La dissolution identitaire d'une communauté rom

-

Livres
256 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Cet ouvrage enquête sur la lente et irréversible disparition d'une communauté, se produisant quand un groupe social cesse de se considérer comme tel, c'est-à-dire de se penser et de penser le monde qui l'entoure comme "différents". En effet, l'anthropologie peut pertinemment démontrer comment certaines communautés (les Roms de Melfi, Italie du Sud) renoncent à se distinguer des autres, ce qui permet de réfléchir sur le caractère transitoire de toutes constructions sociales.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2013
Nombre de lectures 11
EAN13 9782336670126
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
scientiîque.
différents groupes humains afîrment leur identité culturelle, elle peut
L’étude de cas de la disparition de la communauté rom de Melî (Italie du Sud) permet de rééchir sur le caractère transitoire de toutes constructions
Rom dell’Italia meridionale
Stefania Pontrandolfo
LA DISSOLUTION IDENTITAIRE D’UNE COMMUNAUTÉ ROM
Ethnographie d’une disparition
Préface de Patrick Williams
L O G I Q U E S S O C I A L E S
La dissolution identitaire d’une communauté rom
Ethnographie d’une disparition
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions YANGet Z Xiaomin HENG Lihua,文 化 與 管 理La culture et le management,2013. Suzie GUTH(dir.),Saul Alinsky, Conflit et démocratie locale, 2013. Yamina MEZIANIPierre V et ENDASSI (coord.)VOCATION SOCIOLOGUE,Les politiques à l’épreuve des sociologues, 2013. Leila JEOLAS, Hagen KORDES,Risquer sa vie pour une course. Parcours de vie d’une jeunesse brésilienne accro aux courses illégales de voiture et de moto,2013. Rachida BOUAISS,Collégiennes en quête de beauté,2013. Alexis FERRAND,La formation de groupes de jeunes en milieu urbain. Pratiques spatiales et rapports sociaux,2013. Servet ERTUL, Jean-Philippe MELCHIOR, Éric WIDMER,Travail, santé, éducation. Individualisation des parcours sociaux et inégalités, 2013. Pascal VALLET,Les dessinateurs. Regard ethnographique sur le travail de dessinateurs dans des ateliers de nu, 2013. Yannick BRUN-PICARD,Géographie d’interfaces. Formes de l’interface humanité/espaces terrestres, 2013. Lucie GOUSSARD et Laëtitia SIBAUD (dir.),La rationalisation dans tous ses états, Usages du concept et débats en sciences sociales, 2013. Christiane Saliba SFEIR,Parentalité, addiction et travail social, 2013. Hélène BUISSON-FENET et Delphine MERCIER (dir.),Débordements gestion-naires, Individualiser et mesurer le travail par les outils de gestion, 2013. Robin TILLMANN,? Le cas de la société suisseVers une société sans classes contemporaine(1970-2008), 2013. Délina HOLDER,Natifs des DOM en métropole. Immigration et intégration, 2013.Fred DERVIN(dir.),Le concept de culture. Comprendre ses détournements et manipulations, 2013. Séverine FERRIERE,L’ennui à l’école primaire. Représentations sociales, usages et utilités, 2013. Hélène BUISSON-FENETDelphine M et ERCIER (dir.),Débordements gestionnaires, Individualiser et mesurer le travail par les outils de gestion, 2013
Stefania PontrandolfoLa dissolution identitaire d’une communauté rom
Ethnographie d’une disparition
Préface de Patrick Williams
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01055-7 EAN : 9782343010557
A mon père
REMERCIEMENTS Je désire remercier tous les Melfitains et en particulier tous les Melfitains romqui m’ont accueillie dans leur vie durant la période de la recherche, en faisant souvent preuve de « compréhension » pour mes tentatives parfois maladroites de « compréhension ». Je tiens à remercier Patrick Williams pour ses conseils et ses commentaires toujours féconds. Mes remerciements vont aussi à Leonardo Piasere pour l’intérêt porté durant toutes ces années à mon travail et pour ses conseils toujours motivants. Je remercie en outre toutes les personnes avec lesquelles j’ai eu la possibilité d’avoir un échange qui a remarquablement enrichi ma recherche au cours des années : parmi elles un remerciement particulier va à Mme Henriette Asséo, à M. Alban Bensa et aux membres duSeminario Avanzato di Studi Romde l’Université de Vérone. Je remercie, encore, Catherine Drubigny-Saraceni pour le travail patient et soigné de traduction et de révision linguistique en français d’un volume initialement écrit en italien. Je remercie ma famille, ma mère et mes sœurs, et tous les amis qui, de différents endroits et de différentes façons, m’ont encouragée et soutenue avec affection ces dernières années : en particulier les amis de Matera, de Rome, de Padoue et de Paris. Je dédie, enfin, cette thèse à mon père, qui m’a donné la confiance sans laquelle je n’aurais pu porter ce travail à son terme.
PREFACE  Comment faire l'ethnographie d'une disparition ?  En montrant que dans un temps révolu, il y avait quelque chose. Et en montrant qu'aujourd'hui, il n'y a plus rien - ou quasiment. Il y avait quelque chose Stefania Pontrandolfo explore les archives.  La communauté qu'elle s'est donnée pour tâche d'étudier, cesRoms de Melfiintrouvables au présent, la collecte et l'analyse des archives les fait apparaître et les fait exister : l'auteure réalise une véritable ethnographie du passé. L'exploration des documents officiels (de police, de justice, de l'Église, de l'école...) est la grande réussite du travail d'enquête mené par l'ethnographe. À travers le point de vue des dominants, elle nous fait découvrir la vie des dominés. Le lecteur suit des parcours, des destins singuliers, il apprend à reconnaître des individus... Des récurrences et des convergences apparaissent aussi qui permettent de prendre vue sur une "communauté".  Les archives de police et de justice puis de l'État-Civil (dont on voit bien au passage que celui-ci est un instrument de contrôle des populations) assurent de l'existence d'un groupe décalé par rapport aux normes que les autorités veulent imposer. Ce que Stefania Pontrandolfo appelle "les identités de papier" en fournit un bon exemple. Police et justice semblent obsédées par la juste identification des personnes ; celles qui sont visées par ce souci, "oisives, vagabondes et ambulantes" se plaisent au contraire à jouer, par confusion, multiplication, évanescence, avec leur identité.  Les archives de l'église (baptêmes, mariages, enterrements...) révèlent à l'inverse une conformité aux habitudes locales. Elles fournissent aussi de précieuses indications sur la mobilité ou sur l'installation, de plus ou moins longue durée, et sur le mode d'habiter, dans telle partie de la région ou tel quartier de la ville.  Les archives de l'école, du fait même que ces enfants-là y soient présents, confirment la proximité avec les populations installées et la
9