Invitation à la lecture (Tome 2)

Invitation à la lecture (Tome 2)

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105 pages

Description

Loin d'une conception de la culture générale scolaire ou encyclopédique, cet ouvrage vise à donner à chacun une occasion d'ouverture sur d'autres champs, d'autres horizons, d'autres questionnements ; et surtout de donner envie de lire, en faisant découvrir quelques penseurs ou sujets intéressants (et parfois amusants !). Ce méli-mélo est une mosaïque, un ensemble de « perles de culture » que chacun pourra utiliser pour sa gouverne personnelle et pour mieux comprendre la société dans laquelle il vit.

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Date de parution 08 janvier 2017
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EAN13 9782336780016
Langue Français

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« Éditions Campus Ouvert » Direction éditoriale : Vincent P LAUCHU, Maître de Conférences honoraire en Économie (Université Pierre Mendès France, Grenoble). CoordinationPierre CROCE, ancien Responsable de la Cellule d  : ’aide à la publication de l’Université Pierre Mendès France, Grenoble. Cette maison d’édition créée par l’Association pour la Diffusion d’Études et Recherches (ADER) a pour principal objectif de rendre accessibles, à des prix raisonnables, des cours dispensés dans le champ des Sciences Sociales, et de diffuser des Documents, Études et Recherches qui ne trouveraient pas leur place dans le secteur commercial classique . ADER : 10 rue champ Rochas - 38240 MEYLAN
Le « photocopillage » tue le livre Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2e et 3e a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’ autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 e t suivant du code de la propriété intellectuelle.
Illustration de couverture: Myriam Kluska-Plauchu Maquette: Frédéric Schmitt © 2016,Campus Ouvert http://editionscampusouvert.wordpress.com/ editions.campus-ouvert@orange.fr EAN Epub : 978-2-336-78001-6 Distribution: Éditions L’Harmattan, 16 rue des Écoles - 75005 Paris www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr
Vincent PLAUCHU Invitation à la lecture Recueil de textes de culture générale Tome II Éditions « Campus Ouvert » 2016
INTRODUCTION AU TOME II
Pourquoi ce recueil de textes ?
Le tome I ayant suscité un certain intérêt, Je poursuis la mise à disposition du public de ma moisson de textes dans le champ de la Culture générale « Culture et société ». Il s’avère que le tome I est utilisé non seulement pour des enseignements de « Culture générale », mais aussi comme réservoir de textes pour d’autres enseignements, et notamment par des enseignants de « Français Langue Étrangère » (F LE), soucieux de varier les textes qu’ils soumettent à la sagacité de leurs élèves, et désireux de leur ouvrir des perspectives sur la culture française. Ce nouveau tome se situe dans le prolongement direct du précédent dont il conserve la philosophie : rendre accessible des textes courts (le plus souvent) donnant « matière à penser » et « matière à débattre ». La nécessité de la culture générale s’impose. En effet, «de nos jours, on a tendance à aborder tous les problèmes par l’approche coûts/avantages. Cette approche économique en revient à privilégier la «culture d’entreprise »comme référence et «l’efficience »comme critère de jugement et de réflexion, en lieu et place de la«culture générale»ou«classique», basée sur des valeurs philosophico-morales : le beau, le bien, le vrai. On oublie - ou en fait semblant d’oublier qu’en substituant la culture d’entreprise à la cult ure générale, on promeut la rationalité capitaliste sur le plan économique, et la démocrati e de jarade sur le plan politique » (source malheureusement non retrouvée).
