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Stimuler le cerveau de l'enfant

De
272 pages
Comment stimuler le cerveau d'un jeune enfant ? Le cerveau d'un bébé est très sensible aux effets de son environnement, qu'il soit protecteur et stimulant ou au contraire perturbateur. Très malléable, le jeune cerveau humain est également vulnérable. Il subit négativement les effets du stress. Mais pas n'importe quel stress. Comment le stress agit-il chez l'enfant ? Quelles sont les différences entre enfants ? Y-a-t-il des enfants génétiquement prédisposés à ressentir davantage les effets du stress? Comment les parents peuvent-ils préserver leurs enfants ou mieux les « armer »?
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Christel Demey
Stimuler le cerveau de l’enfant
Le préserver des dangers du stresset l’aider à s’épanouir
Stimuler le cerveau de l’enfant
Psycho - logiques Collection fondée par Philippe Brenot et dirigée par Alain Brun Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho - logiques. Déjà parus Jean-Luc ALLIER,La Fragilité en pratique clinique, 2013.Stéphane VEDEL,Nos désirs font désordre, Lire L’Anti-Œdipe, 2013.Sliman BOUFERDA,Le symptôme en tous sens, 2012. René SOULAYROL,La spiritualité de l’enfant. Entre l’illusion, le magique et le religieux(nouvelle édition), 2012. Bernard GANGLOFF et Daniel PASQUIER,Décrire et évaluer la personnalité : mythes et réalité, 2011. Mady FERNAGUT, Yolande GOVINDAMA et Christiane ROSENBLAT,Itinéraires des victimes d’agressions sexuelles, 2011. Louise TASSE,Les oripeaux des ados, 2011. Anick LASALMONIE,Du procès social à l’eugénisme moral, 2010.Jean-Max FEREY,Parents à louer pour enfants fous. Récits des « Familles-Thérapeutiques », 2010. Patrick PIPET,Sauter une classe, Entre mythe social et faille narcissique, 2010. Jean CASSANAS,Les descriptions du processus thérapeutique, 2010. Michel LEMONNIER,Le Psychologue du travail. Un agent du changement dans la société, 2010. Samuel GONZALES-PUELL,L'Approche thérapeutique des déficiences intellectuelles sévères et profondes. Perspectives institutionnelles, 2010. Huguette CAGLAR,Les familles monoparentales, 2010. Frédéric BRISSAUD,Pour un renouveau de la psychothérapie. Mutations, 2010. Ahmed CHANNOUF,Les freins invisibles à l’égalité des chances, 2010.
Christel DEMEYStimuler le cerveau de l’enfant Le préserver des dangers du stress et l’aider à s’épanouir L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02452-3 EAN : 9782343024523
À Cyril, Ta réactivité a donné matière à penser ce livre Estelle, Ta sérénité m’a encouragée à le finaliser À mes patients, Sans qui, toutes mes recherches n’auraient pu s’approfondir
Introduction
« Tout se joue avant 6 ans » telest le titre du best-seller du Docteur Fitzhugh Dodson dont l’ouvrage a été traduit en français en 1972. Avec les progrès des neurosciences, on se rend compte que le stress toxique précoce exerce un impact sur le cerveau du petit de l’homme. Comme l’avait observé Sigmund Freud il y a plus d’un siècle, les traumatismes psychologiques laissent une trace impérissable. Cette empreinte n’a pas que des effets dans le corps de l’enfant : elle atteint aussi l’activité des gènes et des neurones, oriente la croissance cérébrale et modifie, par-delà même, le fonctionnement individuel et l’adaptation. Désormais, l’expérience stressante qui pousse à agir peut, dans ses excès, faire sombrer le jeune enfant dans l’abîme des flots obscurs dont on saisit plus amplement les mécanismes physiologiques qui en découlent. Mais justement ce stress qu’en est-il réellement? Comment opère-t-il et quels sont ses effets démontrés sur le cerveau humain, sur les neurones et sur les gènes qui les régentent ? Comment des expériences négatives peuvent-elles s’inscrire dans l’organisme au point d’affecter durablement le comportement et la santé ? Dans la première partie, nous observerons que le sexe de l’enfant, son tempérament, ses conditions de naissance, son environnement post et anténatal peuvent rendre compte de la nature de l’expérience stressante et de ses manifestations sur le devenir infantile. Au cours des chapitres de cette première partie, il conviendra de démontrer, à la lumière de l’expérimentation animale et des données récoltées sur l’Homme, que le stress, par l’intermédiaire d’une cascade d’événements neurochimiques, altère le microenvironnement du système cérébral et concourt au risque de l’avènement d’un trouble psychopathologique (anxiété chronique, dépression, troubles de conduites, hyperactivité, etc.) et autres affections systémiques. Chaque enfant est cependant différent. Certains vont œuvrer efficacement sans subir trop lourdement les effets de l’adversité alors que d’autres vont déclarer une maladie sérieuse. La constitution interne de l’enfant a pu agir comme modérateur ou amplificateur des effets du stress. Au-delà de toute contribution biologique, tout un chacun reconnaîtra que des traumatismes impérieux sont générateurs d’une profonde détresse chez l’enfant. Mais les expériences défavorables de l’enfance ne concernent pas que les événements tragiques; les interactions quotidiennes dans la vie de l’enfant sont plus importantes que ce que nous estimons. En effet, les tensions sournoises, répétées et durables, les situations conflictuelles, l’épuisement psychique de l’un ou de l’autre parent, les facteurs pénibles (maladie, isolement, etc.) peuvent stresser l’enfant de manière chronique et insidieuse. La mission du parentage rendue plus ardue de nos jours peut fragiliser la force du lien entre le donneur de soins et sa progéniture. Cette fragilisation du lien a-t-elle pu générer un climat d’insécurité relationnel prolongé lequel a été source de stress évident chez l’enfant, et ce, avant même son entrée en garderie ?
