Mythologies et réalités juives au commencement de l

Mythologies et réalités juives au commencement de l'Europe moderne

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117 pages

Description

On sous-estime habituellement combien l'intérêt des protestants français pour leurs sources bibliques a influencé tout le processus d'émancipation politique des Juifs jusqu'à la Révolution française. À travers le destin surprenant d'Isaac La Peyrère (1596-1676) et du premier historien moderne du peuple juif, Jacques Basnage (1657-1723), le lecteur découvrira leurs relations lors de la renaissance des premières communautés juives occidentales, dans la libre Amsterdam notamment.

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Date de parution 02 novembre 2018
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EAN13 9782336855141
Langue Français

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Titre
Jacques ARON Mythologies et réalités juives au commencement de l’Europe moderne Huguenots et Juifs ou l’illusion rétrospective
Copyright
Illustration de couOerture : En 1643, Isaac La Peyr ère publie anonymement cet appel au Roi de France pour le retour des Juifs en Palestine. Cet éOénement est à la base de la présente recherche. © L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.editions-harmattan.fr EAN Epub : 978-2-336-85514-1
Avant-propos
Il est temps que le Juif errant trouve enfin le rep os quelque part. Lettre de Sigmund Freud à son fils Ernst Vienne, le 12 mai 1938 À quatre-vingt-cinq ans, le moment est peut-être ve nu de dresser le bilan d’une vie, sans y accorder une valeur exemplaire, mais simplement parce que la succession des événements que nous ne maîtrisons pas – que certains voient dans la mai n de Dieu – nous a donné successivement des points de vue, à partir desquels construire un récit pour ceux qui viendront après nous. Comme nous qui, pour tenter de comprendre ce qui nous est advenu, n’avons cessé de regarder en arrière, ce que je fis déjà dans plusieurs livres, remontant le cours du temps à partir de ce que j’avais vécu, mais surtout de ce qui m’avait empêché de vivre. Dans ce tte lecture à contre-courant, j’ai décidé de m’arrêter maintenant il y a environ quatre siècles, parce que, dans le pays où j’ai passé ma vie entière, la Belgique, comme dans les territoires environnants, il n’y avait alors qu’une poignée d’hommes qui s’appelaient ou que l’on appelait des Juifs, tandis qu’un vieux peuple mythique dont ils étaient censés descendre saturait l’imaginaire chrétien des populations qui y voyaient un objet de vénération autant que de crainte et de mépris. Dans l’Europe moderne en gestation, disons entre 15 50 et 1650, les réformations protestantes ont créé parmi les chrétiens un fossé qui ne sera jamais comblé. Comme l’on ne saurait traiter d’un siècle entier, il convient de le réduire en quelques figur es représentatives qui nous parlent encore. Je partirai de l’une d’entre elles, les autres venant progressivement se joindre à elle, dans un enchaînement logique, mais qui, comme toujours dans l’histoire, doit une large part au hasard et aux circonstances. Un nom d’homme d’abord pour ramasser ce siècle ? Un nom qui suscita le scandale, retentit un moment dans le souvenir de quelques intellectuels p orteurs, comme on le dit aujourd’hui, de Lumières nouvelles, tombé dans l’oubli pendant près de deux siècles à partir de la Révolution française, pour reprendre récemment sa place dans la critique universitaire américaine et allemande plutôt que française, sa culture d’origine, voilà qui ne pouvait laisser indifférent le « Juif-non-1 Juif » que je suis, issu d’une histoire des hommes plus que des dieux. Que l’un de ses successeurs, de la même confession protestante, ait rédigé la première histoire des Juifs modernes, voilà qui ne pouvait que m’intriguer davantage. Au départ, donc, un condensé surprenant d’événements concrets, de querelles profanes de pouvoir sur les hommes et sur les choses, et d’un imaginaire remontant, selon le cliché bien connu, jusqu’à la nuit des temps.Isaacviniste bordelais ;, prénom hébraïque donné à son fils par un père cal La Peyrère, nom de famille à consonnance portugaise, qui le fit soupçonner de crypto-judaïsme, d’être quelque marrane soucieux de rétablir l’héritage ancestral ; le tout –Isaac La Peyrèredevenu –, synonyme