Violences-Loi du silence

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188 pages
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Tous les parents d'enfants rentrant au collège devraient avoir lu ce livre pour comprendre et ainsi pouvoir mieux guider et protéger leurs enfants. Les décideurs et responsables sont dépassés par le phénomène de montée de la violence. Ils ne peuvent plus analyser, comprendre. Leurs mesures, prises à la « va-vite », sont inefficaces. Deux professionnels de terrain expliquent un système mafieux s'implantant peu à peu dans la France entière, particulièrement en milieu rural actuellement.

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Date de parution 01 avril 2011
Nombre de visites sur la page 48
EAN13 9782296805200
Langue Français

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VIOLENCES – LOI DU SILENCE
LOI DU PLUS FORT
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54562-5 EAN : 9782296545625
Jean MONTANIER et Alain AQUILINA VIOLENCES – LOI DU SILENCE
LOI DU PLUS FORT
L’Harmattan
SOMMAIRE  IntroductionLe grand décalage................................................................7 ère 1 partie 1: Les incivilités, la violence gratuite, les trafics divers  sont des faits incontestables sur tout le territoire..........21 2: L’aspect grégaire des humains  et particulièrement des adolescents...............................33 3 :Des enfants à protéger, mais aussi  des parents face à des "enfantstyrans"........................ 39 4: Le fonctionnement du milieu du banditisme  et des mafias............................................................ .....57 5: La démocratisation du système mafieux ................ .....67 6: Le fonctionnement des bandes  de l’économie souterraine............................................79 ème 2 partie 7: Les fausses solutions. . ................................................99 8: Des conseils pour les parents et les familles ..............111 9: Des propositions pour une action locale concertée.... 121 10: Des solutions nationales et internationales...............141 Conclusion: Signes de pessimisme et signes d’espoir...179
I N T R O D U C T I O N Le grand décalage A l’automne 2005, les flammes et la fumée des voitures, des écoles et des gymnases brûlés ont incommodé la France. L’image de notre pays, valorisée mondialement, a été brouillée. Les explications de ce phénomène données, tant par les médias que par les divers responsables civils et politiques de notre société, ont étalé au grand jour l’énorme décalage qui peut exister entre la réalité de vie des citoyens français de milieu populaire et celle des institutionnels, des dirigeants. Ce sont deux mondes parallèles, deuxsociétés parallèles.  Le grand décalage ! Décalé! Ce mot est dans la bouche de tous les jeunes. Décalé, «Il est décalé.» «Ils sont décalésmots,. » Ces chaque jour, nous sont adressés sans qu’un seul instant nous nous surprenions à penser qu’audelà d’un adjectif provocateur véhiculé dans le langage des "ados", se trouve en fait, en place, une réalité. Décalés, nous sommes tous décalés : le monde des adultes vit dans une pseudoréalité qu’il s’aménage en permanence pour mieux se rassurer vraisemblablement et se persuader que tout va bien. Mais décalés de quoi, décalés de qui, décalés comment et pourquoi ?
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Il existe aujourd’hui un immense décalage entre le monde des adultes et le monde des jeunes, adolescents et préadolescents en particulier. Les jeunes, plus matures et plus initiés qu’autrefois, vivent leur adolescence dans une réalité qui n’a rien à voir avec celle que peuvent imaginer leurs aînés. Les parents, les cadres, les responsables adultes imaginent une période semblable à celle qu’ils ont connue, période au cours de laquelle le rêve et l’insouciance avaient une grande part, période de mutation de l’enfant à l’adulte, sans grande préoccupation de l’avenir, sans souci du devenir, une adolescence se déroulant en parallèle de la vie familiale, des activités scolaires et sportives, une adolescence guidée par les seules balises de l’éducation, de certains principes, d’une certaine rigueur. Ils imaginent pour la plupart un monde de jeunes préformatés, principalement guidés par la réussite scolaire, la santé, l’éducation, les activités sportives, l’épanouissement