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L'élite urbaine dans l'espace agricole africain

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Description

De simple facteur de production agricole d'autoconsommation, la terre est devenue, dans l'espace agricole africain, un objet de convoitise en vue de la satisfaction des besoins d'investissement agricole de l'élite urbaine. Tout le système foncier traditionnel qui assurait depuis des millénaires la paix et la cohésion sociale et familiale dans les villages s'en trouve ainsi complètement bouleversé. Cet ouvrage est élaboré à partir des situations concrètes au Cameroun et au Sénégal.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 350
EAN13 9782296475250
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’élite urbaine dans l’espace agricole africain
Études Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions Kouadio A. ASSOUMAN,Le rôle des Nations Unies dans la résolution de la crise ivoirienne. Tome 1 : Soutien aux initiatives françaises et africaines. Tome 2 : Soutien à l’accord politique de Ouagadougou, 2011. Adrien DIAKIODI,La société kongo traditionnelle. Modèle pour l’Union africaine, 2011. Divine Edem Kobla AMENUMEY,Les Éwé aux temps précoloniaux. Une histoire politique des Anlan, des Guin et des Krépi,2011. Joseph ITOUA,Otwere et justice traditionnelle chez les Mbosi (Congo-Brazzaville), 2011. Alfa Oumar DIALLO,Pratiques et recherches éducatives en chimie en Guinée-Conakry, 2011.Hermine MATARI, Romaric Franck QUENTIN DE MONGARYAS, Ecole primaire et secondaire au Gabon. Etat des lieux, 2011. Aurélie Mongis,Le chant du masque,2011. Adon GNANGUI,: 11 avril 2011. Le coup d’État de trop de laCôte d’Ivoire France en Afrique, 2011.Boubacar OUMAROU,Pasteurs nomades face à l’État du Niger, 2011.e Thierry BANGUI,La ville, un défi duXXIEssai sur les enjeux de siècle. développement urbain en Afrique, 2011. Ahoué DJIE,La jeunesse ivoirienne face à la crise en Côte d’Ivoire. Le point de vue des jeunes, 2011. Jocelyn OLOMO MANGA,Lesdivisions au cœur de L’UPC,2011. RudyMBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU,Le MÙUNTÚ et sa philosophie sociale des nombres, 2011. G. Bertin KADET,et de sécurité de la Côte d’Ivoire,La politique de défense 2011. Patrick DEVLIEGER et Lambert NIEME (éd.),Handicap et société africaine. Culture et pratiques, 2011. Rodrigue LEKOULEKISSA, L’électrification en Afrique. Le cas du Gabon (1935-1985), 2011. André MBATA MANGU,Abolition de la peine de mort et constitutionnalisme en Afrique, 2011. Ahmed BELLO,Les libertés collectives des travailleurs,2011. Mathurin C. HOUNGNIKPO,L’Afrique au futur conditionnel, 2011.
Joseph Gabriel ELONG (éd.) L’élite urbaine dans l’espace agricole africainExemples camerounais et sénégalais
Préface de Guy Mainet
Du même auteur Organisations paysannes et construction des pouvoirs dans le Cameroun forestier, Yaoundé, Presse Universitaire de Yaoundé (PUY), 2005, 151 p. Initiation à la géographie rurale et urbaine, Yaoundé, Éditions CLE, 2011, 240 p. ( Co-auteur : Priso D.Dickens). Photo de couverture Une palmeraie en création par une élite urbaine dans l’arrondissement de Meyomessala (département de la Dja-et-Lobo, région du Sud, Cameroun). Photo auteur, juillet 2010. .© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55619-5 EAN : 9782296556195
PRÉFACE L’urbanisation des pays du Sud progresse inexorablement de décennie en décennie, au Cameroun comme au Sénégal. Nous sommes dans une phase où les habitants des villes portent leur attention en direction des campagnes d’une façon toujours plus intéressée. Les crises sont passées par là ; l’État- providence ne déverse plus sa manne sur les populations ; la quête d’un emploi et la survivance de la famille sont plus que jamais les soucis de tous les jours. L’ombre portée de la ville, de la très grande cité à la toute petite bourgade, s’impose dans tous les domaines (interactions politiques, instruments financiers et investissements, pratiques foncières, spéculations, missions de développement, développement local ou endogène), dans toutes sortes de flux (personnes, véhicules, monnaie, échanges culturels) avec les villages. Il me souvient, il y a trente à quarante années, que certains collègues de l’université de Yaoundé, des géographes comme moi, -certes pour obtenir un supplément de revenus, mais pas seulement, me semble-t-il-, avaient lancé des initiatives relativement pionnières autour d’eux, c’est-à-dire dans leurs villages d’origine. Vers Lolodorf, l’un (qui avait fait ses études supérieures à Bordeaux), avait fait la propagande de l’élevage avicole au Cameroun : il avait contribué au lancement de l’émission radiophonique quotidienne et populaire baptisée « Mangez un œuf chaque jour ! ». Un autre, regardant vers Eséka en pays bassa, avait encouragé la création de périmètres plantés en pieds d’ananas pour la vente. Un troisième (pour se limiter à trois !) dans la périphérie de