Repenser le développement durable au XXIe siècle

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Cet ouvrage est fondé sur des analyses historiques et évolutives du concept de développement durable. Il étudie les limites de ce concept et l'interroge, dans le cadre d'une vision intégrée de l'entreprise européenne d'une part, et dans le cadre des perspectives de l'Afrique vue sous l'angle du NEPAD d'autre part. L'ouvrage apporte enfin un éclairage sur les politiques énergétiques dans les pays développés et émergents (UE-Russie, Chine...) : d'où la nécessité de repenser le développement durable au XXIe siècle.

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Ajouté le 01 octobre 2010
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EAN13 9782296935921
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REPENSER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE AU XXIe SIÈCLE

Points de vue Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga-Akoa
Déjà parus
Martin KUENGIENDA, République, Religion et Laïcité, 2010. Maurice NGONIKA, Congo-Brazzaville: 50 ans, quel bilan ?, 2010. Dieudonné IYELI KATAMU, La musique au cœur de la société congolaise, 2010. Mahamat MASSOUD, La Banque des États de l'Afrique Centrale, 2010. SHANDA TONME, Analyses circonstanciées des relations internationales 2009, 2010. Alassane KHODIA, Le Sénégal sous Wade, 2010. Gérard BOSSOLASCO, Éthiopie à la une. Journaux et publicités. 1865-1935, 2010. Jean-Célestin EDJANGUE, Les colères de la faim, 2010. Jean-Célestin EDJANGUE, Cameroun : un volcan en sommeil, 2010. Gilbert TOPPE,.Communication politique et développement en Côte d’Ivoire, 2010. Alexandre WATTIN, Les détachements Hawk Épervier au Tchad 1986-1989, 2010. Essé AMOUZOU, Gilchrist Olympio et la lutte pour la libération du Togo, 2010. Alexandre GERBI, Décolonisation de l’Afrique ex-française, 2010. Ignace GNAN, Le développement de l’Afrique : un devoir pour les Africains, 2010. Yaya SY, Légitimations de l’esclavage et de la colonisation des Nègres, 2009.

THIMOTÉ DONGOTOU

REPENSER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE AU XXIe SIÈCLE
Préface de Charles Zacharie BOWAO

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12530-8 EAN : 9782296125308

Ce livre est dédié à la mémoire de ma tante Bowela Madelaine dont j'ai appris la disparition à Brazzaville lors de la rédaction de ce livre. Que son âme repose en paix.

L'humanité se trouve à un moment crucial de son histoire, Action 21 aborde les problèmes urgents d'aujourd'hui et cherche aussi à préparer le monde aux tâches qui l'attendent au cours du siècle prochain. Ce processus marque la naissance d'un nouveau partenariat mondial pour le développant durable (extrait du chapitre 1) En préambule de L’Agenda 21(Sommet de la Terre, 1992 à Rio De Janeiro)

AVANT-PROPOS
Avant de présenter les différentes approches du concept de développement durable d'un point de vue historique et évolutive, L'ouvrage présente en préface, les contributions de Charles Zacharie Bowao, Ministre à la Présidence chargé de la coopération, de l'action humanitaire et de la solidarité du Congo Brazzaville au 5ème FORUM mondial sur le développement durable à Paris des 06 et 07/12 /2007. Ce petit ouvrage est, une synthèse originale, sur le concept de Développement Durable. Il rassemble et présente les contributions autour du concept, impulsées par ce 5ème Forum mondial sur le développement durable à Paris(session 5) et fait une analyse entre entreprises et développement durable inspirée par Christian Brodhag dans une vision intégrée de l'entreprise européenne. Fondé sur une analyse fine, historique, évolutive et récente du concept, l'ouvrage expose d'abord, à grands traits les contributions issues de ce Forum. Mais ces analyses contribuent à faire apparaître d'une part les limites du concept de développement durable et d'autre part la nécessité de repenser le développement durable au XXIe siècle. Les arguments développés par Thimoté Dongotou, Économiste au Centre d'Études des Modes d'Industrialisation CEMI-EHESS Paris s'inscrivent dans cette perspective. Ainsi, le livre est illustré de nombreux arguments concrets mobilisant diverses professions (Philosophes, historiens, politologues, Économistes, sociologues,...). Le titre du

