Quelles frontières pour quels usages ?

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Avec les transformations contemporaines, des frontières disparaissent, apparaissent ou s'imposent, géopolitiques, sociétales, sociales, politiques... Dans cette évolution s'imposent aussi les frontières mentales qui séparent les espaces vécus des espaces perçus. Cet ouvrage propose des éléments pour comprendre les transformations par ou qui provoquent de nouvelles frontières souvent articulées avec des anciennes. Il est important de rechercher leur sens, d'en décrire les usages et les enjeux.

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Date de parution 01 septembre 2013
Nombre de visites sur la page 26
EAN13 9782336321271
Langue Français

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Sous la direction de Gilles ROUET
QUELLES FRONTIÈRES POUR QUELS USAGES ?
Local & Global
Quelles frontières pour quels usages ?
CollectionLocal & GlobalDirigée par Gilles Rouet & François Soulages Migrations, Mobilités, Frontières et Voisinages,Maria Rosteková & Serge Dufoulon (dir.) Citoyennetés et Nationalités en Europe, articulations et pratiques,Gilles Rouet (dir.) Nations, cultures et entreprises en Europe,Gilles Rouet (dir.) Productions et perceptions des créations culturelles,Helena Bálintová & Janka Palková (dir.) La photographie : mythe global et usage local,Ivaylo Ditchev & Gilles Rouet (dir.) Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la rencontre 1,Dominique Berthet Usages de l’Internet, éducation & culture, Gilles Rouet (dir.) Usages politiques des nouveaux médias, Gilles Rouet (dir.) Participations & citoyennetés depuis le Printemps arabe,Antoniy Galabov & Jamil Sayah (dir.) Internet ou la boite à usages, Serge Dufoulon (dir.) Géoartistique & Géopolitique. Frontières, François Soulages (dir.) Europe des partages, Europe partagée, Serge Dufoulon & Gilles Rouet (dir.) Frontières géoculturelles et géopolitiques, Gilles Rouet & François Soulages (dir.)Transhumanités. Fictions, formes et usages de l’humain dans les arts contemporains, Isabelle Moindrot & Sangkyu Shin (dir.) e-Citoyenneté, Anna Krasteva (dir.) Médias et sociétés interculturelles, Martin Klus & Gilles Rouet (dir.) Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Belgique(Claude Javeau, Univ. Libre de Bruxelles), Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chili, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Seville),France(Gilles Rouet, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica et GEPECS, Univ. Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Budapest), Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Univ. Centrale de Taiwan, Taïpé)
Sous la direction de Gilles ROUETQuelles frontières pour quels usages ?
Les directeurs de cette publication remercient tous les contributeurs pour leur implication dans le colloque organisé à Sofia à l’Académie des Beaux-arts, en partenariat avec l’Université de Sofia Saint-Clément-d’Ohrid, la Nouvelle Université Bulgare et l’Institut Français de Bulgarie, ainsi qu’à Svetla Koleva, pour son implication essentielle, Radovan Gura et Thierry Côme pour la révision et la validation des textes, Anne-Coralie Bonnaire, Julien Doutre et Christophe Lips pour leur important travail de relecture attentive, patiente et efficace. Publié avec le concours de l’Institut d’études européennes et internationales de Reims, du Labex ARTS-H2H de l’Université Paris 8 et de la Chaire Jean Monnetad personam« Identités et Cultures en Europe »et grâce au soutiende l’Institut Français de Bulgarie. Partenaires de la collection RETINA.International, Recherches Esthétiques & Théorétiques sur les Images Nouvelles & Anciennes, ECAC,Europe Contemporaine & Art Contemporain, Paris 8, Faculté de Sciences Politiques et des Relations Internationales, Banská Bystrica& IEEI,Institut d’Études Européennes et Internationales, Reims © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01215-5 EAN : 9782343012155
Introduction Penser autrement les frontières « La frontière n’est plus ce qu’elle était ». John Crowley choisit ce titre pour son compte-rendu de l’ouvrage d’Étienne 1 Balibar,Nous, citoyens d’Europe ? Les frontières, l’État, le peuple qui nous invite à « penser autrement », en particulier, les problèmes de citoyenneté, de nationalité, de civilité, d’espaces publics… Le processus de construction et d’intégration européennes induit en effet une évolution de la citoyenneté, en même temps ou presque que les transports continuent à se développer et à rapprocher espaces et territoires et qu’une partie non négligeable de nos contemporains sont devenus, ou deviennent, mobiles, physiquement comme mentalement, de manière souvent subie. Les imaginaires comme les représentations et les usages changent. Des frontières disparaissent et d’autres apparaissent ou s’imposent, géopolitiques, mais aussi sociétales, sociales, politiques, produites et interrogées par le numérique, par un nouveau rapport au savoir ; des frontières culturelles, esthétiques, 2 artistiques et ainsi géoartistiques .1. Paris, La Découverte, 2001. Le compte-rendu de John Crowley est paru dans Critique internationale,2002/2 (n° 15), pp. 64-69. 2. Les textes réunis dans ce volume ont fait l’objet d’une présentation lors d’un colloque organisé à Sofia en novembre 2012 dans le cadre du Cycle de recherche Frontières dirigé par François Soulages au sein du Labex ARTS-H2H et en partenariat avec l’Association des Sociologues Bulgares et le Balkan Sociological Forum. Plusieurs ouvrages dans cette collection déclinent cette thématique. Déjà parus : François Soulages (dir.),Géoartistique et géopolitique. Frontières& Gilles Rouet 7
