Forbes Afrique - Novembre 17
100 pages
YouScribe est heureux de vous offrir cette publication
YouScribe est heureux de vous offrir cette publication
100 pages

Description

Le magazine économique et financier d'Afrique francophone. Découvrez ceux qui font l'Afrique d'aujourd'hui et construisent celle de demain.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 30 octobre 2017
Nombre de lectures 80
Poids de l'ouvrage 63 Mo

Exrait

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, LA RÉVOLUTION LA SOIF D’AFRIQUE DE COCA-COLA ÉDITION OCTOBRE 2017
LEs ÉCRIVAINs LES PLUS RICHES DE LA PLANÈTE
FRANCISNANA L’IFNONDATEUSR DE BIOAPHARMATET MOITEUR DAU SUCCÈSBLE DE CE LEADER DES COSMÉTIQUES, LE CAMEROUNAIS A RÉSOLUMENT ENTAMÉ LE VIRAGE DE LA DIVERSIFICATION. AGROALIMENTAIRE, BRASSERIE, TOURISME… RIEN N’ARRÊTE L’AMBITIEUX INDUSTRIEL
M 06312 48 F:4,90E RD 3’:HIKQNB=WUY^UZ:?a@k@o@i@a"; Bénin, Burkina Faso, République cenrafricaine, Mali, Niger, Togo : 5000 F CFA I Cameroun, République du Congo, Côe d’Ivoire, Gabon, Sénégal : 4900 F CFA I Djiboui : 6,50 € I Belgique, Madagascar, Ile Maurice : 5,50 € I République démocraique du Congo : 5,70 € I Suisse : 7,80 CHF
ICI TOUT TOURNE AUTOUR DE VOUS Dans un salon dédié, détendez-vous le temps d’un soin Clarins , CLASSE BUSINESS* ** puis profitez du confort absolu du fauteuil-lit tout en savourant des menus élaborés par de grands chefs étoilés français.
Au départ de ParisCharles de Gaulle Terminal 2E – Halls K, L, M, de New YorkJFK et de LondresHeathrow. Sur une partie de la flotte longcourrier Boeing 777 et Boeing 787. * **
AIRFRANCE.COM
SOMMAIRE — OCTOBRE 2017
18 | INTELLIGENCE ARTIFICIELLE M. ZEILLER RIVALISE AVEC GOOGLE
30 | SIDY NDAO CHANTRE DE LA ROBOTIQUE SCOLAIRE
40 | TOP 10 LES ÉCRIVAINS LES MIEUX PAYÉS
26 | DISCORD SERVICE DE MESSAGERIE POUR “GAMERS”
33 | MARILYN DOUALA BELL MME DOUAL’ART
38 | LA PLUS GROSSE FORTUNE 2017
42 | ANNE MBUGUJE FEMME ENGAGÉE
VOLUME 4 — NUMÉRO 48
ÉDITORIAL 8 FAITS & COMMENTAIRES PAR STEVE FORBES Pourquoi la « Gop-Care » n’a-t-elle pas convaincu le public ? 10SCIENCE, LA TECHNOLOGIE, LA LES MATHÉMATIQUES PAR MICHEL LOBÉ EWANÉ Les clés du progrès
ACTUALITÉS 12DES NOUVELLES L’ESSENTIEL L’actualité des managers et des entreprises 17 AGENDA Les rendez-vous des mois à venir
CHRONIQUES 29 DANS MACRON, IL Y A MAO PAR GASTON KELMAN Message aux Africains 60 ENTREPRENEURIAT, L’ENVERS DU DÉCOR PAR JACQUES LEROUEIL Derrière le mythe, la réalité 98 BAGAGES… PAR NADIA MENSAH-ACOGNY … et aléas
DOSSIER TECHNOLOGIE18ARTIFICIELLE INTELLIGENCE PAR DIANE LAWSON e La 4 révolution industrielle 22CONTRE GOLIATHS DAVID PAR AARON TILLEY Matthew Zeiler et sa start-up Clarifai
