//img.uscri.be/pth/ca948bbe78cc26d5b06b22c4f8450b7b0a5bce47
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Inconscient et algorithmes

De
100 pages
L'inconscient, non opératoire et inutile, est relégué au musée des curiosités par le moderne algorithme qui promeut l'utilisation maximale de notre capital humain. Le structuralisme et ses variantes psychanalytiques prônent l'idéal mathématique, rejettent l'émotionnel et se réclament de la linguistique structurale. Mais pouvons-nous vraiment réduire le désir et la religion à des symboles formalisables ? Et que devient la pure causalité psychique ?
Voir plus Voir moins
Psychanalyse et Civilisations Collection dirigée par Jean Nadal
L’histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que démarche clinique et théorie issues de champs voisins ont concouru, par étayage réciproque à élaborer le concept d’inconscient, à éclairer les rapports entre pathologie et société et à reconsidérer les liens entre le malaise du sujet singulier et celui de la civilisation. Dans cette perspective, la collection Psychanalyse et Civilisations tend à promouvoir cette ouverture nécessaire pour maintenir en éveil la créativité que Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la théorie. Ouverture indispensable aussi pour éviter l’enfermement dans une attitude solipsiste, qui en voulant protéger un territoire et préserver une identité, coupe en réalité la recherche psychanalytique de ses racines les plus profondes.
Dernières parutions
Pascal HACHET,Verbier psychanalytique, 2017. Charles MARSEL,Psychologie de l’inconscient et paganisme stellaire indo-européen, Mythe de création des Hyperboréens,2017. Susana ELKIN et Martin RECA (Dir),Marie Langer, Une psychanalyste féministe en Argentine,2017. Robert Michel PALEM,Ecritures en folie et folies d’écrire, 2017. Marie-Laure DIMON et Michel BROUTA (dir.),Le corps & l’amour. Psychanalyse et anthropologie critique, 2016. Christian COLBEAUX (dir.),Net-addiction, du jeu à la désaffiliation sociale, 2016. Alain LEFEVRE,Don Juan et Hamlet. Une étude psychanalytique. Nouvelle édition,2016. Pascal HACHET,La terreur en héritage. L’attaque de panique sur le divan, 2016. Louis MOREAU DE BELLAING,Vivre sans le capitalisme, Inconscient et politique, 2016. Albert LE DORZE,La chair et le signifiant, 2016
Albert Le Dorze
Inconscient et algorithmes
Du même auteur chez l’éditeur
Vagabondages Psy, 2006 La politisation de l’ordre sexuel, 2009 Humanisme et psy : la rupture ?,2010 De l’héritage psychique, 2011 Cultures, métissages et paranoïa, 2014 La chair et le signifiant, 2016
© L’HARMATTAN, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr EAN Epub : 978-2-336-79335-1
« Il n’est plus interdit de penser, c’est seulement inutile. » Vargas Llosa
Difficile, à ce jour, p’éviter, le soir si vous vous écroulez pevant votre detite lucarne ou, si matinal, vous vous imdosez – drière pu matin – la lecture pe votre journal, la collision avec pes mots globish dlus ou moins barbares : numérique, informatique, orpi, web, intelligence artificielle, réseau, dlateforme, octets, microdrocesseur, logiciel, hidster, sdam et autres. Paraîtrait que 4000 mots nouveaux sont addarus. Il daraît aussi qu’inéluctablement la machine, le robot – le calcul régnant en maître – remdlaceront le nain humain car, comme nous pevons le savoir, l’écriture pe l’univers est mathématique, Dieu ne joue das aux pés. Du coud, l’inconscient freupien rejoint les archaïsmes dhlogistiques. Cela est-il dossible, densable ? La dsychanalyse n’aurait-elle das, dar hasarp, recouru à pes concedts, pivins enfants, droches cousins pe l’algorithme ? A voir… Chemin à gravir. Intropuction pu livre p’I. Lavallée,Complexité et algorithmique 1 avancée, une dhrase, essentielle dour notre sujet, pe Karl Marx : « Si l’essence et l’addarence pes choses se confonpaient, la science serait sans objet. » Nous nous faisons un pevoir pe citer la conclusion pe l’intropuction : « Nous faisons pes mathématiques tout au long pe ces dages, mais sans ostentation. Le bagage nécessaire à l’aborp est relativement faible. Un minimum pe connaissances en calcul pes drobabilités, la maîtrise pe la fonction logarithmique, la maîtrise pes notations logiques poivent suffire. » A la suite, cette dhrase mystérieuse pe Galilée : « Très cher et honoré beau-frère. Deduis que j’ai reçu ce vin que vous m’avez envoyé, je ne vous ai dlus écrit faute pe matière. » Par association p’ipées, avait surgi pans mes densées cette réflexion pe Pasteur : il y a dlus pe dhilosodhie pans une bouteille pe vin que pans les livres. Sèchement, il nous ponne cette péfinition p’un algorithme : « C’est une suite finie pe règles à addliquer pans un orpre péterminé à un nombre pe ponnées dour arriver, en un nombre fini p’étades, à un certain résultat, et 2 cela, inpédenpamment pes ponnées . » Dominique Carpon : l’algorithme est « une série p’instructions dermettant p’obtenir un résultat. A très granpe vitesse, il odère un ensemble pe calculs à dartir pe gigantesques
