La guerre d
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La guerre d'Algérie

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Description

Ce livre a pour origine une conférence de Nelly Forget consacrée à la création, par Germaine Tillion, du Service des centres sociaux en Algérie, pendant la guerre d'indépendance. Michel Cornaton a proposé d'inscrire le sujet dans le contexte plus large de l'engagement des autres ethnologues français confrontés à la guerre d'Algérie (Lacoste-Dujardin, Servier, Bourdieu, Berque, Favret-Saada). Enfin, la décapitation d'Hervé Gourdel en septembre 2014 a conduit François Marquis à faire le rapprochement avec une tuerie commise en 1956 par l'armée française dans la région de Collo.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mai 2015
Nombre de lectures 141
EAN13 9782336382029
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Michel Cornaton, Nelly Forget et François Marquis

et François Marquis

La guerre d’Algérie

Ethnologues de l’ombre et de la lumière

Ethnologues de l’ombre
et de la lumière

Histoire et Perspectives Méditerranéennes





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(WKQRORJXHV GH O¶RPEUH HW GH OD OXPLqUH

+LVWRLUH HW 3HUVSHFWLYHV PpGLWHUUDQpHQQHV
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud

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+DUPDWWDQ VH SURSRVHQW GH SXEOLHU XQ HQVHPEOH GH WUDYDX[ FRQFHUQDQW OH
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'pMj SDUXV

5D\PRQG 1$57Histoire intérieure de la rébellion dans les Aurès,
Adjoul-Adjoul
)DZ]L 528=(,. /HGroupe d’Oujda revisité par Chérif Belkacem

*HQHYLqYH *2866$8')$/*$6Le Consulat de France à Tunis aux
e e
XVII etXVIII siècles
)UpGpULF +$5<0%$7Les Européens d’Afrique du Nord dans les armées
de la libération française
0DXUL]LR 9$/(1=,J’avoue que je me suis amusé, Itinéraires de Tunis à
Naples
0XVWDSKD %(6%(6 -DPHO &+$+(' $EGHONDGHU +$0'$1( GLU
Sécurité hydrique de la Tunisie. Gérer l’eau en conditions de pénurie

$EGHOPDMLG %('28,Grandeurs et misères de la Révolution tunisienne

.DPDO &+$28$&+,La culture orale commune à Malte et à la Tunisie,

$EGHOD]L] 5,=,., 02+$0('Sociologie de la diplomatie marocaine,

$KPHG %(11281$Le crédit-bail au Maroc.Un mode de financement
original,
)UDQFHVFR &255($/(Le front colonial de la guerre 1914-1918, Trafic
d’armes et propagandes dans l’Occident maghrébin
0XVWDSKD +2**$Théocratie populiste ou séparation des pouvoirs au
Maroc ? Histoire et alternative démocratique
$QGUp3DXO :(%(5Régence d’Alger et Royaume de France
(15001800). Trois siècles de luttes et d’intérêts partagés,
&\ULO *$5&,$Trois historiens face à la guerre d’Algérie
6HJKLHU 7$%Les élus français d’origine maghrébine et la politique
représentative,
0DULDP 021-,'L’Islam et la modernité dans le droit de la famille au
Maghreb, Etude comparative : Algérie, Maroc et Tunisie
7DKDU +$''$'La naissance du mouvement syndical tunisien

0LFKHO &RUQDWRQ
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)UDQoRLV 0DUTXLV







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(WKQRORJXHV GH O¶RPEUH HW GH OD OXPLqUH



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($1

A ceux qui ont la France et l’Algérie en partage,
ce livre inspiré par Germaine Tillion