ENQUÊTE 26 TECHNOLOGIE PAR KATHLEEN CHAYKOWSKI Discord : le service de messagerie pourgaérsqui sème la zizanie 44 COSMÉTIQUES 44 | DÉPIGMENTATION PAR MIRIAM FOGUM Le sulfureux marché de la dépigmentation UN SECTEUR EN MUTATION 56 TÉLÉCOMS PAR KARO DIAGNE-NDAW 48 | FRANCIS NANA 56 | TIGO SÉNÉGALL’INSATIABLE (AVEC HÉRY ANDRIAMIANDRA, JACQUES LEROUEIL, MICHAEL TOBIAS) BATAILLE AU SOMMET Bataille pour le contrôle de Tigo Sénégal 62 TENDANCE PAR MICHÉE DARÉ Diaspora, le retour des «repats» 66 BOISSON PAR SZYMON JAGIELLO Coca-Cola, une stratégie pour faire pétiller 62 | RETOUR AU PAYS l’Afrique © FRANCO VOGT POUR FORBES - IMOTHY ARCHIBALD POUR FORBES - DAUST - PATRICK NELLE - 2016 MICHAEL KOVAC - COLLECTION CHRISTOPHEL / ALAMY STOCK PHOTO - DR - JEAN-PIERRE KEPSEU - TIGO - INTERAFRIQUENEWS POUR LA DIASPORA
OCTOBRE 2017 FORBESAFRIQUE | 3
SOMMAIRE — OCTOBRE 2017
66 | COCA-COLA SA STRATÉGIE POUR LE CONTINENT
74 | LES MOOC GAGNENT L’AFRIQUE
78 | PEUGEOT TOUJOURS DANS LA COURSE
92 | MUSIQUE LE MALI DONNE LE TEMPO
4 | FORBESAFRIQUEOCTOBRE 2017
70 | H. GEBRESELASSIE RECONVERSION RÉUSSIE
81 | CONGO BRAZZAVILLE PARI SUR LE TOURISME
84 | STRATÉGIES GAGNANTES POUR LEVER DES FONDS
95 | TOURISME PLEIN SUD À MAURICE
88 | CHRONOGRAPHES DE LUXE
VOLUME 4 — NUMÉRO 48
70 BUSINESS PAR RUDY CASBI Reconversion réussie pour Haile Gebreselassie
74 ENSEIGNEMENT PAR MICHÉE DARE La déferlante des MOOC gagne le continent
78 AUTOMOBILE PAR JOANN MULLER Peugeot reste dans la course
PORTRAIT 30 ÉDUCATION PARJULIEN CHONGWANG Sidy Ndao, le chantre de la robotique scolaire en Afrique
INTERVIEW 33 CULTURE PAR MICHAEL TOBIAS Marilyn Douala Bell, la princesse de Doual’Art
CLASSEMENT 38 MILLIARDAIRES La plus grande fortune mondiale
40 RENTRÉES LITTÉRAIRES Les plumes les mieux payées de la planète
ACTEUR 42 ÉCONOMIE PAR GASTON KELMAN Anne Mbuguje, une infante à la passion dévorante
EN COUVERTURE 48 BUSINESS PAR MICHEL LOBÉ EWANÉ Francis Nana Djomou, ses nouvelles ambitions
REPORTAGE 81 ÉCONOMIE PAR CRISTINA RAFFALLI Congo Brazzaville : le pari du tourisme
ENTREPRENEURIAT 84 FINANCEMENT PAR HARLEY MCKENSON-KENGUÉLÉWA Quatre exemples de stratégies pour lever des fonds
LA VIE FORBES88LUXE PAR SOPHIE LEISER Chronographes 92 CULTURE PAR SAMUEL NJA KWA Retour sur les géants de la musique malienne 95 TOURISME PAR SOPHIE LEISER Ile Maurice authentique : direction le sud
PHOTO DE COUVERTURE :PATRICK NELLE
: © COCA-COLA - ELIAS ASMARE - D-CUBE PARIS - LAURA STEVENS - MINISTERE DU TOURISME ET DES LOISIRS RC/ JOEL@ROMEU.FR - DR - ECOLAND - AFROSTREAM - VINCENT BLOCQUAUX - BENOIT PEVERELLI - © OT ILE MAURICE/BAMBA
SOMMAIRE
