Mémoire d'un peuple

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Mémoire d'un peuple Chronique de la Résistance au Maroc (1631-1993) LE MAROC A L'HARMATTAN (1992-93) BRACHET Philippe: Corruption et sous-développement au Maroc, 200p. Dialogue judéo-islamo-GHILLET Andrée: Dieu aime celui qui aime les dattes - chrétien. préface de M. Duval, 238p. LAGARDÈRE Vincent Les Almoravides jusqu'au règne de Jusuf B. Tasfin,24Op. Bilan et perspectives. 176p.LEGUIL Alphonse: Structures prédicatives en berbère - Hassan II faceMONJIB Maâti: La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir - à l'opposition nationale. De l'Indépendance à l'état cf exception. préfacé par Gilles Perrault. 367p. Hassan II et Mitterrand. des rapportsSOUHAlLI Mohamed: Le Roi et la Rose - équivoques. 144p. TAIFI Miloud: Dictionnaire Tamazight-français (Parlers du Maroc central), 879p. Ete. MODMEN DIOURI MÉMOIRE D'UN PEUPLE Chronique de la Résistance au Maroc 1631-1993 L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 - Paris Du même auteur Réquisitoire contre un despote, Albatros, 1972.-Réalités marocaines, Jaca Book-L'Harmattan, 1987. - Chronique d'une expulsion annoncée, L'Harmattan, 1991. -A qui appartient le Maroc? L'Harmattan, 1992. Photo de couverture: une manifestation au Maroc contre le protectorat français (archives nationales). @ L'Hannattan, 1993 ISBN: 2-7384-1592-X «Le mépris trahit l'Histoire et mutile le Monde. Les tout-puissants fabriquants d'opinion nous traitent comme si nous n'existions pas ou comme si nous étions des ectoplasmes imbéciles.

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Date de parution 01 janvier 1993
Nombre de lectures 360
EAN13 9782296272163
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

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Mémoire d'un peuple
Chronique de la Résistance au Maroc
(1631-1993)LE MAROC A L'HARMATTAN (1992-93)
BRACHET Philippe: Corruption et sous-développement au Maroc, 200p.
Dialogue judéo-islamo-GHILLET Andrée: Dieu aime celui qui aime les dattes -
chrétien. préface de M. Duval, 238p.
LAGARDÈRE Vincent Les Almoravides jusqu'au règne de Jusuf B. Tasfin,24Op.
Bilan et perspectives. 176p.LEGUIL Alphonse: Structures prédicatives en berbère -
Hassan II faceMONJIB Maâti: La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir -
à l'opposition nationale. De l'Indépendance à l'état cf exception. préfacé par
Gilles Perrault. 367p.
Hassan II et Mitterrand. des rapportsSOUHAlLI Mohamed: Le Roi et la Rose -
équivoques. 144p.
TAIFI Miloud: Dictionnaire Tamazight-français (Parlers du Maroc central), 879p.
Ete.MODMEN DIOURI
MÉMOIRE D'UN PEUPLE
Chronique de la Résistance au Maroc
1631-1993
L'Harmattan
5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 - ParisDu même auteur
Réquisitoire contre un despote, Albatros,
1972.-Réalités marocaines, Jaca Book-L'Harmattan, 1987.
- Chronique d'une expulsion annoncée, L'Harmattan, 1991.
-A qui appartient le Maroc? L'Harmattan, 1992.
Photo de couverture: une manifestation au Maroc contre le protectorat français
(archives nationales).
@
L'Hannattan, 1993
ISBN: 2-7384-1592-X«Le mépris trahit l'Histoire et mutile le Monde.
Les tout-puissants fabriquants d'opinion nous
traitent comme si nous n'existions pas ou comme si
nous étions des ectoplasmes imbéciles. L'héritage
colonial contraint ce qu'on appelle le tiers monde,
habité par des gens de troisième catégorie, à
accepter de faire sienne la mémoire de ses vainqueurs, à
acheter le mensonge étranger et à l'employer
comme s'il était la vérité même. (...) Nous pouvons être
un écho, jamais une voix, et ceux qui commandent
vantent notre talent de perroquets.
Nous disons Non: nous refusons d'accepter ceue
médiocrité pour destin.
Nous disons Non à la peur. Non à la peur de dire, à
la peur de faire, à la peur d'être.»
Eduardo Galeano, discours prononcé à la séance
inaugurale des journées «Le Chili crée»
à Santiago du Chili en juillet 1988
(Amérique: la dicouverte qui n'a pas encore eu lieu,
Messidor, 1992)Maroc et Sahara occidental
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AI Index : MDE29101193/FAVANT-PROPOS
Voici qu'encore une fois, on voudrait réduire l'histoire du Maroc à la
mémoire trafiquée d'un seul, à vrai dire dictateur-sultan-roi-émir «de métier»
comme il se plait lui-même à le préciser. Et voici qu'encore une fois, on voudrait
recouvrir la mémoire collective du peuple d'un épais linceul, l'abandonner derrière
un mur d'oubli, la livrerà l'obscurité. Une tentative d'assassinat devenue une
habitude, mais on sait bien qu'un pouvoir qui n'existe que par la terreur et le
crime a besoin pour étayer sa très fragile légitimité, et durer, d' affinner une
existence «historique» aux yeux de ses sujets et des puissances du monde.
On sait aussi qu'à suivre le regard du <<maitre»,quel qu'il soit et sous toutes
les latitudes, on perd de vue l'opprimé là où il échappe à ce regard, où il excède
les forces de ce pouvoir -là où il résiste. Et l'histoire du Maroc sous la botte
des sultans Alouites, est celle de l'exploitation, de la misère et de la résistance.
Celle du peuple créant dans la précarité du jour le jour, la maille serrée du temps
social autour duquel l'Histoire s'est faite et se fait, œuvre des femmes autant que
des hommes. Œuvre d'un peuple jamais soumis, jamais «spectateur» de
l'Histoire, mais acteur premier et fondateur de son histoire.
Ce livre est une liste d'actes et de faits, jour après jour, car il ne s'agissait pas
de remplir des blancs, mais plutôt de repasser au crayon noir les contours d'un
dessin bien tracé qu'«on» tente inlassablement d'effacer. Une liste de dates, une
chronologie où d'un regard sur le déroulement des événements, on peut voir un
autre monde en gestation.
Une accumulation des faits bruts, afin que la Résistance, la turbulence du
peuple, ses stratégies quotidiennes apparaissent comme ce qu'elles sont: des
forces d'initiative et de bouleversement. Et cela, à tout moment. Quand la
monarchie fait semblant de construire, de «développer» un pays où elle a tout cassé,
où elle pille tout, dont elle a roué de coups jusqu'à l'âme... Quand elle manipule,
manigance, corrompt les consciences et les cœurs, prive la majorité de parole, de
tout droit, d'instruction, d'eau, de pain, de toit, d'électricité. Quand le pouvoir
lâche ses chiens, bourreaux, tueurs, violeurs, et se déchaîne en massacres,
atrocités, destructions, pour que coule le sang du peuple.
Ce livre est un état de ces lieux où la mémoire affolée, folle, des sultans,
croise sans la voir celle qui fonde l'identité de la nation marocaine dans sa
multiplicité.
Comme toute tyrannie, la monarchie Alaouite perdure en s'attribuant la
force du secret, gardé figé dans le silence des complices nationalistes, dans les
silences de l'Histoire dite «officielle». Une histoire qu'elle sécrète, fabrique et
ficelle au service de sa gloire et pour sa survie. Et décrète par la voix du
«monarque» à la moindre occasion. Elle la fait écrire par «ses» historiens,
chercheurs, journalistes, écrivains, artistes, tous sous étroite surveillance. Elle en
charge également des étrangers, entre autres cet universitaire français dont
i'His7toire du Maroc est vantée depuis des mois par la presse marocaine - ce
«spécialiste de l'Afrique», qui chaque année au Mardi gras, apparait à ses étudiants
déguisé en «colon», un casque colonial surJa tête et un fouet à la main... *
Tout «secret» de ce genre est explosif, et finit par détruire ses détenteurs. Ici,
le silence tue. Et la longue marche du peuple marocain vers un monde meilleur,
dont ce livre commence à recenser les pas, consûtue sa bombe libératrice.
Tant de combats, de martyrs, de vies brisées, le fusil à la main, dans le noir
des cachots, dans l'obscure désolation de la grande pauvreté, tant de souffrances,
tant de fonnidable courage,fonnent - avec la diversitédes individus- un
ciment national définitif.
