LE DAVIDO-CHAD

LE DAVIDO-CHAD

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Description

Le DAVIDO-CHaD est une nouvelle technique projective mettant en évidence des aspects affectifs et psychologiques du sujet. Il s'adresse à une population de 3 à 100 ans ans et plus. C'est un test papier crayon, d'une dizaine de minutes, qui se compose de trois dessins chez l'adulte : le dessin d'enfance (Childhood), le dessin des mains (Hand), et le dessin de la main qui gêne (Disturb). Chez l'enfant, le test est complété par un dessin libre (Free-Drawing). Cela permet d'entamer un dialogue, voire un début thérapeutique ; cette technique est particulièrement innovante et fructueuse chez les enfants maltraités et chez les sujets âgés où le mutisme et les dialogues stéréotypés sont le fait quotidien.

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Ajouté le 01 janvier 1997
Nombre de lectures 328
EAN13 9782296335981
Langue Français
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LE DA VIDO-CHaD

Le nouveau test psychologique:
du dépistage à la thérapie

Psycho-Logiques Collection dirigée par Philippe Brenot et Alain Brun

Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho-Logiques. Sylvie PORTNOY-LANZENBERG, Le pouvoir infantile en chacun, Source de l'intolérance au quotidien. André DURANDEAU et Charlyne V ASSEUR-FAUCONNET la dir. de), Sexualité, mythes et culture. Claire SAL VY, Jumeaux de sexe différent. Maurice RINGLER, La création du monde par le tout-petit. Loick M. VILLERBU, Psychologues niques cliniques en psychologie. Michel LARROQUE, Sylvie PORTNOY, nant-dominé. et thérapeutes, sciences et tech(sous

Hypnose, suggestion et autosuggestion. L'abus de pouvoir rend malade. Rapports domi-

Raymonde WEIL-NATHAN (sous la dir. de), La méthode éleuthérienne. Une thérapie de la liberté. Patricia MERCADER, Pierre BENGHOZI, Dr POUQUET, L'illusion transsexuelle. Alain BRUN, De la créativité projective à la relation humaine. Cultures et systèmes humains. et société. Dr POUQUET, Initiation à la psychopathologie. Conduites pathologiques Geneviève VINSONNEAU, masculin. Paul BOUSQUIÉ, L'identité des Françaises face au sexe

Le corps cet inconnu.

1997 ISBN: 2-7384-5181-0

@ L'Harmattan,

Roseline Davido

LE DAVIDO-CHaD

Le nouveau test psychologique: du dépistage à la thérapie

Lettre ouverte du Professeur Serge LEBOVICI

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Hannattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y

1ère édition @ 1994, Roseline D. Davido The "Childhood hand that disturbs". Projective test. A diagnostic and therapeutic drawing test Editions Praeger

Remerciements

Nous remercions tout naturellement Claude M. Prévost, Professeur Emérite à l'Univerté Paris 7, qui dirigea nos premiers travaux; Edwin E.Wagner,créateur du Hand-Test,qui initia les premières recherches sur notre test aux Etats-Unis; Leopold Bellak qui voulut bien préfacer l'édition américaine de ce livre et enfin Serge Lebovici, Professeur Emérite à l'Université de Bobigny, ancien Président de l'Association Internationale de Psychanalyse, d'avoir consenti à adresser à nos lecteurs la lettre ouverte qu'on trouvera ci-après.

Ce livre est dédié à Julie E. A. Baraduc et au Docteur Paul Darwin Davido

Sommaire

Lettre ouverte de Serge Lebovici 1 Le développement du CHaD
Le dessin d'enfance Le dessin de la main La main du gêne Le sens du DAVIDa-CHaD 2 Le sens du CHaD Le dessin d'enfance (C) Le dessin de la main (Ha) La main du gêne (D) Le dessin libre du DAVID a-CHaD Etude de Cas Le DAVIDa-CHaD Le DAVIDa-CHaD Le DA VIDa-CHaD Le DAVIDa-CHaD Le DAVIDa-CHaD chez l'enfant maltraité chez les adolescents chez les sujets âgés chez les sujets adultes non pathologiques en milieu psychiatrique

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14 15 16 18

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21 42 58 68

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71 100 103 113 127

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L'interprétation

clinique du DAVIDO-CHaD

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151 157 153 171 173

Consignes et administration du DAVIDa-CHaD Les proportions et le trait Conclusion Bibliographie Index

