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Les mots et les voix

De
230 pages
À l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, cet ouvrage présente des outils de réflexion et de critique du discours des candidats. Il comprend ainsi plusieurs volets : à la partie proprement consacrée au discours des candidats, s'ajoutent des éléments de comparaison avec l'élection présidentielle de 2012 ainsi qu'avec la situation de pays étrangers. Ce livre constitue aussi une présentation des acteurs politiques de la France au moment de l'élection, en proposant une lecture critique et attentive de leurs discours.
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Bernard Lamizet
LES MOTS ET LES VOIX
Le discours des candidats à l’élection présidentielle de 2017 en France
LES MOTS ET LES VOIX
Le discours des candidats à l’élection présidentielle de 2017 en France
Communication et Civilisation Collection dirigée par Nicolas Pélissier
La collectionCommunication et Civilisation, créée enseptembre 1996, s’est donné un double objectif. D’une part, promouvoir des recherches originales menées sur l’information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D’autre part, valoriser les études portant sur l’internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d’interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l’on se réfère à l’anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à l’histoire, il s’agit de révéler la très grande diversité de l’approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l’information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants.
Dernières parutions
Alain KIYINDOU, Etienne DAMOME (dir),Terminaux et environnements numériques mobilesdans l’espace francophone,2016Eric DACHEUX,Sans les citoyens, l’Europe n’est rien. Pour une nouvelle communication publique au service de la démocratie, 2016. Alain KIYINDOU,Les sciences de l’information et de la communication. Par-delà les frontières, 2016. Fabienne MARTIN-JUCHAT et Adrian STAII (dir.), L’industrialisation des émotions.Vers une radicalisation de la modernité ?2016.Nicolas OLIVERI,Apprendre en ligne, Quel avenir pour le phénomène MOOC ?2016.
Bernard Lamizet
LES MOTS ET LES VOIX
Le discours des candidats à l’élection présidentielle de 2017 en France
Du même auteur
Les lieux de la communication, Liège, Mardaga, 1992 La médiation politique, Paris, L'Harmattan, 1998 Histoire des médias audiovisuels, Paris, Ellipses, 1999 La médiation culturelle, Paris, L'Harmattan, 1999 Le sens de la ville, Paris, L'Harmattan, 2002 Politique et identité, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2002 Sémiotique de l’événement, Londres, Hermes Publishing, 2006 Le langage politique, Paris, Ellipses, 2011 L’imaginaire politique, Londres, Hermes Publishing, 2012 L’œil qui lit, Paris, L’Harmattan, 2013 Le sens et la valeur, Paris, Garnier, 2013 L’Alientité, Paris, Mimésis, 2015 Communication et médiation, Sarrebruck, Éditions Universitaires Européennes, 2016 Sémantique et concordances, INALF, Klincksieck, 1992 (sous la dir. de J.-L. DESCAMPS; D. COSTE, B. LAMIZET, T. LEWIN, M.-A. MOCHET éds) Les langages de la ville, (sous la dir. de M RONCAYOLO, B. LAMIZET et P SANSON éds), Marseille, Parenthèses, 1997 Dictionnaire encyclopédique des sciences de l'information et de la communication(sous la dir. de B. LAMIZET et de A. SILEM), Paris, Ellipses, 1997
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-11755-3 EAN : 9782343117553
Ce livre est dédié à Maurice Tournier, qui m’a fait découvrir l’étude du lexique politique et qui fut l’un des pionniers de la lexicologie et de la lexicométrie politiques
IntroductionCe livre se propose de lire et d’analyser le discours des candidats à l’élection du président de la République, en France, en 2017. Il s’agit, ainsi, à la fois d’une analyse du discours, qui s’inscrit dans le champ des sciences du langage, d’une analyse des identités politiques, de leurs expressions et de leurs modes d’énonciation, qui s’inscrit dans le champ des sciences politiques, et d’une analyse des significations, qui s’inscrit dans le champ de la sémiotique, et, en particulier, de la sémiotique politique. Nous nous proposons de commencer par présenter ici les principaux éléments de nos méthodes de travail, afin de mieux préciser le sens de certains termes que nous allons employer et de présenter nos orientations méthodologiques. En effet, sans doute convient-il, au-delà de la dimension ponctuelle de cet essai, de lui reconnaître une dimension plus théorique : il se propose d’élaborer une méthodologie d’analyse du discours politique se situant dans le champ d’une réflexion que nous avons engagée il y a maintenant un certain temps sur les identités politiques. Penser les identités politiques