Paris, le 28 mai 1993
* DansLe Monde du 2 avril 1993, l'encadré intitulé: «Education (...) Le "folklore" de Bernard
Lugan».
8I
DES SULTANS
PAR LE DROIT DU SABRE
AUX «PROTECTEURS»
PAR LE DROIT DU CANON
Décadence économique et mise sous tutelle
(1631-1912)1521-1659
Les Saadiens, émigrés du Hedjâz arabe, battent les derniers successeurs
des Mérinides et deviennent souverains du Maroc. Leur capitale: Marrakech.
1578
Bataille des Trois Rois: les Saadiens alliés à l'Espagne et au Portugal
contre les Turcs (qui menacent d'une restauration mérinide).
1610-1672
La République des corsaires de Salé (Morisques expulsés d'Espagne en
1609 qui, pour se venger, veulent brigander des vaisseaux espagnols, et
s'attaquent à tous les autres après avoir absorbé Rabat). Ce qui n'empêche pas les
Saadiens de signer des traités de commerce (et rachat des chrétiens captifs)
avec l'Angleterre et les Pays-Bas.
10-Invasion
Les alaouites émigrés du Hedjâz arabe (Arabie) se fixèrent au Tafùalet
dans le sud saharien.
Par la manigance, la rose et la force du sabre, Moulay Rachid, fort d'une
année de mercenaires, composée-d'esclavesnoirs - prisonniers soudanais (du
Mali) rachetés en pièces d'or- conquiertle Maroc. Fès devient sa capitale.
- Destruction
Malgré l'opposition des «Chorfas», des Oulamas et des représentants de la
confrérie religieuse Dilayiin, l'invasion du Maroc par"les alaouites, se solda
par la destruction de la ville majestueuse de Sigelmassa. Aujourd'hui
Sigelmassa est gommée de la carte officielle (seul un cabaret-restaurant pour
touristes, à Casablanca, porte son nom).
1631
17 et 24 décembre
Traités signés à Marrakech entre le Maroc et la France: celle-ci ne pourra
prêter appui aux Espagnols. Des consuls français seront installés dans les ports
marocains, et les captifs libérés.
1635
Traité de commerce franco-marocain. Après plusieurs démonstrations
navales devant Salé, la France obtient une situationprivilégiée.
1672-1727
Ismai1, deuxième sultan alaouite. Sa capitale: Meknès. Célèbre pour sa
croauté. Avec son armée de 40000 Noirs, esclaves «assermentés»,il «pacifie»
le pays avec le même esprit destructeur que Rachid.
1662-1684
Tanger occupée par les Anglais.
1682
Nouveau traité de commerce franco-marocain.
1728-1732
«55 - Mort de Moulay 'Abd el-Malek et de Moulay Ahmed Ed-Dehebi:
Moulay 'Abd el-Malek, qui s'était réfugié au Tafilalet, a été livré à son frère par
les habitants de cette région. Ed-Dehebi l'a fait emprisonner à Meknès, puis l'a/ait
exécuter avant de mourir lui-même. Auparavant, ce prince avait tenté de rétablir la
paix dans ses Etats et de reprendre des relations avec les Européens. Son frère Moulay
'Abd Allah est proclamé sultan à Meknès, mais l'armée des Noirs a refusé de le
reconnaître.» (Journal de Verdun) *
Histoire du Maroc», sources françaises, Tome 2 (1728-1732), par* <<Documentsinédits sur l'
Chantal de la Véronne. Souligné par nous. .
11«70 - Lettre du Supérieur des Récollets de Meknès à ceux de Cadix:
Moulay 'Abd Allah a été victorieux d'une des principales tribus soulevées. Le
butin a été tel qu'il a fallu un «mud» pour répartir les blanquilles, et que les 5% du bétail
qui revenaient au sultan consistaient en 4000 vaches et 2000 chameaux; il a laissé les
moutons à ses soldats noirs. Ceue tribu aurait pillé un grenier à grains de son père,
aussi le souverain a-t-il décidé de le remplir des têtes des ressortissants de ladite tribu.
(Meknès, 10 septembre 1730)>> (idem)
1757-1789
Mohammedben Abdallah sultan du Maroc.
1765
Mohammed fonde Mogador pour favoriser le commerce européen; il
enferme les Espagnols dans leurs «présides».
1767
Pour libérer le commerce français de la «menacedes corsaires marocains»,
Louis XV fait négocier un autre traité réglant les rapports franco-marocains et
définissant les attributions des consuls français au Maroc. Premier «traité de
protection» entre le Maroc et la France.
28 mai
A l'article 18 du traité hispano-marocain concernant le sud de l'Oued
Noun (entre Tiznit et le Dra), le sultan reconnaît que le Sud-Ouest échappe à
son autorité- «sa souveraineténe s'étend pas jusque-là».
1769
Mohammed chasse les Portugais de Mazagan.
1792-1822
Slimane sultan du Maroc.
1808
En Algérie, naissance de l'émir Abd el-Kader à Al-Qaytana, province
d'Oran.
- Révoltes
1818
Révolte de Fès.
1822-1859
Abderrahmane sultan du Maroc.
Révoltes de Fès.
1827
Le dey d'Alger «frappe»le consul français Deval... d'un coup d'éventail.
1830
14-16juin
Un corps expéditionnaire français débarque en Algérie, à Sidi-Ferruch:
36000 hommes sous les ordres du général de Bourmont.
125 juillet
Les troupes françaises prennent Alger.
AoQt
Les Français occupent Blida, Médéa. Cette année-là, Moulay
Abderrahmane ouvre le port de Casablanca au commerce international. fi tente
des'emparer de Tlemcen.
1831
4 janvier
En Algérie, les troupes françaisesoccupent Oran.
1832
Bône (Algérie) occupée par les troupes françaises.
21 novembre
Pour lutter contre les Français, les tribus d'Oran proclament Abd el-Kader
sultan et khalife (Commandeurdes Croyants); il ne prend que le titre d'émir.
1833
Bougie occupée par les Français.
1834
26février
L'émir Abd el-Kader signe avec la France le traité Demichels qui lui
garantit la souveraineté sur la province d'Oran, le droit d'avoir des représentants
dans les villes et à Alger, de commander une année et d'acheter annes et
munitions. fi établit l'unité du pouvoir dans les régions placées sous son autorité.
1835
Avril
Abd el-Kader aux abords d'Alger.
28juin
Victoire d'Abd el-Kader, à La Macta, sur les troupes françaises
commandées par le général Trezel.
6 décembre
Prise de Mascara par les Français, qui l'incendient.
1836
Le général Bugeaud envoyé en Algérie par Louis-Philippe.
13janvier
L'année française occupeTlemcen.
6juillet
Victoire française à Sikkak.
1837
30 mai
Abd el-Kader signe avec le général Bugeaud le traité de la Tafna qui
re13conmu11asouveraineté de l'émir sur les deux tiers du territoire algérien. Il
organise l'administration et l'économie de son Etat.
13 octobre
Les troupes françaises (général Valée) prennent Constantine.
1839
Abd el-Kader refuse que le traité de la Tafna soit modifié: une expédition
française (maréchal Valée et duc d'Aumaie) traverse la province de
Constantine d'est en ouest.
18 novembre
A Médéa, Abd el-Kader proclame la Guerre Sainte contre la France.
TIenvahit la Mitidja.
1840
Mai
L'armée française occupe Miliana.
29 décembre
Le général Bugeaud nommé gouverneur général de l'Algérie.
1842
Le général Bugeaud enlèveles plus importantes forteresses d'Abd
el-Kader.
1843
16 mai
Le duc d'Aumale prend la Smala.
Bugeaud devient maréchal de France.
1844
6 août
Tanger bombardée par la marine de guerre française.
14 août
Défaite marocaine à la bataille de l'Isly (maréchal Bugeaud).
15 août
Les Français bombardent Mogador.
10 septembre
Traité de Tanger entre la France et le Maroc: le sultan Abderrahmane
s'engage à trahir (<<neutraliser»)l~émir Abd el-Kader.
1845
18 mars
Par la conventionde Lalla Marnia, la France obtient un «droit de suite» sur
le territoire marocain: délimitation de la frontière algéro-marocaine, sauf au
Sahara «puisquela terre ne s'(y) laboure pas» (article 4).
