Associations, comment se financer autrement ?
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LES GUIDES CONSEILS LES GUIDES CONSEILSDE LA CAISSE D’EPARGNE DE LA CAISSE D’EPARGNEPour en Savoir Plus Associations,N’hésitez pas à : comment se financer contacter votre chargé d’affaires autrement ?associations à la Caisse d’Epargne consulter notre site www.caisse-epargne.fre site dédié aux associationswww.associatis.comMécénat,prix et bourses CNCEP RCS PARIS B 383 680 220 - Liquid Library - Photononstop - Septembre 2006 -2-3Associations, comment se financer autrement ?Le mécénat est une réalité aujourd’hui en France. Lessommes distribuées restent encore limitées comparéesIntroductionau Royaume-Uni ou aux U.S.A., mais les P.M.E. commeles multinationales adoptent de plus en plus cette formeMécénat, prix et bourses…volontaire d’implication sociale.Nous avons regroupé dans ce guide des notions parfoisconfuses pour les non-spécialistes, qui constituent les1En près de vingt ans le nombre d’entreprises mécènes aéléments principaux d’un nouveau « savoir se financerété multiplié par 3,5. Cette évolution devrait s’amplifierautrement », afin d’aider les associations à diversifieravec les dispositions fiscales adoptées en 2003 et 2004leurs ressources.par l’Assemblée Nationale. Quant aux fondations, on enrecense plus de 2 000, dont une bonne part attribuentTrouver des ressources nouvelles, se financer autrement,des subventions, des bourses ou des prix.

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Publié le 23 janvier 2012
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Langue Français

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LE SGU I D E S D E L ACA I S S E
CO N S E I L S D’EPA R G N E
Pour enSavoir Plus
N’hésitez pas à :
contacter votre chargé d’affaires associations à la Caisse d’Epargne
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LE SGU I D E S D E L ACA I S S E
CO N S E I L S D’EPA R G N E
Associations, comment se financer autrement ?
Mécénat, prix et bourses
CNCEP RCS PARIS B 383 680 220 - Liquid Library - Photononstop - Septembre 2006 -
Associations,
comment se financer autrement ?
Introduction
Mécénat, prix et bourses… Nous avons regroupé dans ce guide des notions parfois confuses pour les non-spécialistes, qui constituent les éléments principaux d’un nouveau « savoir se financer autrement », afin d’aider les associations à diversifier leurs ressources.
Trouver des ressources nouvelles, se financer autrement, constitue un enjeu crucial pour toutes les associations : - pour les petites associations qui ne peuvent guère compter sur d’autres financements que les cotisations des membres ; - pour les associations plus importantes, qui concentrent les financements publics ; - pour celles qui démarrent et ont tout à créer ; - ou encore pour celles qui veulent se développer.
En effet, quand on n’a pas de fonds propres - une des caractéristiques majeures des associations - et peu de réserves, comment financer un projet qui sort de l’ordinaire ? Ou un « plus » qui n’entre pas dans le cadre d’un conventionnement avec les pouvoirs publics ?
Le mécénat peut apporter un ballon d’oxygène, donner une marge de manœuvre, pour innover, pour développer le projet d’une organisation, comme pour permettre à un individu ou un petit groupe de réaliser un rêve, ou de mener un exploit.
Le mécénat est une réalité aujourd’hui en France. Les sommes distribuées restent encore limitées comparées au Royaume-Uni ou aux U.S.A., mais les P.M.E. comme les multinationales adoptent de plus en plus cette forme volontaire d’implication sociale.
1 En près de vingt ans le nombre d’entreprises mécènes a été multiplié par 3,5. Cette évolution devrait s’amplifier avec les dispositions fiscales adoptées en 2003 et 2004 par l’Assemblée Nationale. Quant aux fondations, on en recense plus de 2 000, dont une bonne part attribuent des subventions, des bourses ou des prix. Il arrive que des mécènes couronnent des organisations ou des hommes 2 par des sommes importantes , mais le mécénat n’ouvre pas les portes de l’Eldorado. Il contribue au total pour 3 quelque 4% au financement du secteur associatif français, tous domaines confondus. En règle générale, entreprises et fondations évitent de financer du fonctionnement ou des salaires et les sommes attribuées sont relativement modestes. Bourses ou subventions sont accordées après une sélection souvent sévère. En outre, de plus en plus de mécènes interviennent uniquement sous forme de prix, encourageant la compétition entre les demandeurs. Au résultat les financements couvrent rarement l’intégralité d’un projet mais donnent un coup de pouce, comme un « starter » qui fait démarrer, ou la cerise sur le gâteau qui permet de finaliser un projet dans de bonnes conditions…
1 1986-2002 Admical , Bilan 2002 dans Répertoire du Mécénat d’entreprise 2004 2 L’Association des Cités du Secours Catholique vient de recevoir un prix de 750 000de la Fondation Louis D. pour son Foyer d’Accueil Médicalisé, destiné à des adultes autistes à Bagneux, en région Parisienne. 3 Ressources budgétaires privées et publiques du secteur associatif, dans Logiques associatives et ressources,Viviane Tchernonog (Matisse) 1999
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Associations,
comment se financer autrement ?