d’une conversion exemplaire au catholicisme entre les mains d’un grand Pape, à qui nous devons l’admirable colonnade de la Place Saint-Pierre par ce Bernin qui dessina son tombeau. Des destins étonnants, il n’en manque pas. Mais pou rquoi cette figure symbolique et son époque refont-elles surface après le génocide des Juifs, v oire après la période historique qui va de la Première Guerre mondiale jusqu’à la réunification allemande, mettant un terme à la scission de l’Europe en deux blocs antagonistes ? La réponse paraît couler de source : parce que La Peyrère, entre sonRappel des Juifset son (1643) Apologie (1663), semble incarner durant vingt ans un projet européen dePax Christianane s’est pas concrétisé qui .au contraire. Aux guerres de Bien Religion ont succédé les affrontements politiques nationaux, sans cependant que leurs substrats confessionnels disparaissent pour autant. La recher che universitaire contemporaine elle-même semble encore fascinée par ces courants souterrains qui ont noms : attente messianique juive ou millénarisme chrétien. Pour éviter autant que possible toutes les déformations rétrospectives de ces acteurs distants de nous de près de quatre siècles – La Peyrère a 22 ans en 1618 –, nous avons constamment privilégié les documents d’époque plutô t que les interprétations contemporaines, fussent-elles très audacieuses et érudites. Nous do nnons aussi priorité à leur insertion dans leurs différents contextes, plutôt qu’à une histoire de l a seule pensée qui se développerait en toute indépendance dans quelque sphère éthérée de l’esprit. De vastes « généalogies des idées » paraissent
constamment, qui me semblent des voies sans issue. L’enquête historique, la plongée dans une époque qui ne pouvait imaginer la nôtre, me paraissent préférables, en raison même de l’effort de e distanciation qu’elles supposent. Car ces hommes du XVII siècle, La Peyrère en premier lieu, baignaient dans cette culture chrétienne tout imprégnée d’une distinction arbitraire entre le souffle spirituel de Dieu et la bassesse de la matière au sein d’une unique création. Une indéfectible unité que leur propre esprit critique a contribué à mettr e en cause et à miner. Jusqu’aux limites de la croyance en Dieu et en son plan providentiel pour le salut des hommes, jusqu’au spectre inquiétant à leurs yeux d’une pensée athée qui n’empêchait pourtant ni l’engagement éthique, ni la justice sociale. Je demande d’emblée au lecteur d’accepter ce mélange insolite de passion et d’intérêt personnels et de recherche, dont l’objectivité est toujours le fruit d’un engagement volontaire à contre-courant du temps qui passe et nourrit l’illusion que le présent était déjà inscrit dans le passé, illusion encore toute religieuse, dans sa forme la plus contraignan te de prédestination des hommes à leur sort inéluctable, étendant la mort individuelle et incon tournable à tout projet d’avenir collectif de l’espèce. Le nihilisme absolu, dans le jargon des philosophes.
1expression qui renvoie à l’athéisme de son auteur a été forgée par un philosophe juif allemand, Cette Constantin Brunner (1862-1937), dont j’ai eu l’occasion de présenter et traduire quelques écrits.
Chapitre I D’une entrée en matière personnelle
Chaque individu poursuit, sa vie durant, une chimère. Je ne suis pourtant pas seul à partager la mienne. Je pourrais même affirmer que nous sommes des milliers, voire des millions, à avoir la préoccupation obstinée de comprendre le sort que l’histoire semble nous avoir prédestinés à subir, à notre corps défendant et quoi que nous fassions. Et d’en éviter l’éternel retour. Je suis né en effet dans une famille d’émigrés juifs d’Europe orientale, plus précisément issus des empires russe (Lituanie) et austro-hongrois (Galici e et Bucovine), et parvenus à Anvers entre le e début et les années trente du XX siècle. Mes parents et grands-parents maternels, ayant fait le choix d’acquérir dès que possible la nationalité de leur pays d’accueil, je nais Belge en 1933. Dans les circonstances de l’époque, je ne mettrai que quelqu es années à m’apercevoir que mes origines, dont j’ignore tout, comportent quelques singularités, à propos desquelles je n’ai pas encore fini aujourd’hui de m’interroger. Je ne reviendrai pas s ur la Seconde Guerre mondiale et les quatre années d’occupation de la Belgique, au cours desquelles