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Un mensonge en toute bonne foi

De
288 pages
Vivre 47 années dans le non-sens jusqu'à l'émergence soudaine du sens, comme une déferlante, dans un déchaînement de signifiants, du jour au lendemain, c'est éprouver le passage d'un cataclysme. Il détruit et entraîne une accumulation d'un trop plein de débris entassés par les âges, destinés à murer les failles de fondations minées... mais il réveille une sensibilité, jusque là enfouie au plus profond, dans des plaies ouvertes au grand jour, et c'est souffrance... C'est le témoignage d'une vie larvée, dès l'origine, par un mensonge autour d'une naissance, que les acteurs dénient et banalisent pour s'interdire d'en reconnaître les enjeux et les effets dévastateurs dans la structuration d'une personnalité. Vivre dans l'ignorance de sa psychose auprès d'enfants autistes et psychotiques... et essayer de percer l'énigme d'une relation pervertie est une expérience qui s'enrichit d'une démarche personnelle à l'abri des regards, dans l'ombre, auprès d'un thérapeute patient qui accueille, écoute et donne voix à la parole... dans les silences, la sensibilité et la violence de l'expression... Ce livre est le reflet des tensions, de la souffrance, des agirs, des affects présents dans la relation thérapeutique de cette vie qui naît avec la force et l'énergie de sa recherche... Il éprouve le lecteur, mais il lui donne aussi l'élan de l'espérance dans un souci d'effort et de rencontre de l'autre... de la relation.
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UN MENSONGE EN TOUTE BONNE FOI... Voyage à travers une psychose

<9L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3854-7

MARIE-NOËLLE

UN MENSONGE EN TOUTE BONNE FOI... Voyage à travers une psychose

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Psychanalyse et civilisations Collection dirigée par Jean Nadal
L'histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que démarche clinique et Ù1éori« issues de champs voisins ont concouru, par étayage réciproque à élaborer le concept d'inconscient, à éclairer les rapports entre paÙ1ologie et société et à reconsidérer les liens entre le malaise du sujet singulier et celui de la civilisation. Dans cette perspective, la collection "Psychanalyse et Civilisations" tend à promouvoir cette ouverture nécessaire pourmaimenir en éveil la créativité que Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la théorie. Ouverture indispensable aussi pour éviter l'enfennement dans une attitude solipsiste, qui en voulant protéger un territoire et préserver une identité. coupe en réalité la recherche psychanalytique de ses racines les plus profondes. Déjà parus: Rêve de Corps, Corps du Langage. par J. Nadal, M. Pierrakos. M.F. LecomteEmond, A. Ramirez, R. Vintraud, N. ZulJi. M. Dabbah. Oralité et Violeru;e.par K. Nassikas. Emprise et Liberté, par J. Nadal, N. Rand el M. Torok, A. Eiguer. R. Major. R. Dadoun, M.F. Lecomte-Emond, H. Ramirez. La pensée et le trauma. par M. Bertrand. Mot d'esprit, int:onscient et événement, par M. Kohn. La diagonale du suicidaire, par S. Olindo- Wcber. Journal d'une anorexie, par K. Nassikas. Le soleil aveugle, par C. Sandori. Ferenczi et l'école hongroise defMychanalyse. par E. Brabant. Lesfantômesde l'âme, parC. Nachin. Psychanalyse en Russie, par M. Benrand. Freud et le sonore, par E. Lecourt. Pour une théorie du sujet-limite, par V. Mazeran et S. Olindo- Weber Ferenczi, patient et psychanalyste, Collectif dirigé par M. Bertrand. Le cadre de l'analyse, Collectif, colloque du Cercle freudien. La métaphore en psychanalyse, par S. Ferrières-Pestureau. L'expérience musicale. Résonances psychanalytiqu£s. par E. LecoUTt. Dans le silence des mots, par B. Roth. La maladie d'A.lzheimer. "quand la psyché s'égare.. .", par C. Montani. Lire, écrire, analyser. La littérature dans la pratiqu£ psychanalytique, par A. Fonyi. Métamorphoses de l'angoisse. Croquis analytiqu£s, par J. Arditi-Alazraki. Idées en folie. Fragments pour une histoire cri:iqu£ et psychanalytique de la psychopathologie, par J. Chazaud. Cet obscur objet du désir, C. Dumoulié. Les matins de l'existence, M. Cifali. Les psychanalistes et Goethe, P. Hachet. Le stade vocal, A. Delbe. Culture et Paranoïa à propos du cas Schreber, Co!lectif dirigé par Prado de Oliveira. Langue arabe. corps et iru;onscient. Collectif dirigé par H. Bendahman.

PREFACE...
Finesse, sensibilité, douleur... Finesse du regard, sensibilité qui résonne entre les mots, douleur d'un destin. Ce texte invite à la sensibilité. Il témoigne. Il témoigne d'une histoire; il témoigne d'un éveil. Ce qui jusque-là était de l'ordre de l'obscur, de l'insensé, s'est brutalement éclairé; ce qui jusque-là était symptômes étranges, étrangers, hors champ, va se révéler.

