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In situ

De
304 pages
Dans ce livre, nous avons invité des chercheurs familiers de la démarche ethnographique à présenter leurs façons de s'immerger « in situ », à décrire quelques-unes des situations problématiques auxquelles ils ont été confrontés et à rendre compte des questions qu'ils se sont posées de l'entrée à la sortie du terrain, et même après. Il ne s'agit pas ici de présenter un manuel supplémentaire sur l'approche ethnographique mais de démontrer qu'il ne peut régner une seule et bonne méthode, mais plutôt autant de méthodes que de terrains enquêtés.
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Sous la direction de Éric Perera et Yann Beldame
In Situ Situations, interactions et récits d’enquête
Préface de Christian Bromberger
INSITU
Mouvement des savoirs Collection dirigée par Bernard Andrieu L’enjeu de la collection est de décrire la mobilité des Savoirs entre des sciences exactes et des sciences humaines. Cette sorte de mobilogie épistémologique privilégie plus particulièrement les déplacements de disciplines originelles vers de nouvelles disciplines. L’effet de ce déplacement produit de nouvelles synthèses. Au déplacement des savoirs correspond une nouvelle description. Mais le thème de cette révolution épistémologique présente aussi l’avantage de décrire à la fois la continuité et la discontinuité des savoirs : un modèle scientifique n’est ni fixé à l’intérieur de la science qui l’a constitué, ni définitivement fixé dans l’histoire des modèles, ni sans modifications par rapport aux effets des modèles par rapport aux autres disciplines (comme la réception critique, ou encore la concurrence des modèles). La révolution épistémologique a instauré une dynamique des savoirs. La collection accueille des travaux d’histoire des idées et des sciences présentant les modes de communication et de constitution des savoirs innovants. Déjà parus Judith NICOGOSSIAN, Mélanie SUSTERSIC,La norme du corps hybride, Une éthique de la reconstruction et de l’amélioration du corps humain en chirurgie, 2016. Isabelle GUILLAUME, Aymeric LANDOT, Irène LE ROY LADURIE et Tristan MARTINE,Les langages du corps dans la bande dessinée, 2015. Sylvain FEREZ,La corporation critique, 2015. SALOME et le Dr Christophe CHAPEROT,Salomé et son psychiatre, 2015. Anaïs BERNARD,Immersivité de l’art, Interactions, Imsertions, Hybridations, 2015. Cécile CROCE,Performance et psychanalyse. Expérimenter et (de)signer nos viessuivi deLe Moi en jeu, 2015. Marie-Florence ARTAUX,La maison sur la tête, Écriture et position clinique en art-thérapie, 2015. Dana DUMOULIN,Le supplice de tantale, Apprivoiser la recto-colite hémorragique, 2014. Edmond DESBONNET,Ma gymnastique des organes, 2014.
Sous la direction de Éric Perera et Yann Beldame
IN SITUSituations, interactions et récits d'enquête
avec les collaborations de Bernard Andrieu, Christian Bromberger, Éric Chauvier, Camille Couvry, Seydou Drabo, Laurent Gaissad, Axel Guïoux, Sandrine Gukelberger, Alice Jaspart, Évelyne Laserre, Sophie Louey, Marco Motta, Véronique Muscianisi, Charlotte Perrot-Dessaux, Gilles Raveneau, Sylvain Rouanet, Laurent Solini et Jennifer Yeghicheyan
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09393-2 EAN : 9782343093932
L'ouvrageIn Situsuite au Congrès International « Chercheur(se) fait in situ» qui s'est déroulé à. Immersion par corps, normes et déviances Montpellier (Espace Saint-Charles de l'Université Paul-ValéryMontpellier 3) les 21, 22 et 23 mai 2014. Ce Congrès a été réalisé par l'équipe de recherche SantESiH (Santé Éducation Situation de Handicap www.santesih.com) en collaboration avec les laboratoires : Praxiling UMR 5267 CNRS (Université Paul-ValéryMontpellier 3), ACTES EA 3596(Université des Antilles et de la Guyane) et ADES UMR 7268 (Aix-Marseille Université). Nous tenons à remercier particulièrement l'implication durant ce Congrès des jeunes chercheurs du laboratoire SantESiH : Damien Issanchou, Élise Lantz, Geoffrey Lassale, Estelle Marin-Duval, Mélanie Perez, Thomas Riffaud, Michaël Segon et Gaël Villoing. Et pour la couverture de ce présent ouvrage, l'artiste Laurent Wallerand.
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PRÉFACENOUER LA COMPLICITÉL’IMPORTANCE DES PREMIERS CONTACTS1 Christian BrombergerIl me semble cohérent d’évoquer les débuts de l’enquête ethnographique. Largement diffusées dans les manuels et pendant les cours, deux recommandations s’imposent quand on aborde pour la première fois un terrain. Tout d’abord, avoir une connaissance préalable de la société, du problème que l’on vient étudier. En ethnographie, comme dans les autres instances de la vie, on ne donne qu’aux riches. Aller étudier la poterie sans pouvoir tenir une discussion sur les différentstypes de tours, sur l’engobe ou la glaçure, engager une recherche sur la pratique religieuse en ignorant les textes fondateurs et la liturgie, débuter une enquête sur lefootball sans connaître la composition de l’équipe et le palmarès duclubque l’on étudie, voilà de bien mauvaises prémices. À des questions générales, on répondra par quelques propos généraux pour se débarrasser au plus vite de l’intrus. En revanche, si le questionneur a du répondant, fait preuve de compétences techniques, le questionnés’engagera volontiers dans une discussion de connaisseurs. En second lieu, il faut, me semble-t-il, accepter d’être soi-même questionné sur les usages de la société d’où l’on vient. L’enquête doit être réciproque, faite de dons et de contre-dons d’informations et d’expériences. Mais ces bons usages méthodologiques sont-ils suffisants pour créer cette relation de complicité, de connivence, nécessaires pour nouer des liens intimes et dépasser la sécheresse des notations factuelles ? Il s’agit, dans une enquête, de passer desoutauxin pour reprendre un vocabulaire geertzien ou encore, pour le chercheur, d’accorder «ce qu’il pense que les gens pensent» avec «ce qu’il pense que lui-même penserait s’il était vraiment l’un d’eux», selon les mots de Dan Sperber. Il s’agit donc d’arriver à penser comme si nous en étions, d’appréhender le point de vue indigène, d’aller fureter dans le tour d’esprit des autres, de parvenir à se représenter ce que l’autre peut ressentir. Cette relation de connivence, qui permet unaccès à l’intime, comment s’établit-elle ?
1 Professeur à l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne et Comparative à l’Université d’Aix-Marseille.
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