Lettre ouverte à Roseline DAVIDO

J'ai longtemps pensé au test dont vous m'avez si souvent parlé comme à une épreuve de psychologie de salon. On dit" Dessinezmoi une main" et puis on interprète; telle était ma vision quelque peu projective, le lecteur de ce livre pourra le constater. A vrai dire,j'évoquais la valeur que certains accordent à la lecture des lignes de la main: je pense en effet que les bohémiennes ou les astrologues "plus sérieux" peuvent voir dans cet examen dont ils ont une grande habitude quelques aspects suffisamment répétitifs pour les codifier et comprendre ainsi la valeur prédictive de leurs constats. Qu'on ne se méprenne pas, ce n'était pas pour moi une manière d'afficher un certain mépris pour la jeune psychologue qui travaillait avec moi, mais j'ai des doutes sur la valeur scientifique de la contribution que peuvent apporter les psychologues qui pratiquent les tests projectifs et c'est le cas pour le test de Rorschach, même avec ses modifications qui permettent la mise sur logiciel de ses résultats ou le TAT qui met pourtant en valeur la liste et l'organisation des défenses de chaque enfant examiné :j'ai en particulier souvent constaté le peu d'intérêt authentique apporté par les participants à une discussion clinique sur un cas au moment où le psychologue fait connaître le résultat de ses investigations. Je sais pourtant bien qu'il faut reconnaître qu'il s'agit d'épreuves standardisées et par conséquent utilisables parce que critérisées :on peut donc sans crainte en préconiser l'application 9

à un échantillon de population non clinique, en particulier pour des recherches de caractère épidémiologique. Et puis je me ressens un grand pouvoir d'empathie métaphorisante devant les dessins d'enfants "se faisant en ma présence" :je puis donc comprendre qu'un psychologue honnête en préconise l'application qui justifierait la formation à la technique préconisée de juges neutres qui fourniraient leurs conclusions sans connaître le contenu du dossier examiné. On le voit, ma reflexion me conduit peu à peu à une meilleure compréhension de l'intérêt de ce dessin de la main; or c'est ce progrès personnel qui va alimenter ma colère contre des psychologues "experts" qui n'hésitent pas à entraîner un juge à prononcer des mesures d'exclusion, par exemple à l'égard de certains pères jugés dangereux sur le seul vu d'un examen psychologique de quelques minutes et d'une discussion manifestement prétentieuse et abusive. Et puis l'empathie dont je viens d'évoquer le rôle dans mes comportements a un pouvoir non seulement métaphorique, mais aussi iconique dont je m'étonne que vous utilisiez si peu les ressorts. Que d'adjectifs pour désigner ses mains qui caressent ou qui giflent, qui étranglent ou qui sont mortes de froid: je rappelle ici seulement quelques icônes traditionnellement évoquées. On parle de mains d'or, de mains qui entourent. La maladresse du bébé est retrouvée chez le vieillard... Enfin je pense à ces "menottes", nom qui a été donné aux instruments policiers. Mais vous ne semblez pas avoir été frappée, quand un prisonnier en invoque la nécessaire protection qu'il ressent, quand il en "porte". Et enfin il me faut envisager l'activité manuelle du bébé, comme profondément inscrite dans son capital interactif. Je me contenterai de rappeler ici que sa suffisance se montre par l' auto-érotisme buccal qui permet au nouveau-né d'équilibrer ses frustrations, ce qui donne son plein sens à la métaphore de Winnicott: "jouer seul" mais aux pieds de sa mère. Ainsi le bébé peut jouer avec ses mains à condition qu'il se sente comme continuellement existant. Ce processus de subjectivation dont je viens de briévement rappeler les fondements se manifeste déjà quand le nouveau-né se fouit contre la poitrine de sa mère, il réalise un comportement programmé et il contribue à la construction de la cavité primitive de la mère qui implique aussi bien les voies digestives du bébé que les doigts de la mère qui caresse souvent pendant la tétée les 10

doigts de son prince: celui-ci a encore bien du mal à distinguer dans quelle cavité primitive que les suçotements de ses doigts contribuent à constituer les doigts de sa mère qui retiennent les SIens. Voilà où j'en suis arrivé grâce au travail qu'a suscité l'amitié qui nous unit et je suis maintenant prêt à vous suivre avec vos lecteurs sur le chemin du CHaD.
Avec l'expression de mes meilleurs souvenirs.