Dans la deuxième partie, nous verrons que la spécificité du lien parent-enfant va servir de tampon aux vulnérabilités biologiques singulières de certains enfants ou au contraire cristalliser, voire accentuer leurs difficultés « naturelles ». Le milieuprotègeou au contraireagressel’enfant plus fragile qui, dans ce dernier cas, endurera plus lourdement encore les effets du stress. L’environnement parental offre à l’enfant une base de développement neuro-anatomique essentielle. La qualité des moments passés en famille et le temps investi sont d’une importance cruciale pour l’ontogenèse cérébrale.Le cerveau est d’une étonnante plasticité, les neurones se régénèrent toute une vie mais il existe des périodes sensibles durant lesquelles le marquage parental est de la plus haute importance. Ce marquage correspond aux trois, quatre premières années de vie.Trois à quatre ans pour permettre au cerveau de se développer harmonieusement. Trois à quatre années d’évolution maximale, c’est beaucoup et peu à la fois. Beaucoup quand les parents sont stressés et épuisés. Peu quand on y réfléchit avec raison, discernement et maturité. Cette prudence et cette réflexion peuvent s’acquérir avec l’accroissement des connaissances, avec la volonté, le courage de chercher des appuis, des aides qui ouvriront la voie à un meilleur possible, à un meilleur échange interactionnel, à un lien relationnel plus solide qui renforcera cette détermination. En référence aux travaux du psychanalyste John Bowlby et de la psychologue Mary Ainsworth, nous observerons ce qu’est un lien relationnel consistant et sécurisant, qui est l’acteur privilégié de ce lien et qui garantit son tissage. Un environnement familial rassurant modère l’extrême réactivité et équilibre le fonctionnement physiologique de la réponse au stress des jeunes enfants. En soi, cet espace familial-là donne à chacun des armes incomparables pour surmonter plus facilement par la suite les épreuves de vie. Lorsque le jeune enfant bénéficie précocement du soutien et de l’encouragement des adultes, il apprend à s’adapter plus promptement aux difficultés de tous les jours car son système qui régit la réaction au stress se stabilise assez rapidement. À l’image d’une palissade, la sécurité du lien confère à la forteresse et à l’hôte qui l’habite des moyens insoupçonnables qui lui permettent de faire face aux tirs multiples et inattendus des ennemis que représentent le stress et l’adversité. Quels sont, en conséquence, les facteurs singuliers qui favorisent la qualité du maillage relationnel et ceux qui l’altèrent ? Que représente un lien fragile ou insécurisant pour l’enfant? Un lien affectif inconsistant et distant, voire ambivalent génère-t-il un climat d’inquiétude pour l’enfant qui, trop jeune, n’a pas la capacité de cerner les causes des réactions parentales ou le climat difficile dans lequel il baigne ? Un lien solide et confiant a-t-il, au contraire, le pouvoir d’amortir l’effet des stresseurs singuliers et d’éviter que des inquiétudes impérieuses ne gravent durablement le psychisme de l’enfant? C’est de la constitution du lien relationnel précoce entre l’enfant et son parent dont il sera question. Nous terminerons la lecture par une troisième partie qui tentera de montrer « comment »faire pour bâtir un lien sécure et pour le préserver. Ceci passera  8
par une compréhension des étapes de développement de l’enfant: ses angoisses, ses peurs aux différents âges. Nous montrerons aussi que si ce lien est la condition obligatoire pour la construction psychique et neurologique du petit d’homme, il ne doit pas demeurer la condition exclusive. Les règles, les valeurs, les limites qui habitent chaque famille, non seulement pérennisent l’intensité et la durée du lien, mais modèlent tout autant les circuits mentaux permettant au jeune enfant d’accéder à son humanisation etin fined’augmenter ses chances de réussir sa propre vie.
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