Fraternité Matin n°16398 - Samedi 17 et Dimanche 18 Août 2019

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Fraternité Matin n°16398 - Samedi 17 et Dimanche 18 Août 2019

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Date de parution 17 août 2019
Langue Français
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Football
Début de la Ligue 1
Que le spectacle
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PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES P.5
Logements sociaux, Cei, dette…
Les mises au point
P.8de Bruno Koné
Le ministre de la Construction, du Logement
et de l’Urbanisme était l’invité de la Radio de la Paix.
Santé publique Reportage/ Axe Abidjan-San Pedro
Plus de deux Les populations
tonnes de attendent
médicaments la réhabilitationprohibés
de la côtière P. 5
Pp. 2-3saisies2 Samedi 17 - Dimanche 18 août 2019eportageR
Axe routier Abidjan-San-Pedro
Quand la dégradation de la Côtière étouffe le second poumon économique du pays
La Côtière qui relie Abidjan et San-Pedro, les deux grands pôles économiques du pays, est dans un état de dégradation avancée. Une situation
qui cause de graves préjudices aux opérateurs économiques et aux usagers et freine le décollage de cette région à fortes potentialités.
a Côtière, célèbre route
reliant Abidjan à
SanPedro en passant par
dabou, Grand-Lahou,LFresco et Sassandra, est
dans un piteux état. Les 600
kilomètres d’asphalte que
déroulait fièrement cette route
internationale à son
inauguration en 1995, sont aujourd’hui
très dégradés. Il y a un peu
plus de deux décennies, les
automobilistes lancés sur cet
axe, avalaient les 355 km qui
séparent Abidjan de San
Pedro, en un temps record : 2h
30 mn. 25 ans après, que
reste-t-il de cette infrastructure
routière dont on vantait tant les
opportunités qu’elle offrait aux
usagers ? un voyage dans la
cité balnéaire en empruntant
cette voie très mal en point,
nous a permis d’établir un
diagnostic sans appel : l’axe routier
végète dans un coma profond.
Bitume affaissé, parsemé de
vastes et profonds nids de
poule que les abondantes Les usagers qui osent emprunter cette voie courent d’énormes risques de voir leurs véhicules endommagés. (PhotoS:véRoNIque dAdIé)
pluies transforment en de petits
« Nos véhicules sont tous dé- nous avons été braqués par quement délestés de leurs vante pour les malades et les temps joue souvent contrelacs, véritables traquenards
gradés. L’entretien se faisait des coupeurs de route. Se fai- biens; argent, portables, bijoux. femmes enceintes évacuées nous, car l’ambulancier estpour les automobilistes. Inutile
deux fois par semaine, mais sant passer pour des paysans Ce jour-là, une jeune fille a été d’urgence sur San-Pedro, té- obligé de rouler lentement, àde dire qu’il est périlleux pour
avec l’état de la Côtière, ils sont se rendant au champ, ils ont violée sous nos yeux», té- moigne un agent du corps mé- cause du mauvais état de lales automobilistes de
s’aventuau garage », déplore traoré immobilisé de force les véhi- moigne le passager de l’un de dical  : «Nous évacuons route. Nous avons enregistrérer sur cette route. Fait
étonSoualio. Le chauffeur de poids cules, ont fait descendre les ces cars braqués. Cette route souvent des malades et des des morts de femmes en tra-nant ; sur cette voie, les engins
lourd insiste sur le rôle primor- passagers qu’ils ont systémati- est aussi une véritable épou- femmes enceintes. Mais le vail. Pour gagner du temps,à deux roues, vélos et motos
dial que joue cette voie pour lequi y circulent plus facilement,
transport des produits agricolesont fini par ravir la vedette aux
vu que San Pedro est uneMassa (minicars de transport
zone de forte production agri-en commun) qui, jadis, y
récole, l’hévéa, le cacao etc. engnaient en véritables maîtres.