Serge Lebovici

Chapitre 1

LE DEVELOPPEMENT

DU CHaD

A l'occasion de la sortie de mon deuxième livre sur les dessins d'enfant, j'étais invitée dans un club de vacances pour faire des conférences. Beaucoup de vacanciers me demandèrent d'interpréter les dessins de leurs enfants. Cela ne m'emballait pas beaucoup car l'ambiance et les circonstances ne convenaient pas à ce genre d'étude. Pour me dégager de leur demande,je lançai ce que je croyais être un défi: pourquoi pas vous, les parents? Quelle ne fut pas ma surprise, ils acceptèrent tous. Et pendant trois mois, comme le roi saint Louis qui rendait la justice sous son chêne, je fis de la psychologie sous un cocotier... Mais comment s'y prendre? II fallait que je parte du dessin, c'està-dire de ce que je connaissais. J'ai donc essayé les quelques techniques projectives de dessins que je savais: le test du gribouillis, le test de l'arbre, le dessin libre... Tout cela ne donnait pas grandchose, car les conditions d'examen n'étaient pas faciles à respecter (manque de concentration dO au bruit ambiant) bien que l'ambiance restât bonne car les conditions de test étaient loin d'être respectées. J'étais surprise de constater l'intérêt que ces vacanciers portaient à toutes ces consignes. Malgré une bonne 13

volonté réciproque, j'avais toujours affaire à un adulte coincé. Après deux jours de tâtonnement, je me suis dit finalement que cet adulte que j'avais devant moi avait été un enfant. L'ambiance vacances y aidant, je décidais de ne leur demander qu'un dessin, le dessin qu'ils faisaient le plus souvent quand ils étaient petits.

LE DESSIN D'ENFANCE

(C)

Cette nouvelle consigne plut immédiatement, mais à plusieurs reprises j'entendis: Là en fait je mettais du vert, ici du rouge, etc... et je compris rapidement l'incongruité qu'il y avait à demander un dessin d'enfance avec un seul crayon noir ou un feutre vert. Pour créer un climat propice à l'enfance il fallait la boîte de crayons de couleur. Les sujets prendraient plaisir à faire ces dessins,heureux de retrouver le goCitde la «madeleine de Prousb> et de leur propre enfance. N'ayant aucun code d'interprétation, je discutais du dessin avec le sujet. Je me rendis compte que le dessin d'enfance avait gardé l'authenticité d'un vrai dessin d'enfant, que le souvenir de ce dessin évoquait un contexte, un âge particulier, un moment particulier comme s'il marquait une strate importante de l'histoire du sujet. Cette spécificité caractéristique se confirma plus tard sur toutes les populations étudiées et s'est avérée être un facteur déterminant important en pathologie. Dès les premiers jours je me rendis compte que j'avais là une matière pour un test, mais un seul dessin était insuffisant. Je connaissais les difficultés de faire dessiner un adulte qui a bien d'autres moyens pour s'exprimer: dessiner ne lui sert plus à communiquer mais à décharger sa tension en gribouillant sur un morceau de papier ou sur n'importe quel support, pourvu qu'il puisse représenter ces petites figures géométriques qui ressemblent tant à des toiles d'araignées, à moins qu'il préfère reproduire à l'infini des visages ou des yeux. Mais cela se fait dans l'intimité de l'adulte et en principe on ne doit pas remarquer ces circonvolutions. Car ne dit-on pas qu'un adulte, respectable et respecté, se doit de ne pas faire n'importe quoi et de se contrôler pour ne pas se donner en spectacle... Je me rappelais le procès de L'extravagant Monsieur Deeds dans Ie film de Franck Capra: monsieur Deeds, que ses juges veulent faire passer pour fou, demande à l'un d'eux 14

de montrer le papier sur lequel il gribouille depuis le début de la séance... et le patient révèle, un vrai «gribouillage de fou». Dans ces conditions tenter de mettre au point chez l'adulte une technique projective ayant comme support le dessin paraissait une gageure. Cette expérience du dessin d'enfance me révélait avec quelle facilité on pouvait «piéger» et approcher le narcissisme du sujet. Et si je voulais ajouter un autre dessin, il fallait que ce soit un dessin qui concerne directement «le moi» du sujet, qui le mette en scène et lui donne la vedette. Alors je pensai à faire dessiner «la Main».

