Lettre de François-Henri Pinault
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A l’attention de : Mme Martine AUBRY, Présidente de Lille Métropole, Maire de Lille M. Pierre de SAINTIGNON, 1er Vice Président du Conseil Régional du Nord-Pas-de- Calais M. Michel-François DELANNOY, 1er Vice Président de Lille Métropole, Maire de Tourcoing M. René VANDIERENDONCK, 1er Vice Président de Lille Métropole, Sénateur du Nord M. Pierre DUBOIS, Maire de Roubaix Mesdames et messieurs les élus, Votre interpellation et vos inquiétudes sont légitimes. Comme vous le savez, nous sommes actuellement en discussions avancées avec plusieurs repreneurs potentiels pour La Redoute. Dès lors que nous serons entrés en négociation exclusive avec un repreneur, je serai très heureux de vous rencontrer pour vous présenter les grandes lignes de son plan industriel. Bien entendu, il incombera au repreneur d’en faire la présentation détaillée devant les institutions représentatives du personnel. A ce stade, je serai en mesure de vous apporter des éléments de réponse à vos questions, notamment sur les conséquences qu’aura le plan industriel du repreneur sur l’organisation et l’emploi et sur les mesures d’accompagnement social qu’il lui reviendra de mettre en œuvre et dont Kering s’est engagé à garantir le financement. Elue et élus du Nord, je sais que vous connaissez la situation économique et financière de la Redoute et les défis auxquels fait face cette entreprise depuis plusieurs années, comme l’ensemble des acteurs de la vente à distance.

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Publié le 04 novembre 2013
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Langue Français

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A l’attention de : Mme Martine AUBRY, Présidente de Lille Métropole, Maire de Lille M. Pierre de SAINTIGNON, 1er Vice Président du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais M. Michel-François DELANNOY, 1er Vice Président de Lille Métropole, Maire de Tourcoing M. René VANDIERENDONCK, 1er Vice Président de Lille Métropole, Sénateur du Nord M. Pierre DUBOIS, Maire de Roubaix   Mesdames et messieurs les élus, Votre interpellation et vos inquiétudes sont légitimes. Comme vous le savez, nous sommes actuellement en discussions avancées avec plusieurs repreneurs potentiels pour La Redoute. Dès lors que nous serons entrés en négociation exclusive avec un repreneur, je serai très heureux de vous rencontrer pour vous présenter les grandes lignes de son plan industriel. Bien entendu, il incombera au repreneur d’en faire la présentation détaillée devant les institutions représentatives du personnel. A ce stade, je serai en mesure de vous apporter des éléments de réponse à vos questions, notamment sur les conséquences qu’aura le plan industriel du repreneur sur l’organisation et l’emploi et sur les mesures d’accompagnement social qu’il lui reviendra de mettre en œuvre et dont Kering s’est engagé à garantir le financement.   Elue et élus du Nord, je sais que vous connaissez la situation économique et financière de la Redoute et les défis auxquels fait face cette entreprise depuis plusieurs années, comme l’ensemble des acteurs de la vente à distance. La situation de La Redoute est aujourd’hui particulièrement dégradée. Le chiffre d’affaires de La Redoute en France a ainsi décru de près de 7% par an sur la période 2008-2012, passant de 1,1 milliard d’euros à 840 millions d’euros. La Redoute accuse des pertes chaque année depuis 2008, et 400 M€ de capitaux ont été injectés par Kering entre 2008 et 2013 pour recapitaliser l’entreprise et moderniser son modèle commercial. Cette situation s’explique en partie par la densification des surfaces commerciales, qui a entraîné une multiplication des enseignes d’habillement. Elle tient également, plus récemment, au développement du commerce en ligne. A cette pression concurrentielle accrue s’ajoute la crise du secteur de l’habillement qui frappe les pays européens.   Dans ce contexte, la poursuite de la transformation et de la modernisation de La Redoute est la condition sine qua non de la pérennité de l’entreprise. Cette analyse fait aujourd’hui consensus. Cette transformation doit avoir lieu quel que soit l’actionnaire. Kering a toujours assumé ses responsabilités vis-à-vis de La Redoute et a accompagné pendant une période délicate les premières étapes de cette transformation. Depuis cinq ans, La Redoute a ainsi réussi à transformer son modèle commercialen prenant le virage d’internet (85% des ventes en France). Si La Redoute n’a pu éviter pendant cette période de creuser des pertes, cet effort lui a néanmoins permis d’éviter le sort d’autres acteurs de la vente par correspondance, qui, à défaut d’avoir pu opérer ce virage, ont comme vous le savez disparu (la CAMIF en 2008, le groupe allemand Quelle en 2009). 
