//img.uscri.be/pth/5a6236e31dd0376905d6b9d5dd5eff4d5da2bb0d
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La fonction guérisseuse

De
238 pages
De tous temps, les hommes ont reconnu à certains d'entre eux la « fonction guérisseuse ». Pour autant, d'une société à l'autre, les moyens d'identifier celui ou celle qui la possède ou qui est capable
de l'obtenir varient fortement, de même que les moyens de l'acquérir, et surtout de l'exercer. Entre le médecin, le psychothérapeute, le guérisseur, le chamane, n'y aurait-il rien de commun ? N'y aurait-il
rien de spécifique à l'art de guérir ? Cet ouvrage essaie de répondre à cette question en comparant deux à deux certains univers thérapeutiques : médecine et chamanisme, thérapie stratégique et consultation guérisseuse, élaboration psychanalytique et divination africaine. Cette méthode comparatiste met en évidence les ressemblances tout autant que les différences. Un accent particulier est mis sur le « monde des djinns », ainsi que sur la pratique d'un guérisseur sénégalais que l'auteur a connu personnellement. Cette démarche anthropologique se prolonge par une réflexion sur l'exercice de la médecine et de la psychothérapie dans le monde actuel.
Voir plus Voir moins
Daniel Schurmans
La fonction guérisseuse
Essai comparatiste sur les pratiques de guérison Qu’estce que guérir ? Qui guérit ? Comment ?
Compétences Interculturelles
LA FONCTION GUÉRISSEUSE
Compétences Interculturelles Collection dirigée par Altay A. Manço Compétences Interculturellesest une collection destinée à présenter les travaux théoriques, empiriques et pratiques des chercheurs scientifiques et des acteurs sociaux qui ont pour but d’identifier, de modéliser et de valoriser les ressources et les compétences interculturelles des populations et des institutions confrontées à la multiplicité des référents socioculturels et aux contacts des différentes cultures. Les compétences interculturelles se révèlent capitales, notamment dans le double effort d’intégration positive des personnes issues de migrations, qui doivent à tout le moins se positionner à la fois par rapport à la société d’accueil et par rapport aux milieux d’origine, eux-mêmes en constante transformation. Les travailleurs sociaux au sens large, les enseignants, d’autres intervenants, mais également les décideurs chargés des politiques d’accueil et d’intégration des migrants et des minorités culturelles sont concernés par ce type de compétences professionnelles pour mener à destination de ces publics des actions de développement social et pédagogique efficaces. Même si l’objectif de la présente collection est prioritairement de faire connaître les travaux del’Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations (IRFAM)et de ses nombreux partenaires internationaux, cet espace d’expression est ouvert aux équipes pluridisciplinaires qui souhaitent contribuer à l’approfondissement des savoirs et des savoir-faire en matière de développement interculturel. Déjà parus Michèle VATZ LAAROUSSI (dir.),Dynamiques familiales, socio-juridiques et citoyennes dans la migration, 2016. Brigitte TISON (dir.),Regards croisés sur des prises en charge de familles africaines en France et en Afrique, 2014. Andrea GERSTNEROVÁ, Temps de crise et vie associative, Migrants de l’Afrique subsaharienne et des Balkans en Europe,2014.Brigitte TISON,Identités, codes et valeurs en Chine, 2013.
Daniel SchurmansLa fonction guérisseuse Essai comparatiste sur les pratiques de guérison Qu’est-ce que guérir ? Qui guérit ? Comment ?
L’illustration de la page de couverture est la copie d'un bas-relief du palais royal d’Abomey (Bénin). Elle représente le vodoun Dan Ayidohwédo, « le maximum d'énergie dans un mouvement continu » entre le monde des dieux et celui des humains. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10040-1 EAN : 9782343100401
À la mémoire d’Adiro Abogounrin
Du même auteur :
Le diable et le bon sens. Psychiatrie anthropologique de l’Afrique Noire à l’Europe, Paris, L’Harmattan, coll. Santé, sociétés et cultures, 1994. Préface de Guy Jucquois. ISBN : 2-7384-2773-1
L’Homme qui souffre. Anthropologie de la souffrance psychique et des réponses thérapeutiques, PUF, coll. Souffrance et théorie, 2010. ISBN : 978-2-13-058252-6
SOMMAIRE
Introduction : Eloge des connaissances incertaines
Chapitre 1 : Maladie et guérison
9
23
Chapitre 2 : Théorie et pratique des guérisseurs sénégalais 51
Chapitre 3 : Le monde des jinns
Chapitre 4 : Médecine et chamanisme
Chapitre 5 : Psychanalyse et chamanisme
95
 119
Chapitre 6 : Divination et perlaboration. L’expérience  d’un consultant de Fa
149
161
Chapitre 7 : Madame Flora et la thérapie stratégique 175
Chapitre 8 : Le modèle traumatique : l’apport des pratiques traditionnelles 187
Chapitre 9 : Les ressorts secrets de la cure
Notes
Bibliographie
Table des matières
7
201
219
225
231
Introduction : Eloge des connaissances incertaines
Unguérisseur… le mot est beau. Il est aujourd’hui discrédité. Dans l’usage courant, il est synonyme de charlatan. Pourtant, les hommes ont toujours eu besoin de guérisseurs. Ils en ont encore besoin de nos jours. Mais aujourd’hui, leur fonction, lafonction guérisseuse, est dévolue et réservée à des gens qui ont reçu une formation scientifique. À la différence des guérisseurs traditionnels, mais aussi de la plupart des médecins de campagne d’autrefois, les médecins d’aujourd’hui doivent conformer leur pratique aux principes, épistémologiques et déontologiques, qui régissent la science expérimentale. On connaît la fécondité de ces principes, on sait le bond qu’ils ont fait faire à la connaissance en général, et notamment à la connaissance médicale. Dès lors, il était inévitable que les pratiques non scientifiques soient disqualifiées. Avec elles ont été disqualifiés les praticiens qui s’en réclament, et qu’on appelle aujourd’hui guérisseurs. Mais il serait dangereux que la médecine scientifique oublie qu’elle partage, avec de multiples autres pratiques contemporaines ou disparues, lafonction guérisseuse, qui représente au fond sa raison d’exister. D’ailleurs, les guérisseurs aussi continuent d’exister. En sous-main, sans diplômes ni reconnaissance, ils ne cessent d’intéresser les gens, des gens pas toujours naïfs, pas toujours grugés. Le but de cet ouvrage, issu d’une série de conférences organisées en 2006-2007 pour un public d’intervenants psychosociaux, est d’étudier les phénomènes de guérison sans préjugés, sous différents angles, et dans différents théâtres d’opération. Il ne saurait être question d’exhaustivité, le sujet est bien trop vaste. Ce que je propose est d’appliquer une méthode d’observation critique à différentes pratiques de guérison, les unes officielles, les autres traditionnelles, en suspendant pour le temps nécessaire les jugements courants. Cette méthode est celle de la phénoménologie. C’est aussi celle de l’anthropologie, car les pratiques diverses dont nous parlerons doivent être situées dans leur propre contexte culturel pour être compréhensibles. Enfin,
9