Soigner et former

-

Livres
334 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le champ de la santé est engagé depuis 2009 dans un ensemble de transformations qui touchent à la fois l'organisation du soin et les modalités de formation des professions paramédicales. Qu'ils soient soignants, cadres ou bien formateurs, les changements, portés par la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » du 21 juillet 2009 et relayés par des mesures de natures différentes selon les contextes, ont suscité un important travail d'appropriation, appelant parfois une véritable conversion des regards.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 septembre 2016
Nombre de visites sur la page 22
EAN13 9782140018336
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Contribution des sciences de l’éducation
Cet ouvrage propose par ailleurs une réLexion de type épistémologique, sur les
métier de chercheur confronté au déI de l’intervention qu’un certain nombre de
Broussal, Laetitia Deblonde, Farida DriI, Daniel Guy, Véronique Haberey-
Coordonné par
Pratiques en formation
Dominique Broussal,
Coordonné parDominique Broussal, Jean-François Marcel et Joris Thievenaz
SOIGNER ET FORMER
Contribution des sciences de l’éducation
Jean-François Marcel et Joris Thievenaz
ontribution des sciences de l’éducation
Préface de Martin Winckler
SOIGNER ET FORMER CONTRIBUTION DES SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Collection Pratiques en formation dirigée par Daniel BERTAUX, Véronique BEDIN, Catherine DELCROIX et Michel FOURNET Coordination de la collection : Daniel BART La collection Pratiques en formation regroupe des ouvrages qui traitent de l’évolution des différents types de pratiques sociales, des contextes dans lesquels elles s’inscrivent et de leurs méthodes d’observation. Les travaux retenus répondent à trois objectifs majeurs : construire des cadres de référence appropriés à l’analyse de pratiques contextualisées, étudier les interactions entre pratiques individuelles et organisationnelles dans des systèmes d’activités différenciés : formation, travail social, profession-nalisation, développement local ; enfin, enrichir les savoirs et pratiques en formation tout au long de la vie selon une approche pluridisciplinaire. Dernières parutions Coordonné par Marie-Madeleine GURNADE et Cédric AIT-ALI, Jeunesses sans parole, jeunesses en paroles, 2016. Sous la direction de Laetitia PROGIN, Jean-François MARCEL, Danièle PERISSET, Maurice TARDIF,Transformation(s) de l’école : vision et division du travail,2015. Coordonné par Dominique BROUSSAL, Pascale PONTE, et Véronique BEDIN,Recherche-intervention et accompagnement du changement en éducation,2015.
Sous la direction de Richard ETIENNE, Jean VINET, Josiane VITALI,Quelle formation professionnelle supérieure pour les arts du cirque ?, 2014.
Coordonné par Véronique BEDIN,Conduite et accompagnement du changement. Contribution des sciences de l’éducation,2013.
Coordonné par Dominique BROUSSAL, Jean-François MARCEL et Joris THIEVENAZ
SOIGNER ET FORMER CONTRIBUTION DES SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Préface de Martin WINCKLER
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.frISBN : 978-2-343-09924-8 EAN : 9782343099248
PRÉFACE LE SOUCI, LE SOIN, LA TRANSMISSIONMARTIN WINCKLER
Avoir le souci de l’autre est une attitude spontanée chez beaucoup d’êtres humains : les nourrissons qui marchent à peine vont caresser le visage de bébés plus petits lorsqu’ils pleurent. Pour les consoler ou leur rendre le jouet qu’ils ont laissé tomber.
C’est ce même souci qui anime un parent tenant son enfant par la main quand il marche en équilibre sur la bordure d’un bassin ; le compagnon qui se lève sans bruit et recouvre les épaules de la silhouette endormie pour lui éviter d’avoir froid ; l’amie qui rend visite au malade alité.
Le souci, qui mêle la préoccupation qu’on a de l’autre et le désir de lui faire du bien, pousse à apporter du soutien, de la compagnie, du réconfort. C’est le moteur intérieur du soin.
