemment pour les filles et les garçons - mais que cette figure reste une des possibles évolutions du processus migratoire turc. Enfin, Combo Abdallah Combo, doctorant en sociologie, restitue avec précision dans son article le parcours des Mahorais venant vivre à La Réunion et en métropole. A travers une enquête de terrain effectuée depuis Mayotte jusque dans la Creuse, il dresse les caractéristiques propres à cette migration « originale » (étrangers nationaux, motif de migration, etc.).
Au final, les contributions de cet ouvrage témoignent toutes de la rigueur que nécessite le travail du sociologue. Nous disposons d’une boîte à outils qui ne cesse de s’enrichir et ce sont ces outils qui assurent la distanciation nécessaire à tout travail de recherche en sciences humaines et sociales. Car le risque pour les sociologues réside dans le piège de calquer leur propre subjectivité sur l’objet étudié : les techniques et méthodes dont nous disposons sont les garants de la scientificité de notre démarche.
4 Olivier Cousin, Sandrine Rui, L’intervention sociologique. Histoire(s) et actualités d’une méthode , PU Rennes, coll. « Didact sociologie », 2010.
5 Cécile Vigour, La comparaison en sciences sociales. Pratiques et méthodes , La Découverte, coll. « Guide Repères », 2005.
I. Des outils sociologiques variés
La méthode de l’intervention sociologique : une coproduction de savoir
Laurent Courtois
Un outil méthodologique pour rendre compte du dialogue entre sociologues et acteurs
J’ai exercé pendant plusieurs années la profession d’éducateur de rue et de directeur adjoint d’une association de prévention spécialisée. Actuellement, je travaille comme formateur à l’Institut Régional du Travail Social Poitou-Charentes. J’assure une charge d’enseignement au département de sociologie de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Limoges, depuis deux ans. Depuis novembre 2008, je suis Docteur en sociologie de l’université Bordeaux Segalen, où j’ai soutenu une thèse intitulée « le processus de ghettoïsation dans une ville moyenne française : Angoulême », sous la direction de Didier Lapeyronnie 6 , présidée par Eric Macé 7 . Ce long travail universitaire a été étroitement associé à l’ouvrage Ghetto urbain (Lapeyronnie, Courtois, 2008). Ma communication a pour thème l’intervention sociologique comme méthode de recherche qualitative et outil précieux de la boîte à outils du sociologue. Elle a été la pierre angulaire des méthodes pour la collecte de matériaux durant nos travaux sociologiques. En tant que méthode qualitative, elle exige de prendre le contre-pied d’un certain académisme radical pour considérer les acteurs rencontrés comme des producteurs de savoir. Au fond, il s’agit ’interroger la manière dont le sociologue dialogue avec son objet de recherche. Si l’action des personnes rencontrées devient un objet de recherche, ces dernières n’en demeurent pas moins des sujets 8 . Ce qui anime ma réflexion sociologique, c'est « une aspiration à comprendre le fonctionnement, ou l’essence, de tout ce qui est de l’ordre de l’expérience. Cela ne veut pas dire que nous devrions chercher à découvrir de nouveaux faits. Il est au contraire essentiel à notre recherche que nous ne voulions apprendre rien de nouveau » (Wittgenstein, 2004).
Je propose de définir la méthode de l’intervention sociologique à partir du contexte socio-historique de sa création par Alain Touraine et d’en présenter les principes fondateurs. Par la suite, j’insisterai sur deux points qui me semblent importants : la posture engagée des sociologues et la question de la réflexivité des acteurs comme analyse scientifique légitime. Je terminerai par une présentation de l’usage fait de l’intervention sociologique lors du travail de recherche sur le processus de ghettoïsation dans une ville moyenne française.
Une méthode de recherche innovante, en lien avec l’expérience sociale des acteurs
La question historique est essentielle pour comprendre la création de l'intervention sociologique comme méthode de recherche qualitative. Le contexte des années 1970 est celui des crises. La société française connaît des bouleversements et des remises en cause de plusieurs modèles qui la structurent. Les schémas économiques, intellectuels et sociaux sont en crise. La sociologie française n'est pas épargnée par ces dynamiques. Les ruptures épistémologiques se développent sous la domination d'un structuralisme critique et d'une volonté d'objectiver les individus. Face à cette lecture de l'acteur comme produit social conditionné, des sociologues vont s’intéresser scientifiquement aux raisons d'agir des acteurs. C'est dans ce contexte, qui aujourd'hui peut sembler trivial, que « le sociologue du monde ouvrier », Alain Touraine, initie une théorie de l'action. Il considère que l'acteur devient sujet de l'histoire par le conflit et la mobilisation. Dans ce contexte historique avec un mouvement tectonique sociétal, l'hypothèse forte d'Alain Touraine envisage la naissance d’un mouvement social de grande ampleur 9 . Avec une équipe de sociologues, il va s'intéresser à l'étude de différents mouvement collectifs, comme celui des étudiants, la lutte anti-nucléaire, le régionalisme et le féminisme. Au fond, ce qui semble motiver la démarche sociologique d’Alain Touraine et de son équipe, c'est de comprendre la logique d'action que produisent les sujets dans une société pour tenter de la transformer. « Ainsi se définit l’intervention sociologique : action du sociologue pour faire apparaître les rapports sociaux et en faire l’objet principal de l’analyse » (Touraine, 1978).