Dans tous les cas un financement privé apporte un gage de gestion dynamique, la reconnaissance d’un bon projet, le signe d’une communication efficace, et d’une volonté d’ouverture. En général, c’est un vrai « plus », qui même au-delà des sommes en jeu peut justifier le mal qu’on se donne pour l’obtenir.
Recourir au mécénat implique de construire un dossier solide, la plupart du temps en réponse à un appel à projets ciblé. À l’instar des collectivités locales par exemple, beaucoup d’entreprises mécènes et de fondations ont adopté des mécanismes structurés de recueil et de sélection des projets. Un appel à projet a le mérite de présenter clairement les attentes du financeur, ses critères de choix, et les conditions à respecter dans la réponse. Pour une association, un individu isolé, ou un groupe de jeunes, c’est une discipline rude qui exige de maîtriser parfaitement son sujet et son projet, c’est une aventure où peu d’appelés seront élus.
Ce guide vous fournit les clés pour accéder à ces différents modes de financement et vous permettre de savoir s'ils conviennent à vos projets. Il vise également à vous donner un coup de pouce pour savoir comment vous y prendre et où trouver les informations les plus spécifiques.
Préface Comment se financer autrement ? À qui faire appel ?...
Des questions qui se posent fréquemment pour les responsables associatifs. Nous vous proposons de découvrir de nombreuses fondations et entreprises mécènes, ainsi que des prix et bourses destinés aux associations. De son côté, la Caisse d’Epargne organise tous les ans depuis 1993, un concours pour récompenser des actions associatives originales et exemplaires. De plus, grâce aux Projets d’économie locale et sociale (PELS), un dispositif unique dans le monde bancaire, les Caisses d’Epargne affectent, chaque année, une partie de leurs résultats au financement de projets.
Dans ce guide, vous découvrirez des pistes de recherche de fonds qui viennent s’ajouter aux traditionnelles demandes de subventions auprès des collectivités locales, des ministères ou encore de l’Union Européenne (lire les deux guides conseils de la Caisse d’Epargne : « Les associations et les subventions européennes », « Les fonds structurels européens »). Une fois cerné le mécène, le prix ou la bourse susceptible de soutenir votre projet, il vous reste encore à monter votre dossier.
Nous espérons pouvoir ici vous apporter les informa-tions et outils pratiques, qui vous permettent de faire aboutir vos demandes de financement, et au-delà, de mener à bien votre projet associatif.
Bonne lecture.
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Associations,
comment se financer autrement ?
1Entreprises mécènes, fondations et institutions publiques : quelles sont leurs priorités ?
1.1 Culture et solidarité, deux domaines privilégiés pour les entreprises mécènes 1.2 Santé, solidarité et culture avec les fondations 1.3 Les 10 règles essentielles pour se faire financer 1.4 Les différents types de prix et de bourses des fondations et entreprises 1.5 Prix et bourses des ministères 1.6 Prix et bourses des collectivités territoriales
2Où trouver les entreprises mécènes et les fondations, les bourses et les prix ?
2.1 Internet, un outil indispensable 2.2 Les organismes spécialisés, leurs coordonnées, leur vocation 2.3 Comment vous faire aider dans votre recherche ? Les lieux ressources 2.4 Comment vous faire aider dans votre recherche ? Les formations
3Comment monter votre dossier et établir votre budget ?
3.1 Quelques points à éclaircir avant de commencer votre dossier 3.2 Au travail ! quelques conseils généraux… 3.3 Constituer un dossier en 7 éléments 3.4 Exemples de dossiers à remplir 3.5 Pour construire un budget de projet 3.6 Quelques règles pour présenter le budget d’un projet
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Sommaire
4Que faire une fois votre dossier retenu ?
4.1 Remercier 39 4.2 Communiquer 4.3 Rendre des comptes, 4.4 Garder le contact
5Place aux exemples
c’est simple
5.1 Arts et culture 45 5.2 Éducation - jeunesse 5.3 Environnement 46 5.4 Humanitaire et solidarité 5.5 Sciences et médecine 5.6 Pour conclure
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39 40 41
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Entreprises mécènes, fondations et institutions publiques : quelles sont leurs priorités ?