141846
Juillet
AM el-Kader, harcelé par les troupes de Bugeaud, se réfugie au Maroc; le
sultan Moulay AMerrahmane se retourne contre lui; il rentre en Algérie.
23 septembre
Victoire d'AM el-Kader sur les Français à Sidi~Brahim.
1847
23 décembre
AM el-Kader se rend au général Lamoricière et au duc d'Aumale.
1852
En Algérie, les Français contrôlent la Petite Kabylie.
1854
Les Français occupent Laghouat et Touggourtdans le Sud algérien.
1855
AMerrahmane reconnaît qu'il n'a pas d'autorité sur les Rifains. Anglais,
Français et Espagnols prennent directement contact avec les chefs locaux pour
négocier avec eux la fin de la «piraterie».
1856
9 décembre
Traité signé entre le Maroc et la Grande-Bretagne,fixant les conditions des
relations commercialeset maritimes des deux Etats.
1857
Les Français en Grande Kabylie.
1858
18 mai
Déclaration fixant les rapports commerciaux entre le Maroc et les
PaysBas et accordant aux consuls et sujets hollandais les mêmes privilèges et pro~
tection que ceux accordés à la nation la plus favorisée.
1859-1872
Mohammed sultan du Maroc.
1859-1860
Guerre entre le Maroc et l'Espagne.
1859
Expédition française au Maroc, arrêtée par le choléra.
1861
20 novembre
Traité de commerce signé entre le Maroc et l'Espagne définissant les
attributions et privilèges des représentantsespagnols au Maroc.
151862
«Paix de Tétouan»: le sultan s'engage à payer une énorme indemnité à
l'Espagne pour «racheter»Tétouan.
1863
Le Maroc signe un «traité de protection» avec la France: les étrangers
ont le «droit» de protéger et juger leurs ressortissantsau Maroc et de soustraire
à la «juridiction locale» les sujets marocains employés par leurs consuls et
leurs négociants. Règlement relatif à la «protection de Tanger» fixé par le
Maroc et la France, ainsi que la Belgique, les Etats-Unis, la Grande-Bretagneet la
Suède.
En Algérie, Napoléon III remplace le gouvernementcivil par un
gouvernement militaire qui devra «favoriserl'essor des populations autochtones».
1864
Le maréchal de Mac-Mahon nommé gouverneur général de l'Algérie pour
y appliquer la «politique du Royaume arabe».
1865
31 mai
Convention conclue à Tanger, au sujet de «l'administration et de l'entretien
du Cap Sparte!», entre le Maroc et la France, l'Autriche, la Belgique,
l'Espagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal et
la Suède.
1870
Expédition française au Maroc arrêtée par la guerre franco-allemande.
4 septembre
Chute du Second Empire en France. Le régime de l'administration civile
rétabli en Algérie. Contrôle français de la frontière algéro-marocaine.
1871
14 mars
En Algérie,AI-Moukranirassemble 150000 hommes et proclame la guerre
de libération.
18 mars
Insurrection de la Commune de Paris; deux mois plus tard: répression
sanglante.
Novembre
AI-Moukrani est tué, le mouvement pour la guerre de libération en Algérie,
écrasé.
1873-1894
Hassan 1er du Maroc. fi parcoun le pays à la tête de ses harka, va jusqu'à
Tarfaya,au sud du Dra. Il favorise les relations commercialesavec l'Europe.
16- Révolte
1873
Révolte de Fès.
En France, Mac-Mahon, président de la République (A. Thiers a
démissionné).
1878
La famine au Maroc.
1880
3 juillet
Convention de Madrid (complétée par le Règlement de Tanger du 30 mars
1881) qui codifie le «Régime des Capitulations» et l'étend à toutes les
puissances signataires: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne,
EtatsUnis, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède et Norvège.
1881
Régime de «l'Indigénat» en Algérie - politique française de
colonisation...
1882
La famine au Maroc.
1883
25-26 mai
L'émir Abd el-Kader meurt à Damas.
1885
Bombardement de Salé.
1890
Après l'expédition du sultan Slimane en 1807, le Touat est devenu
autonome; il passe sous l'autorité d'un pacha marocain Gusqu'à 1900, date de
l'occupation française).
1er juin
Traité de commerce entre le Maroc et l'Allemagne (1'Angleterre domine le
marché du thé et des cotonnades, la France vend le sucre et achète la moitié de
la laine exportée, la concurrence allemande est au troisième rang depuis 1886).
1892
24 octobre
Accord commercial entre le Maroc et la France.
1894-1907
A la mort de Hassan 1er,son fils Abdelaziz, âgé de 13 ans, lui succède. Le
chambellan Ba Ahmed, fils d'un esclave noir, devient vizir et gouverne le
Maroc pendant six ans - jusqu'à sa mort.
17- Révoltes
1899
Une mission française (commandant Calley Saint-Paul) envoyée à Oujda
pour amorcer avec un émissaire du sultan le règlement des revendications de la
France. Révoltes au Nord et répressions sous prétexte de violations de
frontière depuis 1849; à Oujda, en 1892,le makhzen a encore tenté de rétablir l'ordre
en vain.
1900-1907
Abdelaziz sultan du Maroc. Son premier acte: la confiscation de tous les
biens de Ba Ahmed.Puis il épuise le Trésor en dépenses extravagantes.
1901
Avril
Manifestationmilitaire de la marine française dans les eaux marocaines à la
suite de l'assassinat de M. Pouzet dans la région de Nador. Des «réclamations»
sont présentées.au sultan et une nouvelle police algéro-marocaine est créée:
«...une zone mixte où les autorités locales françaises et marocaines seraient
chargéesde résoudreles questionslitigieuses;puis la France aiderait le sultan
à pacifier et réorganiserla partie orientalede l'Empire.»
21juillet
La France et le sultan signent le protocole de Paris en vue «d'améliorer la
situation» à la frontière algéro-marocaine: «voisinage», douanes et police des
confins.
31 décembre
Le sultan emprunte 7,5 millions à 6% auprès de la Banque de Paris.
1902
20 avril
Accord franco-marocainsur le protocole de Paris.
7mai
Nouvel accord franco-marocainsur le même protocole.
Avril-mai
Emprunt du sultan auprès de banques espagnoles et anglaises.
Pendant que le gouverneur général en Algérie, Jonnard, applique le «droit
de suite» de la France au Maroc, permettant à l'influence française de
s'étendre sur les confins algéro-marocains;-etque le colonel Lyautey exécute
cette politique dans les confins sud-oranais, le gouvernement français
multiplie les offres d'emprunts auprès du sultan Abdelaziz.
1903
Le colonel Lyautey occupe Colomb-Béchar, installe des postes à Fortassa
et à Berguent, puis dans la Haute Moulouya. Le général Lyautey fixe la
frontière algéro-marocaine.
181904
8 avril
Delcassé, ministre français des Affaires étrangères, a. «lié la question
d'Egypte à celle du Maroc»: conclusion de l'Entente cordiale entre la France
et la Grande-Bretagne.
12juin
Le sultan du Maroc emprunte 62,5 millions à un «syndicat de banques
européennes».
3 octobre
L'Espagne adhère aux accords du 8 avril qui prévoient l'établissement
politique de la France et de l'Espagne au Maroc et ses conséquences juridiques.
1905
Mars
Visite de Guillaume II à Tanger où, dévoilant les visées impérialistes
allemandes, il fait une déclaration en faveur de «l'indépendance» du Maroc.
1er septembre
Accord secret franco-espagnol réglant le fonctionnement du traité du 3
octobre 1904.
-lnllérence mondiale
1906
16 janvier au 7 avril
Conférence internationale d'Algésiras (Belgique, Allemagne, France,
Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Autriche-Hongrie, Portugal, Russie, Suède,
Espagne, Etats-Unis): le Maroc doit connaître «l'ordre, la paix et la prospérité»
en acceptant des «réformes basées sur le triple principe de la souveraineté du
sultan, de l'intégrité de ses Etats et de la liberté économique sans aucune inégalité».
L'Acte d'Algésiras prévoit la création de la police, la répression de la
contrebande des armes, la concession d'une banque d'Etat marocaine, des impôts plus
rentables et de nouveaux revenus,un règlement sur les douanes et la fraude (dans
les ports, corps de police sousles ordres de gradés françaisou espagnols).
4 août
Suspension des relations commerciales entre l'Algérie et le Maroc, à la
demande du gouvernement français.