personnel. Ils sont nombreux à penser que les jeunes d’aujourd’hui ont une vie moins dure que les jeunes d’autrefois, puisqu’ils ont tout le confort et le modernisme que l’on n’avait pas jadis. En fait, le monde actuel des adolescents connaît une tout autre réalité : rapports de force dominantsdominés, encadrements pseudomafieux, avec les craintes, les méfiances multiples et même les peurs, hyperconsommation et besoin énorme d’argent ! L’argent a dans ce monde des jeunes une place aussi importante que dans celui des adultes. Les besoins d’argent sont amplifiés : fringuesà la mode,clopes, jeux électroniques, cannabis, alcool deviennent séparément ou globalement nécessité. Les jeunes ont besoin d’une apparence deriche, de friquépour avoir une identité sociale et ne pas être exclus de leur groupe d’appartenance locale, de leurbande!
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Selon les origines sociales ou la rentabilité de l’économie souterraine alimentant les petits marchés illicites, leur pouvoir d’achat varie et c’est cette même économie souterraine qui permet à ceux qui sont issus de milieux précaires ou moins nantis, de se positionner parfois en leaders dans la hiérarchie de leur bande, de leur quartier, de leur cité ou de leur village. Les produits de marque, la tenue vestimentaire, les achats en boutique ou sur internet s’imposent à tous, sous peine de friser le ridicule auprès des copains. Il en résulte une quête boulimique pour nombre d’entre eux afin de trouver de l’argent, sortir de la pauvreté, pouvoir surtout accéder au minimum du rang social, au niveau de reconnaissance imposé par le groupe d’appartenance. La crainte d’être ridiculisé, exclu ou "moqué" comme ils disent, pèse très lourd sur chaque jeune ou presque, déjà mal à l’aise dans sa position d’adolescent qui se cherche. C’est par l’exploitation du besoin d’argent, par la pression mise sur chacun afin qu’il puisse garder sa place dans la bande, que les leaders et dealers, utilisant parfaitement tous les processus de manipulation ou de domination, enferment dans les bandes qui les nourrissent une masse considérable de la jeunesse d’aujourd’hui. Pour le monde adulte, en total décalage, cette réalité ne touche que certains, un petit nombre : Les gosses des cités difficiles, les petits délinquants, les autres, quoi ! Pire, lorsque l’adulte exerce des responsabilités, c’estàdire qu’audelà de son rôle de parentcomme tout le mondeil a des responsabilités d’éducation, d’enseignement, d’autorité, ou tout simplement s’il a des tâches d’analyse sociale, des fonctions politiques, des rôles de spécialiste, le décalage est encore plus grand.
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Jeter le pavé dans la mare, c’est le sens et le but de cet ouvrage ! Le décalage ! Le décalage adultesadolescents, dans la majorité des cas, est démesuré, et cela est insupportable, entre les jeunes et les responsables civils, politiques, institutionnels ou universitaires. Ceuxci sont enfermés dans des discours tout faits, des discours surfaits, des discours traditionnels maintes fois rabâchés, formatés par leur cursus, leur isolement, leur formation, leurs certitudes que leur statut de spécialiste ou leur notoriété confirme jusqu’à leur refiler "la grosse tête". Ces responsables sont à des lustres, à des annéeslumière de la réalité que font pourtant parvenir jusqu’à eux des milliers de clignotants, des multitudes d’évidences. Rien n’y fait. Encore faudraitil être capable de vouloir voir et de renoncer à croire savoir ! Il y a bien sûr et heureusement des individualités qui s’en distinguent. Souvent quelques rares personnalités émergent du terrain. L’expérience, le contact et le partage, l’écoute et l’observation, la confidence ou le dialogue de certains acteurs de terrain apportent à nombre d’adolescents bien plus que toutes ces grandes théories qui balisent et enferment tant de science, de croyances ou de discours ! Le grand décalage, l’immense décalage de ce monde avec sa jeunesse se creuse, malgré les alertes, malgré les signaux d’alarme, malgré les détresses portées par les médias. Le phénomène s’amplifie de manière exponentielle au point d’enfermer les générations dans une incompréhension irrécupérable, au risque de transformer les adultes responsables
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