Séries télé US : l
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Séries télé US : l'idéologie prime time

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Description

Cet ouvrage montre le pouvoir de la fiction télévisuelle de façonner des représentations particulières de la société, même pour les grandes séries américaines des chaines généralistes. Après une introduction aux études télévisuelles et cultural studies anglo-saxonnes, trois chapitres thématiques abordent les questions de société parfois sensibles qui sont traitées dans des séries telles que Grey's Anatomy, Desperate Housewives, 24 heures chrono ou Les experts.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 janvier 2014
Nombre de lectures 36
EAN13 9782806107480
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

-610176-1
Mathîeu de WASSEIGE avec la collaboratîon de Barbara DUPONT
SÉRIES TÉLÉ US : L’IDÉOLOGIE PRIME TIME
# CURSUS
3/12/14 12:29
Séries télé US : l’idéologie prime time
EN COUVERTURE PHOTO :« TIMES SQUARE 2009 »tiré du livre« MACADAM NY » street photography de Laurent Poma – photographe depuis 1993 et enseignant à l’IHECS depuis 2010.
Collection dirigée par Joël Saucin et Frédéric Moens
La collection IHECS [dot] COM rassemble des ouvrages dont le centre d’intérêt réside dans les mécanismes de l’information, dans les processus de communication ou dans les logiques de l’échange qui traversent le monde contemporain. Les questions médiatiques, sémiologiques ou sociologiques de la communication y sont rele-vées et analysées. Présentations théoriques, dossiers pratiques ou analyses scientiques en composent les différentes séries (com-munication, cursus, documents). La collection est enracinée dans les pratiques et les productions de l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales de Bruxelles.
ISBN 978-2-8061-0176-1
9 782806 101761
Mathieu de WASSEIGE Avec la collaboration de Barbara Dupont Séries télé US : l’idéologie prime time
Maquette : N. Brixy — Mise en page : C. Oviedo et S. Paulus
ISBN 978-2-8061-0176-1 D/2014/4910/33
©Academia-L’Harmattan s. a Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-La-Neuve
www.editions.academia.be
Remerciements
L’auteur remercie très vivement Barbara Dupont, assistante à l’IHECS et doctorante à l’UCL en séries tv et études de genre, pour ses sugges-tions éclairées, sa relecture pointue et sa partie sur Glee et l’évolution de l’idéologie prime time ; Christophe Den Tandt de l’ULB pour son accompagnement doctoral inestimable ; Luc De Meyer pour son sou-tien indéfectible ; Pascal Chabot pour les passionnantes discussions et le brainstorming qui a mené au titre dénitif de cet ouvrage ; tous mes étudiants de l’IHECS qui m’encouragent, par leurs questions, à pour-suivre mes recherches et à me remettre en question ; les équipes de l’IHECS et de l’Harmattan qui ont mis ces mots en forme.
À Caroline, Elliott, Elsa et Léo. Ils m’ont grandement aidé à trouver la force et la persévérance pour accomplir une pareille recherche et écri-ture depuis de nombreuses années.
Introduction
L’origine du présent ouvrage réside dans un certain nombre d’obser-vations concernant les séries télévisées américaines et la télévision en général, dans le cadre d’études américaines et d’une thèse de doctorat sur les séries télévisées US, inspirée par l’intérêt marqué du monde aca-démique anglo-saxon qui a depuis longtemps produit d’innombrables études sur la télévision en général, dont une bonne partie concerne les ctions sérielles. Ce phénomène de grande envergure, qui semble tou-cher toutes les couches de la population, est par contre peu analysé pour son contenu, son message ou ses stratégies de représentation dans l’uni-vers francophone, pourtant inondé depuis une dizaine d’années par ces productions américaines. C’est même le monde académique européen en général qui semble avoir relativement peu d’intérêt pour la série télé-visée, sans doute par manque de cohérence ou d’organisation de l’étude de ces produits culturels. En effet, contrairement aux sciences politiques ou sociales, à la littérature ou même au cinéma, on ne trouvera presque jamais de chercheurs ou de professeurs d’universités qui se dénissent comme chercheurs en séries télévisées, et il n’existe pour ainsi dire pas de départements d’études télévisuelles sur le continent européen. Heureusement les Presses Universitaires de France ont commencé à pal-lier ce manque en 2012 avec leur collection dédiée aux séries et dirigée par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Claire Sécail.
Une partie de l’explication peut se trouver, comme le dit bien Robert Allen, dans le fait qu’il n’y a jamais eu de consensus général parmi les chercheurs quant au pourquoi et au comment de l’étude de la télévision, voire quant à la nécessité même de l’approche de la télévision comme objet d’étude (2004, p. 2). De plus, comme le dit John Corner, autre spé-cialiste anglo-saxon de la télévision, « les développements récents de la production, distribution et réception de la télévision ont tellement changé le prol social et culturel de cette dernière […] que la recherche semble devoir se focaliser sur une cible mouvante » (1999, p. 16). Une partie de cet ouvrage tentera donc de montrer pourquoi la série télévisée mérite plus d’attention académique. À cette n, je dénirai la ction télévisuelle