On serait tenté de croire que le mécénat peut tout financer, tant il est vrai qu’en cherchant bien, on repère des financements qui répondent à une extrême diversité de projets et de situations : aider des sportifs handicapés à participer à des compétitions internationales avec Axa Atout Cœur, prêter un Stradivarius à de jeunes virtuoses comme le fait LVMH, demander à un plasticien d’aménager la salle des départs de l’hôpital Foch grâce à la Fondation de France, restaurer le site naturel de la Pointe du Raz avec la Fondation Gaz de France… Mais cette énumération à la Prévert ne doit pas dissimuler le fait que les mécènes - fondations ou entreprises - interviennent d’une manière de plus en plus structurée et souvent dans des conditions très strictes. Il n’y a pas de recensement exhaustif de l’ensemble des activités financées par le mécénat en France. Les recensements existants sont partiels, et ils ne sont pas organisés selon les mêmes critères. Néanmoins, trois grands domaines, la culture, la solidarité et la santé, concentrent les interventions des mécènes. Si on examine séparément entreprises, fondations et institutions publiques, on voit que leurs priorités divergent néanmoins.
1
Entreprises mécènes, fondations et institutions publiques : quelles sont leurs priorités ?
1.1 Culture et solidarité, deux domaines privilégiés pour les entreprises mécènes Les recensements périodiques d’ADMICAL renseignent sur le mécénat des entreprises et de leurs fondations de façon relativement précise. Les entreprises interviennent surtout en faveur de la culture et de la solidarité, bien qu’elles pratiquent de plus en plus le mécénat « croisé » en associant mécénat culturel et mécénat social ou environnemental dans une même action. 4 Ce tableau donne une vision rapide et globale du mécénat des entreprises françaises en 2002 : Total La culture La solidarité L’environnement 2002
Nombre d’entreprises impliquées en 2002 En 2000 Nombre d’actions soutenues en 2002 En 2000 Budget Euros en 2002
En 2000
1735
4975
343 M(100%)
1060 1200
600 550
2 665 1960 2800 2100 195 millions134 millions(56,8%) (39%) 198 millions130 millions
75 90
350 270 14 millions(4%) 13 millions
La culture bénéficie de plus de la moitié des interventions d’entreprises La culture arrive globalement en tête avec 56% des actions, et le mécénat musical rallie une intervention sur trois. Il vise toutes les musiques, du baroque au hip-hop, à travers une très grande diversité d’actions, du soutien aux jeunes artistes interprètes et compositeurs, aux ateliers culturels dans les quartiers défavorisés, des festivals en tous genres à la sensibilisation des scolaires…
À S AV O I R Dans le domaine des arts plastiques, il faut noter le nombre relativement élevé de concours ou de prix destinés à stimuler la création remis par des grandes entreprises. Les expositions sont autant d’opportunités d’expression pour les entreprises nationales ou régionales.
4 Source : Admical, Bilan 2002 dans Répertoire du Mécénat d’entreprise 2004
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Entreprises mécènes,
fondations et institutions publiques :
leurs priorités
Dans l’audiovisuel et le multimédia, les prix se développent aussi, notamment autour du cinéma pour distinguer aussi bien des scénaristes, que des interprètes ou des œuvres. Notons que le patrimoine et la photographie demeurent au palmarès des activités financées, mais reculent, probablement au bénéfice du multimédia. Le mécénat culturel des entreprises : répartition des actions % des actions % des actions % des actions Discipline en 2002 en 2000 en 1998 Musique 3529 33,5 Arts plastiques/musées 1421 17,5 Audiovisuel/multimédia 104,5 6,5 Patrimoine7,5 7 8,5 Théâtre76,5 12 Actions pluridisciplinaires76,5 6,5 Danse5,5 4,5 2,5 Edition Littérature5 3 6 Photographie4,5 6 8,5 Architecture/design2,52 2,5 Divers3,5 4 0,5 Total100% 100% 100%
À S AV O I R Les entreprises « solidaires » sont surtout les banques, des entreprises de la distribution ou des nouvelles technologies, des clubs d’entreprises, et des entreprises de toute taille – des très grandes, aux PME-PMI locales – . L’ implication des salariés est forte et souvent déterminante. Les entreprises englobent souvent ces actions dans leur « responsabilité sociale », bien que cela n’en constitue qu’un aspect spécifique à l’extérieur de l’entreprise. Une action solidaire sur cinq soutenue par une entreprise se situe en Ile-de-France.