OCTOBRE 2017 – VOLUME 4 NUMÉRO 48
ÉDITÉ PAR F. AFRIQUE MEDIA SAS 18, avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris. France Tél. : +33 (0)1 84 79 06 44 Pour tout renseignement : contact@forbesafrique.com PRÉSIDENT FONDATEUR Lucien Ebata
ASSOCIÉ UNIQUE
F. Afrique Medias Holding SA
CONSEIL D’ADMINISTRATIONEbata, Sylvain Lekaka Lucien DIRECTEUR DE LA PUBLICATIONEbata Lucien DIRECTRICE ADMINISTRATIVE ET FINANCIÈRE Laetitia Muanza Nkouka – lnkouka@forbesafrique.com DIRECTEUR DE LA RÉDACTION PAR INTÉRIM / RÉDACTEUR EN CHEF Michel Lobé Ewané –mlobe@forbesafrique.comRÉDACTEUR EN CHEF ADJOINTLeroueil – jleroueil@forbesafrique.com Jacques
ÉDITORIAL CHRONIQUEURSGaston Kelman, Jacques Leroueil, Nadia Mensah-Acogny
COLLABORATEURS DU PRÉSENT NUMÉROHery Andriamiandra, Rudy Casbi, Kathleen Chaykowski, Julien Chongwang, Michée Dare,Karo Diagne-Ndaw,Miriam Fogoum,Szymon Jagiello, Diane Lawson, Sophie Leiser, Harley McKenson-Kenguéléwa, Joann Muller, Patrick Nelle,Samuel Nja Kwa,Cristina Ra£ali, Aaron Tilley, Michael Tobias ÉDITEUR PHOTO Samuel Nja Kwa
TRADUCTRICEJulia H. Prévost
PUBLICITÉ DIRECTRICE MARKETING ET COMMERCIALEUrmine Gounongbé – urmine@forbesafrique.comDIRECTRICE COMMERCIALE CAMEROUNMoundi – nmoundi@forbesafrique.com Nadia
CONCEPTION RÉALISATION92 STUDIO DIRECTEUR ARTISTIQUEGuillon Emilien SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Claire Gollot CHEF DE FABRICATIONDiane Mourareau
PRODUCTION ET IMPRESSIONPERKA BVBA, Industrieweg 12, 9990 Maldegem, Belgique
FORBES MEDIA RÉDACTEUR EN CHEF Steve Forbes VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION Christopher Forbes DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉD’Vorkin Lewis PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Michael S. Perlis DIRECTEUR GÉNÉRAL Michael Federle CONSEILLER PRINCIPAL À L’INTERNATIONALWolf Tom
FONDÉ EN 1917 B. C. Forbes, rédacteur en chef (1917¨1954) Malcolm S. Forbes, rédacteur en chef (1954¨1990)
FORBESest une marque brevetée et utilisée sous licence de FORBES LLC. Forbes Afrique est publié par F. Afrique Media SAS, 18, avenue Franklin-Roosevelt 75008 Paris, France, sous accord de licence avec Forbes Media LLC, 60 Fifth Avenue, New York, New York, 10011, Etats-Unis d’Amérique. Copyright ©2014 Forbes Afrique Media. N° de commission paritaire : 1114 I 91585. Dépôt légal : à parution. N° ISSN : 2262-1547. Prix de vente au numéro en France métropolitaine : 4,90 € TTC. Ce numéro comporte un bulletin d’abonnement en page 39.
6 | FORBESAFRIQUEOCTOBRE 2017
FAITS & COMMENTAIRES « Donner tout son sens à l’information »
POURQUOI LA GOPCAREN’ATELLE PAS CONVAINCU ACTEBUR ENLCHEIFC?