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livre justifie l'intérêt du renouvellement des approches du Développement durable. « Le développement durable ne doit pas être considéré comme une nouvelle théorie de l'économie mondiale, mais comme un état de conscience collectif. Beaucoup de nos contemporains éprouvent certaines difficultés à appréhender ce concept. Enfermés dans le carcan de leurs contraintes professionnelles et sociales, ils ne parviennent pas à intégrer, dans une dynamique, ce qui relève de l'économie, du social et de l'environnement. Et de surcroît, faudrait-il qu'ils ajoutent la culture entant que quatrième « pilier » du développement durable, comme la France s'y est engagée lors du sommet de Johannesbourg Paradoxalement, il semblerait que la plus grande chance des pays pauvres soit leur sous-développement: cela leur donne en effet la possibilité, aujourd'hui ou demain, des schémas différents de ceux des pays du Nord »(Nicolas Hulot, 2004)1. L'éclairage pluridisciplinaire et la lecture de l'ouvrage suscitent des interrogations sur les perspectives de l'Afrique dans le cadre du NEPAD et permettent de comprendre plusieurs facettes d'une « Afrique ambiguë » à la fois en crise et en créativité forte. L'ouvrage brosse également un éclairage sur les politiques énergétiques
1 Depuis des lustres, l'aide internationale au développement n'est jamais parvenues jusqu'aux communautés de base. Si ce n'est, souvent, pour provoquer des catastrophes écologiques dans les régions où les ressources naturelles procurent aux populations la plus grande partie de leur subsistance. Faute d'obtenir un soutien financier et lasses de l'espérer, ces populations se sont organisées, structurées, en créant des associations, des groupements d'intérêt économique, des fédérations. Leur nombre et la force de proposition qu'elles représentent désormais ont été l'une des surprises du Sommet de Johannesbourg sinon son plus grand succès. Depuis, les voix du Sud ne cessent de se faire entendre lors toutes les grandes conférences internationales.

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dans les pays développés et émergents (par exemple UERUSSIE, CHINE...) : repensons le développement durable au XXIe siècle en recourant aux institutions régulatrices comme l'affirme Jacques SAPIR dans son ouvrage Quelle économie pour le XXIe siècle paru chez Odile Jacob, 2006: « La liberté des agents économiques est inconcevable sans institutions régulatrices ». Le XXIe siècle est-il celui de l'enjeu du développement durable ? La problématique du développement durable n'est désormais plus seulement l'affaire des experts ou décideurs: elle interpelle de façon pressante les gouvernements tout comme toutes les institutions sociales (État, ONG, Associations, Syndicats...). C'est là donc la question fondamentale de notre avenir énergétique que cet ouvrage clair et pédagogique met en évidence.

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PRÉFACE

De Charles Zacharie BOWAO, Professeur Titulaire de Philosophie, Ministre à la Présidence chargé de la Coopération, de l’Action humanitaire et de la Solidarité du Congo-Brazzaville, auteur de plusieurs ouvrages tout récemment, La mondialité entre histoire et avenir, Paris, Paari, 2004, La tolérance, Brazzaville, Hémar, 2007.Il dirige également la Revue Géopolitique Africaine, Brazzaville.