Pour identifier au mieux comment l'acteur transforme le social, la boîte à outils des sociologues ne semblait pas suffisante. Ce questionnement sociologique nécessitait une méthode novatrice permettant d'appréhender la capacité réflexive des acteurs tout en sollicitant une mise en situation de ceux-ci. En 1981, la création du Centre d'Analyse et De l'Intervention Sociologique (CADIS) scelle la légitimité scientifique de cette méthode rigoureuse et originale. La méthode de l’intervention sociologique évolue et s'adapte à de nouveaux mouvements collectifs, qui portent certaines caractéristiques de mouvements sociaux. Si un travail sociologique s'engage toujours avec des militants 10 , une nouvelle utilisation de l'intervention sociologique est faite s'inscrivant dans une sociologie de l'expérience. Dans le début des années 80, François Dubet et une équipe de sociologues, dont Didier Lapeyronnie, initient une recherche à partir de l’intervention sociologique en dehors d’une population militante, en se décentrant de l’étude d’un mouvement social d'acteurs classiques (Dubet, 1987). « Même s’il était absurde de considérer que les jeunes des banlieues qui posaient tant de problèmes étaient des militants formant un mouvement social, il me semblait tout aussi inacceptable de les considérer comme des non acteurs, comme des pures victimes dont il suffisait de dénoncer les conditions de vie pour expliquer les conduites » (Dubet, 2007).
La méthode demeure scientifiquement légitime pour comprendre l'expérience sociale des acteurs (Dubet, 1995). Elle accompagne les actions qui font société et met en exergue l'hétérogénéité des modes d'actions et la multiplicité des motivations rationnelles qui sont mises en avant.
La dimension conceptuelle et organisationnelle de l’intervention sociologique
« Il ne faut pas accepter trop facilement le schéma que j’ai souvent employé et qui me semble purement descriptif : » (Touraine, 1978). Cette mise en garde est peu prise en compte pour définir et expliquer la méthode d’intervention sociologique. Régulièrement, les principes d’Identité, d’Opposition et de Totalité sont présentés comme les principes uniques de la méthode de l’intervention sociologique. Ceci est réducteur, pour ne pas dire inexact. Il y a comme une confusion entre la posture sociologique et la méthode de recherche sociologique. La méthode se veut pragmatique et exige un protocole rigoureux pour maintenir sa dimension scientifique. Si la méthode d’intervention sociologique consiste à regrouper des personnes, elle pose le volontariat comme démarche participative. Cette démarche ne se satisfait pas de cette optique méthodologique où le discours volontaire se suffirait comme matériau légitime à une recherche. Pour amener la parole des acteurs au discours, pour construire son analyse et développer une production de connaissance, Alain Touraine pose quatre principes-clés pour la validité scientifique de la méthode :
– Le premier, qu’il qualifie de fondamental, c’est l’entrée en relation avec le mouvement social et plus précisément avec « les participants à une pratique collective conflictuelle » (Touraine, 1978).
– Le second principe est d’aller au-delà d’un discours idéologique, en instaurant la confrontation pour les interlocuteurs non seulement avec des adversaires, mais aussi avec d’autres représentants. Le sociologue intervient peu dans ces confrontations.
– Le troisième principe, posé par Alain Touraine, repose sur l’émergence du principe de Totalité, c’est à dire l’enjeu culturel et social du conflit. Si les deux premiers principes font intervenir le principe d’Identité et le principe d’Opposition, le principe de Totalité « ne peut être figuré que par les chercheurs eux-mêmes » (Touraine, 1978, p. 185). Par ce principe, Alain Touraine insiste sur la posture sociologique qui doit parler au militant et à l’adversaire.
– Le quatrième principe repose sur le fait que le groupe mène une auto-analyse, c’est-à-dire qu’il remplace l’action par l’analyse de la situation d’action reconstituée par l’intervention. Il y a ici rencontre entre l’analyse des participants et l’intervention du sociologue.
Les discours des acteurs sont en lien avec les analyses des sociologues entretenant ainsi une dynamique d’échange et de réflexion. « L’association de l'auto-analyse et de l’intervention est fondamentale » (Touraine, 1978, p. 185).
Certes, l’espace est artificiel mais il cherche avant tout à mettre en exergue la capacité de réflexion et d’analyse des acteurs participants. Seul le groupe restreint, retenu pour des raisons méthodologiques et organisationnelles, peut être le point commun avec la démarche de la psychosociologie. Le parallèle s’arrête là puisque nous ne cherchons en rien à analyser la dynamique du groupe, ni l’illusion groupale potentielle, même si on ne peut objecter certaines incidences.