LAN GAGE
Inventez des mots ! P renons le joli motramince, qui ne veut rien dire. Il n’existe même pas, je l’invente exprès pour vous - ne me remerciez pas : tout le plaisir est pour moi !. Donc, ramincets, dérivés de lui et tout aussi dépourvus de sens. Voilà, mot vide, sans signification, peut très bien supporter plusieurs suffixes afin de forger d’autres mo qui est drôle ! Leramincitéour obtenir une bonne ramincité, il faut ajouter une légère dose de, par exemple, est l’état, ou la qualité de ce qui est ramince. P patal-le patal n’existe pas non plus, donc tout va bien. Laramincetteest une petite ramince - leraminçonégalement, mais celui-ci est un jeune ramince, à peine formé. Leraminçardest un sale gros ramince assez laid. Laraminciationla transformation en ramince, le est ramincementest le résultat. D’ailleurs, le en raminceurAPest celui qui fabrique les raminces. Un C [certificat d’aptitudes professionnelles] de raminceur est très difficile à obtenir, vous comprenez aisément pourquoi. Leramincieret sa femme, laramincière, sont des marchands de raminces. A l’heure actuelle, un bon ramincier gagne convenablement sa vie. Leramincisteu peut-être est-ce un joueur de ramince - là, il existe une ambiguïté. Quant auest un partisan des raminces (il vote pour eux). O raminceau, que l’on appelle aussiraminçot- c’est évidemment le petit de la ramince. Ou bien une branche de ramince, cela dépend de la ramince que vous avez. E n tout cas, une raminçadeest un violent coup de ramince, tandis qu’uneraminçureest une marque laissée par la ramince. Enfin, un endroitraminçuest un lieu plein de raminces - c’est très joli à voir ! À présent, vous savez tout sur la ramince et sur la valeur des suffixes qui fabriquent notre vocabulaire. E ncore ne vous ai-je rien dit desraminciphages- qui « mangent » les raminces - et dont il convient de se méfier ! - desraminçophobes, qui ont une peur bleue des raminces, ni des élémentsramincigènesdu sol qui favorisent la naissance et le développement des raminces ordinaires ouRamincus vulgaris. Claude Duneton inSciences et Vie Junior, n°100 (janv. 1998) N.B. : On peut dire que C. Duneton est un formidableraminçologue(spécialiste deraminçologie) ! V. P.
Tout va très bien, Madame la Marquise Refrain :Tout va très bien, tout va très bien ! M ais cependant, il faut qu’on vous le dise... Dans l’agriculture Les céréaliers sont « sur la paille », les viticulteurs trinquent, et les éleveurs de volailles se font plumer. Dans l’artisanat Les problèmes des boulangers sont croissants, les bouchers défendent leur beefsteak, les brasseurs sont sous pression. Par ailleurs, les éleveurs de chiens sont aux abois, et les pêcheurs haussent le ton ! Pour les couvreurs, c’est la tuile et certains plombiers prennent la fuite. Dans l’industrie Dans l’industrie automobile, les salariés débrayent, dans l’espoir que la direction fasse marche arrière. C hez E D F, les syndicats sont sous tension, mais la direction ne semble pas au courant. Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare. Dans les services Les veilleurs de nuit, eux, vivent au Jour le Jour, pendant que les pédicures travaillent d’arrache-pied, les croupiers Jouent le tout pour le tout, les dessinateurs font grise mine, les militaires battent en retraite, les imprimeurs dépriment et les météorologistes sont en dépression. Les prostituées, elles, se retrouvent a la rue : c’est vraiment une mauvaise passe...
Take your pipette Madame F ioraso, Ministre de l’enseignement supérieu r et de la recherche propose d’étendre le champ des exceptions prévues par la loi Toubon en autorisant des diplômes d’enseignement supérieur (français) complètement en anglais sous prétexte d’accueillir plus d ’étudiants issus des pays émergents (B résil, Turqui e, C hine,...) (R appelons que la loi Toubon a pour obJectif de limiter les usages abusifs de l’anglais et de défendre l’usage du français). C ette initiative n’a déclenché que peu de réactions alors qu’elle est un pas de plus dans le renoncement face a la domination anglo-saxonne. Nous donnons ci-après un exemple de ces quelques réactions.
