Fraternité Matin n°16404 - Samedi 24 et Dimanche 25 Août 2019

-

Presse
24 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Fraternité Matin n°16404 - Samedi 24 et Dimanche 25 Août 2019

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 août 2019
Langue Français
Signaler un problème

Contrebande
de téléphones mobiles
La douane
démantèle
un important
Samedi 24 - Dimanche 25 août 2019 / N° 16 404 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (Orange CI) Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 €
P. 8réseau
PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES
Africa Sports Obsèques de DJ Arafat
Programme, dispositions
sécuritaires, animation…La Fif met fin Le comité
d’organisation
P. 9fait le pointP. 14à la crise
•Vagba
et Bahi
cogèrent,
Imad
Zarour
tient les •Un recueillement est prévu
aujourd’hui sur le lieu du dramefinances
Inauguré depuis
plus d’un an
Pourquoi
le débarcadère
PP. 2 - 3de Locodjro
est sous-exploité
PHOTOS : D . R
PHOTO : SÉBASTIEN KOUASSISamedi 24 - Dimanche 25 août 2019nquête2 E
Inauguré depuis plus d’un an
Le débarcadère Mohammed VI sous-exploité
Livré depuis septembre 2017, le débarcadère de Locodjro n’a pu débarquer
que 500 tonnes de poisson durant un an, sur les trois mille tonnes attendues.
n samedi du mois de sommes présentement. Mais
juillet, grand jour au du jour au lendemain, les
marché de poisson gens détournent le projet
d’Abobo-Doumé, il pour aller à Locodjro et vousU grouille du monde. voulez qu’on les suive
làLes activités marchent à mer- bas  ? On n’ira jamais
làveille. L’on crie pour charmer bas », peste Jeanne. « Dis-lui
les clients et présenter ses plutôt qu’on veut nous
arradifférents produits et prix, tout cher notre commerce. On ne
un vacarme. Et pourtant, ce vendra jamais pour
marché de poisson d’Abobo- quelqu’un, jamais…»,
renDoumé était censé être libéré chérit sa voisine qui, elle,
déet les vendeuses installées sire garder l’anonymat.
au débarcadère Mohammed Ajoutant qu’elles n’ont pas les
VI de Locodjro, pas loin de là. moyens d’aller s’installer sur
Mais les mareyeuses refu- le nouveau site. «Les places
sent de partir. coûtent cher, nous n’avons
«Nous n’irons jamais à Lo- pas les moyens financiers
codjro. Nous sommes bien pour faire face à toutes les
ici  », lance Jeanne Akissi, taxes. Ici à Abobodoummé,
une vendeuse de poisson nous ne dépensons pas
fumé que nous avons interro- beaucoup et nous nous
engée. A l’en croire, les ma- tendons très bien avec les
vilreyeuses n’ont pas été lageois. Ils savent que la
consultées avant la construc- majorité des femmes d’ici
tion du site à Locodjro. «Il sont des veuves et qu’elles
était prévu que le débarca- font ce commerce pour
prendère soit construit à
AboboCette nouvelle infrastructure moderne est malheureusement mal exploitée. (PHOTOS:SEBASTIEN KOUASSI) SUITE PAGE 3doumé, sur le site où nous
Dr Koné Yacoub (coordonnateur du point de débarquement de pêche Mohammed VI de Locodjro)
“ Nous n’allons pas utiliser la force..., mais le dialogue ”
Quel bilan faites-vous de la tion d’Abobodoumé prenait de dans un pays de dialogue. commercialisation et des fours
gestion du débarcadère l’argent avec elles. Elle préle- Mais si les choses n’avancent de très bonne qualité. Les
fuqui a été inauguré il y a vait des taxes aux femmes et pas, les autorités compétentes meuses de poisson ne seront
plus d’un an ? aux pêcheurs. En transférant prendront les décisions qui plus exposées au feu,
contraiLe débarcadère a été inau- les activités à Locodjro, il y conviennent. Mais nous rement à Abobodoumé. Cela
guré le 27 novembre 2017. aura un manque à gagner sommes toujours dans la sen- leur évite les maladies
respiraNous n’avons pas encore at- pour elle. sibilisation. Rien n’est tard toires. Sur le plan
éconoteint les objectifs que nous pour bien faire. Nous invitons mique, les femmes
nous sommes fixés. Toutes les Le premier site était Abobo- les femmes à rejoindre celles gagneraient à venir s’installer
pirogues d’Abidjan devaient doumé, que s’est-il passé qui sont déjà installées à Lo- à Locodjro car nous les