Repenser le développement durable(2)
Une trentaine d'années après la mise en perspective du concept «développement durable», particulièrement avec le Rapport Brundtland Notre avenir à tous (1987), et à travers l'écho mobilisateur du Sommet de Rio (1992), repenser le discours dont il est encore porteur, c'est en d'autres termes et entre autres questionnements, interroger sans complaisance la nature profonde des rapports entre les pays du Nord et ceux du Sud. Rétrospectivement, mais surtout prospectivement. Des choses et d'autres ont été dites pour en maîtriser les contours. Des choses et d'autres ont été faites pour en assurer l'effectivité. Pour autant, ces rapports demeurent controversés. A chaque rencontre internationale, à chaque sommet entre États développés et pauvres, et même d'un
2 Extrait du 5e Forum mondial sur le développement durable, Session 5: Régulations sanitaires, démographie et migration, Sénat-Palais du Luxembourg Paris

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forum scientifique à un autre, les conflits d'intérêts prennent le pas sur le nécessaire consensus autour des valeurs proclamées d'humanité. J'ai eu le privilège d'assister Son Excellence Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, à certaines de ces rencontres. Les discussions ne sont pas toujours heureuses, hélas. Les négociations sont le plus souvent difficiles parce que chacun veut à tout prix imposer son point de vue. Or, il faut le souligner sans ambiguïté, le rapport de force est essentiellement en faveur des plus nantis, que ce soit sur les questions politiques, économiques, environnementales ou culturelles. Comme si la raison du plus fort est irrémédiablement la meilleure. Dans ces conditions, peut-on parler d'opérer ensemble pour le bienêtre universel alors que subrepticement fonctionne une logique du plus fort qui gagne, s'exprime une volonté de puissance qui prend le pas sur la recherche de l'équité ou de l'harmonie entre États supposés souverains? La loi du marché a piégé de par en par le paradigme critique qui a fait de la perspective humaine du développement durable une préférence éthique fondamentale. Il suffit de suivre attentivement la trajectoire controversée du « Protocole de Kyoto (1997) » pour s'en convaincre. Qu'en est-il donc de ce qui n'est ni plus ni moins qu'une crise de gouvernance mondiale? Telle est la question qui structure la présente réflexion d'un bout à l'autre. Question banale - seulement en apparence on s'en doute bien - mais d'une actualité fascinante pourtant, surtout lorsque l'on observe attentivement ce qui se passe dans ce domaine qui aurait pu servir de point de mire de notre modernité, pour en mesurer l'humanité. Allusion est ici faite clairement à ce domaine de plus en plus sensible des migrations, ou plus généralement à celui de la mobilité comme caractéristique essentielle de notre civilisation actuelle.
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S'il est vrai que la mondialité est notre modernité, alors la question de la mobilité, sous ses différentes facettes, les bonnes comme les mauvaises, ne peut laisser indifférent: informations, circulation monétaire, savoir, armes, drogue, blanchiment d'argent, terrorisme, migrations et que sais-je encore. Je préfère parler de mondialité comme notre manière actuelle d'exister, comme culture en devenir, plutôt que de mondialisation, parce que celle-ci est terminée. Plus jamais ne se remettra en cause le «devenirun» d'une humanité qui par la faute de l'homme peut subitement disparaître. Personne ne sait sous quelle forme renaîtra l'humanité si elle cessait d'exister dans sa forme actuelle par le fait d'une implosion nucléaire. D'une certaine manière, on est tous mondialisé, même s'il y’a des anti ou des alter mondialistes. Au fait, vouloir d'une autre mondialisation, plus humaine, c'est reconnaître, du coup, qu'il y’en a une qui est déjà là, mais qui ne satisfait nos attentes, qui est inhumaine. D'où la nécessité, dit-on, d'humaniser cette mondialisation incontournable. [cf. Bowao (C.Z.): La mondialité entre histoire et avenir, Paris, Paari, 2004] Cessons d'être aveugles ou de faire semblant de ne pas voir la réalité telle qu'elle s'offre à notre intelligence. Regardons le nombre impressionnant des gens qui se consument en tentant de traverser le désert, puis la mer, et même parfois en se cramponnant à l'aile d'un avion, beaucoup plus pour fuir une quotidienneté insupportable que pour affronter une aventure humaine dont le poète aurait pu dire qu'elle serait belle parce que nouvelle... une aventure d'une nature hostile dont ces naufragés n'imaginent aucunement les aléas et les incertitudes. Du coup, et à vous crever les yeux, on en projette les images à l'écran, pour montrer comment cela bouleverse nos semblables au Nord, comment cela traduit l'irresponsabilité étatique au Sud et le sens patriotiquement
