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Vieillissement et vulnérabilité

De
174 pages
L'Homme naît vulnérable. La vieillesse venant, la vulnérabilité se rappelle à lui. Comment alors parvenir à pallier la perte d'autonomie ? Mais comment penser et vivre la « fin de vie », quand l'Homme actif ne pense qu'au lendemain ? C'est, à partir de plusieurs questionnements existentiels et philosophiques, bien sûr, mais aussi de points de vue médical, psychologique et juridique, voire anthropologique, que ce livre tente de proposer une esquisse de l'homme éthique, sur le rapport qu'il entretient avec la vulnérabilité.
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finalement, pour empêcher le corps de maîtriser l’esprit ; quand les déterminismes rendent aveugle ; et quand les inégalités sont aussi biologiques... Alors, les médecins tentent de soigner les pathologies, et les personnels soignants prodiguent les soins « nécessaires ». Mais comment penser et vivre la « fin de vie », quand de plusieurs questionnements existentiels et philosophiques, bien sûr, mais aussi de points de vue médical, psychologique et juridique, voire anthropologique, que ce livre tente de proposer une esquisse de l’homme éthique, sur le rapport qu’il entretient
Xavier Moreau
Vieillissement et vulnérabilité
Comment rendre moins difficile le retour de la vulnérabilité ?
Comment rendre moins difficile le retour de la vulnerabilite ?
& SOCIÉTÉ SCIENCES
Vieillissement et vulnérabilité
Comment rendre moins difficile le retour de la vulnérabilité
Sciences et Société fondée par Alain Fuchs et Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot
Déjà parus
Jacques JAFFELIN,Où va la civilisation ? Ethique pour un monde humain réconcilié avec ce dont il est issu, 2015. Anne CHATEAU et Odile PIQUEREZ,Le syndrome d’Angelman. Parcours de vie des adultes, 2015. Anne CHATEAU,Le syndrome d’Angelman. Regard sur une maladie neurogénétique rare, 2013. Laurence BRIOIS VILMONT,L’imagerie médicale. La fabrique d’un nouveau malade imaginaire, 2013.Olivier NKULU KABAMBA,L’assistance médicalisée pour mourir. Les soignants face à l’humanisation de la mort, 2013. Jean-Pierre BENEZECH,Une éthique pour le malade. Pour dépasser les concepts d’autonomie et de vulnérabilité, 2013. Suzy COLLIN-ZAHN et Christiane VILAIN,Quelle est notre place dans l’univers ? Dialogues sur la cosmologie moderne, 2012. Blanchard MAKANGA,Nature, technosciences et rationalité. Le triptyque du bon sens, 2012. Béatrice GRANDORDY,Charles Darwin et « l’évolution » dans les arts plastiques de 1859-1914,2012. Ali RECHAM,De la dialyse à la greffe. De l’hybridité immunologique à l’hybridité sociale, 2012. Simon BYL,La médecine à l’époque hellénistique et romaine. Gallien. La survie d’Hippocrate et des autres médecins de l’Antiquité, 2011. Simon BYL,De la médecine magique et religieuse à la médecine rationnelle. Hippocrate, 2011. Raymond MICOULAUT,Le Temps, L’Espace, La Lumière,2011. S. CRAIPEAU, G. DUBEY, P. MUSSO, B. PAULRÉ,La connaissance dans les sociétés techniciennes, 2009.
Xavier MOREAU
Vieillissement et vulnérabilité Comment rendre moins difficile le retour de la vulnérabilité
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09813-5 EAN : 9782343098135
SommaireAvant-propos.................................................................7 Introduction.................................................................13 PREMIERE PARTIE Une expérience humaine : un savoir au service de l’action.............................................................................19 1. L’enquête de terrain pour une écologie clinique.....22 2. L’observation clinique.............................................23 3. L’apprentissage par l’observation clinique..............32 4. Synthèse et ouverture ..............................................44 DEUXIEME PARTIE Hôpital, risques et responsabilité..................................47 1. Le droit dans la liberté. ...........................................56 2. Le devoir comme nécessité, dans la responsabilité partagée...................................................................61 3. Synthèse intermédiaire............................................65 4. Point de situation.....................................................69
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TROISIEME PARTIE
Laiatrogniecomme aliénation par l’exemple.........73
L’affaire V. L. commentée - paradoxe de la fin de vie en France...............................................................................74 1. La publicité d’une affaire.............................................90 2. Nouvelles perspectives pour la fin de vie ..................110
QUATRIEME PARTIE
Esquisse de l’Homme éthique......................................133
1. Fichte : une émancipation post-coloniale ?................138 2. Essai d'une "contre-anthropologie" de l'absurdité......141 3. Ivan Illich n’est pas mort !.........................................144
Conclusion
Pourquoi vouloir changer le monde ?.........................149
Bibliographie .................................................................159 Remerciements...............................................................167 Résumé...........................................................................169
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AVANT-PROPOS
Pour vivre une vie d’homme, certains cherchent comment, et pourquoi, il faudrait rechercher la sagesse, vivre prudemment. D’autres ne se posent pas même la question, se contentent de vivre. Lesquels seraient les plus sages, les plus philosophes ?Ce serait probablement une litote que de dire que tous s’efforcent de vivre, de « persévérer dans leur être » selon Spinoza. Car les hommes restent très inégaux dans cet effort vital et dans le libre-choix ou lavolonté, qui plus est car ils n’ont pas tous le même point de départ, le même parcours de vie – les mêmes chances biologiques. En outre, nombreux s’ignorent eux-mêmes, ou restent plus ou moins déterminés dans l’action, ou dans l’inaction, et parfois sans même en avoir conscience. D’ailleurs, y-aurait-il seulement unenormequi puisse être en mesure de traduire chaque vie humaine ? Une seule et même humanité en somme dans lasanté, levieillissementla ou maladie? Pourtant, l’homme, quand il est à la fois individualité et pluralité, se caractérise par son identité, sa personnalité, son individuation, son ipséité.