PALR STEE PU VE FORBES, RÉD ourquoi les parlementaires républicains battent-ils l’air P quand il s’agit d’abroger et de remplacer l’Obamacare? Sur une question qui fut aussi décisive pour le parti républicain dans son accession au pouvoir au Sénat, à la Chambre des représentants sans parler de la présidence, pourquoi l’opinion publique leur fait-elle barrage? Cette loi adoptée il y a plus de sept ans s’était pourtant révélée d’emblée éminemment impopulaire. La réponse est simple. Le GOP [Grand Old Party, le parti républicain] a commis une bévue monumentale en laissant ses adversaires définir les termes du débat. Tout à coup, il s’est agi de savoir combien de millions de personnes seraient privés d’assurance maladie. Le public a fini par être convaincu que les républicains s’intéressaient avant tout à l’ampleur des malheurs qu’ils allaient infliger. En un rien de temps, les malades et les personnes sourant d’aections chroniques se verraient privées de couverture, contraintes de faire le pied de grue dans des services d’urgence bondés, dans l’espoir d’obtenir de l’aide. A force de rabâcher son antienne sur les centaines de milliards de dollars qu’il extirperait de Medicaid [programme commun fédéral et national couvrant les frais médicaux des personnes aux ressources et revenus limités], le GOP n’a fait que renforcer l’impression générale selon laquelle l’Obamacare, aussi néfaste soit-elle, représentait une solution préférable à toute proposition
8 | FORBESAFRIQUEOCTOBRE 2017
républicaine. Voilà pourquoi tous les projets de loi présentés par le GOP ont fait pire que l’Aordable Care Act [l’Obamacare] en matière de surages. L’état d’esprit avait changé : on parlait de réparer au mieux l’atrocité créée par Obama plutôt que de se montrer cruels et d’appauvrir des millions de concitoyens américains. Le GOP est devenu synonyme d’avarice. Les accusations lancées par les démocrates confinaient pour la plupart à l’absurde, mais elles avaient marqué les esprits. Ajouta à la confusion le «chirage» avancé par le Congressional Budget Oce [le CBO, bureau du Congrès américain chargé d’évaluer l’impact budgétaire des textes soumis à discussion]. Un organisme dont les prévisions ne se sont jamais, de mémoire, avérées exactes et qui fourmillait de progressistes d’extrême gauche lorsque le Congrès était aux mains des démocrates. La loi adoptée par la Chambre des représentants et le projet de loi avancé par les leaders du Sénat ont tous deux empilé des milliards pour veiller à ce que les personnes atteintes de maladies chroniques ne soient pas exclues. Les questions de l’élargissement considérable de la couverture Medicaid voulu par M. Obama, et des enveloppes budgétaires versées par l’Etat fédéral pour soudoyer les Etats et les amener à se rallier au programme (couverture à 100 % jusqu’en 2016, diminution progressive à 90 % d’ici 2020) ont été abordées avec grande circonspection par les rédacteurs du Sénat.
Mais même sur ce chapitre, les démocrates sont parvenus à amener quelques gouverneurs RINO (surnom employé pour désigner les membres plus modérés du parti républicain) à se faire leur porte-parole et l’écho de leurs oensives démagogiques. Medicaid est le régime d’assurance maladie le plus mal conçu du monde libre : si les dépenses sont sans mesure, les fruits récoltés sont pourtant désastreux pour les bénéficiaires. La seule façon de renverser la vapeur est d’accorder aux gouverneurs la souplesse nécessaire pour élaborer les réformes qui amélioreront la couverture – aujourd’hui, 30 % des médecins refusent tout nouveau patient relevant de Medicaid, car il leur faut attendre plusieurs mois avant de se voir – faiblement – remboursé. Si le Rhode Island, l’Indiana ainsi que d’autres Etats ont mis en œuvre des ajustements bénéfiques, ils ont dû pour cela batailler contre les bureaucrates de Washington pour obtenir les «dérogations» nécessaires. La Maison-Blanche a attendu quelques jours à peine avant un vote du Sénat pour organiser un événement auquel étaient présentes quelques victimes de l’Obamacare – qui se comptent par millions. Et pourtant, on n’a vu ni diusion massive de publicités ni campagne d’envergure sur les médias sociaux pour attirer l’attention sur la réalité des ares de l’Obamacare ou pour faire l’article des actions menées par le GOP. La guerre de la communication était terminée avant même d’avoir
commencé. Et ne comptez pas sur les républicains pour faire mieux par la suite.
