Bibliothécaires et le livre numérique - article de La Gazette des communes

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Les professionnels de la lecture publique ouvrent progressivement leurs fonds aux ouvrages numériques. Avec détermination, car ils ont une conscience aigüe du rôle des bibliothèques dans la diffusion des nouvelles pratiques de lecture et le développement de l'accès aux ressources en ligne. Mais lentement, car les parties prenantes (éditeurs, libraires, agrégateurs et bibliothécaires - sans oublier les auteurs) sont encore loin d'avoir trouvé un consensus sur un modèle économique viable.

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Publié le 13 juin 2014
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Langue Français
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PRATIQUES LOCALES NOUVELLES TECHNOLOGIES
Livre numérique Les bibliothèques négocient sur toute la ligne En téléchargement ou en ligne, la lecture numérique entre peu à peu dans les bibliothèques. Les expérimentations se multiplient et donnent une plus grande visibilité aux professionnels sur les conditions de commercialisation qu’ils doivent négocier avec les éditeurs et les agrégateurs. e u 80congrès de la Fédé-s’avèrent peu étoffés, et souvent moinslimitent la connexion aux ordinateurs ration internationale des; les autres lainstallés en bibliothèqueque ceux disponibles pour la musique (Ifla)A, prévu du 16 au 22 août à Lyonsources, car l’offre destinée aux biblio-rique reste très instable et pas du associations de bibliothé-et le cinéma. «Le livre numérique estproposent à distance. «Aujourd’hui, caires et de bibliothèquesle modèle économique du livre numé-en retrait par rapport aux autres res-(Rhône), la ministre de la Culture,thèques reste très limitée», confirmetout performant», résumeérômeJAurélieFilippetti,compteprésenterectricedelaBDPnneoSnnei,rdririCouetceridaledrqutilipo-cudoePouchol,les conclusions du groupe de travaildes Landes.mentaire de la médiathèque inter-ATOUTS réuni à son initiative depuis l’automneLes responsables des bibliothèquescommunale du SAN ouest-Provence2013 sur le livre numérique dans les• Possibilitédoivent par ailleurs négocier pied à(Bouches-du-Rhône). de mutualisationbibliothèques publiques. Constitué depied avec les fournisseurs – éditeurstéléchargement est prisé, quand« Le à l’échelle d’unereprésentants des auteurs, éditeurs,et agrégateurs de ressources. A com-l’usager utilise son propre outil, liseuseintercommunalitélibraires et bibliothécaires, ce groupemencer par les tarifs, que seuls lesou tablette, analyse Lionel Dujol, chargé ou d’une biblio-doit définir les bonnes pratiques juri-thèque départemen-plus gros équipements peuvent suppor-du développement numérique des mé-diques, technologiques et financières,tale de prêt.ter. «diathèques de la communauté d’agglo-Nous constatons des différences en phase avec les missions de service• Une association,considérables entre les prix grand pu-mération Valence Romans sud-Rhône-Carel, négocie avec public des équipements et les usagesblic et ceux établis pour les biblio-Alpes [Drôme]. Mais la gestion des les fournisseurs des lecteurs. «Les bibliothèques doi-thèques, souligne Chantal Sibille, chefdroits numériques, ou DRM [2], com-pour le compte de vent être en mesure de proposer unedu service “ressources électroniques”plique grandement les choses. Et, de ses adhérents. alternative à l’offre commerciale,à la Bibliothèque publique d’informa-toute façon, même ceux qui sont à insisteSophiePerrusson,directricetion [BPI, centre Beaubourg, Paris]. Lesl’aise avec les technologies sont déçus ÉCUEILS des médiathèques de Levallois-Perretpar les catalogues disponibles.éditeurs font valoir que nous sommes» Car, à [Hauts-de-Seine]. C’est leur avenir quiface à une multitude d’usagers. Certes.l’unisson, les bibliothécaires consta-• Nécessité dese joue.»Mais les prix demandés doivent êtretent la médiocrité de la qualité édito-moderniser les équi-négociés, car ils sont beaucoup tropriale actuelle. Les agrégateurs de res-pements matériels Limiteset logiciels.élevés. »sources peinent d’ailleurs, eux aussi, Or, pour l’heure, l’offre reste globa-• Rareté des profes-Les bibliothécaires tentent égalementà constituer des catalogues suffisam-sionnels forméslement modeste. Selon une étude (1)de desserrer l’étau des modalités d’ac-ment diversifiés. Nombre de discus-au développement réalisée par le service du livre et decès imposées par les fournisseurs, qui,sions achoppent sur le droit d’auteur du numérique. la lecture (SLL) et présentée au Salonle plus souvent, n’accordent pas deet les conditions de commercialisa-• Instabilité de du livre de Paris en mars, 23% des bi-prêts simultanés, ou pour un nombretion des titres. l’offre commerciale, bliothèques municipales (BM) sont do-de connexions trop restreint. Les des modes d’accès tées de ressources numériques (82%et des modalitésmodèles commerciaux sont disparates:Débat dans les villes de plus de 70000 habi-économiques.Pour autant, la profession n’attend pasabonnement à des bouquets, sélection tants) ;et 48% d’entre elles proposentau titre, compte prépayé, etc. Et lespassivement que la situation se dé-des livres dématérialisés. Parmi lesgrilles tarifaires sont basées sur desréseau de coopéra-cante. Carel, le « 54% de bibliothèques départementalesparamètres différents (population des-tion pour les ressources numériques de prêt (BDP) qui disposent de tellesservie, nombre d’inscrits, etc.). Chezen bibliothèques», fédère d’ores et ressources, 67% proposent des livrescertains, l’accès aux titres s’effectuedéjà 253 collectivités de toutes tailles, dématérialisés. En outre, au vu de cepar téléchargement; chez d’autres, uni-représentées par des bibliothécaires, qu’affichent les portails, les catalogueset entend peser dans les discus-quement en ligne (streaming). Les uns(•••)
30LA GAZETTE• 2 JUIN 2014