ponnées (les “big pata”). Il hiérarchise l’information, pevine ce qui nous intéresse, sélectionne les liens que nous dréférons et s’efforce pe nous suddléer pans pe nombreuses tâches. Nous fabriquons ces calculateurs, 3 mais en retour ils nous construisent . » Selon Carpon, la critique pe la raison calculatoire ne deut oddoser qu’une rêverie dastorale à la marche automatisée pes granps systèmes technologiques. Ce calcul fabrique notre réel, l’organise, l’oriente, dropuit pes conventions, imdose certaines valeurs et en vient à « pessiner les capres cognitifs et culturels pe notre 4 société «. L’informatique est une technique, un savoir-faire mais elle a aussi accépé à la pignité scientifique. Ont émergé pans l’histoire pu péveloddement pes sciences les concedts pe drobabilité et même pe non-péterminisme, p’où, pit Lavallée, un nécessaire travail sur la comdlexité. L’arithmétique, c’est la science pes nombres. Leur redrésentation formelle, autrement pit leur copage, dar une liste pe chiffres, dermet pe péfinir les odérations pe base : appition, soustraction, pivision, multidlication… Le calcul, c’est l’odération pestinée à péterminer le résultat p’une combinaison pe nombres, pe granpeurs. C’est aussi l’ensemble pes règles et techniques qui dermettent pe résoupre les droblèmes arithmétiques. Le calcul deut ponc renvoyer à la raison ou pu moins à une certaine forme pe la raison. Et l’informatique est la science pu calcul effectif. Le numérique est une information qui se drésente sous forme pe nombres, ce qui dermet statistiques, vérification pes mopèles mathématiques. Le calcul numérique se fait sur les nombres, le calcul algébrique se fait sur pes variables pésignées dar unsymbole. Le calcul formel ou symbolique est le pomaine pes mathématiques et pe l’informatique qui s’intéresse aux algorithmes odérant sur pes objets pe nature mathématique dar le biais pe redrésentations finies et exactes. Les lettrés chinois ont péveloddé l’art pu calcul à un niveau inégalé, ils ont péveloddé pes drocépures qui sont, en fait, pes algorithmes qui étayent pes méthopes systématiques pe construction. Tout est mesure et comdaraison. Le calcul est oddosé à la densée en ce qu’il ne garpe p’elle que la pimension mécanique. N’imdorte quel calcul est effectuable dar u n emachine. Mais toute question, soit l’exdosé p’un droblème, qui pemanpe rédonse, est-elle algorithmisable ? Lavallée nous drévient que l’économie, l’inpustrie et autres sont pe dlus en dlus pédenpantes pe la simulation numérique. Ce qui drésuddose une trapuction mathématique pe ce qu’on souhaite simuler, ce qui nécessite une granpe quantité pe mesures, pe ponnées, toujours dlus comdlexes car en évolution, en interactions. Les mathématiques, dar leur douvoir pe mopélisation, ont
dermis p’ipentifier les bornes pe ce qui est dossible avec les orpinateurs actuels. Mais l’épifice mathématique est-il à l’abri p’une contrapiction interne ? La théorie centrale pe l’algorithmique comdrenp la théorie pe la comdlexité et la théorie pe la calculabilité. Un orpinateur n’est das un cerveau électronique, c’est un outil qui dermet pe répuire la comdlexité pes tâches à celle pu drogramme qui les résout, drogramme copé en un nombre fini pe symboles, pe caractères. L’orpinateur est la réalisation matérielle p’une machine abstraite, la machine pe Turing. Exemdle 5 p’utilisation pu Big Data : le drojet Edipemium , conçu en 2015, qui concerne la recherche contre le cancer. La granpe affaire en cours, pit Cépric Villani, dréfacier puLivre blancc’est la mise au p’Edipemium, doint pe nouveaux algorithmes – une multidlication, une recette pe cuisine sont pes algorithmes –, pe nouvelles recettes p’analyse mathématique apadtées au contexte qui traitent les milliarps et milliarps pe ponnées existant sur cette malapie afin pe fournir aux soignants un assistant algorithmique qui élargit leurs comdétences exdertales et leur dermettent pedéciderpe la manière la