Malaise dans la psychiatrie
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Le malaise épistémologique actuel dans la psychiatrie provient de ce que la psychiatrie a perdu sa polarité entre un pôle scientifique et un pôle plus métaphysique. En effet, les neurosciences occupent le champ théorique et dominent tous les autres courants. Pour surmonter ce malaise, Saïd Chebili propose une nouvelle figure du savoir avec la restitution de la polarité. Il décrit ce que ces deux pôles peuvent être.

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Date de parution 01 mai 2012
Nombre de lectures 18
EAN13 9782296491748
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MALA)SE DANS LA PSYC()ATR)E
Epistémologie et Philosophie des Sciences Collection dirigée par Angèle Kremer-Marietti La collectionÉpistémologie et Philosophie des Sciencesréunit les ouvrages se donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques, et offrant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que "force", "vitesse", "accélération", "particule", "onde", etc. Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une réflexion capable de répondre, pour toutsystème scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement la recherche scientifique considérée. 1) Quelles sont lesprocédures, les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur des résultats ? 2) Quel est, pour le système considéré, lestatut cognitif des principes, lois et théories, assurant la validité des concepts ? Dernières parutions
Joseph-François KREMER,Les grandes topiques musicales. Panorama d’un parcours anthropologique, 2012. Hiroshi MORI,Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon (réunion du texte, introduction et actualisation par Juliette Grange), 2012. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : les dessous de la recherche dans les « cahiers » de Paul Valéry,2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry,2011. Antonella CUTRO,Technique et vie, Biopolitique et philosophie du bios dans la pensée de Michel Foucault, 2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Du rationnel à l'inconscient dans les «cahier» de Paul Valéry, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,De l'inconscient au conscient. Psychanalyse, science, philosophie, 2010.
Saïd Chebili
MALA)SE DANS LA PSYC()ATR)EPréface d’Angèle Kremer-Marietti
Du même auteur Figures de l’animalité dans l’œuvre de Michel FoucaultȋͳͻͻͻȌ, Paris, L'(armattan, collection « L'Ouverture philosophique », ͳͷ͸ pages La tâche civilisatrice de la psychanalyse dans l’œuvre de FreudȋʹͲͲʹȌ, Paris, L'(armattan, collection « L'Ouverture philosophique », ʹ͵͹ pages Foucault et la psychologieȋʹͲͲͷȌ, Paris, L'(armattan, collection « Epistémologie et Philosophie des Sciences », ͵ͲͶ pages Une histoire des critiques philosophiques de la psychologieȋʹͲͲͺȌ, Paris, L'(armattan, collection « Epistémologie et Philosophie des Sciences », ͵ͳ͸ pages © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96727-4 EAN : 9782296967274
PREFACE
Dès l’entrée en matière, l’auteur annonce son intention épistémologique de travailler à élucider les requisits théoriques de la pratique psychiatrique. C’est pourquoi il commence par poser la question de l’intervention hégémonique des neurosciences dans le panorama scientifique de notre époque. C’est le thème majeur du premier des quatre chapitres qui tentent d’articuler, à travers l’histoire et l’évolution de la discipline psychiatrique, de Pinel à Ey, une nouvelle polarité, partagée entre le pôle protéiforme des neurosciences et celui plus hétérogène de la maladie mentale, étant donné la composition éventuelle de cette dernière, liée qu’elle est aux nombreux vecteurs diversifiés qui peuvent la constituer. Entre autres finalités, la proposition épistémologique de Saïd Chebili ménage celle de régler le « malaise dans la psychiatrie », qui fait le titre de cette publication. En quoi ce « malaise » peut-il bien consister ? Comme on peut le prévoir, il est donc pour Saïd Chebili essentiellement épistémologique. Il faut dire que le présupposé de l’auteur concerne le rapport étroit entre psychiatrie et philosophie, d’ailleurs souvent mentionné dans le titre des ouvrages des maîtres de la psychiatrie. Or, cette polarité quasi originaire a été peu à peu supprimée par une évolution de la discipline vers un mode d’approche inspiré des sciences naturelle – ségrégation regrettable aux yeux de l’auteur, car elle a privilégié l’approche des neurosciences centrées sur le cerveau, l’unipolarité de la psychiatrie entraînant fatalement une perte de sens critique. S’attardant au grand moment de l’organo-dynamisme, Saïd Chebili analyse la tentative de
I
synthèse propre à Henri Ey, qui cherchait à supprimer tout dualisme, alors même qu’il était lui-même fort intéressé par la philosophie. Saïd Chebili dénonce les méthodes neuroscientifiques telles qu’elles risquent d’être appliquées à la maladie mentale, les chercheurs y utilisant sans discernement le même processus causal que, par exemple, dans les travaux sur la mémoire ou la cognition et finissant par réduire la maladie à une chimie complexe. De plus, la notion même de causalité relative aux étants de la pensée ne peut guère convenir, par exemple, dans le cas des hallucinations qui ne sauraient être soumises à la quantification. Et la particularité de causalité univoque, qui est celle des neurosciences, n’a guère de chance d’expliquer une émotion par des phénomènes cérébraux. Alors, la causalité invoquée n’est autre qu’un réductionnisme, tandis que le cérébral n’est finalement pas l’équivalent du mental ; il y manque manifestement la notion du sens. Et, d’une manière générale, il semble difficile d’admettre que la thèse du parallélisme, qui est celle des neurosciences, soit directement utilisable en psychiatrie. Toutes les pathologies obéissent-elles à la causalité majeure du cerveau ? Tel ne semble pas être le cas pour Saïd Chebili. Si l’on parcourt l’histoire du développement de la psychiatrie moderne, on la voit commencer avec le polymorphisme théorique sous le nom de Pinel. Les deux méthodes successives, philosophique et physiologique, développées dans les deux éditions, de 1799 et de 1801, du Traité de Pinel méritent un examen des plus fructueux, auquel se consacre Saïd Chebili. Même différentes, les deux méthodes s’appuient sur des thèses de philosophie : la première sur la philosophie de Condillac, la seconde sur celles de Locke, de Cabanis, mais également de Condillac. La pratique de l’analyse est généralement privilégiée par Pinel qui, nous dit l’auteur, utilise une procédure comparative. Alors que la physiologie finit par dominer dans la suite de l’évolution psychiatrique, elle n’exclura pas la possibilité d’autres théories. D’ailleurs, divers courants habitaient l’œuvre de Pinel.