Yaoundé, vers le collège Vogt, s’évertuait à rassembler de la provende pour un élevage de poulets de chair difficile à faire décoller et à maintenir dans une durée économique vitale. Je signale ces exemples pour indiquer qu’on ne parlait pas encore d’ « élite urbaine » à tout va ! L’urbanisation se déroulait selon un long fleuve tranquille. Les néo-citadins se présentaient aux portes (c’est-à-dire aux gares routières !) de la grande ville, en fin de semaine ou en période de congés, pour chercher à rejoindre la famille restée au village, souvent en compagnie d’enfants séjournant en ville pour poursuivre leurs études. Des échanges incessants de produits manufacturés (petit outillage, savon), des comestibles de première nécessité comme huile, farine, sucre, pain, mais aussi alcools ou boissons diverses, tout cela accompagné de quelques billets, dans un sens, étaient compensés en retour avec des produits de la terre (légumes, racines, céréales, fruits, volailles ou petit bétail) ou de la forêt (gibier). Les grandes crises depuis les années 1980 ont largement changé le décor rural. Les cultures de rente ont quasiment sombré, surtout le café et le cacao au Cameroun, l’arachide au Sénégal. Les grandes métropoles
camerounaises et au Sénégal, Dakar et Touba ont facilement doublé leur population depuis dix ou vingt ans. À Douala (mais pas uniquement !), on a vu apparaître des citadins de deuxième ou de troisième génération. C’est-à-dire que les Bamiléké sont devenus désormais pour beaucoup des « ressortissants de Douala même », dont le point d’ancrage dans une chefferie des hautes terres de l’Ouest n’est plus autant essentiel ; où il n’y a plus moyen d’obtenir un arpent de terre de la part des anciens et où il n’est plus envisagé ni impératif de mettre en terre la dépouille d’un défunt (escorté par tous ses amis de même classe d’âge), ni même d’ériger une villa près de la chefferie d’origine ou proche de la maison des vieux parents. Mais, cette mise à distance n’aboutit pas à une perte des relations familiales ou communautaires. Chaque chefferie ou chaque « peuple » s’ingénie à promouvoir un « congrès » annuel donnant lieu à des rassemblements fort nombreux, parfois pendant huit jours d’affilée, occasionnant des dépenses somptuaires (on peut le craindre !). Ces manifestations d’allure culturelle peuvent être entachées d’un certain folklore, en ces temps d’hyper-communication. Elles peuvent être l’objet de récupérations multiples sur les plans politique, économique, administratif, voire sportif ou culturel… Les notables locaux ou « originaires » cherchent à s’implanter de manière durable pour obtenir une carrière politique au long cours, au niveau de la région ou au niveau national. Quiconque aura fait ses preuves, ou aura montré une certaine « surface » (la plantation de palmiers à huile est propice à cette mise en évidence, ou bien encore un ranch conduit de manière moderne), mettra des atouts de son côté (encore que des règles du jeu sont à respecter, si non tôt ou tard gare au retour de bâton !)…. Au final, avec les effets des crises successives, citadins et ruraux se retrouvent plongés dans le même bain. On n’établit plus comme naguère une séparation nette entre villes et campagnes. On parle de l’exode « urbain », de grandes métropoles aux villes petites et moyennes. Avec l’avènement des téléphones portables ou d’Internet, les mouvements de personnes, les flux de marchandises, la communication se font avec un maximum d’efficacité quoi qu’il en soit. Et, - c’est un souvenir d’il y a quarante ans pour nous -, nous avions déjà à ce moment-là anticipé quel pourrait être le poids des femmes dynamiques et affairées qu’on appelle les « bayam- sellam » sur les marchés des grandes villes camerounaises, entre les centres urbains et jusqu’au profond des campagnes, pour acheminer jusqu’aux consommateurs la production vivrière indispensable aux populations du pays. Les élites sont quant à elles à la fois urbaines et rurales, intéressées au sort des villages et ouvertes au monde. Nul doute que la part double de chacun trouve à se manifester : d’un côté ambition personnelle, recherche des honneurs, appât du gain ; de l’autre, l’esprit de clocher, le patriotisme local, l’amour des parents et de la famille, l’amour de la terre…. L’ouvrage qu’a produit notre ancien étudiant, ami et collègue, Joseph Gabriel Elong, en témoigne. Plusieurs générations d’auteurs sont

regroupées, avec des géographes, des sociologues et des historiens, avec quelques contributrices abordant la question du « genre » et la place des femmes dans le monde agricole. Un véritable fil rouge traverse le Cameroun (le Sud, le Centre, les hautes terres de l’Ouest et le Nord). Le Sénégal est scruté au cœur, avec l’exemple hors norme de Touba.
Guy MAINET Professeur des Universités émérite honoraire Université de Yaoundé, FLSH, 1971- 1982 Université Cheikh Anta Diop, 1985- 1989

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