L'Adamaoua Trésors culturels et patrimoniaux Tome 2

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Français
242 pages
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Description

Détaillé et documenté, cet ouvrage constitue une invite à un voyage à travers cette partie du Cameroun, pour découvrir le mystérieux lac Tison, dans les environs de Ngaoundéré, le lac sacré Sem-Sem des rois tikar à Bankim, les gigantesques et tumultueuses chutes de Lancrenon, la source thermale de Wouldé, les sources de la Sanaga près de Meiganga, le "fauteuil des singes" à Tignère, etc, une "malle au trésors" naturels et culturels avec ses personnages de légende.


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Date de parution 01 février 2015
Nombre de lectures 141
EAN13 9782336368740
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

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Adala Hermenegildo
L’ADAMAOUA TRÉSORS CULTURELS ET PATRIMONIAUX
Sites naturels et culturels, personnages de légende
Tome 2
L’ADAMOUA Trésors culturels et patrimoniaux
Tome 2
Adala Hermegildo L’ADAMOUA Trésors culturels et patrimoniaux
Sites naturels et culturels, personnages de légende Tome 2
Du même auteurL’Adamoua. Trésors culturels et patrimoniaux. Peuples, traditions culturelles. Tome 1,L’Harmattan, 2015. Peuples et cultures de l’Adamoua(dir.), ORSTOM, 1993.© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30974-3 EAN : 9782336309743
et identités
INTRODUCTION
L’Adamaoua est une région de mille et un sites, naturels et culturels, les uns étant aussi fabuleux que les autres. C’est ça, en tout cas, l’essentiel, en ce qui concerne le contenu du présent volume. Mieux : les sites officiellement identifiés ou recensésjusqu’à ce jour ne représentant en réalité que la face visible de l’iceberg, nos multiples et inà travers un peu pluscessants voyages de neuf cent cinquante villages et localités dans l’immensité adamaouaïenne, nous auront ainsi permisde voir, de contempler, d’admirer, de toucher du doigt, certaines de ces « nouvelles » merveilles, inconnues, inexploitées, voire inexplorées…
D’où l’invite dans les pages qui suivent à ce voyage-découverte à travers paysages, monts et vaux, lacs et rivières, grottes, failles et falaises, bleds, localités, villages, bourgs, cités urbaines, disséminés dans toutes les unités administratives de l’Adamaoua.
On l’aura compris: dans l’Adamaoua, les trésors culturels reposent sur un patrimoine riche et varié. Le mot patrimoine renvoie ici, aux sites naturels : montagnes, grottes, cours d’eau, villages, cités urbaines…
Sans oublier les acteurs culturels : artistes, hommes de culture, gardiens de la tradition, figures historiques, et la liste est vraiment loin d’être exhaustive… Et si l’on ajoute le patrimoine culturel dit «matériel », avec tous les monuments historiques disséminés à travers cette vaste région, dont les palais royaux, et les édifices ou bâtiments coloniaux ayant une « histoire », la « chasse » aux trésors peut paraître longue, difficile, épuisante, mais en fin de compte, très excitante !
Heureusement, toutes les merveilles révélées par le patrimoine culturel « matériel », « immatériel » et naturel del’Adamaoua, tout cela, et c’est notre intime conviction, mérite beaucoup mieux qu’une «sommaire,présentation » rapide, certes utile mais quelque peu « fade ».
Ici, les géographes sont unanimes. A commencer par Jean Bosco YET GANG qui décrit l’Adamaoua, comme un «cadre géographique unique au 2 Cameroun parce que regroupant sur 62405 km plus de 60 sites touristiques 1 dont 45 sont des sites naturels* Et son collègue Michel TSOTSOUA d’enfoncer le clou» susmentionnés précise-t-il sont: les « sites touristiques constitués de « plateaux, montagnes et plaines couvertes de forêts et de savane arborée, d’escarpements, de grottes dont certaines à l’instar de la grottenyem-nyem (10km de long) ont guidé l’installation des peuples et ont façonné leur
1  Jean Bosco YETGANG,in-Cameroun au laser - DossierCHALLENGE-HEBDO » : « l’ADAMAOUA: Hier, Aujourd’hui et Demain- Numéro spécial-août-septembre 1977.