« Ah ! Le bel argument brandi par Geneviève F ioraso, ministre de l’E nseignement Supérieur et de la R echerche, pour justifier le projet de loi qu’elle vient de pondre, lequel prévoit d’autoriser l’usage des langues étrangères (comprenez : l’anglais) dans l’enseignement supérieur en F rance : «Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde (...). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table.» Presque aussi fort que Sarkozy piétinant « La princesse de Clèves ». C e projet de loi a fait bondir, du professeur au C o llège de F rance et à C olumbia University Antoine C o mpagnon à Jacques Attali, en passant par l’Académie française, laquelle a dénoncé publiquement cette marginalisation du français. Tous font rem arquer que l’idée de Madame F ioraso est stupide, puisque les étudiants étrangers sont suffisamment nombreux à vouloir suivre des études en F rance : ils constituent 13% des effectifs totaux, soit bien pl us que l’Allemagne ou la Suède, qui, elles, enseignent déjà en anglais. Stupide, mais aussi contre-productive : ainsi, l’Université française à Saigon (Hô C hi Minh Ville), qui s’était mise à l’anglais pour attirer les étudiants non francophones, a dû faire machine arrière, les étudiants ayant préféré l’original à la copie et fui en masse vers les facultés américaines de la ville... C ontre-productive mais aussi ridicule : le professeur P ierre F rath raconte, dans « Le F igaro » (18/4), avoir assisté, dans une faculté française, à un co urs de médecine en anglais qui se résumait à «put it on the microscope» et «take your pipette» ! E t Antoine C ompagnon de rappeler que, contrairement à ce que croit Mme F ioraso, qui ne jure que par le numérique, les nanotechnologies et la biologie de synthèse, Proust est un excellent produit d’exportation ! Enseigner en anglais dans une université française, ça c’est vraiment du temps perdu. » J.-L. P.Le Canard Enchainé, 24/04/2013
Cours de langue de bois à l’ENA C ommencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case en colonne 2, puis avec n’importe laquelle en 3, puis n’importe laquelle en 4 et revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1 pour enchaîner au hasard. iais surtout, n’oubliez pas d’y mettre l’intonation et la force de conviction.
Felipe VI ou Philippe VI ? Faudra-t-il un jour rebaptiser Guillaume « William le Conquérant » ? Philippe Barthelet, dansValeurs Actuelles Un lecteur de R osny-sous-B ois nous fait part de son agacement d’entendre appeler, comme le font les ga zettes, le nouveau roi d’E spagne « F elipe V I ». «R idicule absolu», en effet, et pour deux raisons, l’une générale, et l’autre espagnole. La raison générale est que la règle a toujours été de traduire les prénoms des souverains (sauf quand ils sont en latin, comme Victoria), parce que le français, qui fut en E urope la langue des cours et des chancelleries, est (avec le latin) la langue de l’héraldique. Quand à la raison particulière à l’E spagne, elle tient à ce que P hilippe V I de B ourbon est un prince de lointaine origine française, puisque P hilippe V, son aïeul, n’est autre que le petit fils de Louis XIV et qu’il était né duc d’Anjou : ce n’est pas F elipe V que le duc d’Harcourt, ambassadeu r du Grand R oi et mentor du jeune prince, est allé installer à Madrid en 1701. Sans doute le ridicule remonte-t-il au père du nouveau roi, que l’on s’est obstiné à appeler Juan Carlos, alors même qu’on appelait toujours son grand-père Alphonse XIII. C oncomitamment, la reine d’Angleterre a inauguré à P aris le marché aux F leurs R eine-E lizabeth II, avec son prénom orthographié à l’anglaise, avec un E [sans accent] et un z. Son petit fils étant désigné comme William V, il va falloir alors corriger les dictio nnaires en retraduisant le premier roi du nom, Will iam le C onquérant. De même pour Willem d’Orange pour F riedrich le Grand de P russe et F ranz Josef d’Autriche, lui-même descendant de l’impératrice Maria Theresia. Il est urgent, afin d’harmoniser la toponymie parisienne, de rebaptiser Alesksandr le pont si fâcheusement appelé Alexandre III. L’Alesksandr en question descendait, comme on sait, de Yekaterina la Grande. Une question demeure : faut-il appeler le pape Francesco, à l’italienne, ou Francisco, à l’argentine ?
