Wilhem Reich

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75 pages
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Wilhem Reich (1897-1957) est le disciple de Freud qui prit non simplement au sérieux, mais au pied de la lettre les formulations théoriques du Maître. Marxiste, il trouve dans l thèse du refoulement sexuel la clé du maintien des systèmes d'exploitation de classe. Praticien, il veut faire de la cure psychanalytique une véritable technique. Freud, d'abord gêné, prendra vite ses distances. Avant son exclusion, Reich forme toute la jeune génération des analystes austro-allemands : il est ainsi le véritable fondateur des conceptions techniques de l'orthodoxie psychanalytique.

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Ajouté le 01 novembre 2004
Nombre de lectures 100
EAN13 9782296380516
Langue Français
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EXAMEN

DES FONDEMENTS

DE LA PSYCHANALYSE

Paul BERCHERIE

Wilhem REICH
et l'orthodoxie freudienne

L'Harmattan 5-7,rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Hongrie Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

FRANCE

Ouvrages du même auteur:

Dans la série Les grandes fondations post-freudiennes chez L'Harmattan: -JUNG -REICH -Mélanie KLEIN -FERENCZI- WINNICOTT -LACAN

Les fondements de la clinique :Histoire et structure du savoir psychiatrique (1980), L'Harmattan, 2004. Genèse des concepts freudiens.Les fondements clinique 2 (1983), L'Harmattan, 2004. de la

Géographie du champ psychanalytique, Navarin, Paris, 1988. Examen des Fondements L'Harmattan,2004. de la Psychanalyse,

cg L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-7472-5 EAN : 9782747574723

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PRESENTATION

L'idée de cette petite série de fascicules, extraits de mon étude d'ensemble du champ psychanalytique (Examen des Fondements de la Psychanalyse) et consacrés aux grandes fondations
post -freudiennes, ne me revient pas. C'est Denis Pryen, directeur de l'Harmattan - que je tiens ici à remercier pour son soutien - qui m'a

convaincu de l'intérêt de mettre à la disposition d'un public plus large les analyses réunies dans mon livre, ouvrage d'un volume déjà imposant, nécessitant donc du lecteur un gros investissement de temps et un certain coût. J'y aurais d'autant moins pensé de moi-même que je recommandais dans ma préface «de suivre cette enquête dans l'ordre de ses chapitres: elle progresse en effet par étapes et les fréquents renvois en arrière l'approfondissent à chaque étage de l'édifice qui constitue un tout organique ». Je n'ai pas changé d'avis sur ce point et espère que ces fascicules auront plutôt l'effet d'une mise en bouche qui donnerait au lecteur l'appétit de prendre connaissance de l'ouvrage dans son ensemble. Je me suis par ailleurs efforcé de fournir chaque fois, sous forme d'un prologue, les éléments de référence indispensables, mais le cadre théorique et les références épistémologiques de cette recherche ne sont réellement accessibles que par la lecture de mon livre, en particulier des chapitres de l'Ouverture.

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Prologue:

l'éthique freudienne et le dispositif classique de la cure psychanalytique

10) La première des conséquences, des retombées de la posture de
Freud, dès ses premiers pas dans la pratique du procédé psychanalytique, est bien significativement la notion de résistance, et le concept de défense (de refoulement) qui en découle aussitôt et qui démarque décisivement Freud de Breuer. Le lien entre la posture freudienne (son «insistance ») et l'expérience de la résistance est d'une claire évidence. « Quand, à la première entrevue, je demandais à mes malades s'ils se souvenaient de ce qui avait d'abord provoqué le symptôme considéré, les uns prétendaient n'en rien savoir, les autres me rapportaient un fait dont le souvenir, disaient-ils, était vague et auquel ils ne pouvaient rien ajouter. Suivant l'exemple de Bernheim quand, pendant une séance d'hypnotisme, il évoquait les souvenirs soidisant oubliés, j'insistais auprès des malades des deux catégories pour qu'ils fassent appel à leurs souvenirs et leur affirmais qu'ils les connaissaient, qu'ils s'en souviendraient, les uns déclaraient avoir eu une idée et chez d'autres le souvenir se précisait un peu. Je devenais alors plus pressant encore et j'invitais les malades à s'allonger, à fermer volontairement les yeux et à se "concentrer", ce qui présentait au moins une certaine ressemblance à l'hypnose. Je constatais ainsi que, sans la moindre hypnose, de nouveaux souvenirs s'étendant plus loin dans le passé et qui avaient probablement quelque connexion avec le sujet dont nous parlions, faisaient leur apparition. Ces expériences me donnèrent l'impression qu'il devait effectivement être possible de faire apparaître, simplement en insistant, la série de représentations pathogènes existantes. Comme cette insistance me coûtait beaucoup d'efforts, je ne tardais pas à penser qu'il y avait là une résistance à vaincre, fait dont je tirais la conclusion suivante: par mon travail psychique je devais vaincre chez le malade une force psychique qui s'opposait à la prise de conscience (au retour du souvenir) des