La solidarité draine un tiers du mécénat d’entreprise, peut-être plus, de solidarité restent discrètes et sont largement sous-estimées. Le mécénat solidaire des entreprises : répartition des actions
Domaine
Enfants/jeunes/familles Emploi/précarité Éducation/formation Handicapés Santé/hôpital International/Tiers monde Recherche scientifique et médicale Personnes âgées Droits de l’homme Divers Total
% des actions en 2002 19,5 19 14,5 11,5 11 10 6 2 1,5 5 100%
% des actions en 2000
13 40 12,5 9 11 4 4,5 2,5 1 2,5 100%
car les actions
% des actions en 1998
11 41,5 15 5,5 14 4 6 2 0,5 0,5 100 %
Le mécénat en faveur des enfants, des jeunes, de la famille, arrive en tête, avec 19,5% des interventions. Il peut s’agir d’éducation formelle, ou non formelle, par les sports, les loisirs, les projets : les actions financées visent pour la plupart l’autonomie, la responsabilité et l’insertion des enfants et des jeunes en difficultés. L’aide aux enfants mal-traités et aux enfants à l’hôpital représente également une part significative des ces actions de mécénat.
À S AV O I R Les PELS Confirmant l’engagement historique des Caisses d’Epargne, la loi de 1999, qui les a dotées du statut coopératif,a mis en place les projets d’économie locale et sociale (PELS), un dispositif unique dans le monde bancaire. Les Caisses d’Epargne affectent ainsi, chaque année, une partie de leurs résultats annuels au financement de ces projets sous la forme de prêts, d’apports en capital ou de subventions. Ce soutien prend la forme d’un financement, voire d’un accompagnement en collaboration avec des structures spécialisées. Les axes d’intervention des PELS, définis chaque année par la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne, concernent l’autonomie, l’emploi et le lien social.
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Entreprises mécènes,
fondations et institutions publiques :
leurs priorités
L’emploi et la lutte contre la précarité constituent le deuxième domaine d’élection des mécènes de la solidarité, avec pour cibles privilégiées les jeunes. Les actions convergent surtout vers la création d’emploi, soit directement par des bourses aux porteurs de projets, soit par l’aide aux associations d’insertion et d’accompagnement. L’éducation et la formation figurent en troisième place. Il peut s’agir de lutter contre l’illettrisme, de soutenir la transmission entre générations, comme d’encourager la formation à des métiers : journalisme, métiers d’arts… On remarque que deux domaines sont en progression auprès des mécènes : l’aide aux personnes handicapées et la solidarité internationale.
Le mécénat d’entreprise en faveur de l’environnement reste marginal Il attire seulement 4% des sommes consacrées au mécénat d’entreprise. Cependant, on enregistre un progrès lié à l’introduction de la notion de développement durable dans les entreprises. Les actions soutenues sont très diverses : éducation à l’environnement, recherche, protection d’espèces et réhabilitation de sites menacés notamment.
1.2 Santé, solidarité et culture avec les fondations Les fondations reconnues d’utilité publique et les fondations sous égide – à l’exclusion des fondations d’entreprise interrogées par ADMICAL – ont les mêmes priorités que les entreprises et les fondations d’entreprise : culture et solidarité. Mais elles se préoccupent en outre de la santé, de l’éducation et des sciences, si l’on s’en tient à leurs secteurs d’activité principaux. Mais si on regarde les budgets qu’elles attribuent, la palme revient à la santé – avec 52% des budgets toutes fondations confondues – . De même, la solidarité arrive très loin devant la culture en termes financiers (24% des dépenses contre 3,9%). Cela s’explique par le coût élevé des activités de santé (soin, prévention) et de solidarité (action sociale), comparé par exemple aux activités culturelles, et par le fait qu’un certain nombre de fondations reconnues d’utilité publique gèrent des hôpitaux ou des maisons de cure, et que leurs budgets pèsent ainsi sur les statistiques.
Cela signifie que les interventions en matière culturelle sont relativement plus rares et plus difficiles à obtenir des fondations reconnues d’utilité publique, qu’auprès des entreprises ou de leurs fondations.
Tous domaines confondus, le mécénat représente près de deux milliards d’euros. En 2002, l’ADMICAL a recensé 1 735 entreprises ayant distribué au total 345 millions d’euros pour soutenir près de 5 000 actions, tous domaines confondus. Ces chiffres ont été
obtenus par le recoupement de différentes sources dont une enquête par questionnaire. Ils sont vraisemblablement inférieurs à la réalité, mais donnent un ordre de grandeur. 5 La Fondation de France, elle, vient de rendre publique une enquête sur les fondations menée en 2001 qui révèle que sur 3,1 milliards d’euros dépensés cette année-là par les fondations, les redistributions – sous forme de prix, bourses et subventions – ne représentaient que 227 millions d’euros. Néanmoins, les travaux conduits auprès des associations permettent d’estimer que le mécénat, 6 toutes origines confondues , fait une contribution bien plus élevée : en 1999 le mécénat a apporté 11,6 milliards de francs aux ressources associatives, soit quelque 1,757 milliard d’euros. Rien ne permet de croire aujourd’hui que ces chiffres aient diminué, au contraire. Si l’on ajoute les individus qui ont bénéficié à titre personnel de bourses ou de prix, on peut donc affirmer que l’impact financier du mécénat approche les 2 milliards d’euros.