Le sultan du Maroc est aux abois: il a emprunté pour financer les
opérations militaires autour d'Oujda en 1905, il emprunte à nouveau pour créer un
cotps de police à Tanger en application de l'Acte d'Algésiras. Sur le point de
perdre le trône, il hypothèque les bijoux de la couronne afin que le makhzen
fonctionne quelques mois encore...
- Rébellions organisées depuis le début du siècle et qui vont durer encore: le
rogui Bou Hamra; autour de Tanger (Raïsouli); devant Mogador (Anflous);
dans le Sous (Ma El Aïnine).
191907
19 mars
Assassinat du docteur Mauchamp à Marrakech.
- Allression
29 mars
Oujda et sa région occupées par les.troupes françaises venues d'Algérie
(général Lyautey).
30 juillet
En réaction à l'arrivée des premiers contrôleurs des recettes douanières
(servant de gage à l'emprunt de 1904 à 60%) prévus à Algésiras: incidents sur
le chantier d'aménagement du port de Casablanca (9 morts européens).
- Réoression
5 août
Arrivée de l'escadre française à Casablanca:la ville est bombardée.
7 août
Des navires de guerre y débarquentdes détachementsde marins français et
espagnols (4000 hommes puis jusqu'à 6300, général Drude) pour «établir la
sécurité».Dès lors, «répressionne signifieplus que pacification».
16 août
Hafid proclamé sultan à Marrakech.
- Massacres
3 septembre
Malgré «l'armistice» demandé par les tribus de la Chaouïa, le général
Drude prend l'offensive et massacre...
11 septembre
Massacre des habitants du village de Taddert.
12 septembre
Abdelaziz quitte Fès pour Rabat avec son makhzen; il devient le sultan
des Européens...
21 septembre
Les troupes du général Drude massacrent et brûlent les villages de
SidiBrahim, Zian, Ziaïda, Zenata et Mdakra.
23 septembre
Conférence de Casablanca entre les «Français» et les notables de la
Chaouïa, acculés à la «pacification»qui s'organise dans la ville: pare
d'artillerie, bureau de la place, police des tabors,justice militaire, services de santé...
- Résistance
19 octobre
Près de Taddert, des cavaliers «hafidistes»attaquentun escadron français.
201908
1erjanvier
Prise de Mediouna par le général Drude.
5janvier
Drude remplacé par le général d'Amade qui va poursuivre la
«pacification» vers le Sud, le Sud-Ouest,l'Ouest - très violents combats.
24 novembre
Abdelaziz décide de se retirer à Tanger.
7 décembre
Par un dahir-communiqué lu dans les mosquées, Hafid accepte les
décisions de l'acte d'Algésiras (police européenne dans les ports, banque d'Etat,
travaux publics...) comme Abdelaziz... déposé pour cela.
1909
9février
Convention franco-allemande équivalant à un accord de partage
économique, la France s'engageant à maintenir l'intégrité de l'Empire chérifien.
Première guerre du Rif contre l'Espagne - campagne de 1909 menée par
Ameziane.
23 juillet
Les Espagnols repoussésjusqu'aux murailles de Melilla.
A Barcelone, véritable insurrection contre la guerre - «la semaine
sanglante».
- Résistances
27 juillet
Victoire rifaine à la bataille de l'Oued Dib (Barranco deI Lobo), désastre
pour les Espagnols, le général Pintos qui commande l'armée est tué.
L'Espagne met en route plus de 40000 hommes.
30 septembre
Bataille de Souk el-Khemis; les Rifains submergés. Le chérif Mohammed
Ameziane, pieux musulman et résistant nationaliste, se replie à l'ouest de
l'Oued Ken. Son successeur est Mohammed Ben Abdel-Krim
1910
4 mars
Accord entre le sultan et le gouvernement français «prévoyant que les
troupes françaises se retireraient du territoire marocain, sous la condition que
le gouvernement chérifien y assurerait le maintien de l'ordre».
Novembre
Dans le Rif, la zone occupée placée sous le contrôle conjoint des
Espagnols et du sultan.
211911
27 avril
Les troupes françaises sous les ordres du général Moinier partent de
Casablanca vers Fès... où Hafid est assiégépar les tribus du Nord. Nombreux
combats de Casablancaà Fès.
- Occupation
21 mai
L'année française entre dans Fès. Elle va occuper Meknès et Rabat.
1erjuillet
Guillaume II, refusant de laisser les mains libres aux Français, envoie une
canonnièreallemande-le naviredeguerrePanther
---:- dansle portd'Agadir.
Septembre
Attaques de l'année rifaine du chérif Ameziane sur tout le front tenu par
les Espagnols. Renforts espagnols acheminésd'urgence, avec le ministre de la
Guerre.
9 octobre
L'année espagnole, refoulée, repasse le Kert.
4 novembre
Convention franco-allemande:l'Allemagne obtient un accès au Congo en
échange de sa neutralité vis-à-vis de l'établissement du protectorat français au
Maroc.
Fin décembre
Dans le Rif, la nouvelle offensive du chérif M. Ameziane échoue. Les
Rifains se préparent à un grand soulèvement...
22II
DES SULTANS SOUMIS
AU DROIT DES BANQUES
La Résistance populaire
jusqu'après l'indépendance
(1912-1960)Le maréchal Lyautey, Résident général de France au Maroc, conduit le «premier sultan des
Français», l'enfant Moulay Youssef.
24- Le «Protectorat» .français
1912
30 mars
La France et le sultan alaouite Hafid signent le traité de protectorat
instituant «un nouveau régime, comportant les réfonnes
administratives,.judiciaires, scolaires, économiques, financières et militaires que le gouvernement
françaisjugera utile d'introduire sur le territoire marocain».
28 avril
Décret nommant le général Lyautey résident au Maroc.
- Révoltes
Avril-mai-juin
«Troubles graves» à Fès, réprimés par l'armée française. Hafid vend le
Maroc puis abdique.
15 mai
Le chérif Mohammed Ameziane est tué.
11juin
Décret du président de la République française définissant les pouvoirs du
«commissaire-résident général», pouvoirs qui découlent du traité de
protectorat.
13 août
Youssef,frère de Hafid, est choisi par Lyauteyet «proclamésultan»- il le
restera jusqu'à sa mort en 1927.
- Révolte
6 septembre
Le colonel Mangin (5000 hommes) affronte les troupes d'El Hiba
(proclamé sultan à Marrakech) à Sidi Ben-Othman: combat sanglant.
- Occuoation
7 sept.
Les troupes françaises entrent à Marrakech.
27 novembre
Accord franco-espagnol: la France concède à l'Espagne une zone
d'influence que l'on appelle couramment«Maroc espagnol».
1913
«Pacification» d'une grande partie du Sud marocain avec l'aide des
seigneurs féodaux. Les troupes françaises entrent dans Agadir. Le général
Mangin occupe Kasba-TadIaet Béni-Mellal; «pacifie» la région du Tadlajusqu'au
fleuve Oum er-Rébia.
25Le général Henrys «dégage» la région du sud de Meknès; «commence à
encercler» le Moyen-Atlas.
Les troupes françaises d'Oujda «à la fois progressent vers Taza et
remontent le fleuve Moulouya, de façon à opérer leur jonction avec les troupes du
Tafilalet».
- Dissidences
A la fin de 1913, il reste pour la France «quatre foyers de trouble et de
dissidence: la zone entre Taza et Fès, le bloc zaïan, le Moyen-Atlas et le Sous».
Création de la nouvelle organisation judiciaire: «Au Maroc, aucune
procédure, aucune opération judiciaire ne s'effectue autrement que sous l'œil du
juge et par son ordre. Ce juge est un magistrat français... nommé par décret du
président de la République...»
1914
- OccuDation
Mai
Les troupes du général Lyautey occupent Taza.
Juin
Lyautey occupe Khenifra, le pays zaïan.
27-28 juillet
Télégrammes des ministres des Affaires étrangères et de la Guerre au
résident général: «Ne maintenir au Maroc que le minimum de forces
indispensables, le sort du Maroc devant se régler en Lorraine...»
31 juillet
Réponse du Résident: «Garder jusqu'au bout le Maroc à la France, non
seulement comme possession, comme gage acquis, mais comme réservoir de
ressources de toutes sortes pour la Métropole.»
2 août
L'Allemagne déclare la guerre à la France.
- Levée de tirailleurs
Août
La 1ère division marocaine (S000 hommes) débarque en France.
