Le pouvoir des maux

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"Etre différent n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même." Albert Camus

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EAN13 9782490637256
Langue Français

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Le pouvoir des maux
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Sylvain Yardin & les élèves du lycée
professionnel de « Jeanne d’Arc »
Le pouvoir des maux
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Préface par Nicolas Noguier, Président del’association Le Refuge
Lorsque Sylvain Yardin m’a proposé de préfacer cet ouvrage, j’ai été très touché.
Touché, tout d’abord, par la longue histoire qui nous lie tous les deux au Refuge depuis de nombreuses années et touché par sa belle aventure d’écrivain.
Ses ouvrages ont toujours été portés par un grand humanisme.
Celui-ci est innovant dans la forme et on image toute la richesse des mots qui ont été utilisés lors des ateliers pour définir les maux de notre société et imaginer un avenir meilleur.
Au-delà des mots, les jeunes ont pu se projeter et s’imaginer porteurs d’actions contre les préjugés et les discriminations.
Derrière le poids des maux, il y a des mots qui apaisent et derrière les mots il y a des actions. C’est ça qui est beau. C’est la force du collectif et du travail en ateliers.
Au Refuge, nous luttons tous les jours contre les maux de la société et particulièrement
l’homophobie. Tous les ans nous sommes
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confrontés à plus de 5 000 appels qui décrivent des situations souvent terribles vécues par les plus jeunes. Nous recueillons ceux qui, rejetés par leur famille n’ont plus de toi. Plus de 130 jeunes sont hébergés tous les soirs.
Les mots ne peuvent détruire les maux, mais ils sont le préalable à toutes actions et je sais que tous les participants aux ateliers et les lectures porteront de belles actions pour faire de ce monde un monde meilleur.
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Préface des professeurs porteurs du projetC’est une classe de 28 élèves de 2nde Baccalauréat Professionnel Accompagnement Soins et Services à la Personne (ASSP) qui a traité du racisme, de l’homophobie, du harcèlement, du regard sur la femme, du handicap, des discriminations et des addictions. Les jeunes ont travaillé seul ou en groupe à partir de vidéos (chansons, films, reportages…) pour ensuite prendre leur stylo et écrire leurs mots ou leurs maux sur papier.
Nous avons fait appel à Sylvain Yardin, écrivain, auteur et éditeur, afin d’animer des ateliers d’écriture avec les enseignants de matières professionnelles et générales, sur la thématique du bien vivre ensemble : le pouvoir des maux.
Ecrire, mettre des mots sur ce qu’ils ressentent a été un exercice plus ou moins difficile mais tous ont produit quelque chose. Nous les félicitons. Que leurs écrits soient retenus ou non dans ce livre, ils ont tous dépassé leurs peurs, osé s’exposer aux autres et à leurs jugements. Bravo à eux. Ils nous ont parfois surpris, étonnés par leur envie d’écrire, leurs idées, leur imagination et leur persévérance. Ils ont pu extérioriser leurs émotions, et parfois leur vécu par l’écriture.
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Travailler dans un cadre différent a été particulièrement valorisant pour les élèves. Ce projet a permis, nous l’espérons de faire évoluer les mentalités, les regards portés, tout en travaillant l’écriture, savoir fondamental à maitriser en fin de scolarité.
En tant qu’enseignantes, nous sommes attachées à toutes ces valeurs du bien vivre ensemble, porteurs de la République et nous avons à cœur de les défendre d’autant plus auprès de ces jeunes qui ont choisi une voie professionnelle pour exercer auprès de personnes dont la bienveillance, l’écoute et la tolérance sont des priorités, mais aussi parce qu’ils sont les adultes responsables de demain.
Avant de vous inviter à la lecture de ces textes forts de nos élèves, nous tenons à remercier Sylvain Yardin pour l’investissement tout au long du projet et son approche auprès des jeunes.
Trois jours intenses sur des thématiques de société fortes et poignantes, le pouvoir des maux, un projet chargé de sens sur la différence.
Salomé LAMINE et Marine GILBERT-
CHAUMONT
Professeures STMS
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Introduction
Un projet chargé de sens sur la différence, tout a fait. La différence fait également notre
culture, notre richesse, nos valeurs. Une artiste que j’affectionne, Nawell Madani, disait dans un de ses spectacles :
« Si l’on peut rire ensemble, c’est que l’on peut vivre ensemble ».
Cette phrase est tellement véridique et nouer de sens, encore…