Mais le souci ne porte pas seulement sur le soulagement des souffrances immédiates. Il conduit à imaginer les situations futures ou possibles, à anticiper et prévoir, à poser des jalons et préparer. Se préparer, mais aussi préparer l’autre. C’est ce que sous-entend le double sens du motprévenir: on prévient quelqu’un d’un danger pour en prévenir les conséquences néfastes. Le principal outil du soin, c’est la personne qui soigne. C’est elle qui met en œuvre ce qu’elle sait et sait faire, se sert de ce qu’elle a sous la main et imagine des solutions aux problèmes imprévus. Soigner quelqu’un – et en particulier le soulager – c’est l’affranchir de la douleur… et du soignant. Un soignant vise la liberté de celui qu’il soigne. S’il n’a pas cette liberté comme horizon, ce n’est pas un soignant. Le principal outil de la prévention, c’est le savoir ; c’est un bien inestimable : on peut le transmettre de manière illimitée, à une personne ou à cent, et donner ainsi à beaucoup la possibilité de
7
soigner ou d’éviter des souffrances. Prévenir, c’est transmettre du savoir. Nous sommes tous des patients – ou nous le serons un jour. Et certains d’entre nous soigneront à leur tour. Quand nous regardons les soignants travailler, nous recueillons un savoir, un savoir-faire, un modèle pour le soignant que nous serons demain.
Souci, soin et transmission du savoir sont si intimement liés qu’ils sont sans doute indissociables. Sans souci, pas de soin. Sans savoir, pas de prévention. Sans transmission du savoir, impossible de passer le flambeau et d’assurer la continuité des soins. Impossible de libérer.
Les contributions publiées dans ce livre traitent de la formation des soignants de manière transdisciplinaire, via des approches distinctes, mais convergentes : celle des professionnels de santé, celle des formateurs, celle des étudiants, mais aussi, mais aussi celle des patients – car c’est au patient que sont d’abord destinés le soin, la prévention et la transmission du savoir. Et le patient a toujours beaucoup à dire, autant qu’à recevoir. C’est ce que nous montrent les personnes atteintes d’une affection chronique : elles connaissent leur corps et ses symptômes de l’intérieur et, à la longue, beaucoup appréhendent leur maladie mieux que personne. Leur apport à la formation des soignants – et des autres patients – est donc tout aussi crucial que leur formation propre.
Au fil des articles, les auteurs rappellent aussi que le développement professionnel des soignants repose sur deux mouvements fondamentaux : communication et coopération. Rien d’étonnant : pour soigner, je dois écouter et comprendre, mais aussi m’assurer que j’ai bien compris, et que je suis parfaitement compréhensible. Par toutes et par tous, à égalité.
Enfin, en soulignant les enjeux du professionnalisme, tous les contributeurs du livre rappellent que soigner - donner des soins, délivrer ducare- est un travail, et même un métier. Pour certains, ce serait un « sale boulot » en regard des tâches réputées « respectables » que sont le diagnostic ou la prescription. Mais quand il contribue à cette œuvre collective qu’est la libération de ceux qui souffrent, c’est l’un des métiers les plus nobles qui soient.
8
INTRODUCTION GÉNÉRALE* DOMINIQUE BROUSSAL
Cet ouvrage s'adresse en premier lieu aux professionnels du champ de la santé, engagés depuis 2009 dans un ensemble de transformations qui touchent à la fois l'organisation du soin, sa conception et les modalités de formation des professions paramédicales. Qu'ils soient soignants, cadres ou bien formateurs, les changements, portés par la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » du 21 juillet 2009 et relayés par des mesures de natures différentes selon les contextes, ont suscité un important travail d'appropriation, appelant parfois une véritable conversion des regards. L'évolution des pratiques qu'elle portait en germe a nécessité des apprentissages individuels et collectifs importants. En dépit du ton quelque peu incantatoire du vade-mecum qui accompagnait la réforme - « ce sont toutes les forces vives de la santé qui la portent et la font vivre » était-il dit -, elle n'a manqué de provoquer des interrogations, des doutes, voire des réactions critiques quant à la place faite à l'humain dans des organisations où la gestion paraît tenir une place grandissante (Gori, Cassin, & Laval, 2009), quant au difficile équilibre des dimensions techniques et relationnelles du soin (Rothier Bautzer, 2013), quant aux effets conjoints du vieillissement de la population et de la libéralisation du système, quant aux paradoxes d'une autonomie soignante promue et d'une docilité toujours attendue. Les auteurs des textes qui suivent, chercheurs en Sciences de l'éducation ou soignants engagés dans des formations universitaires (masters, doctorats), ont accompagné ces changements. Qu'ils aient choisi de le faire par la production de résultats susceptibles d'éclairer les acteurs, ou sous la forme de recherches revendiquant expressément des formes d'intervention, leurs travaux s'inscrivent dans cet environnement en mutation ainsi que dans une réelle proximité aux pratiques.
*  Maître de conférences, Université de Toulouse-Jean Jaurès, UMR EFTS (Unité Mixte de Recherche « Éducation, Formation, Travail, Savoirs »), France.9