LES POLTRONS RÉPUBLICAINS L’assurance maladie n’est pas l’unique chantier de grande ampleur avec lequel se débat péniblement le GOP. La fiscalité, étrangement, en est un autre. Lorsque les démocrates accusent les républicains de «servir les riches» avec leurs projets de réduction d’impôt, trop nombreux sont les membres du parti républicain qui verdissent, prennent peur et se mettent à couvert. Ainsi, parmi les nombreux impôts créés par l’Obamacare figurent des surtaxes sur les gains en capital et les dividendes, qui l’une comme l’autre entravent la création de capital et l’investissement productif. Sans investissements, point de développement, et les niveaux de vie stagneront avant de décliner. Les sénateurs républicains ont pourtant fait le choix de conserver ces prélèvements qui étouent la croissance, craignant qu’on leur reproche de «privilégier les nantis». Depuis plusieurs années, certains républicains qui se prétendent «populistes» se sont faits les colporteurs de mesures censées servir les classes moyennes et les Américains à plus faible revenu, et, dans le même temps, ont étrillé «les riches» et pris de haut «les élites». La rumeur veut que les républicains comptent augmenter les taux de l’impôt sur le revenu des «très grandes fortunes» pour rallier les démocrates à leur cause et montrer aux électeurs qu’ils sont du côté de la classe moyenne. «Les progressistes de la Silicon Valley vont nous adorer», se prennent-ils à rêver. Triste constat pour un parti qui nous dit révérer Ronald Reagan encore aujourd’hui. Le président Reagan aurait eu des hauts le cœur devant cette position populiste. Il avait compris que les électeurs souhaitent voir leur économie prospérer et, dans
son sillage, leur salaire augmenter. Ils se moquent éperdument que Bill Gates s’en sorte bien; ils souhaitent simplement qu’on garantisse la revalorisation soutenue de leur salaire net, et que les Etats-Unis redeviennent une terre dynamique d’opportunités. Les républicains sont stupides de jouer sur la jalousie entre les classes. Ils échoueront à tous les coups face aux Bernie Sanders et autres Elizabeth Warren. Les électeurs veulent des résultats et non une mouture républicaine du socialisme «light» [sorte d’Etat providence]. Si dans les mois à venir, on parvient à extirper l’économie de l’ornière dans laquelle elle s’enlise depuis une décennie, les gens n’auront cure des critiques teintées de «pseudo-marxisme» proférées par médias et démocrates. La recette de la prospérité est éprouvée : combiner des taux d’imposition plus faibles à une monnaie saine. Le GOP devrait faire fi de toute prudence et proposer une réforme fiscale assortie de réductions draconiennes. Faire chuter de 35 à 15 % le taux d’imposition sur les sociétés, un véritable tue-l’emploi. Il devrait s’abstenir de taxer les profits générés à l’étranger (les Etats-Unis figurent parmi les quelques pays ayant adopté ce système, ce qui explique pourquoi les entreprises américaines ont conservé plus de 2 000 milliards de dollars à l’étranger). Il lui faudrait doubler les exonérations pour les contribuables. Les républicains devraient instaurer une réduction générale d’au moins 10 % de l’impôt sur le revenu, à la manière des présidents Reagan et Kennedy. Et songer à sabrer la taxe sur les revenus du capital – une mesure qui permet toujours d’augmenter d’emblée les recettes. Autre point très important, le GOP doit faire en sorte que ces réductions aient un eet rétroactif au début de l’année 2017. Ce projet de loi de finances doit doper au plus vite l’économie américaine. Et ce ne serait pas du luxe si les Américains pouvaient
obtenir un remboursement d’impôts substantiel en avril prochain. Le CBO poussera des cris d’orfraie en pointant du doigt le déficit budgétaire. Faisons la sourde oreille à ces paroles ignares. Seule une économie en plein essor permettra au GOP de véritablement résorber le déficit de l’Oncle Sam. Si les Etats-Unis avaient bénéficié d’une croissance économique normale ces dix dernières années, au lieu de ce ridicule taux inférieur à 2 %, le déficit budgétaire serait aujourd’hui inexistant.