Les mots de ma vie
(Bernard Pivot) Avenant De nombreux homonymes rendent difficile l’apprentissage du français. La grammaire aussi, la conjugaison, l’orthographe itou. Mais, pour les étrangers, le pire des casses tête, ce sont les homonymes. L’art, l’are, les arrhes, les ars, la hart, leur compliquent la vie. L’air, l’ère, l’erre, le hère, la haire, l’ers leur cassent le moral. E ncore ces mots s’écrivent-ils différemment. On peu t les distinguer par leur orthographe. Il en est de plus vicieux. Ils ont la même étymologie, ils s’écrivent de la même façon, et ils ne disent pas la même chose. Avenant,par exemple, de l’ancien verbeavenirapparenté àadvenir.Un hommeavenantest accueillant, affable, aimable. Son sourire et sa gentillesse séduisent. On pourrait croire que le nomavenant exprime comme l’adjectif un état d’agréable courto isie. Il n’en est rien : un avenant est une clause additionnelle à un contrat, une modification apportée après sa lecture ou relecture. La locution adverbialeà l’avenanta-t-elle un rapport avec la bonne mine d’une perso nne ou avec la négociation chez un notaire ? Ni avec l’une ni avec l’autre.A l’avenantsignifie de même, pareillement, ça se ressemble, c’est la suite logique. Ils ne sont pas sans mérite, les étrangers qui apprennent le français et qui gardent un visage avenant. Nénuphar On n’a pas oublié la bataille furieuse qui opposa les défenseurs dunénuphar-avec ph - aux champions dunénufar’était à la fin de 1990 et au- avec un simple f. C début de 1991. La guerre du Golfe, la première, était imminente. Deux ou trois journaux américains et anglais s’étonnèrent qu’à la veille de ce qui serait peut-être un nouveau conflit mondial, les F rançais se répandi ssent en querelles absurdes à propos de l’orthograp he d’une banale plante aquatique. N’y avait-il pas pour polémiquer sujet plus urgent, plus noble, plus dramatique ? La France était décidément un pays impossible. C ’est pour ce genre de frivoles chicanes que je me sens très français. Nabokov m’aurait approuvé : «C ette capacité de s’étonner devant despetites choses en dépit du péril imminent, ces à-côtés de l’esprit, ces notes au bas des pages du livre de la vie constituent les formes les plus hautes de la conscience, et c’estdans cet état d’esprit naïvement spéculatif, si différen t du bon sens et de sa logique, que nous savons que le monde est bon» (L’Art de la littérature et du bon sens). Il y avait d’un côté les réformateurs qui désiraient rectifier l’orthographe de nénuphar.L’orthographe d’autrefois, avérée par d’anciennes éditions duDictionnaire de l’Académie française, ne comportait pas deph.Il y avait unf.rétablissons lef. Il y avait de l’autre côté les conservateurs qui n’ entendaient pas changer l’orthographe d’un mot entérinée par l’usage. P ourquoi revenir à un très ancie n f ? Gardons leph, même s’il fut, jadis une erreur de copiste ou, selon leLittré, un usage des botanistes. C e qui était fort divertissant dans cette affaire, c’était que les réformateurs invoquaient le passé et passaient pour des nostalgiques ; et que les cons ervateurs rejetaient le passé et passaient pour des modernes. J’étais du parti du nénuphar parce que cette plante appartient à la famille des nymphéacées dont lephne se discute pas. Sans compter que les nymphéas, qui sont des nénuphars blancs, s’écrivent eux aussi avecph.On aurait fait du nénuphar un orphelin. Il y eut bien d’autres arguments lexicologiques, historiques, pédagogiques, développés dans des chroniques, interviews, confrontations à la radio. L’abondant courrier des lecteurs démontrait que la F rance profonde participait au débat et qu’on s’empoignait là-dessus en famille et dans les cafés. Oui, dans quel autre pays l’orthographe d’une plante, au demeurant très jolie avec ses larges feuilles vertes et ses fleurs à pétales blancs ou jaunes flottant au-dessus de l’eau, aurait-elle pu déclencher un tel tintamarre ? Il est toutefois regrettable que l’on n’ait pas songé à demander leur avis aux paresseuses usagères des nénuphars : les grenouilles. Bernard Pivot (de l’Académie Goncourt) : «Les mots de ma vie», Paris, Albin Michel, 2011, 365 p.
