Les mythes féminins et leurs avatars dans la littérature et les arts

Les mythes féminins et leurs avatars dans la littérature et les arts

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Livres
169 pages

Description

La littérature et les arts réifient les attentes de l'humain dans des oeuvres de création où les archétypes se ramifient en autant de hèmes pour ensemencer les personnages, les faits et les phénomènes. Les mythes enrobent ainsi toute fiction et toute projection, toute idée et tout devenir des êtres, toute construction d'une société. N'est-ce pas ainsi que notre hyper-modernité crée ses mythes au sens des "Mythologies" de Roland Barthes ?

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Date de parution 03 décembre 2018
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EAN13 9782336857688
Langue Français

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Aiviane Koua Les mythes féminins et leurs avatars dans la littérature et les arts INDIGO
Sommaire
Couverture 4e de couverture Titre Sommaire Copyright REMERCIEMENTS Prof. Bertrand Westphal PRÉFACE Viviane Koua INTRODUCTION Daniel ARANJO Quatre mythes féminins (Clytemnestre, Cassandre, Sapphô, Antigone) : témoignage d’un poète et dramaturge Mahdia Benguesmia Le mythe feminin grec comme substrat ideologico-esthetique de l’œuvre de Kateb Yacine Elisa Carandina Au nom de la mère : performance et performativité dans la nouvelle Hi Yosef de Nurit Zarhi Sophie Coudray Black medeas et imaginaire anti-colonial Fatima-Zohra EL Aïhar Hedibi Djazya, l’hilalienne dans le roman algérien d’expression arabe Sébastien Galland Pasolini et les visions de medee Sandy Heinrich Eve et Lilith, une exégèse genesiaque entre justification du patriarcat et revendications féministes Caroline Gondaud Relectures contemporaines du mythe de Griselda Viviane Koua Des avatars africain et américain de Médée dans la guerre des Calebasses de Pabe Mongo, un chant écarlate de Mariama Bâ et The Wingless Victory de Maxwell Anderson Hemlata Giri Loussier Une version féminine du mythe de Mahābhārata en littérature indienne contemporaine : enjeux et critiques sociétaux de la réécriture du mythe féminin Nada Ouerghi, Gilles Methel Le mythe des stars et leurs avatars dans la publicité : existence post-mortem de Marilyn Monroe et de Dalida, de la représentation numérique à la presence holographique Dr. Zineb Ouled Ali Le mythe de la femme fatale dans Les Orientales de Victor Hugo entre enchantement et desenchantement Luísa Pesché Le mythe de la femme fatale dans Hilda Furacão de Roberto Drummond : une analyse herméneutique Salomé Paul Médée antique et moderne : de la femme contre-nature à la femme libre
Marcin Skibicki « L’éternel féminin nous attire vers le haut » – muses, séductrices et femmes fatales dans l’art de l’affiche illustrée du XIXe siècle Małgorzata Sokołowicz « D’invisibles étincelles qui enflammaient les hommes ». Hérodias de Gustave Flaubert ou le mythe de la séductrice orientale Viviane Koua CONCLUSION GÉNÉRALE
© INDIGO, 2018 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris EAN Epub : 978-2-336-85768-8
UEMEUCIEMENTS
Je tiens à remercier mon ami et frère le Professeur Diandué Bi Kacou Parfait pour son soutien infaillible. Un grand merci à mon très cher Directeur de Thèse, Professeur Westphal qui a toujours été une source d’inspiration pour moi. Un grand merci à mes mentors : les Professeurs Curtis Jolly et Samia Spincer, à Mgr J-S Emien et à tous ceux qui de près ou de loin m’ont encouragée. Merci infiniment à mes chers collègues qui ont bien voulu apporter leur contribution à ce projet sur les mythes féminins. Sans vous, il n’aurait pas vu le jour. Glory be to God Dr. Viviane Koua
PRÉFACE