8 septembre
Les soldats marocains engagés dans les batailles de l'Ourcq et de la Marne.
II septembre
700 survivants sur les 5000 hommes arrivés en août.
23 novembre
Proclamation du sultan «à Nos fidèles sujets qui combattent en soldats
valeureux sur le sol de France... vous avez déployé tout le zèle désirable pour
accomplir la mission que Nous vous avons dévolue...»
261915
Lyautey redoute un «soulèvement général» - il poursuit la «pacification».
Nombreux et farouches combats.
- Levée de travailleurs
700 «travailleurs coloniaux» marocains débarquent à Bordeaux.
1916
Les tirailleurs marocains à Verdun- avec le «vainqueur de Verdun», le
maréchal Pétain.
- Levée de travailleurs
1916-1918
34000 «travailleurs coloniaux» marocains transponés en France, recrutés
sur contrat pour travailler dans les usines, les mines, les champs.
1917
Après la bataille du Chemin-des-Dames, la citation décernée au régiment
marocain est signée: Mangin - le général français qui a «occupé» Marrakech
en septembre 1912.
- Révolte
1918
Grave révolte des tribus Aït Ana dans le Tafilalet évacué par les troupes
françaises qui se maintiennent dans le poste proche d'Erfoud.
Août
La 2ème division de Marocains envoyée sur le front français.
1919
Le «bloc des tribus zafannes» du Moyen-Atlas à peu près «pacifié».
Les «travailleurs coloniaux» marocains en France sont rapatriés, sauf 2 500
à 3000 autorisés à y rester. 4000 Soussis envoyés en France qui a besoin de
main-d'œuvre pour se redresser. Le courant migratoire Maroc-France de
travailleurs non qualifiés est établi. Il ne cessera plus.
1920
18 novembre
Circulaire de Lyautey dite «du coup de barre»: «Ici, nous avons trouvé un
Etat et un peuple».
Lyautey décide de ne pas occuper ni pacifier tout le Maroc mais, en trois
ans, seulement le «Maroc utile»: «...ces zones peuplées ...de dissidents actifs
...dont la possession est indispensable ...à cause de ce qu'elles contiennent de
ressources naturelles, forces hydrauliques, massifs forestiers, cheptel et
pâturages»...
Ouezzane, près de la frontière de la zone espagnole, occupée par les
troupes françaises du général Pœumirau.
Dans le Rif, la tribu des Béni Ouriaghel sous les ordres d'Abd el-Krim, se
retranche à Ajdir.
271921
Succès militaires français au sud de Taza et, dans le Moyen-Atlas, vers les
sources de l'Oum er-Rebia.
Dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France a «pacifié» le
Maroc utile, c'est-à-dire plus de la moitié du Maroc, la plus riche et la plus
peuplée, «la seule susceptible d'un important développement économique». TIlui
reste à «pacifier» ce qu'elle appelle le «Maroc indispensable» et à mettre [m
«à un lourd effort militaire».
1921-1926
Front rifainl République du Rif.
-1 ère I!uerre du Rit,.
1921
21 juillet
Victoire rifaine d'Anoual. L'émir Mohammed Ben Abd el-Krim
Al-Khattabi à la tête de l'année rifaine, écrase les Espagnols (20000 hommes sous les
ordres du général Sylvestre; 15 000 morts).
Les Espagnols envoient 140000 hommes en renfort mais, réduits à la
défensive, ils se replient sur Tétouan.
Début août
Renforts espagnols détruits au Jbel Aaruit.
Avant la fin de l'année, les troupes d'élite commandées par Milan Astray
et Franco, sont battues.
27 août
Dernier dahir (après ceux de janvier 1914 et janvier 1920) réglementant la
recherche et l'exploitation des mines au Maroc.
- OccuDation
1922
Les Français s'attaquent à ce qu'ils appellent la «tache de Taza»; combats
très meurtriers. Ils occupent Ksiba et Ouaouizarhte dans le Tadla.
1923
Abd el-Krim, Président de la République des tribus confédérées du
Rif, est à la tête d'un Etat souverain doté d'institutions constitutionnelles.
Succès français très durement acquis dans la «tache de Taza».
- Victoires
1924
Les Rifains prennent Chaouen, se préparent à l'assaut [mal de Tétouan à
l'est, de Mélilla à l'ouest. Mais au sud, les troupes françaises ont franchi
l'Oued Ouergha: la plus puissante année du moment sous les ordres du
maréchal Lyautey.
28- Ume guerre du Rif.
1925
Mai
Les Rifains font craquer la ligne des postes français (300 km). A nouveau,
stupeur dans le monde.
L'armée rifaine progresse vers Fès et Taza.
Juillet
Les Rifains approchel)t de Fès (<<l'annéedu Rifain») et d' Ouezzane; on
envisage d'évacuer Taza.
Août
«Débarrassez-nous de ce rebelle!» dit le sultan Youssef en désignant l'émir
Abd el-Krim au maréchW. Pétain qui arrive avec des renforts, et remplace
I
Lyautey. i
L'armée française (725000 hommes) opère sa jonction avec les troupes
espagnoles (100000 ho~es). L'armée populaire rifaine compte environ
75000 partisans (dont 30000 combattants en permanence) encadrés par 7 ou
8000 réguliers.
Septembre
Primo de Rivera attaque par la mer, Pétain par voie de terre. Abd el-Krim
fait des ouvertures de paix. Pétain refuse de traiter avec «un rebelle».
2 octobre
Les Espagnols prennent Ajdir.
Repli des Rifains à l'automne.
Pendant l'hiver, Abd el-Krim poursuit son action politique.
1926
26 avril-7 mai
Conférence d'Oujda. Négociations directes des autorités françaises avec
Abd el-Krim. Conditions draconiennes de la France. La guerre reprend.
Début mai
Offensive des troupes françaises en liaison avec l'armée espagnole, sur
tout le Front. Victoire française en trois semaines, grâce à l'aviation: 250
avions lâchent 1147 tonnes de bombes sur le Rif. Les bombes françaises
contiennent des gaz toxiques.
27 mai
A Targuist, Abd el-Krim se rend aux avant-gardes françaises du colonel
Corap. Exilé à La Réunion, il y restera vingt et un ans tant il fait peur aux
occupants, même après sa défaite.
Juin-juillet
Le commandement français profite de la présence de troupes nombreuses
pour «réduire la tache de Taza».
A0I2t
Les Espagnols reprennent Chaouen.
291927
Lyautey (remplacé à la résidence par Théodore Steeg le Il octobre 1925),
quitte le Maroc.
Mort du sultan Youssef. Son fils Mohammed ben Youssef, âgé de 17 ans,
lui succède. Il prend Rabat comme capitale.
- Occupation
1928
Les troupes françaises de Marrakech occupent Ouarzazate.
1929
Les Français occupent la vallée du Dadès. Avancedans le Tadla du général
de Loustal. Dans le Sud-est, le général Giraud à la tête d'un «commandement
des confins algéro-marocains»,prépare l'encerclement du Tafùalet évacué en
1918.
- Division
1930
16 mai
Le «Dabir (décret) berbère» crée en zone «berbère» des «tribunaux
coutumiers» composés par des «commissaires du gouvernement». Les tribus
«arabes» gardent le droit musulman et la juridiction du cadi. C'est «diviser
pour régner». Violente émotion parmi les Marocains. Arrestations des
«meneurs» nationalistes dont, à la surprise des Français, le mot d'ordre est: «Ne
pas être séparés de nos frères musulmans».
- Occupation
1931
Occupation du Moyen-Atlas par les Français.
1932
Le général Giraud occupe le Tafilalet.
1933
Occupation du Djebel Sargho; combats très durs au cours desquels le
capitaine de Bournazel (<<l'hommerouge») est tué.
- RébelUon
La «tache dissidente» de l'Atlas central réduite par l'action du général Hure,
des «groupes mobiles» du Tadla (Loustal), de Meknès (Goudot), des confins al~
géro-marocains (Giraud) et de Marrakech (Catroux); très violents combats.
Création d'un hebdomadaire nationaliste en français: l'Action du Peuple.
1934
Occupation de l'Anti-Atlas et de l'extrême Sud. La «pacification» est
déclarée terminée (elle ne le sera jamais) après 27 ans de guerre (1907-1934) où
l'on estime que plus de 250000 Marocains ont trouvé la mort.
