Fraternité Matin n°16649 - Du samedi 20 & dimanche 21 juin 2020

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Fraternité Matin n°16649 - Du samedi 20 & dimanche 21 juin 2020

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Date de parution 20 juin 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo
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Fonds Covid-19 Des acteurs de la culture ont reçu P. 13 leurs chèques Samedi 20 - Dimanche 21 juin 2020 / N° 16 649 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orange.ci) Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 € PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES Financement de la Présidentielle 2020
Les bailleurs de fonds se mobilisent L’Allemagne et le Japon apportent les premiers appuis Inanciers à la Cei P.4  Abengourou Des attraits touristiques PHOTOS : PORO DAGNOGO Les différents rois qui se sont succédé au trône de l’Indénié ont laissé un riche patrimoine. peu exploités PP.2-3 Assainissement, autonomisation de la femme La Banque mondiale accorde un prêt Le musée Charles Bieth peu mis en valeur.à la Côte d’Ivoire P. 10 Révision de la liste électorale P. 6 Le Pdci-Rda demande une prorogation
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R eportage
Samedi 20 - Dimanche 21 juin 2020
Abengourou Des attraits touristiques peu exploités
Le chef-lieu de la région de l’Indénié-Djuablin est une ville pleine de symboles, cependant...
es anciens l’appellent « N’Pékro ». Ce qui veut dire en ashanti (une ».L Les jeunes, quant à eux, langue ghanéenne), « je n’aime pas les palabres préfèrent l’appeler tout sim-plement « la cité de la paix » ou « la cité royale ». Tous ces noms pour une seule ville : Abengourou. C’est le chef-lieu de la région de l’In-dénié-Djuablin. Il est situé à l’est du pays, à 210 km de la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Partie d’Abidjan à 8 heures le 3 juin dernier, ce n’est qu’à 12 heures que notre équipe arrive à Abengourou, sous un soleil de plomb. Un voyage… mouvementé à cause des dos d’âne et autres bandes rugueuses. Ce qui frappe, à l’entrée de la ville, c’est son plan d’ur-banisation qui lui donne l’as-pect d’une cité coquette. Un tour de la ville nous convainc qu’Abengourou a beaucoup de rues bitumées. Même si, dans des quartiers dits nou-veaux, Agnikro extension, par exemple, les habitants s’accommodent des rues dé-gradées. Autre signe : la ville est calme. De jour comme de nuit. Les explications ? Certains disent : « Les temps sont durs. Il n’y a pas d’argent ». D’autres par contre sou-tiennent que la maladie à co-ronavirus « a tué économique-ment la ville ». Cela se vérie à la rue princesse qui d’ordi-naire grouillait de monde. Ces temps-ci, elle connaît une ti-mide fréquentation.
Ici, on forme les musiciens, plasticiens, comédiens…
 Lors de la visite de la ville,
Le musée Charles Bieth est dans un état de délabrement.(PHOTOS : PORO DAGNOGO)
nous découvrons le Conser-vatoire régional des arts et métiers d’Abengourou (Cra-ma). Un établissement public d’enseignement artistique. C’est au quartier Plateau, au centre-nord de la ville, sur l’axe Bceao-Gare d’Agnibi-lékro. Son directeur, Kosso-nou Kouadio Dieudonné, nous en parle : « En 1980, un couple français, Charles et Marguerite Bieth, a fondé le Collège d’enseignement artistique (Cea) pour pro-mouvoir la créativité, la lais-ser s’épanouir dans la liberté par le dialogue interculturel, pour préserver la vitalité des cultures en faisant entrer l’éducation artistique dans les mœurs et cursus scolaires dans cette région ». Il ajoute qu’ici, « sont formés des mu-
siciens, des plasticiens, des danseurs et des comédiens ». C’est aussi, dit-il avec un réel plaisir, « un établisse-ment patrimonial destiné aux actions pédagogiques d’étude et de sauvegarde des traditions artistiques ou scien-tiques ». En d’autres termes, il explique que le Crama fait la promotion « de l’enseigne-ment des disciplines artis-tiques dans le Moyen-Comoé par des cours d’initiation et de perfectionnement, des ate-liers et des stages. Il forme les jeunes déscolarisés et ceux qui le désirent aux mé-tiers des arts an de leur per-mettre de s’insérer dans le tissu socio-économique, pour lutter contre le chômage et la pauvreté ». Il s’agit, « de per-pétuer la tradition et la culture
des peuples qui composent la nation ivoirienne et même l’Afrique ». La danse est prévue. Mais par manque de locaux, il n’y a pas de danse pour le moment. L’école compte 70 élèves. C’est peu pour une capaci-té d’accueil de 300 élèves. Qu’est-ce qui explique ce faible taux ? Le directeur Kossonou Koua-dio n’a pas d’explication à cela. Mais, selon certaines indiscrétions, Abengourou est dans une région foncièrement traditionnelle. En l’artiste, l’on voit quelqu’un qui n’a pas réussi. Pis, pour des parents, la musique est liée à la drogue, à la débauche, au vice tout simplement. Ils souhaitent que leurs enfants deviennent mé-decins, avocats, juges, ban-
Les différents rois qui se sont succedés au trône de l’Indénié ont laissé un riche patrimoine.
quiers, ingénieurs, etc. Dans un état de délabrement avancé hier, a-t-on appris, le Crama a été réhabilité au-jourd’hui. Il y a deux cycles de formation : le premier, de la 5e à la 3e et l’autre, de la seconde à la terminale. Après les différents cycles, les élèves peuvent aller au supérieur. A l’Insaac, par exemple. Au Crama, on en-seigne le français, l’anglais et les épreuves physiques et sportives.
Le musée Charles Bieth se meurt
A quelques encablures du Conservatoire régional des arts et métiers d’Abengou-rou, il y a le musée Charles Bieth. Amateur d’art, Charles
Bieth a créé ce musée pour faire connaître et partager sa passion avec les jeunes qui ont grandi avec lui. Tou-tefois, le musée se meurt. La cour est broussailleuse. La clôture a cédé sous le poids des intempéries et du temps. Son actuel responsable, Tra Pacôme, nous a fait visiter et nous avons pu voir les quelques objets d’art qui y restent : masques gouro et baoulé, statuettes, balafons, Awalé, tableaux, etc. Pour sauver le musée Charles Bieth, l’aide de la direction ré-gionale de la Culture et de la Francophonie est sollicitée. La case de Louis-Gustave Binger, un explorateur de l’Afrique de l’Ouest et admi-nistrateur colonial français, est également l’une des curiosités touristiques de la ville en souf-france. Et la case Louis-Gus-tave Binger encore appelée le musée de Zaranou est à quelques kilomètres d’Aben-gourou. « C’est une richesse touristique qui est abandon-née », déplore le journaliste Eugène Kacou, doyen des conseillers régionaux et no-table à la cour royale.
Tout le sens du musée royal
Abengourou, la cité royale, est attachée à la paix. Ici, tous les habitants, élus, cadres, jeunes et femmes, ne jurent que par la paix. « Abengourou est la seule ville où pendant toutes les crises qu’a connues la Côte d’Ivoire, il n’y a jamais eu de casses. D’où la construc-tion du musée royal par la Fondation Orange. Ici, il y a l’administration. Mais quand le roi a parlé, c’est ni. On veut conserver la paix ». Ces