Essai d'interprétation des phénomènes culturels

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Le développement vertigineux des communications et la surexploitation de la planète nous obligent aujourd'hui à vivre en contact permanent. Dans ce contexte, le dialogue interculturel se présente comme une posibilité pour vivre ensemble. Mais cela suppose, selon l'auteur, que les hommes ont "du commun" à partager. Sa recherche veut donc montrer qu'au-delà des différences, il existerait une nature humaine qui s'exprime dans l'histoire des hommes et se manifeste dans la diversité des cultures.

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Date de parution 15 janvier 2015
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EAN13 9782336367392
Langue Français

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Gianna PA LL A NTE
ESSA I D ’IN T ERPR É TAT ION D ES PH ÉNOM ÈN ES CULT UR EL S
Du dialogue interculturel, volume 1
Préface de Cristiana Freni
Problématiques africaines
08/12/14 15:38
Essai d’interprétation des phénomènes culturels
Problématiques africaines Collection dirigée par Lucien AYISSI Il s’agit de promouvoir la pensée relative au devenir éthique et politique de l’Afrique dans un monde dont on proclame de plus en plus la fin de l’histoire et de la géographie. L’enjeu principal de cette pensée à promouvoir est la réappropriation conceptuelle, par les intellectuels africains (philosophes, politistes, et les autres hommes et femmes de culture), d’un débat qui est souvent initié et mené ailleurs par d’autres, mais dont les conclusions trouvent dans le continent africain, le champ d’application ou d’expérimentation. La pensée à promouvoir doit notamment s’articuler, dans la perspective de la justice et de la paix, autour des questions liées au vivre-ensemble et aux modalités éthiques et politiques de la gestion de la différence dans un espace politique où la précarité fait souvent le lit de la conflictualité. La collection « Problématiques africaines » a également l’ambition d’être un important espace scientifique susceptible de rendre de plus en plus présente l’Afrique dans les débats mondiaux relatifs à l’éthique et à la politique. Déjà parus Henri Brice AFANE,Agents publics, pouvoirs et terroirs en Afrique, 2014. Pascal MANI, Le vade-mecum du chef de terre. How to succeed in the prefectural career, 2013. Joseph NDZOMO-MOLÉ,etploutomanie » Autopsie de la « critique de l’esprit de jouissance. Critique de la mentalité « digesto-festive », 2013. Roger Bernard ONOMO ETABA,Rivalités et conflits religieux au Cameroun, 2013. Jean NZIEH ENGONO,Discours sur l’afro-modernité, 2013. Nsame MBONGO,La personnalité physique du monde noir. Contre-histoire de la philosophie,tome 2, 2013. Nsame MBONGO,La philosophie classique africaine. Contre-histoire de la philosophie, tome 1, 2013. Pascal MANI,La problématique de la retraite sous les tropiques, 2012.
Gianna Pallante
Essai d’interprétation des phénomènes culturels
Du dialogue interculturel, volume 1 Préface de Cristiana Freni
PUBLICATIONS Gianna Pallante et Michel Legault 2001: Pour uneUne Education Libérale pour la démocratie. Jacques Maritain philosophie de l’éducation, Yaoundé, Presses de l’UCAC, pp.75. 2002: Démocratie etLa conception Démocratique de l’éducation. John Dewey Education, Yaoundé, Presses de l’UCAC, pp.62. Gianna Pallante 2014Essai d’interprétation du vivre ensemble. Du dialogue interculturel, volume 2, Paris, L’Harmattan.2000Enjeux d’une compréhension éducative de la mémoire. Leçon inaugurale faite au Campus d’Ekounou, Année Académique 1999-2000, Yaoundé, Presses de l’UCAC, 28 pp. 2003Pour une éducation à la mondialité en Afrique (dir.), Yaoundé, Presses de l’UCAC. 2005Ecole et Mondialisation(dir.), Yaoundé, Presses de l’UCAC. 2008 inDroit à quelle éducation en Afrique(dir.), Yaoundé, Presses de l’UCAC. 2010Enseignement et culture(dir.), Yaoundé, Presses de l’UCAC. ARTICLES 2001Eduquer à la mondialisation ?, inLa Mondialisation ?: Quel Humanisme Cahier de l’UCAC n.6, pp. 333-350. 2005Interrogations autour des origines de la philosophie, inRelecture critique des origines de la philosophie et ses enjeux pour l’Afrique, Paris, Minaibuc. 2009Mounier et l’éducation en AfriqueinSalesianum. 2010Eduquer à la solidarité, inSolidarité en Débat,Cahier de l’UCACn° 12. 2010Le rôle des langues locales dans le processus de décentralisation de l’éducation au Cameroun, inCahier africains de recherche en éducation, n°7, en collaboration avec le dr. Elobo P. T. 2010Insegnamento della filosofia e cultura,indelle scienze, Didattica Publication du GR STOQ, Roma Libreria Editrice Vaticana 2010L’educazione tra natura cultura e libertà, in MALO A. (dir.),Natura cultura libertà. Storia e complessità di un rapporto, EDUSC, Roma 2010. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03071-5 EAN : 9782343030715
« A la Providence […] qui utilise les passions et les intérêts égoïstes pour atteindre le bien commun ». (G. VICO,La Science nouvelle (1725), Trad. de l’Italien par C. Trivulzio, Préface de Ph. Raynaud, Gallimard, Paris 1993, Introduction, 18).
1 PREFACE On ressent aujourd’hui, en des termes toujours plus conscients et plus urgents, sur le plan planétaire un retour significatif à la question anthropologique. C’est en effet au moment où l’homme entre en crise, qu’éclate de façon dramatique lagravis quaestio de la sagesse ancienne : qui est l’homme. L’homme est un être extraordinaire, souligne Sophocle dans l’Antigone, parce qu’il excelle sur tous les autres êtres. Il vaut alors la peine de revenir à la question sérieuse des anthropologies de tous les temps pour explorer une dimension qui semble caractérisée, aujourd’hui plus que jamais, par des approches escomptées d’un côté et par des carences de méthode opérative de l’autre : il s’agit de la complexe question de la culture, liée de façon particulière à l’événement de la globalisation.