Les aides attribuées sont de montant très variable Les aides qu’attribuent les fondations et les entreprises mécènes varient de 1 à 100, en fonction de leurs ressources et surtout de leur politique de distribution, certaines préférant 7 concentrer leur générosité sur trois prix annuels de plusieurs centaines de milliers d’euros , 8 d’autres attribuer plusieurs dizaines de bourses de moins de 300 euros . Il n’y a pas de règle générale. Cependant, on peut affirmer que les aides attribuées ne couvrent pratiquement jamais l’intégralité d’un projet, et se situent plutôt dans un ordre de 10 000 à 20 000 euros, les bourses restant plutôt entre 1 000 et 10 000 euros.
1.3 Les 10 règles essentielles pour se faire financer Examiner quels sont vos atouts Avant toute chose, il n’est pas inutile de se demander si vous avez des chances d’obtenir une subvention ou un prêt d’honneur d’une entreprise mécène ou d’une fondation, et de bien identifier vos points forts, car il vaut toujours mieux se lancer avec de vrais atouts.
Présenter un « bon » projet Le meilleur atout consiste en un bon projet ! C’est-à-dire un projet à la fois relativement neuf et de qualité, dont l’intérêt intrinsèque, la pertinence ou l’utilité par rapport au contexte se démontre aisément. En effet, les financeurs privés, entreprises ou fondations, apprécient en général de soutenir des actions innovantes, originales, pour lesquelles ils ne se substituent pas aux pouvoirs publics et qui soulèvent l’intérêt des médias et du public, tout en renforçant leur image de modernité et de discernement.
5 On peut la consulter sur le site www.fdf.org 6 Viviane Tchernonog, dans « Logiques associatives et ressources » ; source enquête Matisse - CNRS 1999 auprès des associations 7 Fondation Louis D. Institut de France 8 Bourses d’études supérieures de la Fondation Elior
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Entreprises mécènes,
fondations et institutions publiques :
leurs priorités
À S AV O I R Le projet doit se justifier avant tout par sa qualité intrinsèque : selon le projet considéré, il peut s’agir par exemple de la beauté formelle d’une œuvre de création - dont l’appréciation est toutefois largement subjective - de l’audace d’un projet sportif, ou de la rigueur d’une recherche scientifique.
Il faut aussi souvent faire la preuve que le projet répond à un besoin réel, identifié, de la personne ou du groupe porteur de projet quand c’est le cas, ou de l’environnement quand il s’agit d’un projet à visée collective (médicale, sociale, culturelle, écologique). Si le projet ne répond pas à un besoin répertorié, il doit pouvoir s’intégrer harmonieusement dans l’environnement, par exemple, d’un point de vue culturel.
Avoir vraiment besoin d’une aide La condition, évidente, mais il vaut mieux la souligner, pour obtenir un financement est que vous ayez vraiment besoin d’une aide. Par exemple, le coût du projet dépasse les moyens de votre financeur habituel, ou ne s’inscrit pas dans ses priorités : il faut le vérifier en premier lieu. Ensuite, il faudra expliquer que le refus potentiel d’autres financeurs ne met pas en cause votre projet, simplement le fait qu’il n’entre pas dans leur politique.
S’inscrire dans un programme ciblé Les entreprises, les fondations, élaborent des politiques de mécénat cohérentes avec leur stratégie, leur métier ou leurs valeurs, et les mettent en œuvre de façon professionnelle. Par souci de cohérence et d’efficacité, elles adoptent de plus en plus une logique de programme annuel ou pluriannuel, ciblé sur un ou plusieurs domaines d’intérêt général bien identifiés. Elles s’appuient sur des avis d’experts, elles poursuivent des objectifs précis et définissent à l’avance le type de projet qu’elles veulent soutenir, ainsi que l’enveloppe financière dédiée au programme sur une période donnée. Si vous ne vous inscrivez pas dans un programme du mécène que vous avez repéré, inutile de déposer un dossier. Par exemple, le Groupe ACCOR a deux axes d’intervention en mécénat : le parrainage d’enfants et l’aide locale en situation d’urgence ; ses opérations s’inscrivent dans une politique de développement durable, notamment au travers de l’aide à la création d’entreprise par le micro-crédit. La Fondation Otis finance des équipements pour enfants polyhandicapés. Ces deux mécènes ne financent rien d’autre ! Les programmes de prix ne sont guère plus ouverts : ils visent à récompenser ou distinguer des catégories particulières de talents ou de dévouement.