Notrepart d’ombre

François Marquis


Le téléphone a sonné, j’ai décroché le combiné, c’était
0LFKHO &RUQDWRQ ,O D pWp FRQWHQW GH PH WURXYHU FKH]
moi... J’aurais dû être en Algérie
On avait appris le 24 septembre la décapitation d’Hervé
*RXUGHO SDU XQ JURXSH GH WHUURULVWHV GDQV OHV PRQWDJQHV
GH JUDQGH .DE\OLH HW LO pWDLW GHYHQX LQFRPSUpKHQVLEOH
SRXU EHDXFRXS GHmes proches que je m’obstine dans un
projet qu’ils jugeaient si peu nécessaire. Constantine et
&ROOR R QRXV GHYLRQV DOOHU VRQW j GHX[ FHQWV NLORPqWUHV
du Djurjura où avait eu lieu l’enlèvement, et nous aurions
VDQV GRXWH SX VXLYUH OH SURJUDPPH TXH QRXV DYLRQV SUpYX
Mais l’assassinat d’Hervé Gourdel s’était multiplié sur les
pFUDQV GDQV QRV PDLVRQV HW DPSOLILp GX EUXLW GHV
UHSRUWDJHV HW GHV FRPPHQWDLUHV DX SRLQW TXH OH WHUURULVPH
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s’agglutinaient, ils cristallisaient dans les mémoires,
maillant tout le territoire et s’insinuant jusqu’à nos portes.
La violence même de l’exécution et des images qui en
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maquillait l’angoisse en renvoyant à la barbarie les auteurs
GX FULPH HW FHSHQGDQW RQ DSSUHQDLW ELHQW{W OHXU QRP OHV
Algériens découvraient que l’exécuteur était d’Alger, on
savait son âge… C’était un homme comme nous. Les
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sentiment d’incompréhension.

Et s’agissant de l’Algérie, l’inquiétude trouvait en nous,
)UDQoDLV GH SURIRQGHV UpVRQDQFHV
Je voudrais comprendre pourquoim’avait écrit un
$OJpULHQ TXHOTXHV PRLV SOXV W{W 8QH SDJH VXU OH VLWH GX
ColliotteUDFRQWH EULqYHPHQW OH PDVVDFUH GH VD IDPLOOH SDU
un élément de l’armée française, il y a près de soixante
DQV
Une tuerie collective sans précédent, a eu lieu à Beni Zid,
près du village de Loulouj, le 11 juin 1956. A la tombée de
la nuit, vers 21h, l’armée française exécuta 22 personnes
d’une même famille.

Après les avoir tués sommairement, les soldats jetèrent les
corps dans une étable. Ils reçurent l'ordre de recouvrir les
22 corps de branches sèches et de les arroser d’essence.
Ils refermèrent alors la porte de l'étable et mirent le feu à
la bâtisse.

Cette tuerie reste aujourd’hui inexpliquée. Il ne semble
pas y avoir eu des opérations du FLN précédant
l’événement quijustifieraient des représailles de la part de
l’armée française. Les troupes responsables de ce
massacre étaient commandées par le lieutenant
Delaveaux, du 2ème bureau.

Aujourd’hui, les descendants des victimes cherchent à
connaître les motifs de cette hécatombe, de façon à trouver
une sérénité dans leur passé douloureux. Toute personne
ayant des informations sur cet événement est invitée à
témoigner de façon à pouvoir reconstituer les
circonstances exactes qui se cachaient derrière ce drame.

Témoignage insolite de cette boucherie, une stèle dont
l’accès est clos et difficilement accessible… presque
anonyme et tombée dans l’oubli. A la mémoire des
victimes, elle rappelle que nous ne devons pas les oublier,

faute d'avoir des tombes pour se recueillir et se souvenir

de leur passage sur terre.
6HL]H SHUVRQQHV SRUWHQW OH QRP GH %RXGHOOLRXD VXU OD OLVWH
des victimes gravée sur la stèle et c’est à partir de cet
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Il est le fils d’un survivant, Rabah Boudellioua, qu’on
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FHVVH]OHIHX 0DLV LO D UHFXHLOOL OHV UpFLWV GH VD PqUH GH
VRQ EHDXSqre, de beaucoup d’autres, et en particulier de
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drame, en 1956. C’est lui, Fodil, qui a fait ériger la stèle
VXU OH OLHX GX PDVVDFUH j OD ]pULED 6HPDFK GDQV OHV
années 1990, alors qu’il était adjointau maire d’El
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jeunes ne dormaient pas chez eux, par crainte de l’armée
IUDQoDLVHIls se cachaient à proximité. C’est ce qu’il avait
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D UHWHQX GH VRQ UpFLW
Il était 20 h 45 environ, le 11 Juin 1956, lorsque le
lieutenant Delaveau [sic] avec ses troupes surgit à la
zériba Semach. Il frappa à la porte et c’est la femme de
mon père qui ouvrit. Elle subit alors une rafale de balles,
puis la tuerie continua avec les cris des femmes et des
enfants qui s’entendaient dans toute la zériba. Lorsque la
tâche fut achevée, le lieutenant demanda de l’essence, puis
arrosa les victimes, puis mit le feu.
Après le départ de l’armée, mon père qui n’était pas loin
rejoignit l’endroit et trouva sa femme, la seule encore


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