II
De nombreuses pages sont dédiées à Gall. Nettement démarqué des physiognomonistes, Gall étudie en anatomiste le cerveau qu’il considère comme l’organe par excellence des facultés humaines, mettant en avant tout d’abord la notion de structure qui détermine l’organisation à partir de la maturation de laquelle seulement sont rendues possibles fonctions et facultés. Après une étude du sensualisme de Gall, proche de celui de Condillac, est analysée sa conception à deux pôles de l’être humain ainsi nanti d’une organisation mixte : d’une part, un être animal agissant par lui-même et, d’autre part, un être moral doué d’organes et de facultés supérieures innées. Sur la base de cette conception, Gall tire un programme criminologiste minimaliste, Dieu étant par essence le seul juge de l’humain. Après l’examen exhaustif des facultés humaines, qui est celui de Gall, se trouve posé le double problème de l’unicité de l’âme et de la pluralité des facultés, ces dernières n’étant que les dénominations de groupes d’activités particulières. Le schéma des facultés a été complexifié par Kant, mais Gall sera plus proche du système leibnizien et de la philosophie écossaise. Malgré sa modernité et la richesse de ses analyses, Gall n’est pas aussi moderne que le prétend Fodor. Vient ensuite Broca continuant la filiation phrénologique de Gall, mais avec une méthodologie plus précise que celle, empirique, de Gall. Connu grâce à la Société d’anthropologie, Broca raisonne selon le schéma causaliste au niveau anatomique et physiologique. Attaché à l’étude du langage articulé et de l’aphasie, il espère découvrir le siège des différentes lésions du cerveau : ce qu’il tentera de réaliser en procédant à l’examen anatomophysiologique du cerveau d’un de ses patients devenu célèbre, Tan, dont il pourra comparer les résultats avec ceux d’un autre cas exemplaire, celui de M. Lelong, qui confirmera certaines de ses hypothèses. S’appuyant sur la clinique, Broca partait des troubles pour remonter aux localisations. Enfin, Morel, d’une éducation à la fois psychiatrique et anthropologique, apportera une théorie de la dégénérescence, principale cause de l’aliénation, avec certaines idées inspirées de Gall et de Blainville, comme de Lamarck. C’est Magnan qui confirmera une théorie qui, d’ailleurs, n’exclut pas les localisations cérébrales.
III
Nous disions tout l’intérêt de l’auteur en faveur d’Henri Ey, auquel Saïd Chebili rend un hommage soutenu pour avoir occupé le devant de la scène, autant du point de vue clinique que théorique. L’auteur s’intéresse essentiellement à la problématisation illustrée par Ey et à la tension que recouvraient ses propres positions. L’organo-dynamisme a été posé par Ey comme la conciliation de deux versants opposés, l’organogenèse et la psychogenèse. Pour Saïd Chebili, l’originalité d’Henri Ey consiste en ce qui a été son insertion dans une tradition philosophique et en sa préoccupation majeure du problème philosophique de l’union de l’âme et du corps, dont il aurait appliqué sa solution à la psychiatrie. Du moins est-ce le propos d’une Monographie de 1938, proposée par Ey, où il exprime un dépassement de la contradiction des thèses du mécanicisme et du psychodynamisme. Le problème de l’union de l’âme et du corps est abordé par Ey dans le présupposé d’une « science des relations réciproques de la neurologie et de la psychiatrie ». Partant, dès le principe, des thèses du neurologue britannique dénommé Jackson, Ey voulut d’abord les appliquer à la psychopathologie. En fait, voulant faire de la psychiatrie une science, Ey l’aurait rattachée aux sciences de la nature, mais en voulant éviter le mécanisme strict. Ey publia une série d’études, après le colloque de Bonneval de 1946, qui opposa sa propre thèse organiciste à la thèse de Lacan sur la causalité psychique. Saïd Chebili constate chez Ey un vocabulaire d’inspiration phénoménologique : ni moniste ni dualiste, sa description des troubles n’est ni exclusivement organique ni exclusivement psychogène. Enfin, une dernière évolution des thèses d’Henri Ey se manifeste dans la conception du « corps psychique » qui, situé au-delà de l’opposition entre le psychique et le somatique, apparaît comme un modèle « animé d’une téléologie transcendantale » : une occasion de plus, pour Saïd Chebili, de montrer comment Henri Ey échappe au dualisme, cette fois avec une théorie immanentiste comparable à celle de John Searle. Ayant, semble-t-il, méconnu la pensée freudienne, Ey aurait également méconnu la pensée cartésienne : telles sont les critiques explicitées par l’analyse des textes d’Henri Ey, qui est conduite par Saïd Chebili qui, dans la foulée, procède à une relecture
IV
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