La ruralité et le développement rural en Côte d'Ivoire

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De ce travail, peuvent être dégagées des pistes de réflexions et aussi d'action concernant l'interprétation du monde rural dans la nouvelle économie ivoiriènne. Important pour la communauté scientifique de la psychologie sociale, il interpelle aussi, décideurs politiques, techniciens de l'État et paysans ivoiriens eux même.

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Date de parution 01 décembre 2016
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EAN13 9782140024993
Langue Français

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Du point de vue global de l’intérêt scientifique et social, ce travail s’inscrit dans le courant des recherches qui, dans les sciences humaines, articule l’approche théorique et
d’une part, et son application à un problème social concret,
réflexions mais aussi d’actions concernant l’intégration du
par la communauté scientifique de la psychologie sociale, que par les différents acteurs qu’il interpelle : décideurs politiques, techniciens de l’Etat, et paysans ivoiriens eux-mêmes.
Etudes africaines
Série Sociologie
Yapi Y
Laruralitéet le développementruralenCôted’Ivoire
Unregardpsychosocial
La ruralité et le développement rural en Côte d’Ivoire Un regard psychosocial
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
Josué GUÉBO,Dictionnaire des mots et expressions du français ivoirien, 2016. Christine THÉODORE,Objets d’initiation. Rencontre avec un chasseur dozo. Échanges d’objets et modifications des interactions, 2016. e Pierre Kamé BOUOPDA,Histoire politique du Cameroun au XX siècle, 2016. Théophane AYIGBÉDÉ,Déchets solides ménagers et risques environnementaux au Bénin, 2016. Tidiani SIDIBE,L’essentiel du management d’une banque commerciale. Du front office au back-office,2016. Justelle MATSITSA KIANGATA,Conscience historique et devenir des États africains, 2016. Alhousseini MOULOUL,Les Touaregs du Niger.Chroniques des années de braises,2016.Emmanuel KAMDEN,Innovation entrepreneuriale et développement durable en Afrique : défis et opportunités,2016. Albert B. KALONGA LUSE-LUA-NZAMBI,Désarmement, démobilisation et réintégration des enfants-soldats. Échec au Sud-Kivu ?, 2016. Zakaria FADOUL KHIDIR,Anthropologie des populations tchadiennes. Les Béri du Tchad, 2016. Célestin HITIMANA,Rwanda : deux siècles de crimes contre l’humanité, 2016. Maximin Lucien DA,La noix de cajou, levier de développement local au nord-est de la Côte d’Ivoire, Contribution au développement socialement durable, Cas du district du Zanzan : Gontougo et Bounkani, 2016. Ousmane KOUANGBE HOUZIBE,L’impasse démocratique en Afrique francophone : le cas du Tchad. Les dimensions juridiques, politiques et institutionnelles de la démocratisation en Afrique subsaharienne, 2016. Titi PALE,Les femmes victimes de la guerre civile ivoirienne. Récits d’atrocités et (auto) reconstruction, 2016. Blaise SARY NGOY,La problématique de l’émergence des économies africaines, 2016. Maurice M’BRA KOUADIO,Les religions ancestrales des Akan de Côte d’Ivoire. Ethnographie des pratiques contemporaines, 2016. Benoît KOUAKOU OI KOUAKOU,La réussite paradoxale à l’école. Quand réussissent des élèves africains qui avaient peu de chance de réussir, 2016. Patrick DEVLIEGER, Jori DE COSTER, Lambert Nieme, Léon MBADU-KHONDE,Handicap et technologie en contextes africains, 2016. Djilali BENAMRANE,Sankara, leader africain, 2016. Ladji BAMBA,La contrebande en Côte d’Ivoire. Le cas du district d’Abidjan, 2016. Ibou SANE, Jeau-Claude ANGOULA,Famille et politique en Afrique. Entre le meilleur et le pire, 2016. Melchior MBONIMPA,L’Afrique terre de jihad. Les groupes islamistes armés sur le continent, 2016.
Yapo Yapi
La ruralité et le développement rural en Côte d’Ivoire
Un regard psychosocial
Préface d’Alphonse Yapi-Diahou
À Jean-Claude ABRIC, naturellement
À mon père
À ma mère
Aux travailleurs de la Terre de Côte d’Ivoire
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08575-3 EAN : 9782343085753
PREFACE
Les travaux sur l’agriculture ne se comptent plus ; ceux consacrés aux paysans foisonnent sous la signature des géographes, des sociologues et des anthropologues. Ils le sont autant sous la plume des agroéconomistes, mais plus rarement sous celle des psychologues, du moins en terre africaine. Terre d’une autre agriculture en marche ou rêvée, surtout face aux exigences d’un monde changeant, sous l’effet d’une urbanisation galopante, génératrice de villes plus conquérantes et plus exigeantes : à leur porte, elles réquisitionnent les terres agricoles pour s’étendre… Et à l’agriculture qu’elles privent ainsi de son support, elles réclament leur nourriture, les biens nécessaires au rayonnement de leurs marchés, les matières premières indispensables au fonctionnement de leurs établissements manufacturiers… Le contexte, celui de la marche vers une société plus urbaine, doit produire un agriculteur nouveau, façonner son univers de vie et de travail, pour faire de cet agriculteur l’égal du citadin, remarquable par ses connaissances, sa citoyenneté pleine et entière, sa capacité à décider, sans toujours attendre de la ville et de ses cadres ses besoins en nourriture, de soins. Le livre est autant entraînant qu’il suggère des questionnements.
