La fête du village

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275 pages
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De l'Atlantique à l'Oural et du Danemark au Portugal, les auteurs ici rassemblés ont tenté de revisiter un objet classique de l'ethnologie : la fête du village. Si les échanges observés avec le monde extérieur, les phénomènes d'urbanisation ou l'exode rural sont devenus la norme, les villages gardent un pouvoir d'attraction, au moins pour l'imaginaire et le tourisme. Les étudier, ainsi que leurs fêtes, permet de mieux comprendre les reconstructions contemporaines de la culture européenne.

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Ajouté le 01 décembre 2011
Nombre de lectures 51
EAN13 9782296475618
Langue Français
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La fête du village
Continuités et reconstructions en Europe contemporaine
Ethnologie de l’Europe Collection dirigée par Jocelyne Bonnet-Carbonell
 La collection a pour but de porter témoignage sur le vécu culturel des Européens, à partir de faits collectés, de documents croisés et de comparaisons révélant continuité et transformations.  Collaborent à cette collection des universitaires et des chercheurs francophones associés aux recherches en ethnologie et en historiographie européennes, menées par le RéseauEurethno, membre de la Fédération Européenne des Réseaux de coopération scientifique du Conseil de l’Europe.
Déjà parus :
-Inventions européennes du temps –Temps des mythes, temps de l’histoire. Sous la direction de J. Bonnet-Carbonell – 2004
-Fêtes et rites agraires en Europe : métamorphoses ? Sous la direction de J. Bonnet-Carbonell et L. S. Fournier – 2004
-Malmorts, revenants et vampires en Europe Sous la direction de J. Bonnet-Carbonell – 2005
-Peurs et risque au cœur de la fête Sous la direction de J. Bonnet-Carbonell et L. S. Fournier – 2007
- Le « petit patrimoine » des Européens Sous la direction de L. S. Fournier – 2008
Collection « Ethnologie de l’Europe »
La fête du village
Continuités et reconstructions en Europe contemporaine
Sous la direction de
Laurent Sébastien FOURNIER
Ouvrage publié avec le concours de l’Université Paul Valéry (Montpellier III)
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56695-8 EAN : 9782296566958
Sommaire
J. Bonnet-Carbonell, Avant-Propos..........................................................7
L. S. Fournier, Introduction ......................................................................9
I : Transformations ....................................................................................15
J. Bonnet-Carbonell, Ethnohistoire de la fête du village en Catalogne française .......................................................................................................17
J. Da Silva Lima, La fête du village et les sens : le cas du Alto Minho (Portugal) .....................................................................................................35
T. Tötszegi, Une nouvelle fête : les journées de Mera (Roumanie) .............53
R. Ouritskaïa, La fête du village en Russie : survie et transformations postmodernes ...............................................................................................67
S. Kovaü, La fête patronale du village appelée «slava» : patrimoine festif serbe .............................................................................................................73
II : Continuités ...........................................................................................81
K. Verebelyi, La fête du village et les changements structurels de l’espace public (Hongrie) ...........................................................................................83
E. Rizopoulou-Egouménidou, La fête du village à Chypre : le «panayrin» chypriote .................................................................................97
M. Simonsen, La fête du village au Danemark............................................121
F. Kuramochi, La fête de la roue enflammée de la Saint-Jean dans les villages de Moselle (France) ........................................................................135
M. Mandianes, La fête à Loureses (Galice, Espagne) ..................................145
e e V. Keszeg, Les mémoriaux des 17 – 20 siècles placés dans le globe des tours des églises transylvaines......................................................................155
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III : Reconstructions ..................................................................................165
L. S. Fournier, Fête traditionnelle et fête patrimoniale : rites, danses et jeux dans les villages provençaux (France)..................................................167
C. Isnart, Le « pèlerinage de village ». Propositions pour une étude comparative ..................................................................................................183
V. Porcellana, Le cycle des fêtes d’une communauté alpine franco-provençale : Giaglione en Vallée de Suse (Piémont, Italie) .........................199
G. Iacovazzi, La musique dans l’espace du village et le temps de la fête à Malte ............................................................................................................215
A. Bellio, La fête du village en Calabre : le cas de Belvedere Spinello .......223
V. Spera, La fête du village et le spectacle de son image : la réinvention du «Ver Sacrum» à Monterubbiano et à Bojano (Italie).............................245
J. Bonnet-Carbonell, Conclusion ..............................................................271
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En hommage à Monsieur le Professeur Charles-Olivier Carbonell, professeur à l’université Paul-Valéry Montpellier III, qui a su conjuguer l’ethnologie européenne et l’historiographie pour profiter de leurs éclairages mutuels
Avant-propos
Jocelyne BONNET-CARBONELL Université Montpellier III - France
Ce volume rassemble une sélection de textes initialement présentés à l’occasion du colloque européen francophone organisé en 2006 par le réseau « Eurethno » de coopération scientifique et technique en ethnologie et historiographie européennes (Fédération Européenne des Réseaux du Conseil de l’Europe).
Ce colloque, XXème Atelier Eurethno, a été organisé à l’Université Catholique de Braga (Portugal) sous la direction conjointe des professeurs Jocelyne Bonnet, professeur d’ethnologie européenne à l’Université Montpellier III, et José Da Silva Lima, professeur d’ethnologie à l’Université Catholique de Braga, du 31 août au 3 septembre 2006. Les communications étaient consacrées à « La fête du village, patrimoine festif Européen ». Les débats, fructueux et amicaux, se sont poursuivis par une enquête de terrain collective consacrée à la fête de Deão, un village du Minho. Les actes du XXème Atelier Eurethno ont été publiés en Portugais en 2008 par José Da Silva Lima sous le titrefesta da aldeia. A Patrimonio festivo EuropeuEditions Alcala, Societas, (Braga, Colecçao de Estudos Sociais, n°2).