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SÉRIES TÉLÉ US : L’IDÉOLOGIE PRIME TIME
et l’évolution des études télévisuelles et montrerai comment elles se sont développées dans l’héritage descultural studiesbritanniques, avant de proposer une analyse thématique d’une demi-douzaine de séries qui ont marqué leprime timedes années 2000.
Outre la difculté de l’étude académique de la ction télévisuelle, la série TV est rarement prise au sérieux car elle a été trop souvent considé-rée, à tort, comme un simple produit de la culture populaire. On peut par exemple déplorer l’absence, dans le curriculum universitaire, d’œuvres qui sont devenues un aspect essentiel de la culture et du quotidien des étudiants. De plus, la télévision et la ction télévisuelle en particulier ont eu les plus grandes difcultés à être acceptées comme des véhi-cules potentiels de production artistique, autant pour leurs prouesses esthétiques que pour leur dimension politique. Par contre, la télévision a été rapidement et sévèrement critiquée pour son inuence supposément négative sur la jeunesse et ses effets néfastes sur les relations sociales. La seule exception au manque d’intérêt académique semble donc bien être celle des sciences sociales et de la psychologie. À ce propos, Susan Briggs observe que « la plupart des recherches se sont concentrées sur des évaluations quantitatives d’heures de visionnage » (1995, p. 194), et que « les conclusions de ces études étaient souvent contradictoires » (p. 196).
Néanmoins, alors que regarder la télévision est une action tellement habituelle pour un grand nombre de gens dans toutes les strates de la société, elle ne fait que trop peu l’objet d’un examen minutieux, surtout au niveau de son contenu ctionnel. En ceci, comme l’expliquent John Fiske et John Hartley, elle peut être comparée au théâtre élisabéthain :
e Depuis le XVII siècle, le théâtre élisabéthain a été abondam-ment analysé, et les premiers jugements […] sont à présent considérés comme hâtifs. Ce qui manque au niveau de la télé-vision est le même niveau d’analyse. Les productions télévi-suelles sont sans doute aussi bonnes que le théâtre élisabé-thain mais nous ne disposons pas encore d’assez d’éléments pour les étudier (1978, p. 14).
Soixante ans après l’avènement de la télévision comme média de masse aux États-Unis, la télévision souffre toujours partiellement de la dia-tribe de la très inuente École de Francfort contre la culture de masse. Un de ses plus chercheurs les plus connus, Theodor Adorno, condamna alors très sévèrement la culture de masse pour sa forme standardisée et sa stéréotypisation concomitante qui geaient les spectateurs dans une forme de statu quo. Pour lui,
la technologie inhérente à la production télévisuelle rend le stéréotype presque inévitable [et] plus les stéréotypes sont réiés et rigides dans le fonctionnement actuel de l’industrie culturelle, moins les gens auront tendance à remplacer leurs idées préconçues par le progrès acquis de leurs expériences (1959, pp. 483-484).
Heureusement, les choses ont évolué, comme nous le verrons dans le premier chapitre. D’autre part, ce changement provient certainement de la plus grande qualité offerte par la série télévisée depuis les années 80, et particulièrement grâce à la technologie dès les années 90, ainsi que grâce à la concurrence des chaînes ditespremium(hbo, Showtime…) qui ont toujours proposé des produits de qualité, aussi bien au niveau esthétique qu’au niveau du scénario, du jeu d’acteur, et des sujets abordés.
Suite à ces observations liminaires, l’accent sera mis sur les différents formats télévisuels et sur les thématiques traditionnellement abordées par lescultural studies, donc les questions relatives au domaine de la culture populaire. Dans ce contexte, les séries télévisées sont intéres-santes car elles sont l’exemple même de l’affaiblissement de la distinc-tion entre culture élitiste et culture de masse, aussi bien dans leur dimen-sion esthétique que dans leur dimension sociale ou politique, comme le montrera cet ouvrage. À cette n, je présenterai brièvement les ques-tions centrales descultural studiesanglo-saxonnes depuis la création du Centre for Contemporary Cultural Studies à l’université de Birmingham en 1960 jusqu’aujourd’hui. Allusion sera faite aux analyses structura-listes et d’inspiration marxiste qui ont éclairé le débat sur l’idéologie dans les séries télévisées, ainsi qu’à l’étude de la réception ou les théo-ries postmodernes et féministes. Les lecteurs moins intéressés par cette
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