Durant les réunions, deux fonctions du chercheur sont sollicitées et peuvent être définies par des rôles déterminés, à savoir « le secrétaire » et « l’agitateur ». La qualité de la première fonction se lit dans sa capacité à permettre au processus critique et distancié d’émerger au sein du groupe et à partir de celui-ci. Celle d’agitateur est plus impliquée dans la connaissance du groupe, mais elle doit aussi contribuer à maintenir la démarche analytique du collectif. Les temps de travail sont entièrement enregistrés et restitués dans leur intégralité aux membres du groupe. Au fond, ces deux fonctions sont difficilement assumées par un seul chercheur. C’est pourquoi l’intervention sociologique mobilise une équipe au minimum de deux sociologues. La rencontre avec des interlocuteurs extérieurs engendre la discussion et l’élaboration d’un discours qui après la prise de position induit la prise de distanciation. Au fond, l’intervention sociologique évite que le groupe ne se centre sur lui-même. Elle permet par l’auto-analyse et l’intervention du chercheur de produire un échange et une transformation dans la capacité d’action des participants. Le fait que cette méthode demande une mobilisation dans le temps, sur plusieurs mois, voire, comme pour Ghetto urbain (Lapeyronnie et Courtois, 2008) sur plusieurs années, implique une construction commune entre l’analyse et l’action. Une autre exigence de la méthode de l’intervention sociologique est le moment de la restitution de l’analyse par les sociologues au collectif d’acteurs participants. Cette démarche très originale renvoie le sociologue à la prise de risque de sa démarche analytique. C’est sans aucun doute la phase la plus excitante et la plus angoissante de la méthode. Cela implique donc une étape de restitution permanente par les sociologues de l’avancée de leur réflexion. La validation rejoint l’évaluation. Le sociologue ne cherche pas à faire valider son point de vue, il le confronte aux acteurs qui nourrissent par ce biais le processus de production des savoirs.
La posture engagée des sociologues et la vraisemblance des acteurs
« Que serait un sociologue s’il ne savait pas entendre ces appels, lancés en tant de langues et sur tant de modes, et y reconnaître toujours, non pas une nature humaine, mais une condition historique, la sienne, de sorte que l’analyse qu’il tente des sociétés et des hommes lointains ne soit que sa manière propre d’apprendre à lutter contre tous les obstacles à la création et à la liberté de tous et d’abord de lui-même ». Ces propos d’Alain Touraine résonnent pleinement dans la conception que j’ai de la sociologie. Le sociologue n’est pas déconnecté de la société, il en est un citoyen à part entière et à ce titre, il participe à la vie sociale et politique en y jouant un rôle au même titre que les autres membres.
Au fond, la sociologie nécessite une posture d’humilité chez le sociologue, qui refuse une science pure pour prétendre à une position approfondissant la compréhension des phénomènes sociaux. Il ne dévoile pas les parties cachées du monde social à ceux qui le font. J’insiste : le sociologue ne peut prétendre à une place entièrement à part dans la société qui le positionnerait au-dessus des autres avec pour fonction de leur dire ce qu’ils font et ce qu’ils devraient faire. Au contraire, comme le souligne Alain Touraine, « ce n’est pas au-dessus de la « société » que doit se placer un sociologue, mais au-dessous d’elle, à même la peau de ceux qui y vivent, y pensent, y formulent des plaintes ou des projets » (Touraine, 2007).
La tentation de l’académisme radical flirte parfois avec la conception même que nous pouvons avoir de l’utilisation des méthodes. Par là, j’entends que le débat actuel dans la sociologie française semble s’organiser à partir de deux figures du sociologue : l’expert, qui sait, dont la posture est dégagée du rapport à l’autre et un autre, qui ne sait pas ou qu’à moitié, en étant trop engagé dans le rapport aux autres. La recherche de terrain est parfois réfutée pour la logique de l’enquête qui recense sans confronter. « En revendiquant une réflexivité supérieure, en croyant possible de s’affranchir du contexte social et en prétendant détenir l’unique vérité sur le monde social, le sociologue radical se leurre. Il ne perçoit pas combien son discours clos épouse l’idéologie particulière d’un ensemble de catégories sociales et combien sa logique du dévoilement a pour effet « d’universaliser » des intérêts qui restent particuliers » (Lapeyronnie, 2004).
La posture d’être « à côté des autres » légitime l’utilisation de l’intervention sociologique, qui s’inscrit dans le rapport aux autres tant collectivement qu’individuellement. Pour ne pas limiter sa parole à un entre-soi académique, la méthode sociologique se doit de concevoir que la parole du sociologue a autant de valeur que celle des acteurs rencontrés. « Il s’agit de créer avec l’acteur étudié une relation de coproduction d’idées et d’analyses dans laquelle chacun est bien dans son rôle. Le chercheur ne fait pas semblant d‘être acteur, l’acteur ne se présente pas comme chercheur » (Wieviorka, 2008). Ce que porte l’utilisation de la méthode de l’intervention sociologique c’est une volonté de démonstration qui soit vraisemblable.

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