Le N'Döep

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Français
242 pages
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Description

Avec le N'Döep, transe thérapeutique de l'Afrique de l'Ouest, c'est toute l'histoire du peuple Lébou qui est révélée. L'auteur en conte l'origine, la culture, la mystique, bases de l'étude qu'il apporte afin d'aborder la valeur thérapeutique du N'Döep. Jusqu'à la traite des esclaves au Brésil où semble avoir migré l'âme de cette culture retrouvée dans le Candomblé. Toutes ces thérapies interrogent la psychanalyse.

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Date de parution 01 février 2010
Nombre de lectures 400
EAN13 9782296240841
Langue Français
Poids de l'ouvrage 41 Mo

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COLLECTIONPSYCHANALYSE ETTRADITIONS
LE N’DÖEP
TRA N SETH ÉRA PEU TH IQ U E CH EZ LESLD UEBO U S SÉN ÉG A L
OMARNDOYE
AVANT-PROPOS
L’association et la rédaction du Grappaf ont le plaisir de pré-senter dans sa collection “Psychanalyse & tradition” les tra-vaux du professeur Omar Ndoye, qui représentent une documentation anthropologique des plus riches et peu cou-rantes sur cette thérapie qu’est leN’doëpdu peuple Lébou au Sénégal. Depuis les origines de ce peuple, il nous convie à retrouver la permanence de cette pratique outre atlantique, auBrésil en particulier,via la traite négrière d’esclaves afri-cains dans le Candomblé dont il nous offre une étude diffé-rentielle. Puis, son approche de la psychanalyse rejoint l’exemplarité même du but que le Grappaf s’est donné afin d’étudier et transmettre au sein de ses publications, les tradipratiques d’Afrique de l’ouest. Collection ouvertevoici 10ans déjà, chez L’Harmattan notre éditeur parisien. L’ouvrage du Pr. Omar N’doye est divisé en trois parties, contenant chacune une importante documentation. La première situe les Lébous du Sénégal, expose l’historique de ce peuple, ses croyances et ses pratiques psycho-théra-peutiques jusqu’à aujourd’hui. La deuxième, se présente comme une étude duN’doëpet du Candomblé, soit le chemin parcouru, du Sénégal au Brésil où l’auteur compare ces deuxpratiques si proches. La troisième enfin, reprenant l’ensemble des deuxpremières est une approche interculturelle autour de la théorie et de la pratique de la psychanalyse, dans le but d’apporter un éclai-rage à notre compréhension de médecins et de psychana-lystes face à l’étrange efficacité de ces tradi-pratiques. Toute traduction d’une culture à une autre reste certes im-possible, pourtant l’auteur a su, à partir de sa double culture nous fairevivre son contenu, et gommer un peu de ce qui nous serait autrement encore étrange, étranger, mais laissons-lui la parole.
P.-G.Despierre Psychanalyste, enseignant attaché au Département (D.E.R.) de Psychologie Médicale à la Faculté de médecine, Paris XII. 3
À la mémoire de Monsieur Daouda Seck
Avec son petit fils en 1998
N’döepkat durant un n’döep à Yoff.
Mr. Daouda Seck était guérisseur-tradiprati-cien, n’döepkat Lébou, il vivait à Bargny près de Dakar, au Sénégal. Découvert et reconnu par le Pr. Collomb, ils ont confronté leur savoir et leur culture face aux souffrances de leurs contemporains durant plus de trente ans. Daouda Seck a continué sa collaboration avec son successeur actuel Mr. le Pr. Momar Gueye chef du service de Psychiatrie de l’hopital Fann à Dakar, Sénégal.Avec le Grappaf, des échanges personnels se sont pour-suivis jusqu’à son der-nier jour, le 3 avril 2002 où il nous a quittés pour rejoindre l’univers de ses ancêtres
INTRODUCTION
Nous sommes partis à la rencontre du culte desrabset des tuurs, poussés par un désir de découvrir une approche et une utilisation différentes du corps, de la musique et de l’espace à travers la possession très caractéristique des sociétés afri-caines et orientales. Ce culte et l’ensemble des cérémonies qui le composent : Tuuru,SampetN’doëppar rapport àont surtout été étudiés leur dimension thérapeutique, du point de vue de la méde-cine et de la psychopathologie. Mais ici, nous allons plus par-ticulièrement nous attacher à mieuxcomprendre ce culte au sein de la culture qui le soutient. Pour ce faire, ilva nous falloir pénétrer la société lébou en essayant d’appréhender cette culture, ses coutumes, ses mœurs, ses fêtes, ses joies, ses douleurs, ses colères, ses pra-tiques religieuses, ses rites, ses activités mais aussi, à travers ses liens sociaux, savie quotidienne, ses goûts, ses sensa-tions, ses couleurs, ses parfums, ses parures, ses coif-fures...etc. Il s’agira de déterminer si ces évolutions, tant au niveau so-cial, géographique, économique qu’au niveau des éléments constitutifs du culte desrabs(les officiants), remettent en cause ce dernier et par là même toute la société. Car cette croyance ancestrale constitue l’identité, la quintes-sence de la société lébou, mais également une partie de sa structure politique, sociale, religieuse et architecturale. En effet ce culte a pour particularité de ne pas avoir de lieux religieuxspécifiques (comme les mosquées pour la religion musulmane, les églises pour la religion chrétienne...) ni d’ar-tifices quelconques (costumes, masques).