dehors de son rôle écono- Un secteur touristique sinistréLa saison pluvieuse n’est pas
mique, cette voie a un intérêtencore là, mais le peu de pluie
a dégradation accen-administratif certain pour lestombée ces derniers temps a
tuée de la Côtière apopulations. C’est le passagelaissé des ‘’piscines’’ et dans
donné un coup de freinobligé de tous ceux qui se ren-lesquelles pataugent à
lonau tourisme à San-dent au tribunal de Sassandragueur de journée, les camions L Pedro. Réputée pourpour se faire établir des docu-chargés de produits agricoles
être l’un des hauts lieux duments administratifs (extraits(cacao, café, hévéa, vivriers). A
tourisme de masse du pays,de naissance, certificat de na-regarder ces véhicules rougis
la cité balnéaire semble àtionalité, casier judiciaire). Lade boue et de poussière, on ne
l’agonie. «Le tourisme consti-dégradation avancée de la Cô-parie guère sur leur durée de
tue le troisième pilier detière a évidemment un impactvie.
l’économie de la Côtesur le coût du transport
(Sand’Ivoire. La route produit lePedro, Sassandra) qui estUne énorme perte de temps
tourisme. S’il n’y a pas depassé de 2000 FCfa à 2500pour les transporteurs
routes, il n’y a pas de tou-FCfa. Pour éviter le calvaireA Moussadougou, sur la
Côrisme. Le secteur touristiqueque constitue cette route, latière, situé à 30km de
Sande San-Pedro est simple-plupart des usagers préfèrentPedro, traoré Soualio,
ment sinistré ». Nostalgiquepasser par la ville de Gagnoaconducteur de poids lourd, est
de la belle époque touristiquequand bien même ce détourdésespéré. Son véhicule a été
de la cité, un opérateur duleur prendrait 10 h pour rallierpris dans l’un de ces nombreux
secteur, Colonel Gonto Ma-San Pedro. pièges de boue. Assis au bord
hongné, le président de lade la route, il scrute l’horizon
Fédération nationale de l’In-Un axe infesté de malfaiteursdans l’attente d’une main
sedustrie hôtelière de Côte Le tourisme a besoin d’un nouveau souffle.Le malheur des automobilistescourable. « J’ai quitté Abidjan à
d’Ivoire (Fnih-ci), constateet de leurs passagers fait évi-6h du matin, il est 17h ; il faut tière n’y viennent plus. Ces mais il juge le coût du billet ne pas baisser le coût duavec amertume que le tauxdemment le bonheur des mal-rouler doucement à cause du grands réceptifs n’ont plus d’avion Abidjan San Pedro transport aérien pour que lede remplissage des réceptifsfaiteurs de tout acabit,mauvais état de la route», de clients. En deux se- en aller-retour prohibitif: (80 plus grand nombre de passa-hôteliers est passé de 70 ennotamment des braqueursconseille-t-il. 11 heures pour maines, nous n’accueillons mille Fcfa, selon les saisons gers puisse l’emprunter ? En2000 à 10% en 2018 aveccommunément appelés ‘’cou-parcourir 300 km, une distance que trois clients pour près en aller simple) avec une ce qui concerne la desserte,quelques clients locaux. «Lepeurs de routes’’. La dégrada-que les automobilistes effec- de 70 chambres. Nous tra- compagnie de la place. Face il faut revoir le tarif et prévoirBas-Sassandra enregistretion de la Côtière qui oblige lestuaient auparavant en deux ou vaillons à perte, à cause de à cette situation, le colonel davantage de vols en atten-500 réceptifs hôteliers. Lesvéhiculent à rouler au pas, esttrois heures d’horloge! un la mort de la Côtière ». Le Gonto propose la réduction dant la réhabilitation de latouristes qui y venaient aupa-une aubaine pour ces hors-la-manque à gagner énorme en transport aérien aurait pu, des tarifs. «Puisque la Cô- Côtière ». ravant en passant par la Cô-loi qui opèrent de jour commetemps pour les transporteurs. selon lui, être une solution, tière n’existe plus, pourquoi EPAde nuit. «Récemment, à 6 kilos,