La découverte du mensonge premier va, tel un vent de sable, mettre à jour les fondations d'une architecturejusque-là inapparente car ensevelie. Irruption tempétueuse. Passage du non-sens au toutsens. Espace plein, non tempéré. Une telle sensibilité souffre de sa différence avec le refoulement qui organise notre monde social. Comment ces deux manières si différentes peuvent-elles s'apprivoiser?
Ce texte est un geste, un pas vers nous. Il est un appel à rencontrer d'autres sensibilités, celle de chacun de ses lecteurs en tout premier.

Docteur Jean-Michel

LECOMPTE

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A Jean-Michel LECOMPTE, Mon Thérapeute...

Ma "parole" ne suffit pas pour exprimer ma Gratitude et ma Sollicitude.

A Jean Paul... François... Anne... Marie...

Dans l'ombre, vous accompagnezmon aventure, vous ne m'avez pas abandonnée, malgré la difficulté...
J'ai vécu l'enfer,
Vous souffrez, je souffre... notre calvaire...

A Griffith... Mon chien fidèle, Je t'ai soigné, tu m'as soignée... Tu n'as pas de prix à mes yeux...

A Valérie...

Tu m'as aidée dans la concrétisation de ce témoignage... et soutenue, plus encore, par ta Présence...

AVERTISSEMENT...
Je parle de psychose et de psychotique dans les pages de cet écrit... fi s'agit de la psychose du psychotique qui vous transmet son témoignage privé et singulier. fi est parfois plus facile de se mêler dans une masse anonyme, mais est-il toujours possible de se dissimuler derrière une étiquette? Je ne le crois pas, et doucement, à travers les lignes, l'ombre d'un être humain commence à s'animer et à s'éveiller dans la sensibilité de son histoire vécue... Elle se découvre devant vous, et révèle son identité...

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" Rien ne vaut le trésor de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures vécues ensemble, de tant de brouilles, de
réconciliations, de mouvements du coeur. ..

AnIDmedeSA~-EXUPERY "Terre des Hommes"

Tu as peur de l'inconnu

.

quand tu ne l'as jamais rencontré, ,. Tu le redoutes de plus en plus quand tu commences à t'y "habituer"...

Marie-Noëlle 29 novembre 1993

Conclure en introduction, c'est écrire à l'envers, mais c'est aussi cela la réalité du psychotique, un univers symétrique, inversé et de sens contraire par rapport à celui du névrotique. Au décours de ce livre, vous apprendrez à le reconnaitre... Ne réveillez pas un psychotique... C'est lui révéler l'Amour Pur qui vit au fond de lui; Dans son sommeil, il n'en a pas conscience; lui, ne rêve pas. Dans sa réalité, il l'étouffe ; lui, ne fantasme pas.

Le réveiller, c'est lui montrer dans toute sa lucidité Sa capacité d'amour débordante... Que vous ne pouvez assumer parce que vous manquez.
Il ne pourra en faire le deuil Parce qu'éveillé, il est né pour aimer le monde; Dans son sommeil, il est né pour mourir au monde. Respectez son premier voeu, Si vous voulez survivre... Il vous dit trop sa puissance d'aimer, Et vous en êtes culpabilisé. Il peut vous le démontrer jusqu'à vous déstabiliser. Sa force d'aimer, il vous la prouvera en souffrant Pour vous préserver de la mort, et vous maintenir en vie... Une vie inconfortable, parce que vous savez, au fond de vous, Lui refuser son existence, et ccla, en toute conscience. Il vous le dit, et il vous dérange... mais vous l'aimez, Même si vous ne pouvez le lui signifier dans sa réalité.

Vous êtes limité, mais votre liberté réside dans un pouvoir illimité, Jusqu'à tromper, voler, tuer vos semblables... Mais aussi la vie de ceux que vous rejetez... les psychotiques.
10 octobre 1994

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INTRODUCTION.. .

Au plus j'avance dans mon désir d'expression, plus je me rends compte du caractère particulier des mots de l'écriture; il est parfois hasardeux d'avancer un concept tant il peut être contesté dans les particularités de la parole de chacun. Si nous parlons la même langue, un tenne renvoie à toute une histoire, parfois, selon la sensibilité de l'autre qui le reçoit. J'emploie les mots de tous les jours, je dirais, au pied de la lettre, même si cette conception de l'usage du vocabulaire m'a été très reprochée, et je n'ai pas l'intention de vous abreuver de tennes techniques spécialisés; il est souvent difficile de les raccrocher à un sens tant celui-ci a été pétri, galvaudé, modifié, au cours des années et des auteurs.
J'ai l'intention de vous entretenir sur certains aspects de la psychose. Enoncer ce mot est déjà une psychose, mais je ne sais pas très bien le sens qu'il recouvre et je vous propose une définition: "Tenne de pathologie désignant une maladie mentale grave dont le malade ne reconnaît pas le caractère morbide. Il est employé par opposition à névrose. Par extension, il se dit couramment pour - idée fixe (1913) - et une crainte excessive (psychose de guerre 1926)". Le ROBERT (Dictionnaire historique de la langue française).