Le réseau Eurethno a été créé en 1988 par Jocelyne Bonnet, professeur d’ethnologie européenne à l’Université Montpellier III. Réseau francophone de coopération scientifique en ethnologie et historiographie européennes, il a pour but de favoriser les rencontres scientifiques et les échanges entre universitaires et chercheurs de l’Europe entière.
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Comité de lecture :
J. Bonnet (Univ. Montpellier III), Ch.-O. Carbonell (Univ. Montpellier III), L. S. Fournier (Univ. Nantes), B. Jaworska (Univ. Lodz), C. Rivière (Univ. Paris V Sorbonne), M. Simonsen (Univ. Copenhague), K. Verebelyi (Univ. Eötvös Lorand, Budapest).
Le manque de signes diacritiques a empêché les translittérations nécessaires dans certains articles. Le lecteur voudra bien nous en excuser.
Les textes publiés le sont sous l’unique responsabilité de leurs auteurs.
La mise au point définitive a été réalisée en 2011 par Laurent Sébastien Fournier et Jérôme Thomas au Laboratoire CRISES (Université de Montpellier III).
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Introduction
La fête du village en Europe : les cheminements d’un patrimoine ethnologique
Laurent Sébastien FOURNIER Secrétaire du réseau FER-Eurethno Université de Nantes - France
Il n’est jamais facile de réunir des chercheurs de différents pays pour les faire travailler sur un thème commun. En effet, la pluralité des traditions intellectuelles se combine à la diversité des institutions nationales et aux problèmes d’harmonisation linguistique lorsqu’il s’agit d’entreprendre ce type d’études comparées. Pour compenser ces difficultés, beaucoup de persévérance est nécessaire, ainsi qu’une modestie à toute épreuve. Dans le cas du réseau FER-Eurethno du Conseil de l’Europe, la persévérance a été établie à travers des rencontres régulières qui, depuis plus de vingt ans, ont rythmé des échanges souvent conviviaux mais toujours sérieux. Quant à la modestie, elle consiste à garder présentes à l’esprit quelques bases d’analyse bien établies par les sciences humaines et sociales, en vue de constituer un savoir ethnologique à la fois fondamental et utile à la société contemporaine. Ainsi, le lecteur ne trouvera pas dans les pages qui suivent de ces théories évanescentes et torturées que le temps oublie trop vite. Non, ce sont des faits que ce livre contient, des faits bruts pour la plupart, patiemment collectés afin de porter concrètement témoignage des transformations qui touchent la culture européenne dans sa diversité constitutive. De l’Atlantique à l’Oural et du Danemark au Portugal, les auteurs ici rassemblés ont tenté de revisiter un objet classique de l’ethnologie : la fête du village. A l’heure de l’anthropologie réflexive et des terrains multi-situés, à l’heure où les identités se dispersent en diasporas et où les communautés culturelles se recomposent grâce aux technologies numériques, le pari était osé. Le temps des monographies villageoises et de l’empirisme
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positiviste n’était-il pas irrémédiablement révolu ? Si certains chercheurs ont été prompts, depuis quelques décennies, à condamner les travaux de leurs prédécesseurs, il paraissait important de mesurer le chemin parcouru. Transformés, les villages restent en effet des villages. Si les échanges observés avec le monde extérieur, les phénomènes d’urbanisation ou l’exode rural sont devenus la norme, les villages gardent un pouvoir d’attraction, au moins pour l’imaginaire et le tourisme. Ils sont aussi restés, dans bien des cas, des entités productives, disposant de ressources propres qui leur assurent un certain rayonnement. Ils restent enfin une référence mémorielle, même pour ceux qui en sont partis, de sorte que leur étude garde une actualité même après qu’ils aient perdu leur capacité de vivre en autarcie. Au Pays de Galles, dans la lignée des travaux mis en œuvre par Max Gluckman, Ronald Frankenberg (1957) a ainsi montré en son temps que des facteurs tels que les changements du contexte social, le fait de devoir trouver un emploi à l’extérieur, la recomposition des rapports de genre, l’évolution des modes de transport, l’arrivée de personnes venues de l’extérieur, etc., n’avaient pas désintégré le village traditionnel mais l’avaient plutôt poussé à s’adapter à la modernité. A Malte, de même, Jeremy Boissevain (1965) a révélé la grande complexité des relations qui s’établissaient entre ceux qui étaient restés au village et ceux qui, émigrés, ne revenaient au village que pour le temps court des vacances et des fêtes. Pour le cas de la Provence, Laurence Wylie (1968 [1957]) a expliqué comment l’observateur, parti enquêter avec sa famille, trouve au village un débouché naturel, à échelle humaine, pour ses interrogations. Ainsi, malgré la remise en question des postulats isolationnistes qui présidaient aux monographies ethnologiques classiques, le village est resté une unité d’analyse pertinente, au moins parce qu’il correspond sur le plan méthodologique à la possibilité d’optimiser la mise en œuvre d’observations ethnographiques à échelle humaine. Dans un cadre socio-spatial de cette nature, le choix de se concentrer sur les occasions de sociabilité que sont les fêtes locales pourra apparaître comme une deuxième bizarrerie aux yeux des anthropologues contemporains, tant le sujet a mobilisé de longue date les énergies des chercheurs et des érudits. Les études dans ce e domaine, innombrables, ont été inaugurées au 19 siècle par des
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