L'aide au développement en Corée du Nord

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Cet ouvrage propose une analyse de la diffusion d'une culture du résultat dans l'aide au développement. Il la confronte ensuite aux réalités de terrain dans les États dits "fragiles", notamment en Corée du Nord. L'auteure croise plusieurs regards sur l'aide au développement : en termes de relations internationales, de sociologie des organisations et de politique publique. La Corée du Nord est découverte à travers la vision spécifique des acteurs du développement.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de visites sur la page 27
EAN13 9782296514713
Langue Français

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L’aide au déveLoppement en Corée du nord
Cet ouvrage propose une analyse de la diffusion d’une culture du résultat dans l’aide au développement. Il la confronte ensuite aux réalités de terrain dans les États dits « fragiles », notamment la Corée du Nord. L’auteure croise plusieurs regards sur l’aide au développement : en termes de relations internationales, de sociologie des organisations et de politique publique. Cette approche pluridisciplinaire permet de développer une réexion transversale sur les enjeux de l’aide au développement aujourd’hui. Les chapitres traitant du cas d’étude de la Corée du Nord sont fondés sur des rapports, articles et témoignages de professionnels de l’aide ayant travaillé en Corée du Nord. Les informations apportées sur la mise en œuvre de l’aide dans ce pays ont été rigoureusement traitées avec un sens critique des sources exploitées. L’intérêt majeur de cet ouvrage est de fournir des éléments de réexion sur la pertinence des approches actuelles de l’aide pour traiter des enjeux présents dans les États les plus fragiles. Il permet également de découvrir la Corée du Nord à travers la vision des acteurs du développement, qui est souvent signiîcativement différente de celle des médias extérieurs ou des représentants diplomatiques.
Camille Laporteest doctorante en science politique / relations internatio nales à l’École doctorale de Sciencespo Paris. Sa thèse porte sur la diffusion d’une culture de l’évaluation dans le secteur de l’aide au développement. Elle mène régulièrement des missions d’évaluation de projets d’aide au développement ou de politiques publiques au sein d’organismes privés et publics. Elle participe activement au groupe d’études CIRADGEMDEV GRET sur le rôle des politiques de coopération dans le renforcement des États et la construction de l’action publique au Sud.
ISBN : 978-2-336-00603-1 19 €
CàMIllE Laporte
L’aide au déveLoppement CàMIllE Laporte en Corée du nord
efîcàcITÉ ET ÉVàlUàTION
L’aide au déveLoppement en Corée du nord
L’aide au développement en Corée du Nord
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00603-1 EAN : 9782336006031
Camille LAPORTEL’aide au développement en Corée du Nord Efficacité et évaluation
Points sur l'Asie Collection dirigée par Philippe Delalande Dernières parutions Antoine MAIRE,La Mongolie en quête d’indépendance.Une utilisation stratégique du développement minier,2012.Frédéric BERAHA,Apprendre de la Chine et s’y orienter, 2012.Anna OWHADI RICHARDSON,Les Instituts Pasteur du Vietnam face à l’avenir. Alexandre Yersin à l’heure d’internet, 2012. Olivier van INGELGEM,L’agriculture sud-coréenne, 2012. Tierry GUTHMANN,Précis de politique japonaise,2011. Yvonne CAPDEVILLE, Dominique LEVESQUE,La Faculté des Sciences d’Orsay et le Vietnam. De la solidarité militante à la coopération universitaire (1967-2010),2011. Antoine MALINAS,La lutte des sans-abri au japon, 2011. Claude HELPER,La Dénucléarisation de la Corée du Nord et la Succession de KIM Jong-il, dans le contexte géopolitique et de sécurité en Asie-Pacifique, 2010 Mathieu BARATIER,Les Chinois aujourd’hui, 2010 Carla DI MARTINO,Le Pakistan, islam et modernité. Le projet de Benazir Bhutto, 2010. Vincent GREBY,Le nouveau Népal. Le pari d’une utopie, 2010. Raoul Marc JENNAR,Trente ans depuis Pol Pot. Le Cambodge de 1979 à 2009, 2010. Thierry GUTHMANN,Shintô et politique dans le Japon contemporain, 2010. Raphaël GUTMANN,Entre castes et classes. Les communistes indiens face à la politisation des basses castes, 2010. Changxing ZHAO,L’enseignement non gouvernemental en Chine, 2009. Lionel BAIXAS, Lucie DEJOUHANET, Pierre-Yves TROUILLET, Conflit et rapports sociaux en Asie du Sud, 2009. Maja A. NAZARUK,La prostitution en Asie du Sud-Est, 2009. Anne BUISSON,Alphabétisation et éducation en Inde, 2009. Jean-Pierre CABESTAN et Tanguy LE PESANT,L’esprit de défense de Taiwan face à la Chine, 2009. Chloé SZULZINGER,Les Femmes dans l’immigration vietnamienne en France de 1950 à nos jours, 2009.