ma famille sera dispersée et décimée, cinq proches parents périssant dans le camp d’exterminat ion d’Auschwitz ; j’ai été vacciné dès l’adolescence contre tout révisionnisme historique ; seule m’est restée la soif inextinguible de comprendre. Avec le temps, car tout est affaire de temps, et dans la mesure où l’existence m’en laissait le loisir, progressivement dégagé des nécessités familiales et professionnelles, j’en suis venu à me poser la seule question d’après-Auschwitz, à laquelle je n’a i toujours pas trouvé réponse satisfaisante : pourquoi les « Juifs » ?,toute l’indétermination de cette appellation collective à laquelle je dans serais en quelque sorte sommé dès ma naissance de m e soumettre. J’ai commencé d’en démonter l’histoire, depuis l’expérience vécue la plus proche jusqu’aux ramifications les plus lointaines, avec l’espoir sans cesse renouvelé d’en tisser une « Som me », pour m’exprimer comme les grands théologiens du Moyen Âge. Car nous nous trouvons bien à la croisée de deux gr ands courants de l’action et de la pensée, présents, pourrait-on dire, depuis que les hommes o nt noué les liens sociaux indispensables à leur survie : leurs relations formalisées à la mort et à l’au-delà, d’une part, leurs rapports divers à leu rs semblables, d’autre part, pour assurer leur subsistance et leur protection, leur survie. Un écheveau quasi-inextricable où la notion profane du politiqu e s’est progressivement dégagée de la vision globale religieuse et de son interprétation théologique. À quel fruit de la connaissance aurait-il fallu qu’Adam mordît pour ne pas demeurer sur sa faim ? U ne seule question occupera la vie entière de La Peyrère : qui est Adam, ce premier homme ? Une fiction sans doute, mais de qui et pourquoi ? Et pourquoi n’y aurait-il pas eu d’hommes avant lui ? Une remontée du temps apparemment sans limites autr es que les données à notre disposition, réelles où façonnées par l’imagination inépuisable qui supplée à notre peur et à notre ignorance. Ambition qui n’est qu’à la portée du savoir collectif, en constante expansion comme l’univers. De ce travail de Sisyphe, quelle petite pierre rouler qui ne redescende aussitôt et ne nous écrase encore davantage ? Pourquoi les Juifs ? Peut-être serons-nous cependant encouragés dans no tre recherche par les dimensions temporelles et spatiales exceptionnelles de cette question que beaucoup ont jugée insoluble ? N’aurions-nous pas mis le doigt d’emblée sur des facteurs si centraux qu’ils touchent à la viabilité de toutes les sociétés, la présence de ceux que l’on nomme Juifs n’étant en fin de compte que le catalyseur de réactions en chaîne qui, dans le pire des cas, ont pu conduire à leur destruction partielle ? Un conflit entre groupes humains, comme il y en eut d’innombrables, mais d’une portée singulière. Je suis parti de ce que je pouvais encore apprendre du cercle familial, de son ou plutôt de ses environnements successifs, pour m’interroger sur les choix souvent différents, voire divergents ou contradictoires, que ses membres avaient pu ou dû faire tout au long de leur existence, découvrant des engagements, des succès ou des échecs, des reno ncements parfois amers, et des blessures profondes. J’ai peu connu la lignée de mon père, et donc peu appris d’elle, mon grand-père paternel étant décédé avant mes deux ans. Sa femme et lui avaient définitivement fui les marches orientales de
l’empire bicéphale austro-hongrois ravagées à plusi eurs reprises par les combats de la Première Guerre mondiale. Mon père mourut peu après mon cinquième anniversaire des suites d’un accident d’automobile survenu entre Anvers et Gand. Je perdis alors à peu près tout contact avec ma grand-e mère paternelle, qui disparut avec le 20 Convoi de la déportation, celui dont le nom est demeuré synonyme de résistance à l’occupant par l’attaque téméraire de trois jeunes gens et le sauvetage de quelques rescapés. La branche maternelle, à laquelle je dois essentiellement d’être ce que je suis devenu, formait une tribu assez nombreuse, dont le dernier grand rassemblement eut lieu le 17 mars 1938 à l’occasion du mariage de la sœur puinée de m a mère. Les grands-parents avaient eu quatre enfants : un garçon, né en 1910, prénommé Léopold en souvenir du roi des Belges, décédé peu avant, et dont le second prénom aurait dû être Jéhuda, mai s qui fut