Obéir à des conditions précises d’attribution Le plus souvent, les entreprise mécènes et les fondations définissent les conditions précises auxquelles elles attribuent leurs aides. Ces conditions portent en général sur : -la destinationdes aides – fonctionnement, équipement, investissement, formation… – ; -la faisabilitéet/ou la viabilité du projet, du point de vue scientifique, technique et financier - le besoin ou laprésence d’autres financements; -les résultats attendusde l’aide – développement, consolidation… – ; -l’expérienceet/ou les compétences du porteur de projet : diplômes, références ; -la communicationque le porteur de projet s’engage à faire s’il reçoit l’aide en question. Par exemple, la Fondation Otis finance des équipements pour enfants polyhandicapés, comme de la balnéothérapie, elle ne finance pas la formation spécialisée des balnéothérapeutes. Respecter une procédure de sélection Les mécènes potentiels sont de plus en plus sollicités, aussi ont-ils créé des procédures de sélection qui consistent en général en un dossier type, à remplir et remettre selon un calendrier précis, souvent avec des références, et parfois des entretiens complémentaires. S’il y a un dossier type, il faut absolument l’utiliser, un dossier sous une autre forme ne sera vraisemblablement pas lu.
À S AV O I R Le calendrier du financeur doit aussi être impérativement respecté. Ainsi, presque tous les prix et bourses sont attribués une fois par an, il ne s’agit donc pas de rater le créneau du dépôt de dossier. En revanche, les grandes fondations réunissent deux ou trois fois par an les comités spécialisés qui les conseillent ou décident en matière de subventions de projets : le calendrier est moins décisif, il vaut mieux alors prendre le temps de construire un bon dossier.
Construire un dossier solide Pour démontrer aux financeurs que l’on répond bien aux conditions de financement, un véritable dossier est demandé. De plus en plus de mécènes définissent au préalable le contenu, la structure, et la longueur du dossier. Leurs exigences sont adaptées à leurs propres besoins, il vaut mieux les respecter, faute de quoi votre dossier ne sera pas pris en considération.
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Entreprises mécènes,
fondations et institutions publiques :
leurs priorités
Par exemple, la Fondation Total demande que les dossiers « ne traitent que des projets liés à la préservation de l’environnement ». Ils doivent comporter les rubriques suivantes : - objectif - durée du projet - contexte - partenaire/s - méthodologie - retour d’image pour la Fondation - programme/déroulement - budget total du projet/ budget demandé
Répondre à un appel à projet Certains financeurs vont plus loin. Plutôt que de répondre aux demandes des porteurs de projets dans un domaine qu’ils ont déterminé, ils décident de mener un type de projet bien particulier et définissent un mode d’action spécifique, pour lequel ils cherchent des partenaires opérationnels, en général à travers un appel à projets. Les candidats répondent en remplissant un dossier type. Le mécanisme d’appel à projets écarte toute demande qui n’entrerait pas dans le cadre pré-établi par le financeur – domaine d’action, type de projet, objectif, philosophie, enveloppe budgétaire, calendrier – et qui ne suivrait pas le dossier type. C’est le cas, par exemple, du Programme Multimédia de la Fondation de France.
Que faire financer ? La question « que faire financer ? » n’est pas innocente. Hormis les concours, les prix et bourses, ou les appels à projets, pour lesquels le mécène indique clairement quelle doit être l’utilisation des fonds – subsistance, voyage, achat de matériel spécifique… – ce point n’est pas toujours clairement énoncé, et pourtant il est déterminant. En règle générale, entreprises et fondations évitent de financer du fonctionnement ou des salaires. Elles ne veulent pas être tenues par des engagements et souhaitent pouvoir faire bénéficier périodiquement de leur aide de nouvelles initiatives. Une initiative ponctuelle a donc plus de chance d’être retenue, car elle peut justifier d’une subvention ou d’une bourse qui ne se renouvellera pas.
À S AV O I R Une initiative appelée à se renouveler ou se développer peut relever d’un parrainage ou d’un partenariat sur plusieurs années si le financeur la considère comme particulièrement intéressante du point de vue de la stratégie de l’entreprise ou de la fondation. Par exemple Coca-Cola a un partenariat de longue durée avec l’association Handisports et la Fédération du Sport Adapté.
Les sommes attribuées couvrent en général une partie seulement du projet, mais elles apportent le coup de pouce, le « starter » qui fait démarrer, ou bien la cerise sur le gâteau qui permet de finaliser un projet dans de bonnes conditions.