6 représentations pathogènes. Des perspectives nouvelles semblaient ainsi s'offrir à moi. Sans doute s'agissait-il justement de la force psychique qui avait elle-même concouru à la formation du symptôme hystérique en entravant, à ce moment-là, la prise de conscience de la représentation pathogène» (Etudes sur l 'Hystérie, p. 216). On mesurera dans ce passage, qu'il m'a semblé crucial de citer in extenso, la clarté et l'immédiateté de la séquence insistancerésistance-défense. Freud vient ici de forger le premier concept qui lui soit strictement personnel et dont on peut dire qu'il passera le reste de sa vie à en explorer l'extension d'une part, à tenter d'en produire la théorie d'autre part, le concept, donc, du refoulement. Comme il le dit lui-même, «la théorie du refoulement est à présent le pilier sur lequel repose l'édifice de la psychanalyse, autrement dit son élément le plus essentiel, qui n'est lui-même rien d'autre que l'expression théorique d'une expérience [...] (celle de la) résistance» (Sur l'histoire du mouvement psychanalytique, p. 29). Immédiatement associée au concept de défense puisqu'elle en est en quelque sorte le corollaire, la thèse centrale du refoulement pathogène qui guidera désormais l'action de Freud et la conception éthique de la névrose et de la cure qui lui est directement rattachée. En effet, « l'analyse de cas analogues m'avait appris [...] qu'il faut qu'une certaine représentation ait été intentionnellement chassée du conscient et exclue de l'élaboration associative. C'est dans ce refoulement intentionnel que gît, à mon avis, le motif de la conversion» (Etudes, p. 91) ; «le clivage de la conscience dans ces cas d'hystérie acquise est [...] un clivage voulu, intentionnel, ou du moins il est souvent introduit par un acte de libre volonté» (ibid., p. 96). Or cette dynamique intentionnelle, Freud la désigne de la manière suivante: «le mécanisme qui provoque l'hystérie correspond à un acte de pusillanimité morale et, par ailleurs, apparaît comme un acte de protection dont le Moi dispose» (ibid. - c'est moi qui souligne). Ainsi la défense se présente-t-elle certes comme un geste de protection, mais d'abord et avant tout comme une reculade, un manque de fermeté éthique, un acte qu'à la limite on pourrait qualifier de lâcheté morale. Et c'est là précisément que viennent s'inscrire et prendre sens l'activité du thérapeute et le programme de la cure psychanalytique, puisque c'est le nom dont Freud baptise désormais sa technique.

7 Activité et programme qui s'investissent dans ce qu'on peut sans risque d'erreur désigner comme la position enseignante du psychanalyste, de Freud en l'occurrence, puisqu'il en est encore
l'unique représentant

- on

se souviendra

d'ailleurs

à cet endroit

qu'il lui

fut si souvent reproché d'endoctriner ses patients. «Nous agissons, autant que faire se peut, en instructeur là où l'ignorance a provoqué quelques craintes, en professeur, en représentant d'une conception du monde libre, élevée et mûrement réfléchie, enfin en confesseur qui, grâce à la persistance de sa sympathie et de son estime une fois l'aveu fait, donne une sorte d'absolution» (ibid., p. 228). Si le mécanisme de formation du symptôme est lié au refoulement, reculade éthique, fuite devant le conflit, la cure suppose que le sujet revienne sur son « geste de pusillanimité morale », et affronte ce qu'il a voulu oublier, chasser de sa conscience. C'est ce traj et que l'analyste désire lui faire accomplir et à quoi son «insistance» et son enseignement doivent l'amener et le préparer. D'où, quatrième et dernière conséquence logique de la posture freudienne, l'importance cruciale des relations, bilatérales bien entendu, entre le patient et le thérapeute analyste. «Le procédé en question est fatiguant pour le médecin, lui prend un temps considérable et présuppose chez lui un grand intérêt pour les faits psychologiques et beaucoup de sympathie personnelle pour les malades qu'il traite. Je ne saurais m'imaginer étudiant dans le détaille mécanisme psychique d'une hystérie chez un sujet qui me semblerait méprisable et répugnant et qui, une fois mieux connu, s'avérerait incapable d'inspirer quelque sympathie humaine» (ibid. p. 123 - on aura reconnu dans cette dernière phrase le thème que Freud épingle du concept de dégénérescence). En contrepartie, «bien des malades, parmi ceux auxquels le traitement se prêterait le mieux, échappent au médecin dès qu'ils ont le moindre soupçon de la voie où va les entraîner cette investigation. Pour ceux-là, le médecin est demeuré un étranger. D'autres se décident à se livrer au médecin, à lui témoigner une confiance que l'on n'accorde généralement que par choix libre et sans qu'elle soit jamais exigible. Pour ces patients-là, il est presque inévitable que les rapports personnels avec leur médecin prennent, tout au moins pendant un certain temps, une importance capitale» (ibid., p. 214). Aussi, «quand les relations du malade avec son