De l’inutilité des correcteurs orthographiques Croire que les correcteurs orthographiques feront le travail pour vous et que celui de Word va corriger votre texte est une dangereuse illusion. En fait, un correcteur orthographique ne va vous servir qu’à deux choses : • souligner en rouge les mots qui n’existent pas, qui n’ont pas d’homonymes (et vous allez voir dans l’exemple ci-dessous que ce tri est une vraie passoire) ; • souligner en vert les graphies qui lui paraissent douteuses, et vous proposer de choisir entre deux solutions (choix que vous ne pourrez faire que si v ous maîtrisez les règles de l’orthographe... !). Si vous ne le croyez pas, vérifiez comment les phra ses ci-dessous « passent » au correcteur orthograph ique. C opiez et collez le texte ci-dessous dansWord, et mettez le correcteur en route ! Le résultat est très probant. * La prend tissage dû franc sait ait dit fi cil ! (Pas de fautes détectées parWord) L’apprentissage du français est difficile ! * Ils faux réduire lès missions de gaz a et fait de cerf. (Pas de fautes détectées parWord) Il faut réduire l’émission de gaz à effet de serre. * Pan dans ce tant, le tribut n’al d’instant se délit béret. (Pas de fautes détectées parWord) Pendant ce temps, le tribunal d’instance délibérait. * L’écho no mie peau lit tique et dit fit cil à a prendre. (Pas de fautes détectées parWord) L’économe politique est difficile à apprendre. Comprenez-vous pourquoi le correcteur orthographiqu e n’a rien vu ? E n fait, son utilité est de détecter les « coquilles » résultant de fautes de frappe. P ar exemple, si vous avez tapé (trop vite) le mot développement avec trois «p» et en sautant le «l», il vous signale, en le soulignant en rouge, que ce mot n’existe pas. Donc ce n’est pas complètement inutile, mais gageons qu’une bonne relecture aurait suffi ! Con cluse ion : Huns KO recteur or taux gras fit que ne serres pas à grand-chose, mes île faux sans cerf vire quant’ même ! (Zéro fautes selonWord) Conclusion : un correcteur orthographique ne sert pas à grand-chose, mais il faut s’en servir quand même ! (E xtrait de : Maryse P échoux et Vincent P lauchu : «les difficultés de la langue française po M aîtriser conomie-Gestionur des études en Droit-E ditions», É  » Campus Ouvert, 2016.)
L’emploi des majuscules (Norme Afnor Z 44 -051) En français on met une majuscule : • Au premier mot d’un titre, d’une phrase après un point. • Aux noms propres de pays, des lieux, de personnes (noms, prénoms, surnoms ou pseudonymes), de peuples : l’Amérique le Cotentin la France le Havre Paris Villers-Cotterêts les Allemands un Anglais Paul Dubois André du Chesne Jean de La Fontaine Maxence Van der Meersch • Aux substantifs et adjectifs faisant partie de noms de rues, de places, de boulevards : rue de la Santé, rue de la Faisanderie, rue de l’Arbre Sec • Aux adjectifs indissociables du nom propre : États-Unis Nations Unies Charles le Téméraire N.B.:l’usage courant est désormais souvent de ne plus mettre de majuscule à l’adjectif. Ex. : l’Union européenne, les Nations unies
• Aux titres honorifiques et aux titres de civilité : Madame, Mademoiselle Monsieur Sir à Son Excellence Monseigneur M. le Président NB :de dignité, de noblesse ou universitaire, les grades militaires prennent une majuscule lorsqu’ils ne sont pas suivis du nom de la personne et, dans tousles titres les cas, lorsqu’ils sont écrits en abrégés : Monsieur le Maréchal mais le maréchal Foch Monsieur le Cardinal mais le cardinal Dubois Certains sigles de prononciation aisée ou certains mots en forme de sigle peuvent s’écrire en minuscules avec une capitale initiale : L’Unesco l’Afnor (Mais la SNCF ; Société Nationale des Chemins de Fer français) Les mots existants déjà dans le langage courant mais, désignant une entité spécifique (programme, systèmes, appareillages, etc.) avec un sens différent : EOLE (programme météorologique utilisant un satellite) ]AVA (langage de programmation) (E xtrait de : Maryse P échoux et Vincent P lauchu : «M aîtriser conomie-Gestionles difficultés de la langue française po ur des études en Droit-E  », É ditions Campus Ouvert, 2016.)