L'Action du Peuple interdit Formation du Comité d'Action marocaine
(CAM) de 10 jeunes nationalistes (<<plande réformes modérées»).
301937
Le CAM se scinde en «parti national» et «mouvement populaire»;
manifestations; leaders arrêtés; Allal el-Fassi déporté au Gabon (9 ans).
1938
Le Service marocain de l'Emigration créé par dahir du 13 juillet: le
secrétariat général du protectorat passe directement des accords avec les
employeurs français et se charge d'acheminer vers la France des travailleurs
marocains.
1939
Début de la Deuxième Guerre mondiale.
4 septembre
Proclamation du sultan Mohammed Ben Youssef lue dans les mosquées:
«...avant la Convention qui Nous lie à la France, la guerre intestine régnait
partout... on se battait pour des petites futilités... vous n'aviez pas de sécurité...
Depuis le Traité du Protectorat, la paix est assurée dans vos foyers, dans vos
villes et dans vos campagnes... Tous ces bienfaits Nous font l'impérieux devoir
d'en remercier la Providence, mais... le Croyant est celui qui reste fidèle à ses
engagements... fi est de Notre devoir le plus absolu de manifester au
gouvernement de la France Notre reconnaissance pour tout ce qu'elle a fait pour Nous...
(de) lui assurer un concours sans réserve...».
- «Etœ!:J.4e1!uerre»
Septembre 1939-juin 1940
100000 travaiJIeurs marocains participent à l'effort de guerre, envoyés
en Algérie et en France par le Service marocain de l'Emigration. Les soldats
marocains sont sur le front tunisien contre l'armée italienne; la 1ère division
formée à Meknès en septembre 1939, à Gembloux en Belgique, Dunkerque,
Sedan...
1940
Juillet
Les unités marocaines camouflées au vainqueur.
1942
8 novembre
Débarquement allié au Maroc. Le résident Noguès obéit à Vichy- il fait
ouvrir le feu sur les bâtiments américains. Trois jours de combat: 1000 morts.
Les «goumiers sortent de l'ombre»: Corse, Italie, France, Allemagne.
1943
Entrevue d' Anfa (Casablanca) entre Mohammed Ben Youssef et Roosevelt
qui promet «d'aider le Maroc à recouvrer son indépendance».
JO décembre
Fondation du parti de l'Istiqlal.
31- Emeutes
1944
Emeutes à Rabat et à Fès. Les dirigeants nationalistes sont arrêtés.
1946
Les unités marocaines en Indochine.
Hassan el-Ouazzani fonde le Parti démocrate de l'Indépendance (PDI)
dont certains membres sont républicains.
13février
Manifeste franco-marocain (Istiqlal et personnalités catholiques et juives):
le régime du protectorat est dépassé, urgence de réfonnes fondamentales
(libertés syndicale. de la presse, de réunion pour Français et Marocains).
16 mars
Eirik Labonne, résident; il tente une politique libérale, fait libérer les chefs
nationalistes.
22 juillet
Le plan de réfonnes du résident fait scandale à la section française du
Conseil de gouvernement.
24 juillet
Français du Maroc et Istiqlal repoussent le plan de réfonnes du résident.
Le sultan refuse de signer les six dahirs entérinant les réformes.
1947
- Massacre
7 avril
Des tirailleurs sénégalais massacrent des centaines de Marocains. La
fusillade dure des heures sans que les officiers ou la police n'interviennent.
10 avril
Discours du sultan à Tanger: il revendique «l'émancipation du Maroc».
Appel aux femmes marocaines de la fille ainée du sultan, Lalla Aicha, visage
découvert.
23 mai
Rappel du résident Labonne. TIest remplacé par le général Juin et un
régime colonial totalitaire.
31 mai
«Evasion»d'Abd el-Krim en Egypte.
10juin
Lettre de revendicationsdu sultan au résident.
21juin
Le sultan signe des dahirs qui renforcentencore l'autorité de la résidence.
321948
Janvier
Sous la pression des nationalistes, le sultan adresse une lettre au président
Vincent Auriol sur «sa mésentente avec le général Juin» et son souhait de
révision du traité de protectorat.
- Emeutes
7-8juin
Emeutes sanglantes à Oujda.
Du Caire, Abd el-Krim annonce la création d'un Comité de Libération
pour l'Afrique du Nord et réclame l'indépendance pour le Maroc.
23 octobre
La libené des salaires est promulguée.
1949
Janvier
Au Conseil du gouvernement, à Rabat, les délégués marocains dénoncent
la liberté des salaires et demandent pour les travailleurs marocains, le
droit syndical et le droit de créer des syndicats «purement marocains».
Réponse de la résidence: les travailleurs marocains sont libres d'adhérer aux
organisations syndicales existantes quoique... «les Marocains, qui font encore
leur apprentissage syndical, (n'aient) pas une formation suffisante».
1950
8 octobre
Dépan du sultan pour Paris. Il va y «négocier l'abrogation du régime de
protectorat et la reconnaissance de l'indépendance de son pays».
Le général Juin, qui ne «s'avoue pas vaincu», est décidé à s'imposer lors
des conversations que le sultan (<<qui parle correctementle français») souhaite
avoir seul à seul avec le président Auriol.
10 octobre
Télégramme de l'Istiqlal au sultan, à Paris: «...Nous sommes persuadés
que l'abolition du régime de protectorat qui s'est révélé inapte à conduire le
Maroc à se gouverner lui-même, créera de véritables liens d'amitié et de
coopération entre le Maroc et la France. Nous assurons Votre Majesté de notre
attachement indéfectible à Votre Trône que vous n'avez jamais cessé de mettre
au service d'un idéal démocratique et humain.»
On évalue à 300000 le nombre des ouvriers marocains, dont les trois
quans pour la seule ville de Casablanca (mines, docks, bâtiment, industrie
alimentaire et chaouchs). Les salaires légaux (rarement payés intégralement à
cause de la pression du chômage et de l'ignorance des lois des travailleurs) ne
s'élèvent qu'à la moitié des traitements métropolitains. Différence justifiée
pour le patronat: mauvais rendement de l'ouvrier marocain et son «peu de
besoins»... Pounant... «les faits montrent que si la fréquence des famines a
habitué (le fellah) à subsister» avec presque rien, il consomme autant qu'un autre
homme quand il en a les moyens!
33Le salarié marocain n'a aucune garantie. Le droit syndical ne lui est
toujours pas accordé car, pour résidence et patronat français, «les ouvriers
musulmans... ne sont pas à même d'en user avec sagesse... et, syndiqués et organisés,
ils représenteraient une force dont nous pourrions être victimes».
A l'occasion du voyage du sultan à Paris, la presse ne parle que de
«l'œuvre de la France au Maroc»: «routes, chemins de fer, villes, usines et
ports... méthodes modernes de culture (<<onne meurt plus de faim au Maroc»)
...progrès industriel (phosphates, charbonnages, cobalt, fer, plomb, zinc, étain,
manganèse... électricité, barrages, conserveries, pêche...)>>;et de la Bourse de
Casablanca où les valeurs ont «triplé et quadruplé en quelques mois tandis que
les établissements bancaires regorgent de capitaux en quête
d'investissements».
11 octobre
Le sultan remet un «mémoire» au gouvernement français. Il y dénonce
«l'autorité de contrôle cumulant, comme dans les colonies, l'administration et
le contrôle», demande «un accord sur les bases d'avenir et le but final» - plus
de «réformes fragmentaires» mais un programme politique précis et ses étapes.
20 octobre
Allal el-Fassi déclare à l'envoyé de la Tribune des Nations: «Aller par la
réforme à l'indépendance et non point à l'indépendance par la réforme
demeure l'essence de notre programme... (en France) Sa Majesté tâchera, hors des
problèmes des relations franco-marocaines,de défendre certains intérêts des
classes populaires.»
6 novembre
Retour du sultan au Maroc.
Lancement d'une émission de bons d'équipement (pour plus de 4 milliards
de francs).
Le gouvernement français soumet au jugement de la Cour de Justice
internationale de La Haye, la question des importations américaines au Maroc. Le
Fonds de Modernisation et d'Equipement du plan Monnet fournit à
l'économie marocaine 6 milliards de francs.
Décembre
Nouveaux gisements de pétrole découverts dans le Gharb.
Pose de la première pierre pour l'agrandissement du port d'Agadir.