Prof. Bertrand Westphal Qui sait si les Grecs avaient imaginé un jour qu’on continuerait de parler si longtemps de leurs mythes dans un monde gigantesque dont ils n’auraient pu mesurer l’ampleur ? Le mythe était après tout un simplemython du feu, le soir, pour se, un récit que l’on se racontait quelquefois au coi distraire des labeurs du jour ou, lorsque l’occasio n s’y prêtait, qu’on interprétait dans des amphithéâtres. Comment les Grecs auraient-ils pu co ncevoir qu’Ulysse resterait le grand héros des aventures de l’esprit trois mille ans plus tard ? E t dire que les lieux monstrueux où il a accosté sont depuis des lustres d’innocents hauts lieux du touri sme méditerranéen, loin des Cyclopes, de Charybde et de Scylla, des Lestrygons, loin même de leur inquiétant souvenir. La même stupeur se lirait sur le visage de tous ceux et de toutes celles qui jadis ont conçu les récits premiers, en Inde, par exemple – quid du sage Vyasa, auteur légendaire duMahabharata ?– mais aussi dans d’autres sites méditerranéens que la Grèce, ou, pour faire court, à travers toutes les cultures du globe, si riches, si variées. A vrai dire l’étonnement des uns et des au tres se situerait ailleurs que dans la prise de conscience de la pérennité des récits. Il surgirait plutôt au contact d’un monde infiniment plus vaste qu’il n’y paraissait de prime abord. Mais il n’est pas que le rusé Ulysse ou Arjuna le brave. Le panthéon mythique était peuplé de personnages extraordinaires. Beaucoup d’entre eux o nt survécu à l’usure du temps. Ils étaient, comme on dirait aux Etats-Unis,larger than life: ils ont franchi les limites d’une existence dont ils débordaient allègrement le cadre, ils ont vécu plus longtemps même que la civilisation qui les a enfantés. Ils sont encore nombreux aujourd’hui. Parmi ces personnages, il est une pléthore de figures féminines que la culture de notre temps n’a pas oubliées. Ces femmes mémorables se sont illustrées partout. D ans la Bible, c’est Eve et c’est Lilith, mais c’est aussi Rachel, Hérodiade et Marie de Magdala, auxquelles on n’a pas réservé le meilleur des sorts, loin s’en faut. En Grèce, il faut bien dire que c’est la dimension tragique qui durablement a frappé les imaginaires, comme si les éclats de rire n’avaient pas mise dans un environnement primordial où le verbe était en train de se créer. On retrouve les héroïnes à Thèbes, où on leur interdit d’enterrer leur frère : et c’est Antigone. On les retrouve à Mycènes, où elles sont à la fois bourreau et victime : et c’est Clytemnestre et Electre, dont la sombre et magnifique histoire a été adaptée à maintes reprises – et notamment dans un film qui, à mon avis, constitue l’une des plus belles transpositions cinématographiques du mythe grec :Electrade Michael Cacoyannis, qui (1962), évoluait à la croisée des chemins, entre Hollywood et Athènes, où il était Mihalis Kakogiannis et lisait Euripide.
*
Parfois, il était plus délicat de rattacher le nom de ces femmes à une seule cité. En Grèce, deux noms me viennent justement à l’esprit, auquel, à vr ai dire, il conviendrait d’ajouter celui d’un collectif fameux : les Amazones, génies tutélaires des frontières du monde, que l’on déplacerait plus tard jusque sur les rives du plus grand fleuve d’Am érique du Sud, voire jusque sur l’île qu’était censée être la Californie. Il y aurait aussi Europa et Io... Le premier de ces grands noms est celui d’Iphigénie, sœur d’Electre, fille d’Agamemnon, qui la sacrifia aux dieux afin d’assurer un vent favorable à la flotte grecque qui s’apprêtait à appareiller vers Troie. Enfant de Mycènes, Iphigénie fut offerte en sacrifice. Pour les uns, elle mourut : c’est alors l’histoire d’Iphigénie en Aulide. Pour les au tres, elle survécut, car les dieux, l’ayant prise en pitié, mirent à sa place une biche sur l’autel. La vie d’Iphigénie fut épargnée mais son exil fut lointain, extrême, du côté de ce que nous appellerions aujourd’hui la Crimée : c’est alors l’histoire d’Iphigénie en Tauride. On avait commencé à mettre du mouvement dans le récit et dans l’aventure qu’il narrait. L’autre nom est bien entendu celui de Médée, princesse et « magicienne », voire « sorcière », des qualificatifs qui ne veulent rien dire. Sans doute n’avait-elle pas envisagé de quitter la cité de son