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culture. A ces macro formes, il faut ajouter les chutes, les monts aux blocs rocheux de formes curieuses superposées les uns sur les autres et les cônes volcaniques aux lacs de cratères pittoresques à l’instar de l’île lacustre de 2 Mballang »*
D’où cette invite pressante à se mettre en route pour ce long voyage à travers les différents coins et recoins de l’Adamaoua. Et l’occasion nous sera ainsi donnée de visiter tour à tour : les départements de la Vina, du Faro et Déo, du Mayo-Banyo, du Djerem, et du Mbéré, soit en tout cinq départements.
2  Michel TSOTSOUA : «Paysages géomorphologiques et Tourisme dans l’Adamaoua» -Communication au Colloque du FENAC NGAOUNDERE 96 - Université de Ngaoundéré -Département de Géographie - Décembre 1996.
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CHAPITRE I LA VINA- A TRAVERS SITES, PAYSAGES, TRESORS CULTURELS- «MONTS & MERVEILLES …»
Les Mboum sont passés maîtres dans l’art de désigner les noms des sites naturels, montagnes, cours d’eau etc. La force des mots y est telle qu’à leursimple évocation, on comprend toute la symbolique intrinsèquement liée à leur histoire… On connait d’ores et déjà le poids et la densité du mot «Birnwi », (« tourner la femme»), un cours d’eau baptisé ainsi, à la suite de la noyade de la femme de l’un des leaders mboum, lors de leur mouvement migratoire, en direction du plateau de l’Adamaoua. Lequel cours d’eau n’est autre que la Bénoué, qui descend tout droit de « Birnwi », étymologie du mot « Bénoué ». Présentement, nous avons affaire à la « Vina », nom du cours d’eau qui donnera son nom au département du même nom. Et l’histoire des migrations y est toujours pour quelque chose. Une fois établis, en effet, sur le plateau de l’Adamaoua, deux frèresmboum tous chefs, dans le souci de préserver la paix, la fraternité et la convivialité entre eux et les populations placées sous leur autorité respective, vont fixer de commun accord, une limite à leurs deux royaumes. Et cette limite naturelle sera matérialisée par un cours d’eau à qui on donnera le nom de «»,Vina Kaywa c’est-à-dire « ». La Vina servira donc de limite entre leVina limite du pays royaume du Bélaka Nyassara-Mboum, appelé tout simplement « Mboum », et 3 celui de son frère Mbéré.* Le département de la Vina s’étend sur une superficie de l’ordre de 18 420 2 km , pour une population dépassant largement 300 000 âmes. Son chef-lieu Ngaoundéréjouit également d’un statut privilégié de capitale régionale. Mieux: sa prodigieuse évolution administrative, socio-économique, culturelle et infrastructurelle, et ce, depuis une vingtaine d’années, lui donne le reluisant visage d’une véritable métropole, celle du Cameroun Central, située d’une part, entre Yaoundé et Garoua, sur l’axenord-sud, et d’autre part, entre Bertoua et Bafoussam, sur l’axeest-ouest.
3  Quelle que soit la dénomination : Mboum, Mbéré, Mana, Mboussa, tous les clans et lignages issus ou descendants des quatre frères Mboum, appartiennent au groupe ethnique mboum. Et aujourd’hui, l’Association «DYNAMIQUE CULTURELLE MBOUM» (DCM) s’active à promouvoir la culture et l’unité du peuple mboum dont les éléments sont «dispersés et disséminés», notamment à travers les trois régions de l’Adamaoua du Nord et de l’Est.