orgadébarquer sur le site de Lo- pour que le débarcadère codjro. De même, nous de- nisons en coopérative, de telle
codjro. Malheureusement, il soit construit à Locodjro ? mandons aux pêcheurs de sorte que le pêcheur et la
man’y a que 15 % des pirogues Lorsque la convention a été si- venir débarquer le poisson sur reyeuse puissent jouir des
qui y débarquent. 1600 gnée entre l’Etat de Côte le nouveau site. Ces per- fruits de leur travail. Nous ne
femmes devaient quitter Abo- d’Ivoire et le Royaume du sonnes ont travaillé pendant sommes que des
administrabodoumé pour le nouveau Maroc, c’est le site d’Abobo- plus de trente ans dans l’infor- teurs qui organisons cette
site, mais environ 400 femmes doumé qui a été choisi pour mel, ce n’est pas facile de les pêche. Nous voulons faire de
sont ici. Il était question de dé- abriter le débarcadère. Nous amener à sortir de là. ce débarcadère un pôle
d’atbarquer, en 2018, trois mille avons mené plusieurs dé- traction autour duquel de
nomtonnes de poissons. Nous ne marches, mais la chefferie a Que gagnent, en réalité, breuses activités pourront être
sommes qu’à 500 tonnes au- refusé. Jusqu’à la pose de la les femmes à s’installer créées.
jourd’hui. première pierre, la chefferie à Locodjro ?
continuait de rejeter l’offre. Toutes les commodités y sont De nouveaux débarcadères
Quelles démarches avez- N’est-ce pas le coût desQu’est-ce qui explique Pour ne pas perdre le projet, pour leur permettre de vaquer sont annoncés…
vous menées pour rappro- places qui font peur auxcette défection ? Pourquoi le ministre Kobenan Adjou- normalement et dans de Le Roi du Maroc a prévu de
cher les deux parties en femmes qui préfèrent res-les femmes installées à mani et le maire d’Attécoubé bonnes conditions à leur tra- construire deux autres
débarconflit ? ter sur l’ancien site ? Abobodoumé refusent- ont sollicité la chefferie et les vail. Au niveau sanitaire, nous cadères, en plus de celui de
Nous avons ouvert le débar- C’est vrai qu’il y a eu un atelierelles de venir à Locodjro ? populations du village de Lo- avons un environnement salu- Locodjro. Celui de
Grandcadère vers fin mai. Il y a eu au cours duquel nous avonsDepuis la construction du pro- codjro qui n’ont pas hésité à bre. Les femmes n’ont plus Lahou qui est déjà prêt sera
des rencontres au niveau du fixé les taxes, mais jusqu’àjet, nous avons mené des donner cet espace. Toutes les besoin d’entrer dans l’eau inauguré bientôt. Il y a un autre
ministère et plusieurs présent, aucune taxe n’estcampagnes de sensibilisation mareyeuses et tous les pê- pour débarquer les poissons. à Grand-Bassam dont la
échanges avec les femmes prélevée au niveau du débar-pour que les activités démar- cheurs ont été associés à ce Elles ne seront plus exposées convention est en train d’être
installées à Abobodoumé, cadère.rent effectivement ici, à Lo- projet sur le nouveau site. aux maladies. Le débarque- signée. Si le premier ne
foncmais, malheureusement, cecodjro. Durant cette période, il Nous avons travaillé avec la ment se fait dans de meil- tionne pas correctement, cela
conflit n’est toujours réglé. Le Plusieurs tentatives poury a eu des incompréhensions coopérative des femmes. A leures conditions. Il y a une n’encouragera pas le Maroc à
préfet d’Abidjan a été saisi et trouver des solutions ontentre les femmes d’Abobo- notre grande surprise, au mo- fabrique de glaces qui leur nous offrir d’autres
débarcail tient aujourd’hui ce dossier. Il échoué. Qu’allez - vousdoumé et nous. Nous avons ment du déménagement, permet de mieux conserver dères. Le Japon est en train
a rencontré les communautés faire ?constaté qu’elles ne veulent nous avons constaté qu’il y a leurs poissons. Nous avons d’en construire un à
Sassanvillageoises d’Abobodoumé et Nous ne voulons pas utiliser lapas venir s’installer à Lo- une scission au niveau de la également des chambres dra.
de Locodjro. Il a également force, mais le dialogue, d’au-codjro. Et par nos démarches, coopérative. Et depuis, cette froides pour stocker les pois- PROPOS RECCUEILLIS PAR
rencontré les mareyeuses. tant plus que nous sommesnous avons su que la popula- crise perdure. sons quelque temps avec la GERMAINE BONI