La femme tunisienne
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Le combat de la femme tunisienne dans le monde arabe.

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Publié le 10 juillet 2012
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Langue Français

Exrait

La femme tunisienne
Sujet sensible en terre d’Islam, la situation de la femme est toujours abordée avec beaucoup
d’appréhension et particulièrement en Tunisie, depuis le 14 janvier 2011.
La femme tunisienne a bénéficié dès le lendemain de l’indépendance d’un statut comparable à
ceux, tels qu’ils existent dans nombre de pays parmi les plus évolués. Elle craint une
régression, avec l’arrivée au pouvoir des islamistes d’ENNAHDA.
Avec la « Révolution », on a assisté à un « rééquilibrage » en faveur des islamistes. Ainsi par
exemple, le port du voile qui était jusqu’à présent interdit dans les lieux publics,
administrations, écoles, universités, est désormais autorisé.
Le pouvoir actuel semble osciller en permanence entre une option moderniste de l’islamisme,
et des forces intégristes qui cherchent à imprimer un rapport de force en leur faveur.
Le pouvoir islamiste donne des signes plutôt rassurants. La charia n’a pas été intégrée dans la
constitution. Le ministre de l’intérieur s’est clairement opposé au port du niqab à l’université.
La ministre des droits de la femme Sihem BADI, a indiqué qu’il y avait lieu de bannir le
niquab et plus largement encore, tout ce qui peut entraver le processus éducatif des enfants
qui doivent bénéficier des acquis de la civilisation moderne,
Mais à côté de cela, dans les hôpitaux, les femmes qui se présentent pour une interruption de
grossesse seraient invitées à y renoncer. Les atteintes à leurs droits sont légions. Les femmes
non voilées ou faisant preuve d’un modernisme peu apprécié, peuvent faire l’objet de
bousculades et d’injures. Les autorités publiques ne feraient pas preuve de suffisamment de
fermeté pour assurer la protection de leurs droits.
Inévitablement des rumeurs circulent. La dernière en date, concerne les droits de la femme en
politique : les constituants auraient envisagé de prévoir qu’une femme ne pourrait accéder à la
présidence de la République.
Rumeur fondée ou fausse rumeur ? Même si l’éventualité d’une femme présidente de la
Tunisie, est actuellement peu envisageable, sur le plan des principes, une telle disposition en
ferait un citoyen de seconde zone. Il convient donc d’être tout particulièrement vigilant.
Oualid CHINE a publié dans la revue
mag14.com/
un remarquable article «
Les tunisiennes
sont supérieures aux tunisiens »
dont voici avec son autorisation les principaux extraits :
« A l’heure où la rumeur de l’exclusion des femmes de la présidence se répand, à une époque
où les plus réactionnaires semblent avoir des velléités de réduire le champ d’action des
Tunisiennes, il est bon de rappeler quelques vérités premières.
L’Etat de Carthage a été fondé par une femme, Elissa. Une reine mythique, mais qui laissera
dans l’inconscient collectif des Tunisiens une empreinte durable. Un tatouage qui marquera
comme un sceau princier le front des filles de la Tunisie.
Des traces perceptibles dans la grandeur d’une Radhia Nasraoui, militante contre la torture,
dont le cœur a été assez vaste pour contenir toute la misère sortie des usines de la peur et des
mains des tortionnaires appointés par les services de sécurité.
Islamistes, gauchistes, militants en rupture de ban, tout ce qui est humain ne lui est pas
étranger.
Alors que l’écrasante majorité des journalistes tunisiens se réfugiaient au mieux dans le
silence, au pire, dans la compromission, c’est une femme qui a sauvé l’honneur de la
profession. En trempant sa plume dans le vitriol, Om Zied, alias Néziha Rejiba tatouait à
l’acide ses écrits comme autant de cicatrices purulentes sur le visage de la dictature.
Quand les opposants se contentaient de raser les murs, avec ses cinquante kilos, Maya Jribi se
lançait dans l’arène, ne craignant pas de jouer au gladiateur pour croiser le fer avec la flicaille.
C’est dire qu’elle pèse bien plus lourd que les coqs déplumés qui exhibent aujourd’hui leur
pilosité comme autant d’indices d’une virilité en berne.
Et même du côté d’Ennahdha, quoi qu’on en dise, la voix d’une Meherzia Laâbidi, vice-
présidente de l’Assemblée Constituante, ne compte-elle pas au moins autant que celle d’un
Lotfi Zeitoun et d’un Habib Ellouze réunis ?
L’ouverture du champ politique tunisien aux femmes, pourrait garantir à l’Etat l’accès à un
vivier de compétences plutôt asséché du côté masculin. Et pour cause : il y a des années que
les femmes surpassent les hommes en termes de résultats dans les universités et les lycées.
Par ailleurs, à la notable exception de Leila, et de quelques courtisanes de bas-étage, qui
passent parfois à la télé, l’écrasante majorité des corrompus de Tunisie sont des hommes. Il
faut donc se résoudre à l’évidence. Les Tunisiennes sont bel et bien supérieures aux
Tunisiens.
Et une femme au palais de Carthage, offre clairement plus de garanties pour ses concitoyens,
échaudés par les expériences successives des «mâles dominants» au pouvoir. En définitive,
élire une femme, permettrait de donner un signal fort à tous les sceptiques, à ceux qui
regardent la Révolution Tunisienne d’un mauvais œil. Messieurs, soyez donc raisonnables. Le
pouvoir est une chose sérieuse. Laissez-le donc aux femmes. »
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