LA CROISSANCE ACCOMPLIT DES MIRACLES Voici ce que ces républicains, ô combien sensibles, devraient comprendre : qu’importent leurs actions, tant qu’ils ne capitulent pas totalement devant Elizabeth Warren, ils seront vilipendés comme les laquais de Wall Street, des grandes banques, des grandes entreprises et des riches. Prenez-en votre parti et faites ce qui est juste. Puis observez la dislocation du parti démocrate. Quant à la refonte radicale de l’impôt sur le revenu fédéral, n’y comptez pas. Il est trop tard. Vous avez commis deux graves erreurs. En premier lieu, vous vous êtes d’abord attaqués à la santé, aveuglée par la foi que vous accordiez aux prévisions de recettes présentées par le CBO. L’écrasante majorité des électeurs préférait voir la question de l’imposition traitée en priorité, mais après tout, qu’y connaissent-ils? Puis, vous avez été retardés par l’étrange obsession de Paul Ryan [le président républicain de la Chambre des représentants] pour l’instauration d’une taxe d’ajustement aux frontières de 20 % qui aurait éreinté les familles ouvrières qui, à chaque fin de mois, se démènent pour joindre les deux bouts. En conclusion, appliquez dès aujourd’hui les réductions fiscales les plus simples, et attaquez-vous à la grande réforme fiscale après les élections de mi-mandat prévues l’an prochain.
OCTOBRE 2017 FORBESAFRIQUE | 9
 ÉDITORIAL Forbes Afrique
LA SCIENCE, LA TECHNOLOGIE, LES MATHÉMATIQUES : LES CLÉS DU PROGRÈS
PAR miCHEL LObÉ EWANÉ
L’événement s’est déroulé dans une totale discrétion dans un lieu quasi anonyme de Douala, la capitale économique camerounaise. Loin des médias et quasiment sans promotion. Il est pourtant chargé de symboles et porteur de promesses pour l’avenir. A l’initiative de la Fondation Rubisadt, créée il y a près de vingt ans par une dame aussi discrète qu’exceptionnelle, Florence Tobo Lobe, une vingtaine d’adolescentes – lycéennes et collégiennes –, âgées de 13 à 18 ans, présentaient devant un public d’une centaine de personnes, parmi lesquels leurs parents et amis, des prototypes de robots qu’elles ont conçus et mis au point. Ces jeunes filles ont donné trois semaines de leurs vacances pour apprendre à connaître, comprendre, concevoir, programmer et piloter des robots. Les trois prototypes présentés correspondaient à trois types de programmes adaptés à une demande socio-économique : un robot pour l’agriculture qui se met à la place de l’homme pour creuser des sillons, semer, récolter ; un robot pour l’exploitation minière ; et un troisième, celui-là ludique, pour apprendre aux enfants de 3 à 9 ans à parler une langue locale. Sidy Ndao a lui aussi fait le pari de la robotique scolaire (voir p. 30). Professeur de génie mécanique aux Etats Unis, le roboticien sénégalais a conçu un programme de robotique dont l’ambition est d’encourager davantage d’élèves africains à s’orienter vers les filières scientifiques. C’est aussi l’ambition d’une Camerounaise, Arielle Kitio, 25 ans, une
10 | FORBESAFRIQUEOCTOBRE 2017
passionnée de nouvelles technologies qui s’active à communiquer la fibre scientifique aux Africains de sa génération. Les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont pour l’Afrique les clés de l’avenir. Le Sénégal, avec la nouvelle ville de Diamniadio, le Ghana, avec le projet Ghana Cyber City, le Kenya, avec Konza Technology City, le Rwanda, avec son Innovation Center, sont autant d’exemples de Silicon Valley africains, qui donnent une perspective et un horizon prometteur pour réussir la révolution digitale en Afrique. Dans ce numéro deF,nous nous projetons dans cet horizon du futur en explorant les promesses de l’intelligence artificielle (voir p. 18 à 25) avec des exemples d’application de l’IA sur le continent, au Nigeria ou en Afrique du Sud. L’Afrique peut gagner le pari des STEM, à condition que nos gouvernants aient une vision stratégique et une véritable ambition politique dans cette direction. A condition d’arrêter d’avoir peur du progrès comme ces gouvernements qui coupent l’accès des populations à Internet pour une raison ou une autre. Ces pays qui choisissent de brider Internet ou d’entrer en guerre contre les réseaux sociaux ont peur de la science et de la technologie et se condamnent au repli et à la régression.
POUR TOUS COMMENTAIRES ET REMARQUES, MERCI D’ADRESSER UN COURRIEL ÀMICHEL LOBÉ EWANÉ : MLOBEFORBESAFRIQUE.COM
© PATRICK NÉLLÉ