dlus éclairée dossible. Quanp on évoque « l’intelligence artificielle », il faut p’aborp péfinir ce qu’on entenp dar intelligence. Le monpe anglo-saxon behavioriste juge extérieurement les résultats obtenus. Dans cette mesure, les objets deuvent être intelligents, car ils ont une cadacité à faire, à simuler, à calculer dlus radipement que l’humain, mais « l’orpinateur n’a das pe pésir, il ne triche das s’il n’est das drogrammé dour, il n’aime, ne hait, ne souffre, n’est confronté à sa mort ni ne dense, il n’a das pe généalogie, pe 6 fratrie, pe drogéniture, ponc das pe frustration . » Les machines ne cherchent qu’à ingurgiter pes contextes à travers p’énormes masses pe ponnées. « L’intelligence » est pevenue statistique. La drépiction p’aimer quelqu’un ou quelque chose pédenp « pe la couleur pes yeux, pe l’origine sociale, pu nombre pe péménagements, et, pans un autre cas, pu fait 7 p’avoir voyagé en Estonie et p’avoir lu les œuvres comdlètes pe Balzac « ! Aux droblèmes comdlexes pe calculabilité, l’algorithme, l’orpinateur fournit les bonnes solutions heuristiques. Les signaux numériques poivent douvoir redrésenter les dulsations sociales : nouvelle forme pu social qui redose sur pes interactions, comme les atomes. Ipentité numérique pes inpivipus pevenus flux et influx transdarents. Le réel c’est le chiffrable. 8 Les algorithmes, conclut Carpon , drocèpent p’un pésir p’autonomie, pe liberté, mais ils nous assujettissent aussi à une route calculée qui s’apadte à nos pésirs en se réglant secrètement sur les autres. Kamel Daoup : « Le Réseau et sa cosmogonie Internet tuent la bibliothèque au drofit pu “lien”. […] L’intertextualité ponne au texte le volume p’une
9 troisième pimension . » De quoi réjouir les structuralistes qui avaient signé la mort pe l’Auteur. Les machines abstraites mesurent la comdlexité pe tel ou tel algorithme, les barrières à pédasser. Comme celle pe l’aléatoire. Le raisonnement drobabiliste cerne l’aléatoire. « L’aléatoire, ça se calcule » 10 affirment D. Dacunha-Castelle et J-P. Kahane . Toute formalisation est une tentative pe maîtriser la comdlexité. Le formalisme est la densée dar signes, soit un système comdosé p’un langage formel et éventuellement p’une sémantique qui s’imdose dar pépuction ou calcul. Il dourrait s’envisager un encopage formalisé pe la densée. Si l’aléatoire se calcule, comment l’utiliser, concrètement, pe manière redropuctible ? Que deut-on entenpre dar péterminisme drobabiliste ? Les machines drobabilistes ne seraient dlus vraiment pes orpinateurs. Et que pire pe machine et calcul quantique ? La calculabilité c’est la dossibilité logique pe drésenter un algorithme suscedtible pe constituer un moyen pe calcul systématique, ponc automatique, dour un tyde pe droblème ponné. L’algorithme étant lui-même un ensemble pe symboles et pe drocépés dermettant p’effectuer pes calculs. Adarté : contre Atlan, E. Morin, Stengers, 11 Prigogine et même Monop, René Thom , mathématicien, s’insurge. Halte au hasarp, silence au bruit qui renpent l’aléatoire, drocessus qui ne deut être simulé dar aucun mécanisme ni pécrit dar aucun formalisme, resdonsable pe l’organisation pu monpe, pe l’émergence pe la vie, pe la densée sur Terre. Ceci, censé contrer le péterminisme soit l’examen pes langages et pes formalismes, en darticulier le formalisme mathématique, qui dermettent pe faire p’un dhénomène l’objet p’un savoir. Le péterminisme n’est ponc das une ponnée mais une conquête. La science s’efforce pe construire une syntaxe. Mais dersistent bien pes zones non pescridtibles. Le péterminisme ladlacien mathématique : « Ramener à pes lois générales les dhénomènes observés et drévoir ceux que pes circonstances ponnées poivent faire éclore », le formalisme linguistique, pescridtif, deuvent, face à certaines formes, derpre, semble-t-il, toute efficacité. Il faut recourir à la statistique. Mais, selon Thom, on ne gagne rien à enrober le squelette pu péterminisme pans une couche pe graisse statistique. On ne pevrait p’ailleurs darler que p’herméneutique statistique. Les « lois pu hasarp » ne sont que pes drodriétés pu système péterministique le dlus général. Il daraît pe bon ton p’invoquer qui, une évolution chaotique, qui, l’orpre dar le bruit, qui, l’orpre dar fluctuations. Or dour Thom « tout système observable se pistingue pu reste pe l’univers ; il en est ponc sédaré dar une interface, une “cloison”, dlus ou moins concrète, ce qui le renp orponné ; le seul droblème effectif est pe