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I- NGAOUNDERE: UNE VILLE REMPLIE D’HISTOIRE! 1-EVOLUTION, VESTIGES ET ATTRACTIONS…Ngaoundéré, c’est d’abord uLe: la montagne du « nombril ». ne montagne mot « Ngaoundéré vient, en effet, de « Nyâ-a-Ndéré », le père au gros nombril, du fait de la malformation dont il était affecté. Son village était situé au pied d’une montagne à laquelle il donna son nom, «Ngaw-ou « Ngâw-a-Ndéré » Ndéré » : montagne de Ndéré ; « entendez, la montagne du nombril », son appellation actuelle, passée à la postérité ! Verdoyant petit village mboum à l’origine, le chef peul Ardo NDJOBDI et ses successeurs l’ont petit à petit, transformé en une cité luxuriante devenue plus d’un demi-siècle durant, la capitale d’un vaste territoire qui s’étendait de la Bénoué jusqu’àl’Oubangui et qui, au moment de son apogée, sous le lamido ISSA, cavalier intrépide et guerrier insaisissable, frôlait quasiment les faubourgs de Bangui, l’actuelle capitale de la République sœur et voisine de la 4 Centrafrique* . e Pour l’expansion de la ville, l’action du lamido MAIGARI au début du XX siècle a été on ne peut plus déterminante. Ce dernier a demandé et exigé de tous ses notables et chefs de village habitantl’arrière-pays, d’avoir un pied-à-terre à Ngaoundéré, pour pouvoir s’y loger lors de grandes fêtes officielles, réligieuses et traditionnelles (fête nationale, fêtes de fin du Ramadan, fête du mouton, grande Faadaetc.). C’est ainsi que sont créésde toutes pièces, entre autres, les quartiers Bélaka Ngan-Ha, Bélaka Mbang-Mboum, etc. (voir plus loin). A l’époque, Ngaoundérérevêtait le visage d’une ville de guerre, avec son « bunker » constitué autour du palais royal, et ses tranchées, profondes de dix mètres, sur une longueur autour de dix mètres également bien gardées de dix-huit heures au petit matin, et nes’ouvrant que sur quatre portes: AOUDI, ou «porte de l’Est», TONGO (pastorale) ou «porte de l’Ouest», carrefour MBIBAL dit « MBIBAR », ou « porte du Nord » et MBOUMDJERE ou « porte du Sud ». Ces tranchées dont les vestiges sont encore visibles dans certains endroits de la ville, seront enterrées sur l’ordre de l’administration coloniale. Et la ville va continuer à grandir « extra-muros»…Les principaux quartiers restent cependant à l’intérieur de ce qu’on pourrait appeler, la « vieille ville » de Ngaoundéré : « YARBANG »est le plus vieux quartier, celui du lamido, d’où l’on a une belle vue des quatre autres quartiers environnants. Et certains de dire non sans un humour teinté de malice: YARBANG, c’est tout simplement, «là où on se
4 D’après E. MOHAMMADOU, le territoire du lamidat de Ngaoundéré, s’étendait de Bardnaké au nord de la Bénoué, jusqu’au sud de Batouri, à Gamboula, soit 650 km à vol d’oiseau (cf. E. e MOHAMMADOU: les Royaumes Fulbé du Plateau de l’Adamaoua au XIX siècle-ILCAA-Tokyo 1978).
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tient, debout, pour surveiller le quartier Mbang » (celui du Bélaka de « MBANG-MBOUM » !).Plus noblement on l’appelle, le quartier des princes: la plupart des nombreux prétendants au trône y sont établis, le quartier Bélaka Ngan-Ha comme nous l’avons déjà signalé, c’estle quartier qui a été réservé au Bélaka Mboum de Ngan-Ha, qui, par la même occasion était investi dans les fonctions de « chef de quartier » à Ngaoundéré. « YOKO» était l’ancien nom de ce quartier.
Quartier Bélaka-MBANG-MBOUMC’estquartier voisin de celui du un Bélaka Ngan-Ha, aujourd’hui son appellation populaire, est «(prèsAOUDI », du carrefour CIFAN). « DAMARI »: à l’origine de ce quartier, le grand notable GAMBARA, guerrier « sans peur et sans reproche », âme sensible et romantique, qui, parti délivrer sa femme en captivité, dans la région de Rey-Bouba, a réussi à gagner à sa cause, de nombreux Damas qui ont créé le quartier Damari. Et ils y sont restés (les Dama sont apparentés aux Dii). «MALOUMRI »: Quartier des marabouts, situé à l’emplacementactuel du « Grand Marché ». Quartier « MBOUMDJERE »: c’est le quartier typique mboum, situé tout juste à côté du quartier Bélaka Ngan-Ha. « BALI »: nom mboum qui veut dire tronc d’arbre à tisser les nattes. Il y avait donc à l’emplacement actuel du quartier BALI, beaucoup de troncs d’arbres (sorte de palmiers) dont on se servait pour tisser des nattes.« TROUA-MALA »: Ici, étaient parqués les esclaves de MALA (MBIBAR). « TONGO »:délimité en TONGO FEKE (l’actuel «carrefour-Ministre »), le nouveau TONGO, « TONGO-GALDIMA » etc. Parmi les nouveaux quartiers, on peut signaler : «SABONGARI » (le quartier de la gare) « MADAGASCAR » « BALADJI » (quartier des allogènes) où « les nuits sont vraiment chaudes ! » « Joli Soir » «MBIDENG (nom de cours d’eau)« MBAMIYANGA » « NDELBE »
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