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La cure analytique à distance

De
104 pages
Cet ouvrage est une ouverture sur un territoire encore trop peu exploré : l'utilisation de Skype dans les psychothérapies analytiques. Les auteurs explorent les risques et opportunités de cette nouvelle pratique afin de l'apprivoiser. Ces pratiques jettent un jour nouveau sur le transfert, le contre-transfert ou encore la place des sensorialités.
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Nomino ergo sum « Je nomme donc je suis » Dirigée par Alain Coïaniz et Marcienne Martin La collection « Nomino ergo sum » est dédiée aux études lexico-sémantiques et onomastiques, sans exclure, de manière plus large, celles qui prennent comme objet le fonctionnement et la construction de la signification, aux plans discursif, interactionnel et cognitif. Tous les champs de l’humain sont concernés : histoire, géographie, droit, économie, arts, psychologie, sociolinguistique, mathématiques… pour autant que l’articulation épistémologique se fasse autour des lignes de force de l’intelligibilisation linguistique du monde. Comité scientifique Victor Allouche (Université de Montpellier) ; Gérard Bodé (Institut français de l’éducation – École normale supérieure de Lyon) ; Georges Botet (Président honoraire de l’Institut Psychanalyse et Management – Membre de l’Association européenne de psychanalyse Nicolas Abraham et Maria Torok) ; Kurt Brenner (Université de Heidelberg, Allemagne) ; Vlad Cojocaru (Institut de Filologie Română, Iaşi, Roumanie) ; José Do Nascimento (IUT Orsay – Université Paris Sud) ; Claude Féral (Université de la Réunion) ; Laurent Gautier (Université de Bourgogne) ; Sergey Gorajev (Université Gorky – Ekaterinburg, Russie) ; Julia Kuhn (Université de Vienne, Autriche) ; Judith Patouma (Université Sainte Anne, Canada) ; Jean-Marie Prieur (Université de Montpellier) ; Dominique Tiana Razafindratsimba (Université d’Antananarivo, Madagascar) ; Michel Tamine (Université de Reims-Champagne-Ardenne) ; Diane Vincent (Université Laval, Canada).
Sous la direction de Frédéric Tordo et Élisabeth Darchis La cure analytique à distance Skype sur le divan Préface de Serge Tisseron
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
httd://www.eDitions-harmattan.fr
EAN Edub : 978-2-336-79979-7
Couverture e 4 de couverture
Comité scientifiDue
Titre
Copyright
SOMMAIRE
Préface de Serge TISSERON L’entrée de Skype dans le bureau du psy
Introduction de Frédéric TORO et Élisabeth ARCHIS
1. LA THÉRAPIE ET LA CURE ANALYTIQUE PAR SKYPE Alberto EIGUER Écueils et avantages Sur le travail par skype et ses résistances Sur le visuel Mes hypothèses Agathe Casimir iscussion Conclusion
2. LES TROIS TRANSFERTS E LA CURE ANALYTIQUE PAR SKYPE Frédéric TORO Éloge du transfert primordial Le transfert médiatisé Le transfert augmenté Pour conclure
3. NAISSANCE AU BOUT U FIL UNE PRATIQUE ANALYTIQUE TÉLÉPHONIQUE EN PÉRINATALITÉ Élisabeth ARCHIS es cures en ligne CliniDue avec séances analytiDues par téléphone Un déplacement des angoisses au bout du fil Une écoute et la venue des images Le voyage blanc au temps de la grossesse Une enveloppe sonore Une réedition des éprouvés anciens Le processus de retrouvailles La construction du nous familial Une rencontre dans la réalité Prévention des effets fantômes Construction et roman familial La levée des non-dits de l’enfance Élaboration pour la nouvelle famille Conclusion
4. SKYPE, ANS L’APRÈS-COUP ’UNE CURE ANALYTIQUE ’UN PATIENT FÉTICHISTE Frédéric TORO Charles, ou le patient cyborg Le contact originaire avec les machines Une inclusion au sein du moi Skype dans la cure analytiDue avec charles Conclusion
5. ENVELOPPEMENT ET TRANSFORMATION ANS L’IMAGE ET AVEC SKYPE VéroniDue LOPEZ MINOTTI L’approche des images en termes de schèmes Lili : des effets avec l’image vidéoludiDue Anna : des effets avec l’image skype iscussion Conclusion
