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L'Homme décontenancé

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Français
238 pages

Description

Un sentiment se répend : celui d'une humanité avançant sans réagir vers une catastrophe écologique globale qui va compromettre la vie sur terre. Une question se pose : comment comprendre la déconnexion entre ces sentiments de désespoir et d'impuissance, et la poursuite de modes de vie paraissant les ignorer ? La psychanalyse a introduit dans la première moitié du XXe siècle, dans les sociétés occidentales, l'idée d'un Inconscient agissant. Elle a développé quelques moyens d'en modifier les effets dans les souffrances des individus.

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Date de parution 20 novembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140135682
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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d’en modiIer les effets dans les souffrances des individus. A-t-elle quelque chose à dire à propos de cette apathie ? Apparemment, pas vraiment. Les réponses, en effet, la dépassent, comme chaque champ de savoir considéré isolément.
conscience diffuse.
questionne les limites de la topique freudienne et la non-problématisation du statut
Extrait de la préface de Sylvain Missonnier
 constitue une réalisation de la réLexion
JeanPaul Matot
L’HOMME DÉCONTENANCÉ
De l’urgence d’étendre la psychanalyse
Études psychanalytiques
Préface de Sylvain Missonnier
L’HOMME DÉCONTENANCÉ De l’urgence d’étendre la psychanalyse
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionÉtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Cléopâtre ATHANASSIOU-POPESCO,Étude du noyau narcissique primaire en psychanalyse d’enfant, 2019. Jeanne DEFONTAINE,Dérives perverses dans le couple et blessures d’enfance, 2019. Françoise PEYPOUDAT,Regards psychanalytiques sur la formulette de tradition orale,Les enjeux de la transmission,2019. Nafissa BOUKERCHE-DELMOTTE,Clinique et politique de la douleur, 2019. Cléopâtre ATHANASSIOU-POPESCO,L’organisation du moi,À propos du parasitisme,2019. Julien MAUCADE,La radicalisation ou La résurrection du père par le fanatisme, 2018. Jean-Tristan RICHARD,Handicaps, institutions et psychanalyse, 2018. Béatrice BÉRARD, Lydie CAMUS, Laurent KOELBLEN, Marie-Sarah NÉJADI, Dorit PERL, Christine ZIMAMOU-PRIGENT,Perversion – Variations sur un thème, 2018. Catherine COMBASE,Histoire de Psyfa – Psychanalyse et famille, 2018. Radu CLIT,Du trauma à l’écriture, un point de vue sur la création littéraire de Herta Muller, 2018. Claude NACHIN,Abrégé de psychanalyse, 2017. Cléopâtre ATHANASSIOU-POPESCU,L’observation d’un bébé de zéro à deux ans dans sa famille. Commentaire psychanalytique, 2017. Abderrahmane SI MOUSSI et Mira OURARI-SI MOUSSI,La psychothérapie psychanalytique en Algérie, Névrose individuelle et névrose collective, 2017. ASSOCIATION LA MAISON VERTE,vous avez dit Prévention, prévention ?, 2017. Dominique WINTREBERT, Georges HABERBERG et Élisabeth LECLERC-RAZAVET(dir.),Rencontres avec la castration maternelle, 2017. Guillemette BALSAN,Temps et mélancolie, Après coup l’adolescence, 2017. Franca MADIONI (dir.),Figures du vide. Psychopathologie et hypermodernité, 2017.
Jean-Paul Matot L’HOMME DÉCONTENANCÉ De l’urgence d’étendre la psychanalyse
Préface de Sylvain Missonnier
Du même auteur Matot J.-P., Frisch-Desmarez C. (dir.), Les premiers entretiens en psychiatrie infanto-juvénile, Dunod, Paris, 2007. Traduction italienne :I primi colloqui terapeutici con il bambino e la sua famiglia, Alpe ed., Roma, 2010 Matot J.-P., La construction du sentiment d’exister, L’Harmattan, Paris, 2008 Matot J.-P., Roussillon R. (dir), La psychanalyse : une remise en jeu, Presses universitaires de France, Paris, 2010 Matot J.-P.,L’enjeu adolescent, Presses universitaires de France, Paris, 2012. Traduction italienne :La sfida adolescente. De-costruzione, incantamento e appropriazione di un mondo proprio.Alpes ed., Roma, 2015 © L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-18853-9 EAN : 9782343188539
Préface, de Sylvain Missonnier Bon nombre des membres de notre communauté des professionnels de la santé mentale remplissent honnêtement leur cahier des charges dans leurs cabinets, leurs institutions, sans faire de vagues. Plus rares sont ceux qui sortent du bois pour mettre en œuvre et s’investir dans des espaces transversaux de rencontres pour stimuler la réflexivité clinique. Et plus exceptionnels encore sont ceux qui aujourd’hui s’y engagent au nom d’une psychanalyse vivante, ouverte à l’interdisciplinarité et résolument orientée vers les avatars contemporains de notre société. Avec cet ouvrage,L’homme décontenancé : de l’urgence d’étendre la psychanalyse,Jean-Paul Matot s’inscrit résolument dans cette catégorie d’agitateurs créatifs qui, sans jamais s’éloigner de leurs racines de praticiens du soin psychique, relèvent le défi d’en penser collectivement les enjeux en les insérant dans unevéritable anthropologie psychanalytique, indissociable d’une dialectisation affutée des réalités matérielle externe et psychique. En d’autres termes, on se rend compte, à la lecture de cet ouvrage, combien la complexité clinique et son élaboration collégiale constituent…potentiellementtremplin remarquable pour affronter les un défis techniques, éthiques, écologiques et politiques en inquiétant les dogmes paralysants.Potentiellementen effet, car les stratégies défensives de servitude volontaire dans notre communauté sont puissantes et il faut, justement, tout le dynamisme contagieux d’un J.-P. Matot pour organiser un « séminaire » qui offre aux participants un cadre où ce qui est destiné à êtresemé- ce que signifie l’étymologie latineseminalisde séminaire-, va pouvoir bénéficier d’un environnement germinal adéquat. Ce livre prend racine dans un tel séminaire dédié au « Soi disséminé » pendant deux ans où, philosophes, sociologue, sinologue, biologiste, psychanalystes se sont succédé. En regrettant de ne pas avoir pu inviter Giordano Bruno, brûlé vif par l’Inquisition, J.-P. Matot, pince-sans-rire, exprime sa volonté explicite d’animer un séminaire qui favorise le courage d’une pensée qui ne s’en laisse pas compter par les puissantes orthodoxies du moment.