La culture apparaît comme une donnée constitutivement anthropologique, ancrée sur le profil métaphysique de l’Homo Sapiens,de l’Homo Volenset de l’Homo Faber,dans l’axe de la dramatique dimension de l’existence. L’homme, en effet, apparaît marqué par l’inéliminable condition de l’historicité. Martin Heidegger scelle le profil ontologique de l’être humain commeEx-sistens, selon la notion bien connue duDa-Sein, c’est-à-dire comme être, connoté par l’inéliminable expérience de la limite, mais également tendu vers un irrésistible désir du dépassement de la même limite. Dans cette direction, s’insère alors le discours lié à la culture, comprise avant tout comme attitude naturelle de l’être humain à transformer le monde qu’il a devant lui en vue des projets de nouveauté. Sabino Palumbieri souligne que « l’historicité implique, donc, la capacité transformative d’une série de pré-données - c’est-à-dire d’éléments déjà constitués, comme les coutumes, les normes de vie, les comportements généraux, les modalités techniques ou
1  Cette préface est déjà parue presque intégralement dans notre ouvrage :Du dialogue interculturel. Essai d’interprétation du vivre ensemble. Vol. 2, L’Harmattan, Yaoundé 2014.
dominatrices du cosmos - à investir avec les autres, grâce au 2 langage ». Dans cette optique, donc, la capacité transformative de chaque sujet, appliquée et rendue opérative dans un contexte communautaire et social, s’appelle culture en un sens subjectif. Les produits de ce processus constituent la culture en un sens objectif. Si la culture, au niveau radical du terme, exprime la cultura de l’humain, alors elle produit, aussi bien dans le sens synchronique que diachronique, laculturede l’humain.
Dans un tel socle fondamental et inéliminable de prémisses et d’attention anthropologique, s’inscrit alors cet ouvrage de Gianna Pallante. L’auteur met en évidence dans son travail l’incontournable charpente anthropologique qui est à la base de ses analyses et de ses intentions de recherche.Du dialogue interculturel, Essai d’interprétation des phénomènes culturels Vol. 1, le titre de ce texte, est déjà un exemple dans lequel on annonce de façon programmatique non seulement l’horizon thématique du travail, mais aussi la méthode avec laquelle l’auteur choisit d’avancer dans son exploration. Il apparaît clair que si la culture se présente naturellement comme le processus d’éducation et de transformation du sujet dans la communauté des êtres humains, selon la vision classique déjà connue par laquelle le mot grecPaideía était traduit dans le socle de la tradition latine par le vocable Humanitas, le titre caractérise toutefois le terme technique de dialogue interculturel dans lequel le concept de dialogue se présente clairement avec l’intention aussi d’activer la fonction typique par excellence de la relation humaine qu’est l’intersubjectivité, comme fondement de l’interculturalité. Il s’agit d’accentuer un préfixe -inter- justement, non escompté et automatique dans les latitudes de la globalisation planétaire caractérisée par l’infusion connue de la liquidité 3 baumanienne. La société liquide, en fait, célèbre le relâchement des rapports forts, solides, robustes pour mettre en évidence plutôt la difficulté et souvent l’impossibilité d’un 2 S. PALUMBIERI, L'uomo, questo paradosso. Trattato sulla con-centrazione e condizione antropologica,UUP, Roma 2000, 177. 3 Cf. Z.BAUMAN,Modernità liquida, Laterza, Bari 2006.
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régime de relations sociales, familiales, politiques, culturelles stables et réellement réciproques. On vit aujourd’hui, plutôt dans un climat de rapports d’in - dépendance, de détachement des liaisons authentiques, ou bien on se débrouille souvent aussi dans des contextes de relations de dépendance, connotées par l’aliénation morbide dans laquelle la médiatisation globalisée a contribué désormais depuis quelques années, à dé-réactiver les capacités critiques des consciences.
C’est donc une préoccupation très forte sur le plan du défi anthropologique aujourd’hui, et donc sur le plan des sciences humaines, de relancer certaines prémisses et de les indiquer comme fondement de son approche. C’est ce qu’accomplit justement l’auteur, en confirmant que la méthode choisie pour son travail est celle d’une herméneutique de la culture, justement, là où la science toujours antique et toujours nouvelle de l’herméneutique apparaît comme un style d’approche véritatif et non dominateur, dialogique et non monologique, qui n’a pas de prétention définitive sur le plan culturel, mais d’ouverture non préjudicielle à ce qui, justement dans l’horizon de la globalisation aujourd’hui, s’impose comme régime de confrontation, de valorisation des spécificités et non d’anéantissement ou d’homologation.
L’herméneutique, cette nouveauté ancienne, pour le dire en termes augustiniens, si elle est fondée de façon authentiquement socratique, a en effet la caractéristique de vouloir être qualifiée comme l’espace dramatique des vérités que la singularité subjective et donc par la suite communautaire-culturelle, apporte dans l’ordre de la confrontation, dans lequel les points de vue peuvent certainement converger, pas pour piétiner, mais pour valoriser le vrai, le bon et le beau qui se révèlent dans le cours millénaire de la recherche humaine et dans sa complexe acculturation, à chaque latitude et horizon géographico-historique.
Il s’agissait d’un défi très difficile, défi justement que cette spécialiste très au courant et courageuse, a préféré accepter, puisque considéré comme l’unique réellement possible et
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