inscrit Judas à l’État civil – je soupçonne volontiers un mauvais tour du préposé, qu and mon grand-père qui ne parlait qu’un flamand rudimentaire vint déclarer la naissance de son premier enfant ; deux ans après naissait ma mère, Félicie, et après le même terme encore une fi lle, Lucienne, la mariée de 1938 ; la dernière enfin, un « accident », vit le jour en 1920, Rosine , qui sera ma tutrice légale après la Seconde Guerre, et mourut en 2010. À ce moment – Bruxelles est libérée début septembre 1944 – les grands-parents, leur fils et ma mère ont aussi disparu dans la tourmente ; Rosine seule est demeurée sur le sol belge, tandis que sa sœur Lucienne, après d’incroyables détours, est parvenue à fuir la France libre pour gagner en février 1943 les États-Unis, où son mari s’engage aussitôt dans l’armée américaine. Pour autant que l’on puisse en déceler une, l’orientation de l’histoire est faite d’une multitude d’influences contradictoires et de beaucoup de hasards qui poussent ses acteurs à hue et à dia. Dans ce tissu de faits majeurs ou mineurs, parfois futil es, certains sommeillent longtemps avant de reprendre vie. C’est ainsi que cette tante « américaine » s’est trouvée involontairement à l’origine de ma découverte accidentelle de l’étrange destinée de La Peyrère, par où s’ouvre cette recherche historique. Peut-être vaut-il la peine que j’en dise quelques mots. Je me suis rendu compte assez tard que les deux sœurs survivantes de ma mère, aussi différentes que faire se peut, s’étaient formées dès leur jeunesse un rapport très différent à leur judéité. Je nomme ainsi, faute de mieux, l’ensemble des traits et des attitudes résultant d’une condition spécifique héritée ou assumée par les individus qui s’y réfèrent. Dans les conditions de l’entre-deux-guerres et des périls dont les Juifs se sentaient menacés, les deux sœurs – vingt-six et vingt ans lors de l’invasion nazie – avaient réagi de manière différente. La famille, la tribu au sens large étaient déchirées entre des options politiques plus que religieuses, qui allaient de ce que l’on appelait depuis la Prem ière Guerre la politique « juive », le sionisme, jusqu’à l’autre extrémité de l’éventail formée des courants que les nationalistes juifs les plus chauvins qualifiaient avec mépris d’« assimilationnistes », c’est-à-dire imbriqués dans le spectre des conflits d’intérêts de la société globale, allant de la droite conservatrice à la gauche la plus radicale. L’idole de ma tante Lucienne était son oncle Maurice, frère aîné de son père, la personnalité tutélaire émergente de la tribu, à l’origine de l’émigration vers Anvers des Lewin et de leur intégration rapide dans le monde diamantaire, dont on ne dira jamais assez le rôle d’« ascenseur social » qu’il a joué. Jusqu’à ce qu’intervint la débâcle de Wall-Street en 1929 et ensuite l’arrivée au pouvoir du national-socialisme en Allemagne. L’oncle Maurice, se sachant par ailleurs condamné à brève échéance par un cancer, s’embarqua pour la Palestine, où il décéda en mars 1934. Trois cousines par alliance dont les filles Lewin furent toujours très proches – du côté de Rosa Abramson, sa veuve –, s’étaient expatriées avec lui. Je les retrouverai cinquante ans après la guerre en Israël, où elles avaient traversé les événements tout autrement que nous et fondé une grande famille. Est-ce en souvenir ou sous l’influence de son oncle Maurice, qu’elle avait bien connu jusqu’à l’âge de vingt ans, ou sous le choc de la déportation de ses propres parents, dont elle avait été séparée par la guerre, que Lucienne, devenue fonctionnaire de l’ONU, s’engagea dans la cause sioniste ? Après son divorce, revenue en Belgique, elle tenta en 1961, après avoir assisté a u Procès Eichmann et avec l’aide d’anciennes relations de l’oncle Maurice ou de dirigeants sioni stes anversois, de s’établir dans l’État nouvellement proclamé. Elle n’y trouva pas sa place. Elle mourut en 1988 en France, sa patrie de cœur, après y avoir épousé en secondes noces un Français, ancien avocat au barreau de Rabat. Sa vie serait matière à roman. Je découvris dans sa biblio thèque, après sa mort, un curieux témoignage des relations françaises au judaïsme à travers les voies impénétrables et tortueuses des Saintes Écritures dans la politique de la féodalité, de la monarchie, des empires et finalement des républiques :Voyage