Cycles et tendances des variables économiques - article ; n°3 ; vol.9, pg 207-217

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Revue française d'économie - Année 1994 - Volume 9 - Numéro 3 - Pages 207-217
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1994
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Joseph Kitchin
Cycles et tendances des variables économiques
In: Revue française d'économie. Volume 9 N°3, 1994. pp. 207-217.
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Kitchin Joseph. Cycles et tendances des variables économiques. In: Revue française d'économie. Volume 9 N°3, 1994. pp.
207-217.
doi : 10.3406/rfeco.1994.963
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfeco_0769-0479_1994_num_9_3_963Joseph
KITCHIN
Cycles et tendances
des variables économiques
volume économiques statistiques 2.1. des (40 plus généralement (a) (b) des affaires mois); Cette mouvements rarement — cycles sont annuelles loi — mineurs principalement générale des , majeurs trois qu'elles qui fondamentaux mouvements de sont cycles durant la — est soient Grande-Bretagne simplement en habituellement mineurs; en accord composées mouvements des linéaires. moyenne ou indices avec constitués et tendances selon une et trois dénommé de des large nous ans de prix Etats-Unis, qui deux, variables part un de: ou cycles sont tiers des ou de 208 Joseph Kitchin
et aussi tout particulièrement avec les statistiques mensuelles du
taux d'intérêt du marché interbancaire (clearings), de prix des
biens et de taux d'intérêt pour ces deux pays. La vérification
pour ces trois variables est explicitée dans les paragraphes
suivants :
1. (a) Cycles mineurs de 3 ans un tiers (40 mois). Bien
que chaque cycle particulier puisse différer considérablement
de cette moyenne, un cycle plus court que la moyenne est
souvent suivi d'un cycle plus long, et vice versa de telle sorte
que la moyenne de deux ou trois cycles consécutifs est plus
proche de la longueur moyenne qu'un cycle isolé.
Durée par cycle, en année, mesurées d'un maximum
à l'autre
1890-1922 1890-1913
cycles isolés moyenne moyenne
de trois cycles de tous les cycles
2,67 à 4,25 2,94 à 3,75 Clearings US 3,29 GB 2,5 à 4,0 3,00 à 3,75 3,30
Prix US 2,41 à 4,67 3,31 3,19 à 4,00
Prix GB 2,33 à 4,87 3,22 à 3,90 3,28
2,67 à 4,25 Taux d'intérêt US 3,03 à 3,72 3,32
Taux GB 2,83 à 4,16 3,37 3,03 à 3,69
Les chiffres des deux premières colonnes vaudraient
également sur la période 1890-1922, à l'exception du dernier
facteur - le taux d'intérêt. Ces cycles, autant prononcés aux
États-Unis qu'en Grande-Bretagne, semblent de longueur à peu
près invariante, du moins à en juger par les études concernant
le siècle passé. Ils persistent au travers des guerres avec quelques
irrégularités, en particulier pour les taux d'intérêt pendant et
après la Grande Guerre, les points maximaux se situant aux
États-Unis et en Grande-Bretagne à des dates aussi distantes Joseph Kitchin 209
que 1916.57 et 1918.71, les décimales indiquant la fraction
d'année calendaire.
Depuis 1890, les maximums de ces cycles se sont
présentés aux dates suivantes:
maximum général des clearings, des prix écart à l'idéal (en mois)
et du taux d'intérêt
Etats-Unis Grande-Bretagne Idéal Etats-Unis Grande-Bretagne
1890,62 1890,73 1890,00 + 7,5 + 9
1893,23 1893,34 1893,33 -1 0
1896,12 1896,11 1896,67 -6 -6,5
1899,79 1900,01 1900,00 -2,5 0
1903,21 1903,35 1903,33 -1,5 0
1907,60 1907,45 1906,67 +11 + 9,5
1910,34 1910,46 1910,00 + 4 + 5,5
1913,35 1913,29 1913,33 0 -0,5
1917,76 1917,06 1916,67 + 13 + 4,5
1920,37 1920,56 1920,00 + 4,5 + 6,5
différence moyenne + 2,75 + 2,75
Un accord étroit de ces points maximaux avec les dates
théoriques (« ideal dates ») ne peut se réaliser, puisque ces
dernières adviennent les premiers des mois de janvier, mai
et septembre des années concernées, alors que les variations
saisonnières affectent fortement l'intérêt, dont les maxima
tombent entre juillet et novembre, soit en moyenne en
septembre dans les deux pays. Les dates théoriques représentent
une sorte de moyenne générale pour des facteurs dont
certains ont une avance, d'autre un retard par rapport à cette
date moyenne. (...) De manière évidente, les dates théoriques
correspondraient mieux à la réalité si on les retardait de 3 mois
pour correspondre à la moyenne de certains facteurs, le taux
d'intérêt du marché interbancaire, les prix, le taux d'intérêt 210 Joseph Kitchin
1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905
Clearings: taux interbancaire
Commodity prices: niveau général des prix
Interest: taux d'intérêt
Les maxima sont reliés en lignes brisées et les minima
en lignes pointillés.