6. UNE NOUVELLE SALLE POUR LA PSYCHANALYSE AVEC LE « COUPLE SKYPE » Ana MARQUES LITO Première séance (en présence) Les partenaires et le couple Une séance en présence après celle par skype Une analyse des mécanismes à l’œuvre es vécus sur skype En conclusion
7. CRAINTES EVANT LES « MACHINES ». UN OBSTACLE EN PSYCHANALYSE ? Élisabeth ARCHIS Le fantasme du groupe machine Les fantasmes de casse dans la dynamiDue de groupe Tyrannie de l’inconscient : de l’influence à la loi Peurs ancestrales et rejet es apports opérants en psychanalyse Conclusion
Aux éditions l’Harmattan
Adresse
L’entrée de Skype dans le bureau du psy
1 Serge TISSERON
Il paraît que les spectateurs de l’un des premiers films des frères Lumière,L’entrée du train en gare de La Ciotatrriver sur, auraient été pris de panique en voyant le train a eux ! La même frayeur semble aujourd’hui saisir cer tains analystes face à l’entrée possible de Skype dans leur bureau. La psychanalyse ne risque-t-elle pas d’être écrasée par les technologies ? Du coup, en quelques années, les thérapies en ligne sont devenues un objet de controverses parfois viol entes. D’un côté, on trouve ses détracteurs et de l’autre ses expérimentateurs conv aincus, auxquels il convient d’ajouter les expérimentateurs attentifs, parfois d éçus et sceptiques, mais confiants dans les possibilités nouvelles offertes par ces te chnologies. Ce livre leur donne la parole.
DES RAISONS DE DOUTER
Les critiques n’émanent pas toutes de ceux qui ont expérimenté le protocole. Beaucoup sont aussi formulées par des thérapeutes q ui n’ont jamais pratiqué eux-mêmes, mais qui n’ont pas de difficultés à évoquer tout ce que les thérapies en ligne leur semblent contenir de problématiques par rappor t à un protocole standard. Ces critiques portent principalement sur la façon dont les thérapies en ligne amputent les sensorialités qui accompagnent un contact physique rapproché. On n’entend plus le souffle et les légers mouvements que font patients et thérapeutes, les froissements d’étoffe et les grincements d’accoudoirs, les jambe s qui se croisent ou se décroisent, les légers raclements de gorge, les hésitations div erses… Et il n’y a plus les poignées de main, fermes, moites ou tremblantes selon les jo urs, et l’étonnant contraste qui existe parfois entre celle de l’arrivée et celle du départ. Et pas non plus ces manières particulières qu’ont les patients de marcher différ emment selon les jours, d’un qui met plus ou moins son buste en avant, d’enlever leur ma nteau avec des gestes différents, bref toute cette manière d’être au monde qui fait q ue nous percevons immédiatement, à voir une personne marcher, se déplacer et nous re garder, quelle est son humeur et comment nous préparer à y répondre.
À ces critiques de bon sens que chacun peut faire, s’ajoutent celles de thérapeutes qui ont pratiqué les thérapies en ligne. Ces critiq ues complètent les précédentes dans plusieurs directions. Il s’agit d’abord des écueils techniques. En effet, la technologie ne suit pas toujours, loin s’en faut, les désirs de ce ux qui veulent la plier à leurs attentes. Il n’est donc guère étonnant que certaines situations décrites évoquent parfois les déboires de Buster Keaton, voire de Gaston Lagaffe, aux prises avec un monde d’objets qui n’en font qu’à leur tête et ne témoign ent d’aucune empathie pour leurs pauvres utilisateurs : des images inattendues sur l ’écran, parfois très laides, d’autres fois ridicules, voire franchement grotesques, susce ptibles de détourner l’attention du thérapeute des paroles de son patient, voire les « dépixellisations » malencontreuses qui peuvent survenir dans des moments où le patient évoque une période particulièrement douloureuse de sa vie. Une autre série de critiques porte sur la difficult é d’imposer une stabilité du cadre. L’utilisation d’ordinateurs portables et la général isation du réseau donnent aux patients la possibilité de se rendre à leur rendez-vous depu is des lieux improbables. Y compris de se rendre « chez son analyste » allongé sur une serviette de plage, avec un verre