Gilles Rouet
Jusqu’au début des années 1970, le concept de frontière est resté lié à la logique de limite nationale. Puis de nouvelles définitions furent proposées, une nouvelle géographie des frontières, humaine et régionale, qui s’intéresse aux déstructurations de certains types de territoires avec des frontières sociales, ethniques ou politiques. Des frontières souvent invisibles, mais bien réelles, et qui expliquent des discontinuités et des éclatements territoriaux. Dans cette évolution paradigmatique, s’imposent aussi les frontières mentales qui séparent les espaces vécus - références d’appartenance de chacun, lieux de ses quotidiens ou de ses repères - des espaces perçus, inconnus, souvent effrayants. Le problème contemporain des frontières, du géopolitique au numérique, soulève de graves problèmes, de réels conflits - voire des guerres - que l’on peut aborder à partir de multiples entrées, mobilisant différents champs conceptuels. Cet ouvrage s’ouvre avec deux photographes. Dans le premier chapitre, Bernard Kœst explique comment « la frontière prend corps, se met alors à exister, du seul fait de devoir la traverser », comme l’image photographique, « on l’expérimente et la voilà qui existe ». Théodore Liho, dans le chapitre 2, décrit sa pratique artistique qui l’amène à découvrir « des parallèles cachés » et à détruire « des barrières invisibles là où sa sensibilité les trouve ». La frontière est « aussi un nouveau début, unstartvia la curiosité vers l’altérité ». Ces commentaires et auto-analyses sur des pratiques artistiques renforcent l’intérêt de la problématique et de la recherche de paradigmes nouveaux qu’il faut construire pour donner une meilleure intelligibilité à ces réalités nouvelles. François Soulages prend le contre-pied d’un grand nombre d’analyses et cherche à comprendre pourquoi les frontières ne s’identifient pas à des murs (chapitre 3). Les frontières, passages, limites, confins sont présents depuis bien longtemps dans la littérature, comme l’illustre Stoyan Atanassov avec ses « espaces alternatifs ». Dans le chapitre 4, il nous invite à un « rapide parcours de représentations » qui débute voici plus de deux & François Soulages (dir.),Frontières géoculturelles et géopolitiques, Paris, L’Harmattan, 2013.8
Penser autrement les frontières
millénaires et qui permet de mettre en évidence à la fois des différences et des régularités « dans l’évolution des espaces alternatifs et leur attitude à l’égard des frontières ». « Toute idée de frontière contient déjà en soi l’idée d’un dépassement possible ». Les attitudes et représentations s’inscrivent ainsi dans le vécu de chacun, comme l’explique Elena Mihailovska dans le chapitre 5. Les frontières sont nécessaires, en particulier pour la délimitation de l’Autre, et donc, doivent être prises en compte dans la problématique identitaire. Alberto Freire de Carvalho Olivieri nous y invite dans le chapitre 6 avec une exploration de l’exemple brésilien et de l’articulation entre l’évolution des pratiques artistiques et des processus identitaires. Dans le chapitre 7, Mihai Dinu Gheorghiu poursuit cette réflexion qui articule frontières ethniques et frontières sociales. En effet, la frontière est « d’abord un instrument de l’ordre social : elle sépare et organise les contacts entre les catégories, les groupes ou les classes hiérarchisés », elle « participe à la construction de l’identité de ces groupes ou classes », mais elle divise « aussi les classes elles-mêmes ». L’auteur propose une typologie des frontières et décrit le rôle des institutions, en particulier dans le contexte de la Roumanie d’après 1989. Les frontières articulent de multiples aspects de nos quotidiens et Marie-Blanche Tahon, dans le chapitre 8, décrit l’évolution du droit et des pratiques en matière de procréation. L’exemple du Québec est significatif des tendances et pratiques actuelles qui s’inscrivent dans les quotidiens et font réfléchir à la pertinence de nos « vieux » paradigmes, notamment en matière de parentalité. Abordant la question des disciplines universitaires, Serge Dufoulon rappelle qu’elles ont une histoire et des contextes culturels et sociaux et évoque leurs frontières épistémologiques, en développant l’exemple de la sociologie de l’environnement, une spécialité assez récente (chapitre 9). Pas question d’« effacer les frontières », titre du chapitre 10 mais de les considérer, voire de participer à leurs évolutions, de les rendre, dans certains cas, moins étanches. Pour Sandrine Le Corre, la frontière est « un marqueur », qui peut s’effacer, mais qu’on ne peut pas aisément oublier. Le sable, support du travail de l’artiste Sigalit Landau, se prête bien à l’application de cette
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