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élevé de la sécurité des autorités au Nord. Tout cela pour ces gens simples qui n'ont en tout et pour tout que leur volonté de survie à offrir à une désespérance mondialisée, une désespérance qui les considère à la fois comme des irréguliers que l'on n'a pu retenir chez eux et que l'on ne saurait accueillir en cet «ailleurs» qui les attire éperdument. Des mesures drastiques sont alors prises les unes après les autres en Occident pour conjurer ces migrations de la détresse humaine. L'hospitalité universelle qui de tout temps inspire la réflexion philosophique, la créativité littéraire ou la création artistique demeure un leurre même en ce siècle (le nôtre) qui, plus que les précédents, a su scientifiquement établir l'unité du genre humain. Mais regardons aussi la législation complexe mise en place pour protéger l'exception culturelle, mais surtout celle qui, en revanche couvre monétairement l'espace économique Nord qui bénéficie tranquillement et massivement de toutes les tractations financières les plus subtiles, y compris les montages financiers de grands projets destinés à structurer le développement des pays du Sud. Les difficultés de mises en place des mécanismes de financement dits innovants pour le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), sont là pour interpeller les experts et les politiques. Pas moins que les négociations entre l’Union Européenne et les États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique concernant les Accords de partenariat économique (APE) qui avancent plutôt lentement à cause justement des fameux conflits d'intérêts entre les «Grands» et les «Petits». On vous opposera le même argument d'exception insécuritaire, conséquence par excellence de l'instabilité politique chronique pour justifier ce déséquilibre ahurissant qui veut que la circulation monétaire globalisée réserve plus de 90% de ces liquidités au Nord. Situation
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consolidée par la question de l'équivalence aléatoire entre devises étrangères toujours fortes et monnaies locales toujours livrées à la dépréciation continue, autrement dit à la dévaluation. Qui plus est, une dévaluation dont, paradoxalement et curieusement, la finalité est la quête de performance productive comme levier de bonne gouvernance économique, alors que dans le fond, elle participe de à la détérioration des termes de l'échange quand il s'agit des matières premières que les pays du Sud doivent exporter vers ceux du Nord. Le contexte géopolitique mondial révèle donc des rapports Nord-Sud en proie à une crise structurelle, et donc non conjoncturelle comme l'on a souvent coutume de le dire. Comme un «à-venir» qui dure longtemps, cette crise perdure depuis, devenant pour ainsi dire structurante. Le multilatéralisme est ainsi inhibé, mais sans faire écho à une coopération bilatérale dynamique et performante. On le constate clairement aujourd'hui au travers de la notion économiquement et «mondialement» formatée de luttecontre-la-pauvreté. Une notion composite désormais au cœur de la géostratégie internationale des Objectifs Millénaires du Développement d'une part, et de la floraison des Documents de Stratégies de Réduction de la Pauvreté en question dans les pays du Sud, africains en particulier. Les mécanismes en chantier à la charnière du système actuel des Nations Unies et de ce que l'on qualifie - faute de mieux - comme étant la société civile internationale, sont incapables d’ouvrir des perspectives heureuses entre les pays du Nord en perpétuelle évolution, et ceux du Sud qui peinent à se mettre dans l'axe solidifié d'une modernité de progrès, à la lumière des indicateurs universellement partagés d'un développement voulu par tous humainement durable. Et alors? Tout porte à croire que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ne seront
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