La déclaration de Michel Platini lue en ouverture de l’audience de la Commission d’Ethique de la FIFA

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Audience du 18 décembre / Déclaration de Michel Platini Monsieur le Président, Messieurs les membres de la chambre de jugement, Vous êtes réunis pour entendre ma défense sur les faits que la Commission d’Ethique me reproche. J’ai décidé de ne pas venir devant vous présenter moi-même mes explications.

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Publié le 19 décembre 2015
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Langue Français
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Audience du 18 décembre / Déclaration de Michel Platini
Monsieur le Président, Messieurs les membres de la chambre de jugement,
Vous êtes réunis pour entendre ma défense sur les faits que la Commission d’Ethique me reproche.
J’ai décidé de ne pas venir devant vous présenter moi-même mes explications.
Pour une raison et une seule : je suis déjà jugé, je suis déjà condamné.
Ce n’est pas moi qui le dit, c’est vous, ce sont les instances internes de la FIFA, ce sont vos porte-paroles autorisés.
Je n’en veux pour preuve que trois déclarations parmi un florilège d’indiscrétions, de rumeurs, de confidences diffusées à la presse par des sources anonymes et malveillantes, internes à la FIFA, que vous n’avez rien fait pour museler :
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Dès le 20 octobre, M. Scala, président de la Commission électorale de la FIFA, l’un des responsables dont on est en droit d’exiger la plus grande neutralité et la plus grande réserve, dressait mon acte d’accusation dans le Financial Times. Et c’est cet homme qui devrait ensuite valider ma candidature à la FIFA ! Il est donc clair qu’à cette date, alors que l’instruction de Mme Allard est encore en cours, mon sort était déjà scellé.
Le 11 décembre, en pleine procédure de jugement, alors que je n’avais pas encore été entendu par mes juges, M. Bantel, votre porte-parole, annonce que ma condamnation est certaine, il en énonce les motivations probables et s’en réjouit. Je regrette qu'aucune déclaration du président de la chambre de jugement ne soit venue condamner un procédé aussi contraire aux droits fondamentaux d’un accusé.
Le même jour, une source anonyme (bien sûr !) de la FIFA déclare au journal français l’Equipe : «Si Michel Platini était blanchi, ce serait inacceptable pour la chambre d’instruction». Je ne peux me résoudre à ce que la protection de l’image de la Commission d’Ethique soit placée au dessus de la seule préoccupation qui devrait être la vôtre : statuer, en toute indépendance et impartialité, sur la culpabilité ou l'innocence d'un individu.
Mon procès est donc joué.
Il l’était avant même la remise du rapport d’instruction de Mme Allard.
Il l’est encore plus depuis. Au terme d’une instruction menée uniquement à charge, l’investigatrice émet des doutes et des suppositions, elle exprime des soupçons, elle ne démontre rien, elle n’apporte aucune preuve. Elle n’en demande pas moins à mon encontre la peine la plus lourde, la peine la plus infamante.
Je n’ai plus confiance dans les instances disciplinaires de la FIFA. Elles ont montré leur partialité, leurs préjugés, leur incapacité à respecter la confidentialité, la présomption d’innocence et les droits de la défense.
J’ai toute confiance en mes conseils. Eux ont encore l’espoir d’être entendus et d’être compris.
Ils vont, je n'en doute pas, réussir l'exercice que vous me demandez depuis de longues semaines : prouver et vous convaincre de l’inexistence de faits qui n’ont pas existé. Je n’ai qu’une chose à vous demander : écoutez-les d’une oreille attentive et impartiale, prêtez à leur argumentaire autant d’attention que vous en avez prêtée à celui de Mme Allard, vous le leur devez par respect pour le travail qu’ils ont accompli.
Au delà des explications techniques et juridiques qui vous seront présentées, je vous livre ma vérité : je n'ai commis aucun manquement au Code d'éthique et ai toujours eu à cœur d'avoir une conduite exemplaire et irréprochable. Je suis parfaitement en paix avec ma conscience.
Toute ma vie, je continuerai, à mon niveau, à défendre, comme je l'ai toujours fait, les convictions qui sont les miennes : celles d'un beau football, un football propre, d'un football conforme à l'éthique et à la morale.
Michel Platini