LE DESSIN DE LA MAIN (Ha)
Pour que l'expression de l'image du corps soit plus libre,j'interdisais au sujet de poser sa main sur le papier et de la contourner. Il y eut autant de genres de mains que de sujets. Interpréter une seule main était bien difficile et je demandai rapidement au sujet: «dessinez deux mains». Quelle ne fut pas ma surprise d'obtenir des dessins avec des fusées, des satellites, des martiens... Pour deux mains, venant de dessiner le dessin d'enfance, ces sujets comprenaient «DEMAIN», comme s'il y avait le dessin d'hier (dessin d'enfance) et le dessin de demain. Pour simplifier, je changeai ma consigne pour: «dessinez des mains autant que vous voulez...» Dès que l'on parle de la main, il vient à l'esprit une énorme symbolique gestuelle et linguistique liée à la culture et à l'affectivité. Je m'attendis à ce qu'elle soit largement représentée. En fait cette symbolique gestuelle qui repose sur la figuration d'une action est rare et quand elle apparaît, c'est de façon caricaturale: mains jointes en prières, mains allant à la rencontre l'une de l'autre, main tenant un pénis, mains évoquant un geste obscène etc... Il est probable que cette symbolique gestuelle inscrite dans la mémoire collective soit estimée trop primaire, trop facilement compréhensible et soit donc refoulée. Quand cette symbolique caricaturale apparaît, il faut l'interpréter comme une provocation où «le geste est joint à la parole». Malgré tout, dans certains cas, elle peut témoigner de la pauvreté de l'imaginaire du sujet et de son caractère primaire. En fait la caractéristique du dessin des mains était que ces mains représentaient une réelle projection du corps. Il est probable que 15

ce processus soit favorisé par deux éléments: la représentation corticale de la main a une énorme part et la technique que j'utilise est la seule qui permette de reproduire - grandeur nature - une partie de son corps puisque la feuille de papier 21 x 29,7 peut contenir deux mains de taille réelle. Avec ces deux dessins, le dessin d'enfance et le dessin des mains, qui ne demandent qu'un matériel minimum et sont réalisables en une dizaine de minutes, je pouvais dégager sur ces cinq cents cas certaines constantes qu'il me restait à rapprocher de cas pathologiques.

LAMAINQUIGENE(D)
L'étude de ces cas pathologiques, durant plusieurs années, m'amena à demander un troisième dessin, le dessin de «la main qui gêne». La première fois que j'ai vu quelque chose qui ressemblait à la main qui gêne, je n'ai pas réalisé que cela pouvait présenter un tel intérêt; c'était il y a une dizaine d'années lorsque j'étudiais ma technique auprès de jeunes délinquants en prison. Un jour que l'un d'entre eux était en train de dessiner des mains, je dus m'absenter un instant de la cellule, car on me demandait au téléphone. Quand je revins quelques instants plus tard, je ne reconnus pas la main qu'il avait commencé à dessiner; je lui demandais alors où il avait mis ce premier dessin... celui où la taille des mains était plus petite. Il me répondit que j'avais dO rêver et qu'il n'avait jamais dessiné autre chose que ces mains là... Pourtant j'étais convaincue qu'il avait exécuté un autre dessin. La cellule était petite, il n'y avait qu'une table, deux chaises et une armoire et je ne voyais rien. J'appelai un éducateur pour m'aider à trouver ce dessin: il le débusqua sous le pied de l'armoire, la feuille pliée en huit. Sur cette feuille, je revis les deux mains de petite taille, mais fait nouveau, elles avaient des menottes... Quand je demandai à leur auteur pourquoi il avait tant tenu à les cacher, il me répondit qu'il avait honte et que c'était la première fois qu'on lui avait passé les menottes. (Figure 1.1) Pour la première fois, se dégageait l'idée que le dessin de la main pouvait «gêner». Mais ce ne fut pas une raison suffisante pour que j'en tire des leçons... Plus tard, en milieu psychiatrique, j'observais que la plupart des 16

patients une fois qu'ils avaient dessiné leur dessin d'enfance et le dessin des mains, ajoutaient :Je n'ai pas fait un poing parce que je n'aime pas la violence etc. En leur demandant de ne dessiner que des mains c'était un peu comme sije les avais empêchés de continuer à dessiner la main qu'ils ne désiraient justement pas dessiner. Il y avait donc bien une main qui gênait et cela me rappela l'histoire de la main aux menottes. Au début,je me contentai de demander au sujet de me parler de cette main qui le gênait.

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Figure 1.1 Les Mains aux menottes, ou l'idée de la main «qui gêne».

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