J’ai pour habitude lors de mes interventions en milieu scolaire, pour traiter ces thématiques importantes, d’avoir une approche différente avec les élèves, ce qui permet de créer un lien, également de s’ouvrir par la suite, à l’écriture. Je ne cesse de répéter qu’être positif attire le positif, c’est cela que je retiens de ces trois jours auprès des enseignants qui m’ont soutenu dans mes idéologies sur le bien vivre ensemble, ainsi que des élèves qui ont pu ouvrir leur cœur et leur donner l’envie d’écrire. Je sais pourquoi je fais ce travail. Notre avenir, ce sont ces jeunes, ils ont les capacités, le devoir, mais surtout les moyens de réussir à faire de notre vision de la société, un monde meilleur.
« Le pouvoir des maux », ce projet reste avant tout, traiter un maximum de thématiques en l’espace de 11
trois jours, c’est pour cela que j’ai décidé d’en solliciter un en particulier, chaque demi-journée.
Je sais bien que cette intervention est très intense, épuisante et recueille un très grand effort d’écoute, de concentration comme je sais, que ces jeunes ont la possibilité d’y arriver.
C’est ce qui nous a été prouvé durant ce partage.
« Le pouvoir des maux » c’est aussi une manière pour ces jeunes d’avoir une meilleure estime de soi.
Sylvain Yardin
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Lundi 17 décembre 2018
Nous débutons cette première journée par une question toute simple qui est le thème principal du livre que nous construisons ensemble : Qu’est ce que le bien vivre ensemble ?
Le bien vivre ensemble :
Etat d’harmonie atteint par les habitants vivant dans un environnement de diversité sociale et culturelle, lorsqu’ils développent avec succès une culture de paix entre eux, comprenant le respect et l’appréciation mutuels, le bon voisinage, des relations coopératives et un désir commun de paix et d’apaisement.
Notes :
Le bien vivre ensemble repose sur le respect mutuel, l’acceptation de la pluralité des opinions, des interactions dans l’ouverture et la coopération, des relations bienveillantes, ainsi que sur le refus de s’ignorer ou de se nuire.
Selon le conseil de l’Europe, il présuppose :
* la liberté d’expression et le pluralisme des opinions ; 13
* le respect de la dignité humaine, de la diversité culturelle et des « droits des autres », afin de garantir la tolérance et la compréhension ;
* la participation de tous les citoyens aux affaires publiques, en leur donnant accès à l’information et aux médias.
Après cette définition, j’entame la présentation du projet sur les thématiques que nous allons traiter :
- La différence
- le racisme
- le handicap
- les addictions aux écrans
- les addictions en générales
- le regard de la femme
- le harcèlement
- L’homophobie
Commencer un travail comme le notre par une musique est toujours très agréable.
Un clip, une chanson, une histoire, un vécu peut être ?
« La différence » de Lara Fabian commence dans la vidéo, par un livre qui s’ouvre comme pour dire que c’est le début d’une histoire qui commence. Une vidéo tout en noir et blanc qui a pour seul but de faire ressortir des émotions. Une Lara qui se promène, découvrant des passants, des disputes surement suite à une révélation, des mains qui se serrent, des regards 14
passionnels, des personnes aux couleurs de peau différentes, des hommes qui se parlent, des hommes qui se touchent la joue, un couple avec un enfant joyeux, le tout avec Lara Fabian qui prône le respect et la différence avec ses mots. La différence mais quelle différence ? Et puis un livre qui se referme comme pour boucler une histoire informant que l’amour est plus fort que tout.
Comme à chaque atelier des mots forts sont retenus pour en faire un arbre de pensée qui sera traduit en plusieurs langues.
Le premier exercice est un texte fendu pour que ces élèves nous parlent de la différence, celle de leur choix.
La première phrase doit débuter par la première ligne de
chant :
« La différence, celle qui dérange … ».
La différence, celle qui dérange, celle qui fait fuir, celle qui fait partir.
Cette différence qui est jugée par des personnes se disant homophobes.
Tous ces regards insistants, blessants, tout cela parce que des hommes ou des femmes, discrètement se touchent la main sans trop oser.
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Tout cela pour un sentiment d’amour que les personnes dites « normaux » ne comprend pas.
Mais il ne faut pas oublier, que les personnes homosexuelles sont d’une grande sensibilité, ont un cœur qui offre tellement à autrui.
Souvenons nous de la marche des fiertés qui s’est déroulée y a quelques années, cette démence de méchanceté, d’incompréhension…
Heureusement qu’il existe des gens qui ont cette...