12 décembre
Le résident exclut Mohammed Laghzaoui - chargé du rapport sur le
budget des travaux publics - d'une séance du Conseil du gouvernement. Onze
délégués nationalistes se solidarisent avec Laghzaoui (les 66 autres le
désavouent). Fête du Mouloud. Le pacha de Marrakech rompt avec le sultan.
- Ultimatum
1951
26janvier
Ultimatum du résident au sultan - celui-ci est sommé de se désolidariser
de l'Istiqlal, de renvoyer le cabinet royal et ses collaborateurs nationalistes:
34«Où vous désavouez ouvertement le parti de l'Istiqlal, ou vous abdiquez.
Autrement, je vous déposerai moi-même.»
2 février
Emotion à Paris. Schuman déclare attendre le retour (de Washington) du
général Juin «pour savoir ce qui s'est passé».
Télégramme de l'ambassade de France à Washington: «...Si le sultan était
déposé, le gouvernement des Etats~unis ne saurait que se dissocier d'une telle
politique... »
Le Glaoui déclenche le mouvement des tribus.
8février
Le général Juin de retour au Maroc. Il accélère la marche des tribus sur
Rabat, espérant sauver la vie du sultan en échange de son abdication.
21 février
Le sultan demande, par télégramme, l' arbritrage du président Auriol.
23 février
Télégramme du résident à Paris: impossible «d'arrêter les mesures mises
en œuvre»: les 10000 cavaliers qui marchent sur Rabat pour «obliger (Juin) à
déposer le sultan».
24 février
Lettre du président Auriol au sultan: approbation officielle de la violation
du protectorat par le général Juin.
- Pression
25 février
Les cavaliers des tribus à Fès. Les troupes cernent le Palais. Si le sultan ne
signe pas le protocole qu'on lui présente avant 20h 30, «le dispositif en place
sera déclenché».
Le sultan signe ce «protocole d'accord» par lequel il s'engage à appeler le
peuple au calme en lui rappelant les «bienfaits de l'amitié franco-marocaine»
et à condamner l'Istiqlal. Il promet de signer les dahirs en instance.
Mars
Campagne de fausses nouvelles: Fès aurait été bombardée.
3 avril
Les partis nationalistes (Istiqlal, PDI et les deux partis de la zone
«concédée» à l'Espagne) fondent à Tanger, le Front national marocain afin de lutter
pour l'indépendance, de soutenir le sultan et de collaborer avec la Ligue arabe,
en refusant toute alliance avec le Parti communiste marocain (Ali Yata).
- Révoltes
Troubles dans le Moyen-Atlasprovoquéspar les exactions de caïds.
- Manifestation
1er mai à Casablancade 5000 syndicalistes(majoritéde Marocains),
35ce qui confirme l'existence d'une aile gauche de l'Istiqlal à la conquête des
syndicats.
- Résistance isolée
15 et 16 mai
Premier acte isolé de résistance armée au Maroc - dans le Tadla. Ahmed
Hansali tue six «étrangers», en blesse deux, entre le barrage en construction de
Bin el-Ouidane et Afourer. Démuni de tout, affamé, il est recherché par 10 000
hommes et 200 policiers français «protégés» par 50 goumiers.
23 mai
Dénoncé pour la prime d' I million promise, Ahmed Hansali est arrêté à
Taghzirt, avec son complice Moha Lioucine Sidi Smiha.
L'interrogatoire prouve «s'il en est besoin, que le meurtrier n'est pas fou»
(le Petit Marocain du 24 mai), qu'il n'a tué que «pour manifester sa haine des
Français et de leur œuvre, que le barrage de Bin el-Ouidane symbolise ici»
(Paris-Match du 2 juin). Hansali ne se réclame d'aucun parti et répète qu'il a
tué parce que «Dieu l'a voulu».
- Résistance républicaine
Un mouvement révolutionnairede lutte armée pour l'indépendance et la
République apparaît et commence à s'organiser.La majorité des Marocains ne
connaît que la misère, la faim, les bidonvilles,la peur (la police qui tire dans la
foule, rafales de mitraillettes dans les médinas chaque 30 mars, «jour de
malheur», forces armées en état d'alerte).
A l'insu des partis, des groupes se forment et s'arment dans cette majorité
qui considère le sultan comme la France. Pour ces Marocains, «l'amitié
franco-marocaine» représente le vol des terres fertiles, l'exode rural, l'abaissement
dramatique du niveau de vie, les exactions des féodaux soutenus par la France,
l'exploitation, la prison...
Juillet
Le sultan, poussé par l'Istiqlal, refuse de signer le dahir sur la création de
municipalités urbaines dont la moitié des membres seraient élus par la
communauté française (puis viendraient des assemblées régionales et au sommet, un
conseil), le régime dit de la parité accordant le même nombre de sièges à
500000 Français qu'à 8700000 Marocains.
Aoat
Allal el-Fassi quitte Tanger pour Le Caire: il va y préparer la question
marocaine pour l'ONU. Ouazzani l'y rejoint.
31 aoat
Le sultan à Casablanca: visite orchestrée par l'Istiqlal.
20 septembre
Le général Juin quitte le Maroc.
4 octobre
Le général Guillaume, nouveau résident, prend officiellement ses fonctions
à Rabat. Reçu en audience solennelle par le sultan, il déclare s' «interdire de
36laisser à la pioche des démolisseurs, l'édifice du Maroc moderne, élevé... par
Français et Marocains en quarante années, au prix de tant de sacrifices... le
Maroc n'a jamais été aussi vigoureux... (il souffre) d'une crise de croissance
inévitable...» Le sultan l'assure de «...notre concours en vue d'œuvrer pour le
bien du pays... suivant la ligne de conduite (de la nouvelle résidence):
franchise, désintéressement, efficacité».
12 octobre
Le général Guillaume fait «son entrée» dans les principales villes du pays.
Création de 1'hebdomadaire Al Istiqlal en français.
L'Istiqlal appuyé à l'ONU par les Etats arabes et asiatiques.
Décision de l'Istiqlal de boycotter les élections aux chambres consultatives
marocaines prévues par le palais pour le 1er novembre.
- Emeute
1er novembre
Graves incidents (6 morts) à Casablanca à l'occasion des élections.
Agitation à Khénifra.
18 novembre
Discours du Trône: le sultan demande des réformes de structures, ce qui
rappelle l'échec des négociationsenvisagéesen 1950.
Décembre
Vote rassurant pour la France à l'ONU.
Le sultan à Rabat et à Salé: voyages organisés par l'Istiqlal qui, redoutant
d'être débordé par sa base (ce qui est déjà fait), réchauffe ainsi l'ardeur de ses
militants tout en continuant à se servir du palais comme pivot de sa politique.
18 décembre
Constitution de la cellule de résistance «Les Volontaires», à Casablanca,
commandée par Hassan Laaraïchi.
1952
Janvier
L'édification des cinq bases militaires américaines au Maroc (après
l'accord franco-marocain de 1950) terminée, elles s'étendent sur des milliers
d'hectares. Européens et Marocains ont été expropriés, tous sont inquiets. La
résidence fait surveiller par sa police, les nationalistes et... les Américains. (4
bases seront évacuées én 1963, celle de Kenitra en 1978 mais à cause de
l'accord secret de 1963 entre le Maroc et les Etats-Unis, elle restera un centre de
communications américain; on estime qu'un million d'Américains a séjourné
au Maroc - civils et militaires - entre 1942 et 1963.)
14 mars
Memorandum du sultan au président de la République française, pour
réclamer «l'assainissement du climat politique, l'octroi des libertés syndicales»
et «la constitution d'un gouvernement marocain provisoire» afin de négocier
avec la France un nouvel accord.
3730 mars
Incidents graves à Tanger.
- Manifestations
31 marsà Safi (3 morts).
Juin
Le résident général revient de Paris sans réponse au memorandum du
sultan.
Aoat
Agitation dans les Béni Snassen.
17 septembre
On remet au sultan la réponse du gouvernement français à son
memorandum: «objectifs et pouvoirs concrets définis dans le traité de protectorat du 30
mars 1912» ne seront pas remis en cause.
Le sultan refuse de signer les dahirs.
- Assassinat
4-5 décembre
Assassinat en Thnisie du leader syndicaliste tunisien Ferhat Hached,
première victime des organisations contre-terroristes françaises au Maghreb -
la Main Rouge, puis l'AGIR, I'ODAT (colons ultras, policiers européens
manipulés par le SDECE).