Je ne suis pas plus avancée pour vous donner des éléments spécifiques se rapportant à la psychose, et je regrette qu'il soit encore écrit: "dont le malade ne reconnaît pas le caractère morbide"... Cette appréciation est probablement celle d'un spécialiste qui n'a pas, en lui, la conscience de la psychose; il avance une notion qu'il n'a pas éprouvée, encore obscure. Elle est le résultat d'observations cliniques de psychotiques qui, pendant tout un temps, n'Ont effectivement pas conscience de leur état dont ils ne peuvent parler. Mais il me semble excessif, actuellement, de laisser s'affinner cette notion de "non-reconnaissance". En effet, la relation thérapeutique met peu à peu en évidence la souffrance et le caractère morbide de la psychose de ces patients qui les expriment; ils sont là pour en témoigner. Je reviens d'un voyage en pays inconnu où le sens des mots m'était des plus énigmatique,je veux bien vous le confier. Mais dès la 25

prise de conscience de ce fait insignifiant de mon histoire, noeud de ma problématique, j'ai vécu une "déferlante" de sens au point de devenir sensible à un nombre incalculable de signifiants. J'ai éprouvé ce que le médecin appelle dans sa qualification "psychose", et j'ai le souhait de vous transmettre les traversées déterminantes de ce vécu qui m'amènent à une conscience aiguë du pays d'où je viens et du monde dans lequel je me dois d'atterrir, mais il faut vous avouer que ce nouveau voyage me semble bien plus dangereux, et, si je me permets un "jeu de mots", j'en fais une "nouvelle psychose"... TI est difficile de revenir d'ailleurs quand je vois avec une telle acuité les vicissitudes de la vie sociale dans laquelle vous vous débattez avec autant de maladresse et d'inconscience, et elles deviennent vos excuses; mais dans mon itinéraire, je n'ai pas été épargnée... Comment pourrais-je vous concéder des instants d'égarement? Je souhaite vous emmener avec moi dans ce témoignage sensible, agrémenté de poésie, de récits, de points de vue qui constituent ce que j'ai rapportés de cette aventure de quarante-sept années et qui sont devenus mes balises pour randonner dans votre société organisée autour de l'être humain... C'est ce qu'il m'a été raconté... et j'espère qu'un jour, nous pourrons nous rencontrer. Ecrire, c'est choisir le risque, mais organiser et ranger des manuscrits ajoutent en complexité dans la rédaction d'un livre; il Y a une trame à tisser patiemment avec des fils plus ou moins agréables au toucher, et de teintes différentes plus ou moins sensibles et douces pour les yeux... Pendant des années, j'ai vécu sans trame, je tirais les fils; je sentais des trous mais je ne pouvais pas les regarder; je formais un puzzle en désordre, et si j'avais un réel souci de l'ordre, je m'éparpillais partout, mais sans rien jeter, "propriétaire" de multiples objets ramassés, conservés en vrac, mais ils constituent mes trésors et mes repères, même s'ils ne portent pas d'étiquettes pour nommer les lieux de mes trouvailles... Ils sont inscrits en moi et je ne les oublie pas.

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Pour ne pas vous perdre, j'aimerais marquer le parcours mais il me sera bien difficile de le tenir; je ferai des détours mais, ne vous inquiétez pas, je ne m'égare pas; là où je vais, je cherche toujours le Nord et après,je laisse aller... sans l'abandonner. Je suis patiente, même si parfois j'apprécie la vitesse dans l'effort, et je saurai vous attendre; j'affectionne les changements de rythme et revenir vers des chemins déjà visités et si familiers que j'aime les redécouvrir... Il y a souvent une infime nuance qui leur donne un nouveau parfum selon l'instant et la lumière du jour. Pendant longtemps, j'ai vécu sans parole, et comme un aveugle, un sourd ou un muet, j'ai affiné instinctivement, à mon insu, mes facultés naturelles; elles ne pouvaient s'exprimer tant ma sensibilité se préservait, au fond de moi, d'un conflit larvé au grand jour... Et quand il a éclaté, tous mes sens se sont éveillés... J'écoute de la musique "sacrée" et j'emporte des symphonies, des mélodies, des mélopées, du blues, des negro-spirituals, et s'ils ne résonnent pas chez vous, avec le temps, vous les reconnaîtrez et peutêtre, vous les apprécierez. Il y a aussi dans mon sac, un petit livre qui ne me quitte pas; il me suit panout depuis mes dix ans, c'est un peu un conte d'enfant; il m'arrive souvent d'en parler, je le connais par coeur, iJ est mon guide...
Partir, c'est toujours un "exploit" ; quitter un lieu, un arrachement, même si je sais que demain je reviendrai... Et pourtant, il me coate aussi de faire le chemin inverse... mais j'aime les retrouvailles, elles pincent le coeur; c'est à la fois douloureux et agréable. Mon petit bagage est prêt, l 'heure du départ a sonné, il y a un Cap à dépasser, il faut aller au rendez-vous... avec courage... Ne l'oubliez pas, je compte sur vous...

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