Après juin 1914, le tauxinterbancaire est prolongé à échelle
1/4 et les prix à échelle 1.8
IDEAL CURVE
United States
•.INTEREST
1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905 Joseph Kitchin 211
1906 1907 1908 1909' 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922
1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 212 Joseph Kitchin
du marché, mais la définition que nous avons choisie facilite
la comparaison.
Ces cycles mineurs sont apparemment le résultat d'un
mouvement rythmique dû à des causes psychologiques, bien
que, par l'intermédiaire des prix des aliments végétaux, il
puissent être influencés par l'excès ou l'insuffisance des récoltes
en désaccord avec le cycle normal. Les prix alimentaires
sont pourtant à la fois par les récoltes (avec des
prix en hausse en mauvaise récolte et vice versa) et par les
fluctuations cycliques. Il semble pourtant exister en général une
correspondance entre les récoltes minimales et les maximums
de la situation économique d'ensemble. Pour ce qui concerne la
cause du mouvement cyclique, l'auteur (sous réserve de ce qui
vient d'être écrit) inclinerait à s'accorder à Mr. Philip Green
lorqu'il suggère: « Les cycles des affaires et des prix sont
dûs à des récurrences cycliques de la psychologie des masses
réagissant au travers de l'organisation capitaliste. La périodicité
approximative des cycles des affaires suggère la récurrence
élastique du fonctionnement humain plutôt que la précision
mathématique des phénomènes cosmiques ».
(b) Les cycles majeurs, communément appelés « trade
cycles » sont simplement des agrégats parfois de deux et plus
souvent de trois cycles mineurs, dont la limite peut être
repérée par un maximum d'exceptionnelle hauteur, un taux
d'intérêt bancaire élevé, et parfois par une panique, bien que
les paniques semblent disparaître. Le fait qu'ils durent en
moyenne environ 8 années en demeurant dans un intervalle
de 7 à 10 ans, est simplement dû à l'agrégation de deux
cycles mineurs (ce qui entraîne une durée théorique de 6 ans
et deux tiers) ou trois (théoriquement 10 ans). La datation
de ces cycles majeurs est présentée dans le tableau ci-dessus
(les dates d'avant 1890 étant approximatives et calculées
partiellement à partir des seules données annuelles au lieu
de statistiques mensuelles). On notera que les États-Unis
ont manqué le maximum exceptionnel de 1890 observé en
Grande-Bretagne, et érigé le maximum mineur suivant en
un maximum majeur, mais les mouvements sont en général Joseph Kitchin 213
concordants dans les deux pays. On remarquera également que
le maximum anglais de 1882 arrive avec 16 mois d'avance (...),
ce qui apparaît dans l'avance de 10 1/2 mois de demi du cycle
américain par rapport à ce maximum. On considère aussi
généralement que le maximum de 1907 est en retard sur sa
date théorique.
Les maximums mineurs apparaissent dans les stati
stiques mensuelles de la plupart des variables, mais ne
sont souvent pas suffisamment marqués pour se dégager
dans les moyennes annuelles, à l'exception notable du taux
d'intérêt. Il convient donc de les étudier uniquement à
partir des statistiques mensuelles. Si l'on considère l'ensemble
des variables, les maximums mineurs intermédiaires ont une
intensité d'environ 40 % des maximums majeurs, (i.e. les
maximums majeurs sont 2 fois et demi plus au dessus de
la moyenne ou de la tendance que les maximums inter
médiaires).
Ces cycles mineurs et majeurs constituent les
mouvements périodiques se superposant aux plus importants.
2. Mouvements fondamentaux, ou tendances, qui sont
généralement linéaires. On ne peut pas les considérer comme
des variations rythmées ou cycliques, mais il dépendent sans
aucun doute des variations de stock de la monnaie mondiale.