Faire des recherches préalables En conclusion, nous ne saurions trop vous recommander, plutôt que d’envoyer vingt dossiers à des adresses relevées rapidement, de faire des recherches préalables pour trouver les 4 ou 5 financeurs qui : - interviennent dans votre domaine ; - financent des projets non sollicités par eux ; - adoptent la même philosophie que vous dans votre domaine. Une fois ces mécènes potentiels identifiés, pour savoir si votre projet a des chances d’être accepté, il faut approfondir la recherche, en recourant aux informations que les mécènes mettent à disposition des porteurs de projets sur Internet ou sur demande. Il s’agit notamment du rapport d’activité, de la présentation des activités de mécénat, des comptes rendus de remises de prix, de dossiers de projets ou de candidatures. Enfin, essayez surtout d’avoir un entretien – en face à face de préférence, sinon au téléphone – avec le responsable du mécénat de cette entreprise ou fondation pour mieux cerner ses motivations et ses attentes, savoir combien de projets similaires sont financés chaque année. Et n’oubliez pas de demander le dossier type !
1.4 Les différents types de prix et de bourses des fondations et entreprises Les fondations et entreprises mécènes interviennent fréquemment sous forme de prix ou de bourses dans le domaine de la création artistique – littéraire, musicale, plastique… – ou de la création d’entreprise – pour soutenir l’insertion économique. Elles attribuent aussi des bourses pour faciliter l’éducation – secondaire, universitaire ou artistique – d’enfants et de jeunes démunis des moyens financiers nécessaires.
À S AV O I R Le Concours Ecureuil Association Depuis 1993, le Groupe Caisse d’Epargne organise le Concours Ecureuil Association, qui récompense chaque année des actions associatives, originales et exemplaires. Depuis sa création, plus de 100 lauréats nationaux ont été désignés. En 2006, les prix (nationaux et régionaux) remis par la Caisse d’Epargne et ses partenaires, ont atteint près de 150 000. Les associations récompensées interviennent dans des secteurs extrêmement variés : de la lutte contre l’exclusion à l’aide humanitaire, en passant par le soutien aux personnes handicapées ou hospitalisées.
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fondations et institutions publiques :
leurs priorités
Citons par exemple, les bourses pour jeunes architectes de la Fondation EDF, le Prix de la Fondation Diane et Lucien Barrière pour un jeune scénariste, les bourses à de jeunes musiciens de la Fondation Banque Populaire, le prix Arcimboldo de la Fondation Hewlett Packard pour la création numérique, le Challenge des quartiers de Philip Morris qui récompense trois associations chaque année, le concours de création d’entreprise de la Caisse d’Epargne Val de France Orléanais, sans oublier les Bourses de la Vocation de la Fondation Marcel Bleustein Blanchet, le Prix reporters Sans Frontières – Fondation de France pour la liberté de la presse, les bourses de la Fondation Georges Besse pour des élèves ingénieurs brillants qui ont du mal à financer leur scolarité, les bourses d’étude dans le domaine des industries graphiques de la Fondation Heidelberg… Les fondations et entreprises mécènes attribuent aussi des bourses de recherche scientifique à de jeunes chercheurs, souvent pour perfectionner leur formation en France ou à l’étranger. Elles décernent également des prix à des chercheurs ou des équipes confirmées pour les avancées qu’ils ont réalisées dans leur domaine d’élection. Citons par exemple, les bourses doctorales en sciences humaines et sociales de la Fondation Cetelem, le prix scientifique de la Fondation NRJ, le prix de la Fondation Coloplast pour la qualité de la vie, les nombreux prix abrités par l’Institut de France, comme le prix de recherche de la Fondation AGF, ou les bourses de la Fondation Merck pour que de jeunes chercheurs complètent leur formation aux USA.
1.5 Prix et bourses des ministères Trois ministères – Education, Culture, Jeunesse – attribuent des bourses et des prix qui peuvent s’adresser principalement à des gens porteurs de projets associatifs. - Via les CROUS, le Ministère de l’Education encourage les initiatives d’étudiants, d’ordre culturel, artistique, humanitaire ou scientifique. - Le Ministère de la Culture par l’intermédiaire des Directions Régionales de l’Action Culturelle délivre des aides individuelles à la création dans le domaine des arts plastiques et de la photographie ; le FIACRE (Fonds d’incitation à la création) attribue des allocations de séjour et de recherche à des amateurs et des professionnels dans différents domaines ; le CNL (Centre National du Livre) attribue des bourses pour favoriser la création littéraire et la diffusion du livre et la traduction ; le CNC (Centre National de la Cinématographie), seul ou avec d’autres organismes, attribue des aides à la création ou la promotion d’œuvres de court ou long métrage. - Le Ministère de la Jeunesse et des Sports propose des Bourses Défi Jeunes aux 15-18 ans pour des projets dans tous les domaines, sauf les loisirs et la formation. Il dispose en particulier d’un fonds spécifique pour l’action musicale – rock – et la création musicale pour tous les genres musicaux.