Le défi scientifique de cet ouvrage est évident. L’auteur n’est pas sectaire, puisqu’il puise dans les contributions des disciplines qui ont polarisé leur attention sur le sujet, sur l’agriculture, le monde paysan et le monde rural. Deux chapitres rappellent ce défi en visitant les nombreux points de vue développés et soutenus par des générations de chercheurs évoluant dans des disciplines comme la sociologie (Chauveau, Meillassoux) ou sa sœur anthropologie (Paulme, Augé) ou encore la géographie, sous quelques plumes comme celle de Dian Boni. Les économistes sont représentés avec Simplice Yapi Affou, à travers des travaux d’une actualité permanente, comme la relève paysanne. La fidélité du psychologue, spécialiste des représentations, à ses co-disciplinaires est irréprochable. Avec leurs outils conceptuels, théoriques et méthodologiques qu’il a su remarquablement travailler, il en vient à la Côte d’Ivoire, non sans détour sur la ruralité.
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De mémoire de chercheur en sciences humaines et sociales, dans le contexte ivoirien, placer le débat sur le plan pour le moins plus large que ceux plus réducteurs de campagne, agriculture, paysan, est une œuvre innovante de la part de l’auteur : je veux parler de la ruralité à la fois comme concept et horizon d’analyse. Yapo a voulu une notion englobante comme pour marquer la complexité du monde rural, imprimer une analyse systémique de cet univers.
 Pour les nécessités de la démonstration scientifique, c’est à un tour de la Côte d’Ivoire rurale et urbaine que le lecteur est convié, d’abord dans les textes, puis avec les populations. Un profil de la Côte d’Ivoire fixe le lecteur sur la rugosité de la texture de ce pays, dans les différentes sphères du vécu et des pratiques observées dans le temps long. Il en va ainsi des choix stratégiques pour le développement, pour le cadre et les conditions politiques définissant le rôle des différents acteurs, celui des citoyens de toute condition. Par l’adossement de son économie à l’agriculture dans une quête effrénée de croissance, l’héritage économique est assumé. Moins lisse est l’héritage politique. La recomposition du paysage politique, marquée par la libération de l’espace politique et l’émergence d’une pluralité de formations politiques, semble loin de pénétrer le cœur de la classe politique. Sans doute faute d’un bilan critique du passé pour jauger la maturité des diagnostiqueurs. La pratique dans ce champ du profil, tout aussi invariable, rime avec la manipulation des ruraux que relaie un discours idéologique de construction savante. Inlassablement les discours dominants successifs revendiquent une affinité avec la composante paysanne de ces ruraux, selon une posture dialectique, du reste jamais discutée dans les sociétés savantes !
Une multitude d’organismes a vu le jour pour assurer aux ruraux leur intégration à l’ordre économique et politique national, que l’auteur schématise dans une synthèse des structures de promotion rurale. Aux organismes d’encadrement l’ouverture du rural à des techniques nouvelles, de culture et de gestion assurant l’entrée des ruraux dans la logique des producteurs ces techniques, le capitalisme. Solidaires des premiers organismes, à la seconde génération ou catégorie revenait le rôle d’impulser de nouvelles sociabilités sur des bases d’affinités professionnelles doublées d’intérêts économiques majeurs : tel est le rôle des groupements à vocation coopérative. La complexité de la ruralité est suggestive, pour prévenir des dangers ͺ
d’une condamnation des ruraux au repli sur leur seul univers social : place alors aux structures d’animation de la vie rurale, d’amélioration du cadre de vie en milieu villageois, d’ouverture de tous aux savoirs, savoir faire et être, d’accès à la citoyenneté. Emportés les uns après les autres par les exigences d’une libéralisation sans concession, ces structures et mécanismes, qui furent à la fois le fleuron du capitalisme d’Etat et le symbole de l’Etat providentiel, ne comptent plus de survivants, à l’heure de l’approfondissement de la décentralisation et de l’avènement de la « départementalisation », symbolisée par les Conseils Généraux. D’autant que ces nouvelles Institutions rayonnent sur l’aire d’intervention de ces Fonds, et que leurs compétences recouvrent celles des Fonds Régionaux d’Aménagement Rural (FRAR). Débat pour une efficacité des Départements Institution ou querelles entre instances déconcentrées et décentralisées pour le captage des ressources financières allouées ? Dans le dos des ruraux et pour malmener la ruralité.
Citadins et ruraux croisent leurs regards à l’invitation du psychologue. Les premiers, les citadins, sont promoteurs et animateurs des institutions censées interagir pour et dans l’intérêt des ruraux et faire progresser la ruralité. Dire la ruralité, la décliner, c’est à cet exercice pour le moins périlleux que se trouve confronté un échantillon de fonctionnaires abidjanais, par ailleurs lecteurs de leurs conditions urbaines. Aux ruraux de conjuguer à leur autobiographie, leur représentation de l’univers du travail et de vie des citadins. Le résultat du jeu de miroir est sans appel. Une Côte d’Ivoire duale. Celle des ruraux associée à la pauvreté, à la pénibilité du travail, et celle des citadins marquée par la modernité, l’aisance sociale et matérielle. La certitude est ainsi ancrée chez les ruraux, sur la multitude des avantages que confère le statut de citadin quand le milieu urbain symbolise l’environnement qualifiant, le lieu de la richesse, et s’élève en un modèle de référence. L’argent comme indicateur d’accès à la modernité et moyen de la modernité. C’est donc légitimement que les paysans rêvent de cette modernité-là. En réalité les images renvoyées paraissent plus brouillées. Des clichés et des vécus s’entrechoquent de part et d’autre des deux mondes questionnés. Aussi, la confrontation met-elle en évidence les écarts au discours techniciste, une belle méconnaissance du fait rural, de l’univers des ruraux, de leur quotidien angoissé par la pénurie des ressources, conséquence d’une 9