Le stock mondial d'or par tête (considéré généralement
comme un indicateur de la monnaie) est resté pratiquement
stationnaire pendant les périodes 1800-47, 1868-91 et de 1918
à maintenant, alors qu'il a plus que doublé de 1847 et 1868
et de 1891 à 1918. On constate un retard de quelques années
dans son effet, et pendant les périodes 1825-51 (pour éviter
les Guerres Napoléoniennes) et 1873-95, le taux d'intérêt
du marché interbancaire, les affaires et le revenu par tête
en Grande-Bretagne augmentèrent seulement modérément, ou
même déclinèrent, pendant que le prix des biens et l'intérêt
baissaient de 30 à 45 %. Dans les périodes 1851-73 et 1895-
1913 pour s'arrêter à la Grande-Guerre, le taux du marché
interbancaire, le volume des affaires de 40 à 50 % et l'intérêt
augmentèrent de 20 % pendant la première période et 80 % 214 Joseph Kitchin
pendant la seconde. Le volume de la production tend à croître
continuement, avec quelque retard lorsque le stock de monnaie
par tête reste constant. Une autre période de stationnante
du stock de monnaie semble s'ouvrir en 1920, après l'arrêt
virtuel de l'accroissement prononcé du stock d'or per capita.
Dans ces mouvements fondamentaux, 1851 et 1895 furent les
années de minimums prédominants ou majeurs, marquant le
commencement de mouvements longs d'accroissement de la
plupart des variables (...), alors que 1810, 1873 et 1920 furent
les années de maximums prédominants ou majeurs, initiant
la tendance décroissante du prix des biens, de l'intérêt et
d'autres ratios, ainsi que d'une augmentation modérée (où
même dans certains cas un déclin) du taux d'intérêt du
marché interbancaire, de l'activité commerciale et des revenus,
enfin l'expansion de variables inverses comme le volume des
obligations à revenu fixe.
A partir de ces constatations, les prochains maximums
mineurs devraient être observés aux alentours de 1923-33,
1926-7, 1930-00, etc. dont 1926,67 et plus probablement
1930,00, puis peut-être 1939-67, s'érigeraient-il en maximums
majeurs. Chaque maximum suivant, pour une variable comme
le prix des biens, devrait se situer plus bas que le précédent
sauf dans le cas d'un maximum majeur dans la mesure où
il représente un retournement temporaire dans une longue
période de récession.
Les mouvements, qu'ils soient cycliques ou fondament
aux, correspondent dans leurs datations aux États-Unis et
en Grande-Bretagne, (et sans doute également dans d'autres
pays), mais avec une tendance, pour les États-Unis, à être un
peu avancés, d'un à deux mois en moyenne, par rapport à la
Grande-Bretagne.
Le tableau et le graphique joints précisent cette théorie
et permettent d'en tester l'accord avec les faits observés.
Pour les États-Unis, l'auteur est redevable à la Review of
Economie Statistics pour les calculs et les graphiques des
variables américaines qu'elle lui a fourni. Aucune correction
des chiffres n'a été tentée en ce qui concerne les variations Joseph Kitchin 215
saisonnières ou les tendances séculaires, mais cela a été fait
dans les nombreux graphiques publiés dans la Review, où
les cycles mineurs apparaissent plus marqués que dans nos
statistiques. Par endroit, on a préféré indiquer les maximums et
minimums théoriques plutôt que les points réels, (et peut-être
accidentels), mais plutôt avec l'intention de présenter ensemble
les mouvements coordonnés et certainement sans intention
aucune de biaiser les observations en faveur de la théorie. Les
minimums théoriques ont été placés, par convenance, à mi-
chemin des maximums, mais aucune importance particulière
n'est attachée à la position relative des minimums, qui sont
généralement assez imprécis pour les variables étudiées.
A en juger par les chiffres indiqués dans le tableau,
l'intérêt des prêts interbancaires tend à précéder de 6 mois le
prix des biens (indices du Bureau of Labour ex. du Statisi), alors
que le taux d'intérêt leur succède avec un retard de 4 à 5 mois.
Comme on le sait, les évolutions américaines tendent à
précéder celles de la Grande-Bretagne, d'un nombre de moins
indiqué dans le tableau suivant:
Grande-Bretagne comparée aux États-Unis: 1890-1913
Nombre de ou retard Avance (-)
cas après + (mois)
Extrêmes moyenne
Taux d'intérêt Au maximum 5 sur 8 0 à+4 + 2
des prêts Au 3sur7 0 à+6 + 1 1/2
bancaires
8 sur 15 + 1 1/2
-5 1/2 à +4 Prix des biens 5 sur 8 0
4 sur 7 -3 1/2 à +6 1/2 + 2
+ 1 9 sur 15
Taux d'intérêt 5 sur 8 -1/2 à +3 1/2 + 1/2 à +4 1/2 du marché 7 sur 7 + 2
12 sur 15 + 1 1/2