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Le séminaire est certes le point de départ et lemedium de cet ouvrage, mais l’intentionnalité de l’auteur en constitue, dès sa conception et chemin faisant, la double finalité : établir un état des lieux de la condition humaine dans son environnement contemporain et en tirer les conséquences pour un engagement psychanalytique en phase avec le troisième millénaire.
Dans cette perspective, l’auteur s’interroge d’abord sur le désenchantement du monde de notre postmodernité où règne chez l’humain décontenancé un malêtre écologique et anthropologique (Kaës) provoqué par l’accélération (Rosa), l’aliénation économique, la dissémination, l’inintelligibilité. Dans ce bouquet fatal, J.-P. Matot accorde avec une pertinence rare une large place au défaut d’intégration symbolique de la technique dans la culture (Leroi-Gourhan ; Simondon ; Barthélémy).
Secondairement, une fois reconnues à leur juste valeur les spécificités des menaces qui pèsent sur notre condition, J.-P. Matot aspire « à remettre au travail quelques présupposés qui continuent à prévaloir dans la pensée psychanalytique, et qui sous-tendent la théorie et la technique. » L’auteur a essentiellement dans le collimateur un dogme : la place prééminente des processus de différentiation (dedans/dehors ; sujet/ objet ; corps/psyché…) dans les perspectives développementales et structurales et la qualification systématiquement psychopathologique qui en est faite en dehors de la reconnaissance « normale » d’une indifférenciation première de l’infans. De fait, quand ces dimensions d’indifférenciation sont identifiées au quotidien de la clinique, elles sont immédiatement pathologisées et perçues comme étant à réduire.
Dans la filiation de psychanalystes qui ont proposé d’autres alternatives (Winnicott, Bleger, Searles, Kaës …), la thèse de J.-P. Matot est inverse :ce fond de non-différenciation constitue le port d’attache de l’intersubjectivité et en garantit le dynamisme toute la vie durant. Et, c’est donc par conséquent une erreur de le concevoir a priori comme pathologique. Au-delà de la conception du Moi freudien, c’est véritablement « la nature composite du psychisme individuel, ses limites plurielles » que l’auteur aspire à explorer aux différents âges de la vie dans cet état d’esprit novateur.
Comme B. Golse et plusieurs psychanalystes de la petite enfance et du groupe, J.-P. Matot aspire à compléter la remarquable modélisation freudienne du fonctionnement intrapsychique différencié par une troisième topique intersubjective. Dans cette filiation, c’est le statut
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matriciel de la non-différenciation qui marque la singularité de son apport. Ce qu’il y a de précieux dans ce livre, c’est à la fois l’originalité, la multiplicité des sources, des auteurs cités et la force de la mise en convergence opérée entre ces pièces du puzzle. Que la philosophie, l’anthropologie, la sociologie soient convoquées dans ce chantier, cela est notable mais relativement fréquent chez les psychanalystes « libéraux » qui ne scotomisent pas les puissants facteurs environnementaux dans l’économie psychique. Par contre, ce qui est avec cet ouvrage aussi inédit qu’exceptionnel, c’est l’apport des intellectuels qui se penchent sur les liens entre l’homme et la technique. Inviter Jean-Hugues Barthélémy, directeur desCahiers Simondon, au séminaire du « Soi disséminé » pourrait passer inaperçu ! C’est à mes yeux un acte d’une originalité remarquable car elle vient en opposition frontale avec la méconnaissance, parfois même le déni, des psychanalystes et, plus largement, de l’intelligentsia francophone à l’égard des outils du quotidien. Je partage totalement avec J.-P. Matot l’importance d’une dénonciation de la scotomisation de cette « coupure anthropologique » (Simondon) entre nature, culture et technique qui se paye au prix fort. En effet, pour comprendre le malêtre postmoderne actuel, il est de la première importance d’analyser les manipulations, la conflictualité entre menaces industrielles de froideur rationaliste néolibérale et animisme spontané des humains en direction de leur environnement non humain (Searles). C’est vrai en termes politiques au sens le plus large et noble de ce terme (incluant une éthique écologique). C’est particulièrement stratégique en clinique, où, par exemple, le tropisme d’un adolescent pour la réalité virtuelle de ses jeux vidéo et de ses réseaux sociaux méritera d’être accueilli par un psychanalyste distancié des idées préconçues pathologisantes. Dans cette direction, J.-P. Matot s’affirme au fil des pages comme un explorateur inspiré des déclinaisons contemporaines de l’entrecroisement des facteurs environnementaux et psychiques chez des adolescents engagés, entre déconstruction et enchantement, dans des mouvements de liaison-déliaison-reliaison. Cette focalisation sur les liens entre l’humain de tous les âges, ses outils techniques (dont les productions artistiques font partie selon Gell) permetin fineà J.-P. Matot une véritable extension psychanalytique qui, je l’espère, fera enfin débat dans notre communauté : il propose d’élargir le sacro-saint diptyque processus primaire/processus secondaire en un