- Emeutes
7 décembre
L'appel à la grève générale pour le 8 (le syndicaliste tunisien Ferhat
Hached assassiné) lancé par l'Union des Syndicats, est soumis aux assemblées
syndicales partout dans le pays. Au soir du 7, début des «émeutes de
Casablanca» dans le bidonville des Carrières centrales: la police tire sur la foule.
- Réoression
8 décembre
La police tire à nouveau - deux fois - sur les habitants du bidonville
(centaines de morts dont 3 Européens) tandis qu'en ville, la «souricière de la
maison des syndicats» .est posée par Boniface (300 à 400 morts). Répression:
500 peines de prison, des milliers de «déplacés».
L'Istiqlal et le PCM interdits.
Résistance armée et Armée de Libération nationale marocaine (ALN) sont
des organisations structurées, en ville et à la campagne.
1953
12 janvier
Par une lettre adressée au président de la République française Vincent
Auriol, par l'entremise de la résidence, le sultan propose la reprise des
négociations; il exprime son désir de réaliser de profondes réformes.
389février
Réponse remise au sultan. Le gouvernement français «suggère que soit
abordée dès que possible l'étude des réformes proposées et tendant à
développer progressivement les institutions démocratiques dans le respect de la
souveraineté marocaine et avec la coopération active des éléments français.
TIsouligne sa détermination de poursuivre l'œuvre de modernisation de l'économie
et des institutions du Maroc...» (communiqué du ministère des Affaires
étrangères du 13 février).
20 mars
A Marrakech, le Glaoui fait signer à 20 caïds une pétition réclamant au
gouvernement français la «déposition» du sultan et «l'attribution du pouvoir
à qui en est digne».
4-6 avril
Le chérif Kittani organise une assemblée des zaouïas, faisant appel à la
solidarité contre «les perturbateurs de l'islam et de la société musulmane» - on
y acclame les orateurs qui attaquent le sultan, imam des croyants. Le Quai
d'Orsay alerté, empêche que la déchéance du sultan soit réclamée.
Avril
Le sultan signe tous les dahirs que lui présente la résidence, sauf celui sur
les municipalités, où la désignation de Français par élection, substituerait au
régime du protectorat, celui de la cosouveraineté.
II mai
A Tizi N'Tretten, sur le plateau d'Ifrane, le maréchal Juin préside le
rassemblement d'une centaine de milliers de montagnards - surtout goumiers -
encadrés par les autorités civiles et militaires. Spectacle destiné à
impressionner le sultan (la France pourrait mobiliser les Berbères contre lui) et l'opinion
(<<éblouissanteet puissante manifestation d'amitié pour la France»).
21 mai
La pétition du Glaoui est officiellement remise au résident, avec la
signature de 250 pachas ou caïds, de 6 chefs religieux et de 31 notables.
31 mai
Le Glaoui proclame la déchéance du sultan. Menace de «dissidence
organisée».
1er juin
Le sultan rappelle que pachas et caïds sont «des fonctionnaires investis par
dahif» et proteste contre les «pressions exercées sur un grand nombre d'entre
eux pour obtenir leurs signatures» (texte du grand vizirat, Maroc Presse, 2 juin).
17 juin
Le sultan propose l'établissement d'un plan d'ensemble «en accord avec le
gouvernement français» pour que le Maroc puisse «gérer démocratiquement
ses propres affaires et prendre rang parmi les nations modernes, les intérêts de
la France et des Français étant garantis» - la réforme municipale répondant à
«son profond désir de doter les villes d'assemblées élues»...
3920 juin
Le Glaoui voit là une «nouvelle manœuvre destinée à semer le trouble
dans les esprits simplistes». Mais 287 personnalités marocaines adressent à des
hommes politiques en France un manifeste contre la pétition du Glaoui.
26 juin
Deuxième pétition contre le sultan mise en circulation par le fils du
Glaoui, Brahim.
29 juin
Conférence de presse à Paris, du Comité France-Maghreb présidé par
François Mauriac. Régis Blachère, Charles-André Julien, le général Catroux et
Louis Massignon exposent la situation au Maroc. Le Glaoui y fait son propre
panégyrique.
30 juillet
Retour du Glaoui au Maroc, accueilli triomphalement par les autorités à
Marrakech, et «comme un souverain» à Casablanca par Boniface.
1er août
Blesson, délégué à la résidence, accueille le Glaoui à Rabat «avec une
pompe inusitée» et lui remet la deuxième pétition signée par 330 notables et 5
cheikhs de confréries. Une déclaration annexe du 2 juillet, y donne au Glaoui
«pleins pouvoirs pour traiter de nos affaires et des intérêts de notre peuple», et
à Kittani, «pleins pouvoirs en ce qui concerne la religion musulmane».
4~12 août
Voyage triomphal du Glaoui: Agadir, Marrakech, Khouribga, Rommani,
Khenifra.
7 août
Le Glaoui déclare à Blesson qu'il veut faire «proclamerpar l'ensemble des
chefs et des dignitaires religieux la déchéance de Sidi Mohammed et la
désignation d'un nouveau sultan».
8 août
Dépêche de Blesson au Quai d'Orsay.
11 août
Instructions énergiques du Quai d'Orsay (Georges Bidault) qui refuse de
n'avoir plus «le choix qu'entre la déposition du sultan et l'emploi de la force
contre nos amis, car le gouvernement français ne peut accepter présentement
ni l'une ni l'autre de ces solutions».
12 août
Vincent Auriol reçoit un appel du sultan qui craint les troubles que
pourraient provoquer «les agissements du pacha de Marrakech encouragé et
soutenu par des fonctionnaires relevant de la résidence générale». Le président
Auriol sévère envers la résidence, surtout envers Boniface «évidemment à
l'origine de cette affaire». Le général Guillaume convainc le président du Conseil,
Laniel, qu'il faut déposer le sultan, et obtient de «le mettre dans un avion et
de l'envoyer en exil».
4013 août
La résolution en neuf articles (acceptée par Bidault, ratifiée par Laniel),
présentée au sultan pour qu 'ilIa signe, lui laisse le pouvoir religieux et le
dépouille de tous les autres. Les nouveaux dahirs pennettent une souveraineté
française «sans limite ni contrôle», mettant fin au protectorat. Le Palais investi
par les troupes, le sultan a deux heures pour se soumettre. TIsigne - «C'est
un ultimatum. Je cède à la force.» La dynastie est dans une situation critique;
pour le sultan, l'exil est la meilleure solution.
15 août
Le général Guillaume à Marrakech. TI «réussit à faire accepter à ses
farouches interlocuteurs (le Glaoui, Kittani, les caïds) une solution de
compromis»: on ne prononce pas la déposition du sultan, mais on proclame imam son
cousin, Mohammed ben Arafa.
- Emeutes
16 août
La désignation du nouvel imam provoquela colère populaire: émeutes
sanglantes à Oujda. Selon l'avocat des inculpés: 1000 victimes marocaines.
Selon l'acte d'accusation: 25 mons victimes des émeutiers,dont 3légionnaires et
8 Français. En tout cas, 788 condamnations et 1180 émeutiers arrêtés en
flagrant délit au cours d'une «véritable tuerie d'Européens, légionnaires,
israélites et Marocains francophilesou amis du Glaoui».
- Massacres
17 août'
Emeutes à Casablanca, Rabat, Marrakech.
Appel au calme du sultan Ben Arafa qui invite ses «fidèles sujets à garder
leur sang-froid et à éviter toute effusion de sang», les émeutes et le massacre
d'Oujda étant des «incidents spontanés» en réaction contre «le sacrilège
portant atteinte aux lois intangibles de l'islam».
- Exécution
18 août
Mohammed Diouri, le seul nationaliste et fondateur de l'Istiqlal qui ait
pris parti en faveur de la lutte année, meun sous la torture dans les prisons du
Glaoui.
20 août
Pendant qu'à Paris, le conseil des ministres délibère sur la déposition du
sultan, celui-ci ayant refusé d'abdiquer, est arrêté avec ses deux fils et
embarqué dans un avion militaire qui atterrit à Ajaccio à 2lh 30. Transféré à Zonza
en septembre, à L'lIe-Rousse en octobre, le sultan Mohammed Ben Youssef
et sa famille seront exilés à Madagascar en janvier 1954.
2 septembre
En signe de protestation, François Mitterrand démissionne du
gouvernement Laniel.
Le sultan démis, les dirigeants de l'Istiqlal en exil ou en prison, l'action
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