Mais il n’en est pas moinsHomme, de par son appartenance à une même espèce humaine. Parce qu’il est aussi et peut-être avant tout une partie d’untout. Une totalité qui semble parfois le dépasser, le transcender – voire le nier – et lorsqu’il prend conscience tout à la fois de lui-même, mais aussi du ou d’unmondedes hommes, qu’il voudrait alors penser, maîtriser parfois, mais il est
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immuablement ramené, à un moment ou un autre vers sa propre condition d’homme – sa nature intrinsèque.
Ne serait-ce pas, là, justement, précisément, quand la conscience prend conscience d’elle-même que surgit, alors, toute une difficulté existentielle ? Celle de saisir librement ce que renferme une vie d’homme, dans une maîtrise illusoire. D’une existence humaine, qui aspire aussi à fairemonde, à être aumonde?faire sens  pour Mais, comme happée par toute la nécessité, pourtant, d’une conception essentielle que lelangage et les seuls mots peinent alors à rendre compte ; à justifier, aussi, dans les moments les plus difficiles de l’existence. Quand maladieetvieillessefinissent, tôt ou tard, par interrompre l’insouciance d’unétat de santé apparent dans lebien êtredudes organes silence , peut-on parler alors d’inégalitéhumaine, voire d’injustice?
C’est ce que nous voudrions tâcher d’esquisser, du point de vue épistémologique surtout, mais avec toute l’humilité nécessaire pour un tel exercice à découvert. Car rien ne semble plus difficile que de se découvrir par grand froid, quand bien des motifs, bien des vernis aussi pourraient empêcher d’en appréhender la forme générale.
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« La plupart du temps, nous vivons extérieurement à nous-mêmes, nous n'apercevons de notre moi que son fantôme décoloré, ombre que la pure durée projette dans l'espace homogène. Notre existence se déroule donc dans l'espace plutôt que dans le temps : nous vivons pour le monde extérieur plutôt que pour nous ; nous parlons plutôt que nous ne pensons ; nous "sommes agis" plutôt que nous n'agissons nous-mêmes. Agir librement, c'est reprendre possession de 1 soi, c'est se replacer dans la pure durée ».
Aussi, nous faisons le choix de commencer par ces 2 quelques mots, tirés de la thèse de Bergson , en particulier : «nous "sommes agis" plutôt que nous n'agissons nous-mêmes» car il nous est apparu, dès le début de nos études philosophiques et à maintes reprises, que cette idée principale continuait à poser problème au travers d’une penséeéthique. Rétroactivement, nul doute à présent que cette phrase se soit prolongée, se soit comme étirée et distendue au travers de nos multiples démarches de recherches, tant actives et pratiques, que réflexives et théoriques. Ainsi justifié, il nous faut aussi exprimer, dès l’abord de ce mémoire, ce en quoi une prétendue détermination extérieure à toute volontéou pas, serait, effective, dans un contexte également plus ou moins déterminé lui-même. En tout cas, il s’agit ici d’un retour sur expérience qui, nous le souhaitons, ne manquera pas de donner ainsi toute sa légitimité à ce mémoire. Partant de là, notrevolonté est donc celle de démontrer en quoi cette phrase nous pose encore problème ; à partir d’une expérience vécue et d’une connaissance qui ne manquent pas de fournir analogies et comparaisons ; question,
1 Bergson, Henri,Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, 2007, p.174. 2 Essai sur les données immédiates de la conscience(1889). 9