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Mémoires de monsieur Coupandouille , bd

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Description

Humoriste très connu dans les années 1920, Marcel Arnac combine un talent d'écrivain satirique à celui de dessinateur pionner. Ses romans hilarants, qu'il illustre lui-même, ont été scandaleusement oubliés, ses dessins d'humour ou d'actualité ne réapparaissent que bien rarement dans quelques essais sur l'époque où il est actif ( 1910-1930), quant à ses BD, elles sont ignorées de tous les dictionnaires et encyclopédies

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 mai 2021
Nombre de lectures 4
EAN13 9782375040430
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0850€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Marcel Arnac
Les mémoires de Monsieur Coupandouille
Editions De Varly
DITIOND 2021
Mon père, Marcel Arnac...
Oui, je suis fière d'être la fille de Marcel Arnac, à plus d'un titre. Fière d'être la fille d'un écrivain et d'un dessinateur de race, d'un humoriste original et destructeur. Ses dessins aux volontaires dé-formations et aux légendes sifflantes comme des coups de fouet, ne ressemblent qu'aux dessins de Marcel Arnac.Sportif, il possé-dait un esprit joyeux dans un corps sain, son ''Dictionnaire des sports'' est un petit chef d'œuvre. C'était un être de délicatesse, d'intelligence de cœur, derrière la façade d'un censeur d'une amertume riante ! Oui, je suis fière de lui, mais malheureuse d'avoir été « abandonnée » à quatre mois dans le fracas, l'explo-sion de notre maison, où il trouva la mort... Cet accident incroya-ble, en pleine paix, frappa les imaginations et pas seulement à cause de la notoriété de mon père : il fit la une de tous les jour-naux français et étrangers. Ecrivain mordant, d'une verve drue et sarcastique, sa fantaisie joyeuse devenait parfois brutale et dé-molisseuse. Passant pour un auteur gai, un conteur drôlatique, il était aussi un écrivain et un dessinateur satirique, sa plume et son crayon étaient indissociables. Comment se méfier d'une pai-sible usine élévatrice qui ne remue que de l'eau et que l'on n'a ja-mais vue ? Le destin sait se servir de tout. Massacré par un bloc de fonte comme il fit mourir le fils Coupandouille : « tué en héros aux côtés de son général par une de ces atroces machines de guerre » ! Pour lui, hélas, la machine s'est bien vengée. Dans ''Les Mémoires de monsieur Coupandouille'', « roman animé », il malmenait fortement l'industrie, la guerre, les profi-teurs. Réquisitoire violent contre la société, suite hilarante et pi-toyable de dessins grotesques, de caricatures bouffonnes. Cette civilisation qu'il tournait en dérision, la traitant avec irrespect, appelait quelques représailles... Alors, trois soupapes se sont cas-sées, une roue est devenu folle, un volant de fonte de plus d'une tonne est parti comme un obus, droit sur le blasphémateur...Sur un exemplaire des ''Mémoires'', envoyé à un ami la veille de sa mort, il a écrit de sa main « Mes mémoires », sans se douter que ces pages irrévérencieuses seraient son testament. Marcel Arnac disait : « L'humanité est une ogresse qui ne connaît que les nom-bres.
Périssent les femmes en couche pourvu qu'elle trouve son compte. Des gosses, il lui faut des gosses à tout prix, faits par n'importe qui, dégénérés, fous, dans n'importe quelles condi-tions, misère, viol, inceste, pourvu qu'elle en ait ». On regrette souvent hypocritement ou par ignorance que certains artistes n'aient pas leur place dans notre souvenir. Il ne peut en être autrement... Pour mon père Marcel Arnac comme pour mon grand' père Zo D'Axa, ce fut une longue traversée du désert due à des morts brutales, en l'espace d'un an, sans personne pour pé-renniser leurs talents ou simplement leurs passages terrestres. Artistiquement, c'est injuste. Humainement inacceptable. Marcel Arnac et Zo D'Axa sont morts de morts violentes, à quelques mois d'intervalle : j'avais quatre mois pour l'un et j'étais en ges-tation pour l'autre... Si Marcel Arnac fut un des grands dessinateurs et humoristes du début du XXè siècle, il s'est hissé avec, entre autres, ''Loin des mufles'', ''La farce de l'île déserte'' ou ''Madame Diogène'', à une écriture cinématographique. On le constate dans ''Un cœur et deux paillassons'', devenu au cinéma ''Le Tombeur'', et surtout ''A l'héritage'', à l'écran ''Circonstances atténuantes'', réalisé par Jean Boyer, interprété par Michel Simon et Arletty. La chanson du film, ''Comme de bien entendu'', de Georges Van Parys, fut extrêmement populaire. Il avait d'ailleurs commencé à écrire di-rectement pour le cinéma. Dans ''83 centimètres d'aventures'', son chef d'œuvre à mon avis, il a montré un haut niveau d'écriture, de connaissance et d'ima-gination. Il y décrit le corps humain, vu de l'intérieur par deux fœtus, comme un univers et chacun de ses organes comme une planète, avec sa lumière et sa matière... il avait raison. « Quant à la Terre, elle n'est que le testicule de Dieu », écrit Marcel Arnac. L'esthétique, qui ne retire rien à son humour, des illustrations qu'il fit pour ''Les Dames galantes'' de Brantôme ou pour l'œuvre de Villon attestent de son évolution et de ce qu'il aurait donné si la mort ne lui avait fait signe à quarante ans...
Béatrice Arnac, nov 2011 beatrice-arnac.com
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