1.6 Prix et bourses des collectivités territoriales Les conseils régionaux en premier lieu, mais aussi les conseils généraux et les municipalités, attribuent aussi des prix et des bourses dans des domaines très variés, souvent avec une intention sociale comme les bourses qui facilitent les départs en vacances des enfants et des 9 familles défavorisés – en complément des Bons Vacances –, ou les bourses aux jeunes et 10 jeunes adultes pour favoriser la formation au BAFA . Les collectivités, quelle que soit leur taille, interviennent aussi via bourses et prix pour stimuler des activités culturelles comme le Concours international de chant de la ville de Toulouse, ou le Printemps des Jeunes en Ariège, ou les allocations de séjour culturel de la Région Midi Pyrénées, ou pour favoriser des initiatives humanitaires en lien avec la coopération décentralisée.
9 Bons Vacances : attribués par l’action sociale des Caisses d’Allocations Familiales dans environ 80 départements 10 BAFA Brevet d’Aptitude à la Fonction d’Animateur
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Où trouverles entreprises mécènes et les fondations, les bourses et les prix ?
Internet vous facilite considérablement la tâche ! Il est « impérativement conseillé » de commencer par là. Les financeurs publics - ministères, collectivités, établissements publics - et les mécènes privés - fondations, entreprises - ont un site, et la plupart des sites ont des liens entre eux qui permettent la recherche par capillarité.
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Où trouver les entreprises mécènes et les fondations, les bourses et les prix ?
2.1 Internet,
un outil indispensable
Identifiez les mots clefs et les rubriques qui vous concernent Avant même d’ouvrir l’ordinateur, nous vous conseillons d’identifier la ou les rubriques ou mots clefs sous lesquels vous classeriez vous-même votre projet et la nature du financement que vous cherchez : éducation, loisirs, nature, solidarité… ainsi que le domaine d’action ; projet, bourse, prix, etc. Cela vous permettra de trouver plus vite les mécènes qui interviennent dans ces domaines et sous ces formes. En effet, les sites Internet spécialisés classent aussi bien les activités que les entreprises ou les institutions qui soutiennent par grands domaines ou rubriques – solidarité, culture, environnement et sous-rubriques – éducation, formation ; enfants, jeunes, familles ; emploi, insertion ; handicapés ; etc. Quel que soit le site, ces rubriques sont à peu près semblables. Elles permettent de raccourcir votre recherche qui sinon est fastidieuse et hasardeuse.
Les principaux sites où trouver des pistes de financement Une quinzaine de sites spécialisés privés et publics donnent une information ciblée et fiable en couvrant presque tous les domaines. Il s’agit par ordre alphabétique de : www.admical.orgouwww.admical.asso.fr :Le site de l'ADMICAL, Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial présente des initiatives de mécénat d'entreprise qui peuvent donner des idées, de partenariat notamment. Il faut ensuite aller visiter les sites des entreprises dont les actions vous intéressent. www.animafac.net :le site d’Animafac, réseau d’échange d’expériences et centre de ressources pour les initiatives étudiantes, offre des fiches pratiques très claires sur la conduite de projets étudiants, les financements, et a des liens avec d’autres sites utiles. Par ailleurs, Animafac organise chaque année un Prix de l’Initiative Etudiante. www.caf.org: la Caisse d’Allocation Familiale de chaque département est susceptible d’attribuer au moins deux types d’aides – et parfois plus – d’une part, des « bons vacances » destinés à faciliter le départ en vacances d’enfants, d’adolescents avec ou sans leur famille : une association peut au titre d’une convention avec la CAF percevoir ces aides pour 11 organiser les dites vacances ; d’autre part, des bourses de BAFA que les jeunes candidats à la formation peuvent solliciter directement. Attention, seulement 80 Caisses attribuent des Bons vacances. Mais bien des CAF sont susceptibles d’attribuer d’autres aides à des projets de loisirs ou de vacances pour des adolescents ou des jeunes.
11 Brevet d’Aptitude à la Fonction d’Animateur, destiné aux 18-15 ans, exigé pour participer à l’encadrement de loisirs d’enfants et d’adolescents : les formations sont en partie payantes mais il y a des aides - CAF en premier lieu - conseils généraux, communes, parfois régions pour compléter le financement.
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