À propos d’approximation en matière de mesure Rions un peu. A côté du système de mesure officiel normalisé (« système métrique »), il existe un système parallèle qui n’est pas (pas encore !) normalisé, bien que très souvent utilisé en entreprise : lapifométrie. Voici sa terminologie telle que vous pouvez l’entendre tous les jours dans des couloirs, ou la retrouver sur : http://pifometrie.indriya.org/index.php. a)Mode de mesure Il s’agit d’un mode de mesure par estimation, par approximation. Dans ce cas là, la mesure annoncée est précédée de l’annonce du fait qu’elle a été faite avec une méthode d’approximation. Les plus courantes sont : • «à vue de nez» : exemple : «à vue de nez, ils ont perdu 30 k€ », • «au pif» : exemple : «Au pif, je dirais que cela coûte 100 € », • «à la louche» : exemple : « nous avons fait un premier chiffrage des dégâts. Ala louche: il y en aurait pour 1 500 € de réparation ! ». • «et des poussières» : on peut aussi exprimer l’approximation par une locution ajoutée après la mesure avancée : c’est le cas quand on fait un arrondi, on dit alors «et des poussières». Exemple : « je me rappelle qu’il en avait acheté pour 32 000 €et des poussières». Il y a des unités de longueur, de quantité, de temps,... approximatives. b)Unités de mesure • Le «pétaouchnock» : unité désignant une très grande distance à laquelle est associée une notion d’incertitude sur la façon d’y aller ou sur la difficulté de s’y rendre. Exemple : «il a été nommé àpétaouchnok! » • Le «chouia» : unité désignant une petite quantité de n’importe quoi. Exemple : «oui c’est vrai, j’ai été augmenté, mais d’un chouiaseulement !» • La «queue de cerise » ou «les clopinettes » : unités désignant une quantité jugée dérisoire d’argent. E xemple : « pour finir je n’ai eu quedes queues de cerises! » ; « j’ai payé çades clopinettes». • Le «pas bezefxemple : « le livret d’épargne fait du 3% : c’est» etc. : désigne une quantité jugée faible (sans être dérisoire comme la queue de cerise). E pas bezef, mais c’est toujours ça ! ». c)Unités de valeur • Le «trois francs six sousrt à une autre, et le «» désigne une quantité jugée négligeable par rappo pactole» une quantité très importante, comme dans cette expression d’un producteur de films : «si tu fais 700 000 entrées, c’est le pactole, mais quel que soit le nombre d’entrées, il ne faut pas c ompter sur les produits dérivés : c’est trois francs sixsous» (il devait être de l’ancienne génération, car les plus jeunes auraient dit «le jackpot» plutôt que «le pactole»). • De quelque chose de très coûteux, on dira que ça «coûte un bras»,ou que cela «coûte la peau des fesses». • On dit aussi, pour quelque chose qui ne vaut pas grand-chose : «ne pas valoir un clou»,«ne pas valoir tripette». • Enfin «à l’œil» veut dire gratuitement. «ce producteur de fraise, tu viens ramasser toi-même, tu payes au poids en sortant du champ, mais tuC hez peux te régaler à l’œil» d)Unités de temps : • P our le temps, une date incertaine mais lointaine est désignée par «A P âques ou à la Trinité» C ’est toujours mieux qu’à «la S aintGlinglin», car ce saint n’existe pas et ne figure donc sur aucun calendrier (pas plus que les «calendes grecques», d’ailleurs). «Ilrepousse sans arrêt le règlement de ses dettes : j’espère que ce ne