PRÉFACE
Le régime international de l’aide change-t-il fondamentalement depuis la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ? S’oriente-t-on vers une normalisation des politiques de coopération ? Bien sûr, le système international du financement du développement change assez radicalement depuis le début de la décennie 2000. Au moins trois caractéristiques sont à prendre en compte : une généralisation et technicisation/normalisation de l’évaluation depuis la Déclaration de Paris (de plus en plus interventionniste et de plus en plus d’ingénierie sociale dans les États), une prolifération d’acteurs conséquente comme les fondations, associations, bailleurs émergents et une multiplicité d’objectifs donnés à l’aide (aide humanitaire, pour le développement, la sécurité, la maîtrise des flux migratoires en Europe, les biens publics mondiaux, la lutte contre le réchauffement climatique etc.). Les certitudes des acteurs émergents, qu’ils soient chinois ou brésiliens, notamment croyant faire une coopération Sud-Sud réellement horizontale, commencent à se fissurer ; le transfert de modèles de développement national vécu dans les pays donateurs n’est pas aussi automatique et efficace qu’espéré, sauf dans les discours de politiques générales. Quant aux bailleurs de fonds traditionnels du CAD-OCDE, ils sont aussi questionnés après plus de 50 ans d’expérience. On se trouve à un moment de l’histoire où les référentiels multiples sur la coopération et le développement vont être nécessairement mis en tension les uns par rapport aux autres. D’autre part, les frontières entre le public et le privé perdent de leur clarté et deviennent de plus en plus poreuses ; les acteurs privés assument des fonctions qui étaient traditionnellement dévolues à l’État. Toutes ces transformations complexifient le paysage de l’aide et du financement du développement au risque d’un brouillage des messages et d’une absence de clarté et de transparence dans des montages de plus en plus complexes. Les outils de conception et de
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mise en œuvre de ces politiques nécessitent de plus en plus de mesures, bases de données et indicateurs de suivis et de résultats. Le paysage des normes, règles et procédures se complexifie. Le champ de l’aide au développement n’échappe pas au courant qui s’affirme depuis plus de vingt ans à savoir celui d’un gouvernement par les instruments, le New Public Management en étant une expression. Le grand apport des travaux de Camille Laporte que l’on retrouve dans cet ouvrage est double. D’une part comprendre comment se met en œuvre une politique de coopération en République populaire démocratique de Corée (RPDC), pays considéré comme un État fragile dans la typologie internationale adoptée par le CAD et pour lequel on ne dispose que de peu de données et d’analyses. Pays évidemment très particulier dans son positionnement géopolitique et qui devient très dépendant de l’aide internationale depuis notamment la grande famine de 1995. D’autre part, interroger les fondements et le sens profond de l’exercice d’évaluation de l’efficacité de l’aide dans ce type de pays. C’est sur ce second point, axé sur une montée en généralité que cet ouvrage est utile aussi bien d’un point de vue académique que pour les praticiens de la coopération. L’aide au développement, dans sa vision sécuritaire, a pour objectif d’importer et de faire approprier par les États bénéficiaires ces mécanismes de gouvernement par les outils dont l’évaluation, la statistique et la probabilité ont pour objet de maîtriser la population et le territoire ; une certaine façon de construire un certain type de rapport entre gouvernants et gouvernés. Analyser le système de l’aide à la RPDC permet effectivement d’illustrer les changements dans le régime international de l’aide et les impasses auxquelles sont confrontés les acteurs impliqués dans l’action publique. Des acteurs internationaux aux stratégies et objectifs différents La RPDC, considérée comme un État en impasse dans la catégorie des États fragiles, fait partie des dix pays qui reçoivent le plus d’aide de la part des pays émergents alors que les États occidentaux se désengagent. Dans ce contexte, les objectifs des uns et des autres sont différents. La Chine ou la Corée du Sud ont comme objectif la stabilisation du régime et le développement du pays afin de limiter les flux migratoires. Les États-Unis ont comme
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objectif général la non-prolifération de l’arme nucléaire. Du fait de son positionnement géopolitique particulier, aider la RPDC maintenant permettrait à terme de réduire le coût de la réunification des deux Corée. Les bailleurs émergents ne sont pas dans une logique de redevabilité propre à celle des États occidentaux ; l’aide de ces deux pays est moins conditionnée à la bonne gouvernance et aux résultats que dans le cas de celle des pays de l’OCDE. Toutefois, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le gouvernement sud-coréen cherche à intégrer la dynamique enclenchée par la Déclaration de Paris, la tenue du Sommet de Busan sur l’efficacité de l’aide en novembre 2011 en étant un symbole. Quel est le sens d’une démarche fondée sur les résultats et l’efficacité ? Les bailleurs de fonds traditionnels comme USAID ont une logique axée sur les résultats. Toutefois, cette approche fondée sur la redevabilité et l’évaluation des situations sanitaires des populations est à l’opposé des principes de responsabilité mutuelle, d’appropriation ou d’alignement sur les orientations politiques du gouvernement nord-coréen. Dans un État de ce type dont la légitimité est questionnée, le travail de partenariat est impossible. Si certains États ne peuvent répondre à ces exigences de résultats ils deviennent des orphelins de l’aide, des oubliés du financement du développement, car ils ne répondent pas aux critères de sélectivité. Dès lors, il s’agit de construire des interventions humanitaires ou des interventions dites en « zones grises » entre l’humanitaire et le développement, mais aussi des interventions sécuritaires (anticiper les risques de conflits armés par exemple) pour éviter les conflits avec la Corée du Sud. On intervient malgré le fait que les critères de bonne gouvernance ne soient pas respectés et on construit une politique d’aide dans des pays qualifiés de « good enough governance ». On peut intervenir dans certaines zones directement en faveur des populations qui en ont besoin pour une aide d’urgence, notamment à condition que l’État remplisse à minima certaines fonctions régaliennes. Le système d’aide des bailleurs de l’OCDE a comme objectif l’aide à court terme, alimentaire notamment, mais aussi une aide directe auprès de la société civile laquelle est peu structurée en Corée du Nord et essentiellement sous la domination du parti communiste.
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