Dans mon salon
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Extrait de la publication Extrait de la publication DANS MON SALON Extrait de la publication Isabelle Yafil DANS MON SALON Balland Extrait de la publication © Balland Éditeur, 2011 130, rue de Rivoli 75001 Paris ISBN : 978-2-35315-130-1 Extrait de la publication Première partie 1. Sabrina Ma mère est passée me chercher à la sortie de l’école d’esthétique. J’ai d’abord entendu ses talons aiguilles claquer sur le trottoir. J’ai levé la tête pour la regarder s’avancer vers moi. Elle portait son manteau de cuir noir le col relevé, ses cheveux blonds sautillaient sur ses épaules. Quand elle m’a aperçue, elle m’a fait un signe de la main. Elle s’est approchée et m’a demandé:« Tul’aseu ? »J’aihochélatête.Elle m’a serrée contre elle. Son sourire s’est un peu affaissé quand elle a vu ma note sur le panneau d’affichage, mais elle n’a rien dit. Nous sommes allées dans une brasserie où elle a commandé deux coupes de champagne. Son visage rayonnait. Je l’avais rarement vue aussi heureuse. Elle m’a dit qu’elle était très 9 Extrait de la publication Dans mon salon contente, très fière de moi, qu’il n’était pas si facile de devenir esthéticienne, que j’avais beau- coup travaillé. J’ai répondu que c’était vrai. J’étais gênée. Je n’étais pas sûre de mériter tous ces compliments. Ma mère a continué de parler en remuant les mains. Je n’ai bientôt plus fait attention à ce qu’elle disait. J’ai même fini par tourner la tête pour regarder la rue.

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Extrait de la publication
Isabelle Yafil
DANS
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Balland
SALON
Extrait de la publication
© Balland Éditeur, 2011 130, rue de Rivoli 75001 Paris
ISBN : 978-2-35315-130-1
Extrait de la publication
Premièrepartie
1.
Sabrina
Ma mère est passée me chercher à la sortie de l’école d’esthétique. J’ai d’abord entendu ses talons aiguilles claquer sur le trottoir. J’ai levé la tête pour la regarder s’avancer vers moi. Elle portait son manteau de cuir noir le col relevé, ses cheveux blonds sautillaient sur ses épaules. Quand elle m’a aperçue, elle m’a fait un signe de la main. Elle s’est approchée et m’a demandé : « Tu l’as eu ? » J’ai hoché la tête. Elle m’a serrée contre elle. Son sourire s’est un peu affaissé quand elle a vu ma note sur le panneau d’affichage, mais elle n’a rien dit. Nous sommes allées dans une brasserie où elle a commandé deux coupes de champagne. Son visage rayonnait. Je l’avais rarement vue aussi heureuse. Elle m’a dit qu’elle était très
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Extrait de la publication
Dans mon salon
contente, très fière de moi, qu’il n’était pas si facile de devenir esthéticienne, que j’avais beau-coup travaillé. J’ai répondu que c’était vrai. J’étais gênée. Je n’étais pas sûre de mériter tous ces compliments. Ma mère a continué de parler en remuant les mains. Je n’ai bientôt plus fait attention à ce qu’elle disait. J’ai même fini par tourner la tête pour regarder la rue. Quelques minutes plus tard, le serveur a apporté le cham-pagne. Il avait rempli une tasse à café de petits chocolats en forme de cœur qu’il a presque jetée sur la table. Nous avons trinqué. J’ai croqué un chocolat. Ensuite ma mère a sorti la clé. C’était une petite clé argentée autour de laquelle elle avait noué un ruban rose en guise de papier cadeau. J’ai d’abord pensé qu’elle m’avait acheté une voiture, mais la forme de la clé m’en a dissuadée. J’ai avancé la main, j’ai senti le métal froid de la clé au bout de mes doigts, attendant que ma mère me donne une explication. Elle ne disait plus rien. Ses lèvres tremblaient légèrement. Quand elle a repris la parole, j’ai vu qu’elle s’appliquait, qu’elle s’efforçait de bien choisir ses mots. J’ai compris que le moment était important : je me suis redressée sur ma chaise. Elle avait envie que j’aie un avenir, elle ne voulait pas que je sois une employée qu’on ferait trimer pour un salaire de misère, elle avait de l’ambition pour moi, elle me sentait capable,
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