sera pas à laSaint Glinglin !». • Laminute, en pifométrie, ne dure pas forcément 60 secondes, mais une durée courte du point de vue de celui qui la réclame ! «Oh là, une minute s’il vous plait : je termine d’abord ce que je suis en train de faire ) • La plus petite unité de temps semble êtrele clin d’œil: «Il a résolu le problème en un clin d’œil» • Si quelqu’un vous dit qu’il vous attend «depuis une plombe», c’est qu’il vous attend depuis une durée indéfinie, mais qui lui a paru longue (notion d’heure subjective ?). Ex. «Ca me barbe d’aller à cette réunion : fa va encore durer trois plombes». • Mais si un quelqu’un vous dit, en parlant d’un am i commun, que «fa fait un bail que je ne l’ai pas vu», c’est que cela fait effectivement longtemps, sans doute plusieurs années, car un bail d’habitation, c’est trois ans ! (Extrait de : Vincent Plauchu : «M esure et amélioration des performances des entreprises», Éditions Campus Ouvert, 2015, 184 p.)
Ça m’énerve P arlons moderne, comme il est de règle au pays phare de la francophonie. Le globish, cet anglais du pauvre, fleurit sur les murs des villes, dans les jou rnaux, à la télé. Sur Twitter, la maire de P aris, Anne Hidalgo, a recensé ceux qui, parmi sesfollowerset ses « followeuses », allaient suivre laWeekF ashion . Sur F acebook, on évalue seslike, comme Sarkozy. Les télés en continu ont leurnewsroom, où il faut faire lebuzz. D’autres soignent leuraccess prime time en pensant à la ménagère de moins de 50 ans. Les nouveaux managers, adeptes de la tenuehype,proposent aux prolos de brûler le code du travail mais de restercool. Les journaux ont leurnewsletter. Lesthink tanksentre Dramatique National de Montpellier titrefont florès. La plaquette de présentation du C Time to choose.regarde un On spectacle enlive. Un acteur estbankableou n’est rien. La mode est aulow cost, et pas seulement chez Air F rance où le plan stratégique s’intituleP erform 2020. P SA a baptisé le sienB ack he R In T acee nault a lancé sa gamme(« R etour dans la course » pour les illettrés). R Entry. La pub Suzuki vante le modèleS wift, so sexy ; so S wift, tandis qu’un concurrent vendnew miny, the new original.T he les people, chacun rêve à saC hez success storyôté bouffe, dans le. C hotspotde la jeunesse branchée, le dernier cri est lefood truck, autrement dit le camion alimentaire. Les magazines célèbrent la tendance vestimentaireworking boy,ou lebling versio ndark.annonce le succès du L’e-commerce buy button, ce hat. On apprend que le pont des Arts a étéque les sans-dents appelleraient le bouton d’ac débarrassé deslove locks, et pas des vulgaires cadenas d’amour. Etc.
Ainsi parlent, écrivent et pensent les élites mondialisées. Dès lors que New York est leur Mecque et Wall Street leur mosquée sacrée, autant en accepter tous les codes, à commencer par le langage. On célèbre la francophonie, au point d’écrire un rapport par an sur le sujet. On rappelle que la langue française est la quatrième parlée au monde. Mais on laisse le sabir anglo-saxon envahir l’univers quotidien et formater les esprits. On en demandera pardon à nos cousins québécois, placés en première ligne, qui savent que le verbe résister se conjugue aussi au présent. Jack Dion, « Les mots pour le dire », inM arianne, 3-9 octobre 2015, p. 47.