Timée

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Timée

Platon (traduction Victor Cousin)
Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
Le Timée est un des derniers dialogues de Platon décrivant la genèse du monde physique et de l'homme. Le dialogue se situe après La République et il est suivi par le Critias. Le texte se présente comme un exposé que fait Timée, précédé d'une brève conversation qui lui tient lieu d'introduction. Le Timée devait faire partie originellement d'une trilogie, avec le Critias (parvenu à nous sans doute incomplet) et l'Hermocrate (jamais retrouvé). Cette trilogie avait pour projet de décrire les origines de l'univers, de l'homme et de la société.
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EAN13 9782363078049
Langue Français

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Interlocuteurs :
• Socrate
• Timée
• Critias
• Hermocrate

Timée
ou
De la nature

Platon

Traduction Victor Cousin

Socrate.
[17a] Un, deux, trois. Mais, mon cher Timée, où est le quatrième de mes conviés d’hier qui ont voulu me
régaler aujourd’hui.

Timée
[De Locres en Italie, philosophe pythagoricien que Platon loue fréquemment dans ce dialogue et avec lequel il avait
beaucoup vécu, à ce que dit Cicéron, de Finibus, V. 29 ; de Republ. I. 10. Le petit écrit sur l’âme du monde qui porte
aujourd’hui le nom de Timée, est évidemment apocryphe. Voyez Gelder, Tim. Loc. Lugd. Batav. 1836.].
Quelque indisposition l’a surpris, Socrate ; car il n’eût pas manqué volontiers à cette réunion [M.
VanHeusde suppose qu’il est ici question de Platon lui-même. Init. phil. plat., t. 3, p. 233.].

Socrate.
C’est donc à toi et à ceux-ci de remplir la place de l’absent.

Timée.
[17b] Oui vraiment, et nous n’y plaindrons rien de ce qui sera en notre pouvoir. Car il ne serait pas juste
qu’après avoir été reçus hier par toi aussi bien qu’on peut recevoir ses hôtes, nous ne fissions pas de notre
mieux, tous tant que nous sommes encore, pour te rendre la pareille.

Socrate.
Vous rappelez-vous ce que nous disions, et quel sujet nous avions pris ?

Timée.

Nous nous souvenons d’une partie, et toi qui es ici présent tu nous feras souvenir du reste. Ou plutôt, si
cela ne t’ennuie pas, reprends tout en peu de mots dès le commencement, afin que nous en soyons mieux
assurés.

Socrate.
[17c] Volontiers. Le sujet de nos discours d’hier était l’État, quel est le plus parfait et de quels hommes il
me paraissait qu’il devait se former.

Timée.
Et tout ce que tu disais, Socrate, nous plaisait fort.

Socrate.
N’avons-nous pas premièrement séparé dans l’État, de la classe des gens de guerre, celle des laboureurs
et tous les autres artisans [Ibid.] ?

Timée.
Oui.

Socrate.
Et après avoir, conformément à la nature, donné à chacun [17d] une seule fonction, celle qui lui convient,
et à chacun un seul art, nous avons dit que les citoyens, auxquels sur tous les autres appartient la profession
de la guerre, ne doivent être autre chose que les gardiens de l’État contre ceux du dehors et ceux du dedans
qui voudraient lui causer quelque dommage, justes et doux envers ceux [18a] qu’ils gouvernent, parce que ce
sont leurs amis naturels, et terribles dans les combats contre leurs ennemis [Ibid.].

Timée.
Certainement.

Socrate.
Voilà pourquoi nous avons dit, je pense, que l’âme des gardiens de l’État doit être à un haut degré portée
à la fois à la colère et à la philosophie, pour qu’ils puissent être à propos doux et terribles [Ibid.].

Timée.
Oui.

Socrate.
Et pour leur éducation ? N’avons-nous pas voulu qu’ils fussent élevés dans la gymnastique et dans les
autres connaissances qui leur conviennent [République, III.] ?

Timée.
Sans doute.

Socrate.
[18b] Puis il a été dit que nos guerriers ainsi élevés devaient s’estimer comme n’ayant en propre ni or ni
argent ni aucun autre bien, mais que, recevant de ceux qu’ils défendent un salaire de leur protection suffisant
à des hommes tempérants, ils doivent le dépenser en commun, vivre et manger ensemble, tout occupés du
soin de la vertu, et libres de tous autres soucis [Ibid., V.].

Timée.
Oui, nous l’avons dit, et de cette manière.

Socrate.