C’est l’adaptation de l’outil industriel (logistique, informatique) qui doit maintenant être engagée. Cette nouvelle étape figurera dans le plan industriel du futur repreneur de la Redoute, car elle est indispensable pour assurer la pérennité de l’activité.   La vente de La Redoute n’est pas liée à la transformation dans laquelle La Redoute est engagée. Cette décision s’explique au contraire par le recentrage stratégique du Groupe Kering sur les secteurs du luxe et du sport, amorcé depuis près de 15 ans, et qui s’est traduit par le désengagement de Rexel en 2004, du Printemps en 2006, de Conforama en 2011 ou encore de la Fnac en 2012. C’est dans ce contexte que, dès 2010, a été annoncée la décision de se mettre à la recherche de nouveaux actionnaires pour La Redoute et les autres sociétés appartenant au Groupe Redcats, pôle spécialisé dans la vente à distance de Kering. A l’exception de La Redoute, la quasi-totalité des actifs de Redcats ont a déjà été cédés, y compris des sociétés très rentables, comme OSP aux Etats-Unis ou Ellos Jotex en Scandinavie. Le désengagement de Kering des métiers de la vente à distance relève donc bien d’une logique de redéploiement stratégique et non d’une volonté de se séparer de filiales déficitaires.   Kering ne disposant plus en son sein des expertises et du savoir-faire lui permettant de soutenir la transformation de La Redoute, il est désormais nécessaire pour toutes les parties de mener à bien le processus de cession afin qu’un nouvel actionnaire accompagne, sans attendre, l’entreprise dans cette nouvelle étape de sa transformation. Les projets de cession pour La Redoute se sont précisés et accélérés ces derniers temps. Kering est en effet aujourd’hui en discussion avec plusieurs repreneurs pour céder, en bloc, La Redoute. L’offre retenue sera celle la plus solide dans l’intérêt de l’entreprise, des collaborateurs, des clients, du territoire. Ces repreneurs sont unanimes à considérer que la modernisation des dispositifs (en particulier les plateformes logistique et informatique) est inévitable. Cette transformation, comme nous l’avons indiqué aux organisations syndicales le 29 octobre lors d’une présentation des grandes orientations des différents projets de repriseencore à l’étude, aura un impact significatif sur l’emploi. Comme pour les autres cessions effectuées au cours de son recentrage stratégique, Kering continuera à prendre toutes ses responsabilités d’actionnaire et poursuivra le dialogue nouédès juin 2013, à notre initiative et au-delà des obligations légales, avec les organisations syndicales. Au cours de ces réunions, Kering s’est d’ores et déjà engagé à apurer les pertes et à financer certains investissements nécessaires à la modernisation de l’entreprise dans les prochaines années (investissements commerciaux et opérationnels, dispositifs marketing, informatique, etc.). Nous nous sommes aussi engagés à garantir financièrement les mesures d’accompagnement social qui permettront de sécuriser les parcours professionnels des salariés qui seraient concernés par les projets de réorganisation du repreneur. C’est ce dernier qui les annoncera puis les mettra en œuvre, conformément à son plan industriel. En concertation avec toutes les parties prenantes, Kering prendra par ailleurs les engagements nécessaires vis-à-vis du territoire pour assumer sa responsabilité quant aux impacts sur l’emploi de la prochaine étape de transformation de la Redoute. 
Le rythme actuel des négociations laisse espérer que nous serons en mesure de sélectionner un repreneur potentiel dans les prochaines semaines, ce qui nous permettra de travailler plus précisément sur le mécanisme de garantie financière des mesures d’accompagnement social. Dans cette attente, je vous prie de croire à l'assurance de ma considération distinguée.   François-Henri Pinault   
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