suppose une forme de triple exigence. La première est de les situer dans le champ d’une confrontation. Ce que J. Habermas appelle, de façon désormais connue,l’espace public, ce n’est pas seulement un espace d’élaboration et de diffusion des médias : c’est aussi – et, peut-être surtout – un espace de débat et, donc, de confrontation d’engagements politiques opposés les uns aux autres. En effet, tandis que les identités singulières et psychiques se fondent sur ce que Lacan appelle lestade du miroir, sur l’identification symbolique à l’autre au cours de l’échange des paroles et des signifiants, les identités politiques se fondent, au contraire, sur la confrontation, sur l’opposition : c’est en s’opposant à des acteurs politiques
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de droite que les acteurs politiques de gauche expriment et définissent l’identité politique dont ils sont porteurs, de la même manière que c’est en traçant la frontière qui les sépare que les pays instituent leur identité politique dans l’espace des nations. Une deuxième exigence de notre travail est une réflexion sur le concept même d’identité tel qu’il se situe dans une échéance électorale. C’est qu’une élection est un moment particulièrement important de confrontation des identités car elles sont opposées les unes aux autres dans la recherche d’un pouvoir. L’institution, en Franc, du suffrage universel pour l’élection du président de la République, en 1962, n’est pas seulement à situer dans le champ des institutions et du politique : sans doute ne peut-elle pleinement se comprendre que si on la situe aussi dans une histoire des médias et des représentations. L’époque où de Gaulle institue le suffrage universel pour l’élection présidentielle après le succès du référendum qu’il propose est, en effet, l’époque du développement de l’usage politique de la télévision dans le champ politique, et, avec elle, l’époque du développement de l’image et, donc, de la personnalisation du pouvoir et de sa représentation. Finalement, si de Gaulle propose que le président de la République soit désormais élu au suffrage universel, c’est, sans doute, aussi pour manifester sa maîtrise des médias – comme le fera en même temps, mais surtout après, F. Mitterrand. La troisième exigence dont notre entreprise est porteuse est d’instituer un espace symbolique du politique : si le politique est le champ des confrontations qui opposent les uns aux autres les acteurs, les pouvoirs et les institutions, il s’agit aussi d’un champ de représentation, de discours, de communication et d’information : il se produit des échanges symboliques dans l’espace du politique. C’est pourquoi il est important de penser une dimension symbolique du politique, c’est-à-dire d’y situer
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l’élaboration et l’échange des significations au-delà des événements qui impliquent les acteurs qui s’y engagent. En analysant les discours élaborés et échangés au cours de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, nous nous proposons de penser une analyse du discours, mais aussi une place de l’instance symbolique du politique, de nature à donner toute sa dimension et toute sa signification au concept dereprésentation, au-delà de la dimension institutionnelle de ce concept. La représentation, en-dehors de la signification politique de cette notion qui permet de comprendre la logique du vote et de la désignation démocratique des porteurs du pouvoir, désigne l’inscription du politique dans le champ du symbolique et du langage. La représentation, c’est l’introduction de la logique de la signification dans le champ politique, au-delà des pratiques sociales et des diverses modalités de l’exercice réel des pouvoirs. C’est pourquoi il est essentiel de penser une sémiotique des discours électoraux, pour comprendre la complexité et la pluralité de leurs significations en explorant les logiques multiples de leur énonciation – y compris, sans doute, comme nous tenterons de le faire, en tentant d’élaborer une dimension inconsciente de cette sémiotique des identités politiques. C’est à quoi nous allons nous employer en étudiant les diverses identités qui se seront exprimées au cours de cette campagne électorale de 2017 et en les situant dans l’histoire et dans la philosophie politique des mouvements dont elles se soutiennent. C’est que l’énonciation du discours politique est complexe, se situant à la fois dans le champ des expressions du psychisme de l’énonciateur, qui est une personne, et dans celui des expressions de l’engagement politique dont il est porteur, qui se fonde sur une dimension collective. En articulant, ainsi, une dimension singulière et une dimension collective du
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