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Il utilise la matérialité normale du quotidien (vêtements, ac-cessoires, certains lieuxduvillage : maisons, quartiers, mer,...) comme espace et éléments des diverses cérémonies et rituels du culte alors transcendés par le caractère religieux de ces derniers. Cette dualité s’explique en partie, par le fait que le sacré et le profane ne sont pas séparés dans la société lébou régie par le religieux(l’islam en particulier). La religion (musulmane ou ancestrale) est omniprésente à tous les niveauxde la société, garante de sesvaleurs et per-mettant à chacun d’yavoir sa place et une fonction. Mais avant de définir les conséquences de ces évolutions et d’étudier la dualité duvillage, il faut avant tout comprendre ce qu’est le culte desrabset ses interactions avec la société, non seulement au travers d’une description d’unN’döepet duTuuru, caractéristiques à la fois du culte et des évolutions mais en le situant dans son contexte social ainsi que politique et religieux. Étant intervenu dans un projet de l’UNESCO qui s’intitulait La Route de l’Esclave”, et plus précisément sur le thème -Les esprits sur la route de l’esclave-, il nous a été donné l’opportu-nité d’approcher les différents ports esclavagistes, c’est ainsi que nos pérégrinations nous ont mené plusieurs fois outre atlantique, en particulier au Brésil. En assistant à des cérémonies deCandomblé, nous avons pensé au groupe béninois Boani Zumbu Kabu Ize (“Pour que vivent les enfants de Kabu”) qui nous disaient, lors de lavision d’un film sur leN’döepque nous leur projetions : “ils font comme nous”. En effet, à quelques nuances près, après la tra-versée des océans, leCandomblénous ramenait directement auN’döep. Nous aurions pu comparer leN’döepauVaudou ou à laSantériaou encore au culte Bori. Il estvrai que les Dendi, sous groupe des djerma-Songhaï couvrant le Niger, le Bénin, le Burkina-Faso et le Mali nous ont beaucoup appris. Les pouvoirs deKabu(arbre originel) utilisés dans l’initiation et chacune de ses parties (feuille, branche) correspondent à un esprit particulier lié à un initié. LesFoleys(esprits ancestraux) sont des fils deSidi Koy(celui 6
qui est invisible) et ils appartiennent auxtrois familles qui sont :Hare Koy(génie de l’eau),Béné Koy(génie du ciel) et Morou(esprit de la terre). Avec le parallélisme entreN’döepetCandombléque nous pro-posons dans la deuxième partie de cet ouvrage, c’est l’en-semble des rituels de possession, du Bénin à Cuba, que nous avonsven relief.oulu mettre Les processus sont quasi identiques, avec des actes symbo-liques très forts, ponctués par la musique des esprits, les chants, la danse, le choixdes “chevaux” parmi les initiés, la manifestation de l’esprit et la transe. D’ailleurs, la tradition ne conserve-t-elle pas dans la mémoire collective que : “Grand-mère Ndjaré est allée à Baya” et que Baya est une demeure deMAAME DJARÉsituée au milieu de la mer. Quelle curieuse coincidence rapprochant ce Baya et un autre Baya, celui-là même qui situé au Brésil est là bas au mi-lieu de la mer ? Les grands prêtres de ces cérémonies de rites de possession sont appelés différemment selon la zone géographique : n’döepkatau Sénégal,iyalorisaau Brésil,zimaau Bénin, … Le motzimavenant de “Zi ma ka” qui signifie, celui qui est ca-pable de traverser les eauxsans l’aide de moyens matériels. LeZimapeut se trouver en position d’interprète quand l’es-prit utilise une langue autre que le dendi. Cela nous fait penser à la place tenue par le psychanalyste : interprète entre le patient et son inconscient. A partir de ce constat, ainsi que beaucoup d’autres rapprochements que nous avons perçus comme significatifs, nous nous sommes demandés si ces rites-thérapeutiques ne pouvaient pas être un objet psychanalytiquement interprétable. C’est ainsi que nous proposons dans la dernière partie une étude sur “Psychanalyse et rites de possession”.
Professeur Omar Ndoye,Dakar le 14 juin 2009.
Enseignant-chercheur à l’Institut de recherches et de l’enseignement de Psychologie (Université de Dakar). Député à l’Assemblée Nationale du Sénégal.
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Daouda Seck, célèbren’doëopkatdeBargny
CHAPITRE 1
LES LÉBOUS CAP-VERT
DE LA PRESQU’ÎLE DU
Il s’agit, dans ce premier chapitre, de fournir quelques don-nées historiques, sociales, politiques et religieuses sur la so-ciété lébou afin d’en comprendre le fonctionnement et d’y situer la place de l’univers mythique et des cérémonies de N’doëpet deTuuru. Le culte desrabset l’ensemble des cérémonies qui le compo-sent, lestuurus, lesampet lendoepont, à notre connaissance, surtout été étudiés du point devue de la médecine et de la psychopathologie, par rapport à leur dimension thérapeu-tique. Andréas Zempléniya consacré sa thèse dont une par-1 tie a été publiée dans la revuePsychopathologieAfricaine. C’est l’un des rares a avoir écrit sur ce culte lébou, avec le Profes-seur Henri Collomb, Malick Sarr et moi-même.
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DONNÉES HISTORIQUES
ORIGINE ET MIGRATION - Etymologie du mot Lébou - Les Lébous fruit d’une mixité ethnique
LA MIGRATION VERS LECAP-VERT - Rappel de la situation géographique du Sénégal - La migrationvers la presqu’île du Cap -Vert - L’étape du Djolof ........... - L’installation dans la presqu’île du Cap-Vert ...
LA NAISSANCE DE LA“ RÉPUBLIQUELÉBOU
LE CAS PARTICULIER DEYOFF - La bataille contre Birame Diodo Samel ...... - La bataille contre les Jambor ........ - La bataille contre le Damel Amari Ndella Coumba....
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